‹ Traité de toxicologieChapitre 109 sur 126 · ARACHNIDES · texte numérisé non relu

ARACHNIDES

de 13 à 20 kilos; la mort est précédée de : sécrétion exagérée des glandes et convulsions par asphyxie. La mort du scorpion peut être amenée par son propre venin. Son sang est toxique.

Les piqûres des scorpions des tropiques provoquent chez l'homme : inflammation locale intense, tuméfaction avec douleur et Hèvre, plus rarement abcès et gangrène, lymphangite et adénite, et comme phénomènes généraux : sensation de raideur particulière de la langue, vomissements, diarrhée, érections persistantes, coUapsus, délire et convulsions même de nature tétanique qui peuvent amener la mort en vingt-quatre heures, surtout s'il s'agit d'enfants.

Traitement. — Agrandissement de la piqûre et lavage avec de l'ammoniaque diluée, sucer un citron acide, vomitifs ou, éventuellement, opiacés. C'est un traitement antique que de saupoudrer la plaie de scorpions broyés.

ARANÉIDES. — Toutes les vraies Araignées j par exemple les espèces : Avicularia^ Theraphosa^ Chiracanthium^ DolomedeSy Ctenizaj Latrodectes^ Segestria^ Tarantula et Trochosa^ possèdent des deux côtés, dans l'article basai des chélicères, une vésicule à venin qui peut faire parvenir son contenu acide et oléagineux dans la plaie, à l'aide d'un crochet perforé. Nous n'avons pas de données certaines sur la nature du venin. Outre le venin des glandes, les araignées contiendraient, dans leur corps, une toxalbumine, et plus le venin renfermerait de toxalbumine, plus énergique serait l'action toxique (1). Les macérations aqueuses des araignées contiennent de l'albumine soluble, et, injectées dans le sang, même seulement à la dose de quelques milligrammes, elles tuent les chats. On isole le venin de ces araignées par macération dans de l'eau saturée de toluol et tenant en dissolution 10 p. 100 de chlorure de sodium. On a obtenu de la sorte une Hénwlysine très active. Le venin retiré des glandes de Mygale avicularis étendu sur une plaque de verre et additionné de sulfate de cuivre, fournit un albuminate de cuivre. Tout venin glandulaire prenant son origine dans le corps,

(1) KoBEHT, Lehvb. d. hitoxik., 1893, p. 3i9.

contient forcément de Talbumine ou un corps rapproché de Talbumine. C'est pourquoi le sang" des serpents est vénéneux, lui aussi.

L'inoculation du venin des araig'nées provoque comme phénomènes locaux: tuméfaction et rougeur. Les araignées qui perforent la peau humaine, p. exemple, Chiracanthitim iiidrix (1), Lycosa Tarantida (L.), Dolomedcs fitnhriatus (Clerck) et beaucoup d'autres, — VEpeira diadema (L.) {araignée portecroix) ne peut le faire chez l'adulte — provoquent en outre : douleurs irradiées, tuméfaction intense s'étendant sur tout un membre et persistant pendant un à trois jours, plus rarement bulles, emphysème cutané et nécrose, par exemple des paupières. La nécrose peut aussi avoir lieu si on applique, par exemple sur le bras, des araignées écrasées ; cette application était suivie de: tuméfaction extrême du membre (il a triplé de volume) et apparition de phlyctènes à aspect gangreneux. Si la piqûre a lien sur une muqueuse, par exemple celle de la bouche, Tinflammation est alors plus accusée, et en peu de temps apparaissent des vésicules (2) ou des abcès (3). L'anesthésie des parties mordues et même des régions situées au delà (4) peut persister encore après la guérison. Les poils de quelques araignées occasionnent, eux aussi, des phénomènes désagréables.

