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CHAPITRE XVII

DE LA. VALEUR DES ABAISSEMENTS DE TEMPERATURE DANS LES FIÈVRES. — RÉMISSIONS. — DU COLLAPSUS.

Si l'on suit attentivement la marche d'une maladie cyclique au moyen du thermomètre, il arrive qu'à un certain moment Ton observe un abaissement de température. Cet abaissement peut être peu considérable ; la température reste fébrile; c/est alors une rémission; il peut l'être davantage, la température devient quelquefois sous-normale et dans quelques cas graves extrêmement abaissée.

II importe de savoir ce que nous indiquent ces abaissements de température.

Observe-t-on des abaissements profonds et durables qui annoncent la convalescence, on se trouve en présence de ce que les anciens appelaient la perturbatio critica, la crise.

La doctrine des crises, dont le principal élément est ce que Wunderlich a appelé la défervescence [protrahirie clefervescence) a tour à tour été défendue et combattue ; mais le thermomètre a permis de voir qu'elle était fondée sous bien des points.

La défervescence qui est caractérisée par un abaissement de température de 1" à 5° quelquefois, est un état qui nous indique, comme on l'a dit, que la maladie est jugée : la convalescence est proche, et par conséquent, notre intervention est inutile, nous pouvons annoncer hardiment la o-uérison. ^

Les abaissements de température peuvent être très rapides et en quatre, douze, vingt-quatre heures, l'on peut voir la

température descendre de 2° à 5° pour revenir à l'état normal et tomber même au-dessous.

Dans la fièvre récurrente, on observe fréquemment au moment delà défervescence par laquelle s'annonce la rémission, un abaissement rapide de la température.

Griesinger \ Wunderlich, Obernier 2, Lebert, Wyss, Bock'\ Riess" ont noté des chiffres de 34°,2, 33°,9, 33°,7, 34°,6, 35°.

Dans les simples rémissions, les mêmes auteurs ont trouvé 34°, 6, 35°, 6.

Ces particularités que nous venons de signaler dans la façon dont la température s'abaisse se rencontrent dans les fièvres éphémères, et constituent le type de défervescence très rapide.

La défervescence rapide s'observe dans les inflammations franches, les fièvres éruptives, la pyémie, la fièvre puerpérale .

La température suit dans son déclin la même marche qu'elle avait suivie dans son ascension, et la rémission s'observe en vingt-quatre, vingt-huit heures.

Ces deux premiers types constituent à proprement parler la crise.

Le troisième type de défervescence, le type traînant, est plus lent, et il faut de trois à cinq jours avant que la rémission arrive.

La défervescence se fait en terrasse, comme l'a dit Michael et comme il Fa décrit dans ses études sur les fièvres intermittentes.

Ces abaissements de température qui se produisent à la fin de la maladie constituent donc la guérison ; mais cet état si désirable peut être confondu avec d'autres modifications qui sont d'une gravité exceptionnelle.

L'on peut, en effet, pendant le fastigium, voir tout à coup la température baisser et l'on comprend de quelle impor-

d. GniESiNGKR. Ma/arf. mA^ct. Trad. LeinatLre, 1868 et 2» édition 1877.

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