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Partie supérieure

Sous l'aisselle 37»8 37°4

En résumé, abaissement de température au niveau du moignon, élévation de température principalement marquée à la racine du membre amputé. Cette hyperthermie était sous la dépendance des ganglions axillaires en voie de développement, elle indiquait la récidive de l'épithélioma qui se montra, en effet, à ce niveau, quelque temps après.

Observation. — Service de M. Verneuil. — Sarcome de la jambe droite. — Amputation de cuisse au tiers inférieur. — Récidive danse le moignon au sixième mois.

Au sixième mois bourgeons sarcomateux au niveau du moignon. Engorgement ganglionnaire de l*aine de ce côté. Légère atrophie du membre amputé :

692 TEMPÉRATURE LOCALE

Moyenne des temioéraiures.

Côté droit amputé. Côté gauche.

Au niveau du moignon 330g 320

Au niveau des bourgeons sarcomateux 34o8 330

A la partie moyenne de la cuisse 3302 33o

A la partie supérieure 3303 33^

Il est à remarquer que du côté du moignon, bien qu'il existe une atrophie très marquée du membre, la température est beaucoup plus élevée que du côté sain. Cette hyperthermie Bit la conséquence de la récidive sarcomateuse observée au niveau du moignon.

Observation. — Température du moignon d'un Lisfranc (Pai'izot). R. . . (Alix), 27 ans. Entrée, salle Saint-Augustin, n" 24, le 3 janvier 1880.

Au mois de février, sans cause bien définie, lymphangite de la jambe gauche ; gangrène du pied. Amputation de Lisfranc le 12 avril.

Lorsque nous commençons à observer la malade, elle se plaint de fourmillements dans le pied amputé (16 septembre) sensibles surtout le soir pendant une heure. Une plaie consécutive à la lymphagite du mois de février, nous dit-on, persiste encore à la partie postérieure du calcanéum ; mais elle suppure peu.

17 septembre. Pied gauche. Pied droit. Différence, Rég. ext. Tiers moyen. 32»5 26o9 5o6 Rég. int. — 30° 27»1 2o9 Sur le lambeau. 28o7 2603 2n4 Région dorsale. 29»5 28°4: 1»1

9 décemhre. Pied gauche. Pied droit. Différence.

Mail externe. 3305 32o5 lo

— interne. 3302 31o4 l^S Rég. dorsale. 32o7 32° Oo7 Sur le lambeau. 3203 30o7 l^G

21 décenibre. Pied gauche. Pied droit. Différence. Mail, externe. 26o2 24o2 2°

— interne. 26° 22o5 3o5 Rég. dorsale. 28o3 26o7 I06 Sur le lambeau. 27o7 21o 6o7

« Les résultats obtenus dans cette observation, dit Parizot, sont contraires à ceux observés par Redard et publiés

DBS MEMBEES AMPUTES 693

dans les Mémoires de chirurgie par M. Verneuil, (t. II, p. 795. Paris, 1880). Redard a toujours vu l'abaissement de la temperature des moignons. »

Nous pensons que l'élévation de température, constate dans ce cas par Parizot, tient à la plaie du calcanôum. Il aurait été intéressant de rechercher s'il n'existait pas chez ce malade quelque foyer d'osteïte ou de suppuration profonde- L'élévation de température indiquait des lésions inflammatoires profondes.

Conclusions. — Nous n'avons pas signalé les modifications de la température locale dans les premiers jours qui suivent l'amputation des membres.

Les résultats obtenus sont faciles à prévoir. Jusqu'au moment de la cicatrisation, élévation de la température plus ou moins marquée suivant la marche de la réunion, très élevée au moment de la formation des abcès, lors de l'apparition des complications (érysipèle, etc.)-

Dans les premiers jours, deux à six jours en moyenne, le moignon, comparé au côté homologue sain, présente un abaissement de température de 3° à 4" ; de 6o à 8o avant et pendant le sphacèle. La thermométrie locale peut donc dans ces cas fournir des renseignements sur la vitalité des lambeaux.

Après la cicatrisation, la température locale d'un membre amputé est abaissée dans louie son étendue, très légèrement élevée à sa racine.

Ces modifications de la température locale peuvent être observées assez tôt et nous les avons notées deux mois après l'amputation des membres, elles sont surtout très marquées dans les amputations anciennes. Elles existent dans les amputations des extrémités (main, pied).

L^'explication de cette hypothermie locale nous paraît complexe. Elle est due à la diminution notable do l'activité circulatoire du membre observé, liée à la diminution de calibre des vaisseaux, et aussi à l'atrophie des membres très marquée dans plusieurs de nos observations. L'abaissement de température n'est pas lié seulement à l'atrophie des membres amputés, car nous avons pu observer très nette-

ment une diminution de la température des membres amputés, dans des points qui n'étaient nullement atrophiés.

L'élévation de température observée à la racine des membres amputés semblerait indiquer qu'à ce niveau les vaisseaux sont dilatées et que la circulation est assez active.

Ces recherches de thermométrie viennent donc confirmer les conclusions des travaux deM.Verneuil ^ et de M Segond^ sur la diminution du calibre des vaisseaux dans les membres amputés.

En résumé, quelques mois après l'amputation d'un membre, deux mois en moyenne, la température locale s'abaisse dans toute l'étendue du membre amputé, elle s'élève très légèrement à sa racine.

Les exceptions à cette règle s'observent dans les maladies du moignon. C'est ainsi que dans la névrite avec troubles trophiques, dans les ulcérations rebelles, dans les récidives dans le moignon (cancer, sarcomes, etc.) la température locale, au lieu de s'abaisser, s élève. Les indications de la thermométrie dans ces cas sont précieuses à enregistrer, elles peuvent guider le chirurgien dans le pronostic et la thérapeutique.

1. Verneoil. Mémoms de cJiirurgie. Paris, 1880, t. II, p. 780, 823.

2. P. Segond. Etude sur les modifications dit calibre des vaisseaux dans les membres amputés. Revue de Chirurgie- Aoûl-Septeinbre 1882.

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