Outre les altérations locales, peuvent survenir des phénomènes généraux:

a) Comme conséquences réflexes des altérations locales (fièvre, soif, etc.).

b) Comme action éloignée du venin, même sans lésion locale, et quelques symptômes, par exemple les parésies, pouvant persister des semaines ; mydriase, tuméfaction de la langue, sensation de constriction au pharynx, dysphagie, vomissements, angoisse précordiale, sueurs froides, pouls petit, aussi dyspnée [^piqûre du Latrodectes tredecim giitt. (F.) (Mabnignathe)], lypothimies, surtout d'une manière constante dysurie, scintillements, douleurs lancinantes, spasmes, par exemple des muscles masticateurs, et sensation d'être paralysé. Le venin amène la

(i) Beutkau, Niederrhein. Gesellsch. f. Nat, u. IHlIc, 48ÎH, p. 89. (i) Cï^\:eoe^, Ephem. Dec.\\, ann. 4, obscrv. 06.

(3) ScHLLTz, Ephem. Dec. Ilt^ ann 2, obs. 73.

(4) CnEMER, Schmidt'sJahrb., Bd CCXXV, p. .239.

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mort non seulement des animaux [oiseaux et lézards par le Mygale avicularis (L.); rats, par le Phrictis crassipes; chevaux et moutons par le Latrodectes s. Theridium luguhris (Kocn)], mais de temps en temps celle de l'homme, dans l'espace de deux à six jours. La disparition des phénomènes généraux, qui a lieu en neuf à trente-six heures, est souvent précédée de sueurs. L'ictère ne survient qu'après la guérison. On prétendait autrefois que les araignées avalées provoquaient des empoisonnements. La seule objection que l'on pourrait y faire, c'est que des originaux et quelques peuples non civilisés mangent des araignées, ce qui, du reste, serait devenu possible, grâce à l'accoutumance.

Traitement : Scarifications et humecter avec la solution d'ammoniaque caustique, compresses froides et huileuses, vomitifs, analeptiques, etc. ; le cas échéant, bains chauds.

Solpuga, — Les Galéodes sont venimeux quoique jusqu'à présent on n'ait encore démontré la présence d'aucune glande à venin. Grâce à leurs chélicères, ils tuent même de petits vertébrés. La première paire de palpes ont à leur extrémité une ventouse. La morsure de Galéodes grœcus (G. Kocu) [Solpitga ara-n<?o/V7<?6 (Sav.)] (en kalmouk :Bychorcho) provoque chez l'homme: douleurs, tuméfaction et, le cas échéant, phénomènes généraux suivis de mort.

ACARIENS. — Les Acares mordent, piquent ou sucent. Les mites possèdent des chélicères solides ou rétractiles en forme de ciseaux, de griffes, d'aiguilles ou de scie, ou un suçoir formé par la palpe maxillaire. Plusieurs symptômes plaident en faveur de l'opinion qu'il ne s'agit pas seulement ici d'une irritation mécanique, mais que l'animal dépose aussi du venin dans les plaies causées par lui.

Presque toutes les mites sont en état de provoquer des lésions de la peau et de causer soit des affections assez étendues ressemblant à la gale (eczéma, prurit, pustules), comme, par exemple. Sarcoptes scabiei (L.), Crithoples monunguiculosus ou Dermanyssus achim (Dug.), soit de provoquer : démangeaisons, inflammation, nodules, érythème, œdème persistant pendant des

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semaines el,dans des cas isolés, même des phénomènes généraux fâcheux, comme le font les tiques^ par exemple : VIxodes ricinus (L.) {tique des chiens) ^ VArgas persiciis (Fisch.), VA. refiexus (Fabr.), VIxodes ricinus et d'autres espèces ont été toutefois considérés récemment pai Mégnin comme n'ag^issant que mécaniquement. Le Deniodex folliculorum (Ow.) qui provoque de l'acné et des pustules possède, entre autres, une certaine importance.

Parmi les Insectes il y en a dont les parties buccales mordent ou piquent et sucent (Diptères y Hémiptères) y d'autres qui gardent le venin dans des réservoirs spéciaux {Hyménoptères) y d'autres chez lesquels le venin est répandu dans tout le corps {Coléoptères) et enfin qui possèdent des soies venimeuses {Lépidoptères).

1. RHTNCHOTA. — Les Hémiptères possèdent quatre dards et des glandes salivaires très développées (glandes à venin?).

Les Poux possèdent un rostre barbelé dans lequel est logé le dard creux. Ils produisent des lésions de la peau et provoquent: démangeaisons et eczéma. 11 existe aussi des Aphidina {pucerons) qui, grâce à un suc phlogogène, sont nuisibles à l'homme et aux animaux, ces derniers pouvant même expirer en convulsions. On a observé sur des chevaux ayant ingéré du fourrage sur lequel étaient des pucerons : tuméfaction inflammatoire, remarquable principalement dans les régions peu colorées de la peau avec nécrose circonscrite de ces mêmes régions et inflammation opiniâtre des conjonctives.

Les PunaiseSj par exemple Cimex lectularius (Merr.), sucent du sang et empoisonnent la plaie. Un grand nombre d'entre elles sont munies à l'arrière-poitrine d'une glande odorifère avec un canal excréteur s'effilant parfois en un dard creux. Certaines HydrocoriseSy par exemple Naucoris cimicoïdes{L.) et Notonecta glauca (L.) causent des piqûres très douloureuses.

Le Huechyssanguinea contient une substance rubéfiante.

2. ORTHOPTERA. — Certaines BlatteSy par exemple y Fer iplaneta orientalis (L.) {Blatta orientalis) contiennent de la cantharidine.

Le Decticus verrucivorus {L,) {Dec tique verrucivore) renferme un suc caustique.

3. DIPTERA. — La Mouche domestiquCy Musca domestica (L.) peut empoisonner en transportant sur des surfaces absorbantes de l'homme des substances décomposées recueillies par elle.

Le Taon [Tahamis hovinus (L.), {Rypoderma Bovis (Deg.)] et VŒst7*e [Œstrus ^^w/(Fabr.), Gastrus equi (Meig.), Gasty^ophilus equi {hExcnÇ^ déposent leurs œufs sur les poils des bovidés ainsi que des équidés et provoque chez eux une agitation extrême. Les larves perforent la peau et forment dans Je tissu cellulaire souscutané les tumeurs de taon. Le taon et d'autres mouches peutêtre venimeuses par elles-mêmes, par exemple Sarcophaga WohU fahrti (P.) et Lucilia macellaria (Fabr.), peuvent amener des nécroses graves, des affections générales et même la mort (1).

Le Phora ru ficeps {Meig.) y qui péaètre dansTestomac, provoque une gastrite.

Sont venimeux et possèdent probablement un réservoir à venin, entre autres : Simulia colunibaczensis (F abk.) {Simiilie maculéCy Mouche de Colombie). On sait qu'après les piqûres de cette mouche le bétail présente les symptômes suivants: fièvre, excitation, coloration rouge des muqueuses, œdème du ventre et des pis. La mort peut même survenir.

Simidia ornata (L.). Beaucoup de bœufs périssent chaque année à la suite de la piqûre de cet insecte. 11 détermine, entre autres, une tuméfaction des muqueuses pharyngée et laryngée, ainsi que du tégument externe de ces régions.. Dans des cas graves, cette tuméfaction s'étend de la bouche jusqu'à la poitrine et même jusqu'au ventre ; et, sur les pis, dans 5 p. 100 seulement de ces derniers cas. On voit en outre apparaître : pouls veineux et bruit de souffle présystolique, et dans la plupart des cas aussi, dyspnée. La mortalité des bœufs atteint 15 p. 100.

Glossina morsitans {Tasch.) (Mouche Tsètsè) qui tue le bétail et empoisonne l'homme. Ce sont principalement les shnulidès et les culicidès qui fournissent des représentants des moustiques qui provoquent des souffrances si atroces, tandis que le vulgaire Cousin^ Culex pipiens (L.) et, parmi d'autres genres, par exemple V Hexatoma bimaculataÇFxnn) et le Stomx)xys calcitrans (L.)(5/omoûre)y ne provoquent que des boutons prurigineux.

[Le seul danger que peut présenter parfois la piqûre des Muscidés provient de rinoculation des substances septiques par l'intermédiaire de la trompe

(d) Paltauk, Wiener klin. Wochenschr,, 1891, p. 646.

chargcée de principes virulents puisés sur un animal malade ou sur des cadavres. Ces insectes constituent des agents de dissémination pour certaines maladies, comme le font les Anophèles pour le paludisme, et d'autres moustiques pour la fièvre jaune; et, à cet ég^ard, le Stomoxe est remarquable pour la fréquence avec laquelle il transporte le Charbon, à l'aide de sa trompe allongée, solide, fine et dirigée en avant].

Parmi les ŒstreSy ce sont VHœmatopota pluvialis (L.) et le Chrysops cœcutiens (L.) qui sont les plus dangereux pour rhomme.

La Puce^ Pulex irritans (L.) dépose dans la i)laie par piqûre du venin qui provoque : érythème ou urticaire, tandis que la femelle de Chiquey Sarcopsylla penetrans^ s'enfonce sous la peau de rhomme et y cause: inflammation, tuméfaction, ou même mutilations, par suite de la gangrène des membres.

4. LEPIDOPTERA. — 11 existe quelques chenilles et chrysalides de papillons dont l'attouchement, comme c'était connu déjà des Romains, provoque des phénomènes morbides locaux et généraux, par exemple, Cnethocampa processionea (L.) [Lasiocampe processionnaire] j Gastropacha trifolii (W.), Cn. pinnivora et Arctia Ca;*a(L.)(l).Les soies sont muscariformes, effilées, ou bien ce sont des dards extrêmement fins logés dans des fossettes ; ces appareils contiennent, entre eux, une multitude de glandes dont le contenu acre, parfois acide, mais agissant à la manière des toxalbumines, s'écoule dans la cavité du poil et sort au dehors soit après cassure de la soie, soit à travers des canalicules s'ouvrant pardes pertuîs. L'attouchement de semblables chenilles et la pénétration de la poussière de leurs nids jusque dans les muqueuses peuvent nuire à l'homme.

Les symptAmes consistent en : démangeaison, sensation de brûlure, tuméfaction, apparition des boulons, des vésicules, des pustules qui s'étendentau delà de la région primitivementatteinte.

(1) [Les chenilles de Cnethocampa processionea (L.) vivent en sociétés très nombreuses sur les chênes, et celles de Cn. pityocampa (Fabr.) sur les pins sylvestre et maritime, abritées dans des coques soveuses d'un volume souvent énorme).

C'est ainsi que l'application de la poussière de la chenille d'un g-enre de Liparis^ la Lasiocampe processionnaire , sur l'avanlbras fut suivie, le troisième jour, de prurit et rougeur qui se propagèrent après cinq jours environ, accompagnés d'un exanthème papuleux à l'épaule, à la poitrine, à la face, à la cuisse et à la jambe et s'évanouirent après dix jours. Le venin, agissant pendant un temps prolongé, peut même amener la mort par gangrène. La face est souvent tuméfiée, œdématiée, il y a sensation de chaleur et de brûlure aux yeux. La pénétration du venin dans l'œil d'un garçon qui s'était adonné à la collection des chenilles delà Lasiocampe dupin^ fut suivie de perte de la vision de cet œil. Les soies de Gastropacha rubi ayant pénétré dans l'œil, ont provoqué des nodules de la conjonctive sclérotique accompagnés d'iridocyclite et d'infiltrations copnéennes profondes (1). La chenille du papillon blanc du choiij Pieris brassicœ (L.) peut, elle aussi, causer de l'ophthalmie et, lorsqu'elle est avalée par les animaux, de la gastro-entérite et des paralysies. Les canards deviennent malades une vingtaine d'heures après avoir ingéré le Pieris du chou et sont atteints de : diarrhée, paralysie, dyspnée et décoloration de la portion cornée du bec. Le bétail ayant mangé une assez grande quantité de ces chenilles présente comme symptômes abdominaux : météorisme, coliques, ténesme, et comme symptômes nerveux : tremblements des membres, démarche chancelante, augmentation d'énergie des contractions cardiaques, mydriase.

5. HTMENOPTERA. — Les femelles^et les individus asexués de plusieurs familles à'Aculeata^ par exemple : Apis mellifica (L.) (abeilles); Vespa germanica (Fabr.), Polistes gallica (Fabr.), {guêpes) ; Vespa crabro (L.), (frelons) ; Bombus lapidaritis (L.) B, silvarum (Iur.), (bourdons)^ possèdent un appareil à venin constitué de deux utricules glandulaires, d'une vésicule à venin non contractile et d'un aiguillon. Ce dernier est logé, par exemple chez l'abeille mellifique, sous la vésicule anale, et invaginé à l'état de repos dans le post-abdomen. Pendant la piqûre, l'abeille pro-

(1) KiiuEQKii,>lrcA. f. Augenheilk., 4891, Bd XXIV, p. 147.

jette en avant Taiguillon, qui est constitué par une sorte renfermant deux dards accolés l'un à l'autre et mobiles l'intérieur d'une gaine, laissant entre eux une étroite ra et se terminant chacun en une pointe acérée munie de microscopiques barbelées (1). Grâce à un organe appendic qui se meut, à la manière d'un piston, dans toute la Ion de la base de l'aiguillon, le contenu de la vésicule à veii aspiré et lancé dans la plaie (T). Outre l'acide formiqi et, chez les fourmis, l'undécane (Hydrut^e undécylique^ C le venin contient encore une toxalbumine.

Les abeilles et les guêpes laissent très souvent le dard d plaie. L'aiguillon de la Fourmi rouge^ Formica rufa (L.) que rudimentaire et sert seulement d'appareil de soutier l'embouchure de la vésicule à venin qui tire son contenu glande à venin composée d'utricules hyalins très ramifiés fourmi rouge et d'autres fourmis, par exemple La^m^ fulig\ (Latr.), s'évertuent à mordre à l'aide des mandibules rieures, mais elles ne causent de plaies que chez les an à peau molle. Quelques fourmis, par exemple Ponera^ soi nies d'un aiguillon.. VAtta cephalotes (Fabr.) et d'autres e: occasionnent chez l'homme des morsures douloureuses et des serpents.

Comme symptômes locaux, on observe (variant d'intensité s les cas) : rougeur, tuméfaction, douleurs qui, par exempl suite de la piqûre de Vespa Fruhstorferi (Stad.), sont lentes que le sujet atteint perd presque connaissance, et i mation érysipélatoïde des parties piquées. En cas de d^abeille dans l'œil, on a observé après quelques semaines souflure de la conjonctive, cornée comme enduite de pai munie d^un mamelon où était logé l'aiguillon. Après qua maines, la cornée redevint transparente, et il y avait un c dans la chambre antérieure. Le malade guérit, mais, m(^m

(4) Dewizt, Vergl. Unters, ûber d, Slachel d, Honigbiene, Kœnigsberg, H

(2) VooEL, Entomologische Nachrichten, 1884, p. 495.

(3) Carlet, c. R, de VAc. d. Se, 1884, l XCIX, p. 206.

(4) Dewitz, Zeitschr, f. wissensch. Zoologie, Bd XXVIII, p. 527.

trois ans, la pupille ne réagissait ni à la lumière ni à raccommodation : Tœil devint myope. La piqûre de la langue et du voile du palais peut être suivie d'œdème de la glotte, d'où danger de mort par asphxie ; et la mort peut survenir si un sujet est attaqué par tout un essaim d'abeilles ou par un grand nombre de guêpes, mais très rarement à la suite de la piqûre d'une seule abeille (infectée probablement). La mort peut aussi être la conséquence de la pénétration du venin dans un vaisseau et de la thrombose consécutive. Comme phénomènes éloignés, on a observé souvent: nausées, vomissements, tendance au trismus; rarement aphonie, fièvre, lipothymiçs.

On a vu mourir des chevaux assaillis par un essain d'abeilles, en présentant les symptômes suivants : plus grande fréquence des mouvements respiratoires et des contractions cardiaques, fièvre, hématurie, raideur des membres avec extension. Surviennent aussi tuméfactions énormes du corps entier et, parfois, gangrène de quelques parties du corps. Les piqûres de deux Xylocopa violacea [Charpentiére) ont fait périr un moineau.

Les fourmis peuvent provoquer sur des cadavres (T enfants et des muqueuses vivantes : pertes de substance, et coloration noire, celle-ci due à la formation de l'hématine acide sous l'influence de l'acide formique.

Traitement. — Enlèvement de l'aiguillon, lavage de la plaie avec une solution d'ammoniaque ou une solution de carbonate d'ammoniaque, traitement antiphlogistique (glace, pommes de terre râpées, compresses d'eau blanche, friction avec l'huile de grains de lin), soit scarifications de la plaie, ou trachéotomie en cas d'asphyxie menaçante.

lance au point de vue toxicologique, quoique leurs morsures puissent être douloureuses.

6. COLEOPTERA. — L'action de ce g-roupe d'animaux est peu étudiée. Je suis convaincu que plusieurs genres contiennent des venins particuliers, même de nature albuminoïde, agissant pour la plupart comme phlogogènes; il suffirait de les chercher pour les découvrir en abondance.

Chrysomelidœ. — Cht^ysomèles. — Diamphidia siynpleou (Pek.). Les Boschimans de Kalahari enduisent leurs flèches du suc intestinal de ce scarabée, long de sept à dix millimètres, ou de ses larves. D'après mes recherches, ce scarabée, outre des acides gras inactifs, contient une toxalbumine amenant la mort des lapins et des pigeons, précédée de : paralysies motrices et diarrhée. Il y avait néphrite et gastro-entérite (i).

Vesicantia. — Plusieurs genres de cette famille contiennent un principe vésicant, de la cantharidine pour la plupart; par exemple : Cerocoma^ HenouSy Lydus^ Meloé {ver de ruai), MylabriSy Nenwgnatha^ etc., aussi, peuvent-ils provoquer des empoisonnements qui correspondent à celui causé par le Lytta vesica^ toria. L'attouchement du Meloe proscarabœus fait sourdre de ses jointures un suc jaunâtre caustique et immédiatement vésicant. \JEpicometh hirsutella^ quoique ne contenant pas de cantharidine, n'en agit pas moins d'une manière analogue.

LYTTA VESICATORIA (L.). — Les iiwiiche^ d' Espagne^ le Cantharis vesicatoria (L.). le C. adspersa^ le C. vittata^ le C. eucera (Chev.) et d'autres espèces contiennent, soit à l'état pur, soit combinée avec des bases, jusqu'à 0,4-0,6 p. 100 de cantharidine (C*4P*0*) cristalline, fortement réfringente, soluble dans les graisses, qui est une lactone d'un acide cétonique. Outre la cantharidine, les mouches d'Espagne contiendraient encore un principe volatil, irritant, à odeur désagréable, non connu encore

(4) L. LEwiN,i>t>P/ei7^i/*/r, Berlin, 1894, p. 65, el Avch.farpath.Anat.,hAC\X\\\, p. 423. On y trouvera aussi la description du scarabée, faite par M. Kolbe. Toxicologie. 61

on détail. Les empoisonnements par la caniharidine ont pour causes : emploi pour exciter les fonctions génésiques, emploi comme ectrotique, méprises (on Ta prise pour une autre substance) (1), homicide (2), absorption par espièglerie, ainsi qu'usages thérapeutiques impropres (3). Des personnes ayant mangé des grenouilles qui avaient avalé des scarabées à cantharidine furent empoisonnées en masse. L'ingestion d'autres animaux ayant mangé des feuilles d'arbustes habités par des cantharides peut aussi provoquer des empoisonnements. La mort fut amenée par l'usage externe des vésicatoires (4). La pulvérisation des cantharides peut causer des affections des muqueuses, h'intoxicaiion chronique a lieu si des sujets prennent le poison en cachette dans un but erotique.

Les cantharides pulvérisées peuvent empoisonner à la dose de Ogr.6 et amener la mort dans l'espace de trois ou quatre jours à la dose de lgr.5. La guérison fut obtenue chez l'homme après 3 et 4 gr. et même après deux cuillerées à café (5). La teinture tue à la dose de 30 gr.,la doseléthaleest de 15 gr. pour Y emplâtre. Le collodion cantha?ndé a empoisonné à la dose de XV gouttes. La cantharidine en solution alcoolique est entraînée par les vapeurs d'alcool au point de pouvoir provoquer de la conjonctivite et des vésicules sur la cornée, observation importante au point de vue des accidents auxquels sont exposés ceux qui manient les cantharides ou la cantharidine (préparation des emplâtres vésicatoires, notamment). La cantharidine^ à la dose de Ogr.Ol, provoque des phénomènes d'intoxication immédiatement après l'ingestion et amène la mort dans l'espace de vingt-quatre heures à dix jours. Le remède est charrié tel quel dans le sang du hérisson (je ferai remarquer à ce propos que, d'après mes recherches, il provoque chez le hérisson que l'on prétendait doué d'immunité vis-à-vis des cantharides, des troubles locaux et généraux) (6), el est

(1) Lasèoue, Gaz. des hôp., 1880, p. 698.

(2) Taylor, Die Gifte (trad. allem. par Seydeler), Bd IF, p. 553.

(3) L. Lewin, Die Nebenwirk. d, Arzneim., i899, p. 682. (4; BuuL, Zeitschr, f. rationelle Med., Bd VHI, p. 32.

(5) Material. f. d. Staatsarsneiwissenschaft, 9 Sam ml., 1849, p. 257.

(6) Lewin, Deutsche med. Wochenschr., 1898, n^ 24.

INSECTES CANTirARIDES 963

éliminé après une heure et demie, en petite quantité par l'intestin et pour le reste par l'urine. Ce sont les cellules épithéliales des canalicules urinifères qui effectuent l'élimination, les glomérules y participent probablement aussi. Appliquée sur des tissus munis de vaisseaux sang'uins (peau, muqueuses, muscles) (1), la cantharidine provoque : rougeur, douleurs, tuméfaction, vésicules et, en cas d'application très prolongée, il peut survenir de la gangrène (2). Donnée souvent, la cantharidine provoque : dilatation des capillaires et troubles nutritifs de leurs parois, perméabilité plus grande pour le sang, d'où foyers hémorrhagiques par infiltration.

On voit apparaître les symptômes suivants diversement combinés : sensation de brûlure à la bouche, soif, dysphagie, douleurs, tuméfaction et vésication de la langue et d'autres parties de la bouche, salivation, tuméfaction des glandes salivaires, nausées, sensation de brûlure à l'estomac, vomissements (les matières vomies contiennent quelquefois des lambeaux de muqueuse stoma-? cale), météorisme abdominal, et parfois diarrhée sanguinolente avec ténesme. Ces symptômes gastriques peuvent faire défaut si la mort survient rapidement à la suite de l'administration du poison à doses élevées. Surviennent en outre souvent : douleurs lombaires, sensation de brûlure dans l'urèthre et ténesme vésical, albuminurie, cylindrurie, hématurie et érections douloureuses. Les femmes enceintes tombent malades et peuvent faire fausse couche. Dans le cours ultérieur de l'affection on remarque: ralentissement et affaiblissement du pouls, sensation de froid, frissons, vertiges, lipothymies, collapsus et, dans des cas très graves, parfois. seulement après quelques jours, dyspnée et convulsions. L'empoisonnement débute quelquefois par : suffocation et convulsions tétaniques (3). En cas de marche favorable, l'urine devient graduellement normale et la guérison peut avoir lieu dans l'espace de cinq jours.

Autopsie. — Souvent, vésicules et ulcérations dans la bouche et le pharynx, à l'estomac et à l'intestin: inflammation, ulcères,

(i) Wernher, Einfl. d. Cantharid. auf thier Gettebe, Gicsscn, 18G0.

(2) HoppE, Canstatt's lahresber., i852, V, p. i:W.

(3) BoNKANTi, Canstntt's Jahresb., i8G4, V, j). 130.

ecchymoses ou sufFusions sanguines. Le rein est enflammé dans la majorité des cas (glomérulonéphrile). Il est tuméfié (l) et, à Texamen microscopique, on trouve une dilatation des canalicules urinifères dont Tépithélium est détaché des cellules tombant en détritus. Les cellules épithéliales de la capsule sont tuméfiées. L'épithélium vésical peut être décollé, et il peut y avoir cystite et uréthrite.

Recherche. — On utilisera les reins, la vessie, le foie, les muscles et le sang. La cantharidine résiste longtemps à la putréfaction. Les matières soumises à l'ébullition avec de la lessive potassique, fourniront du cantharidate de potasse que Ton décomposera par l'acide sulfurique : la cantharidine sera enlevée par le chloroforme. Après évapora tion du chloroforme, le résidu sera dissous dans l'huile d'amandes, et l'on recherchera ses propriétés vésicantes sur la peau et les muqueuses. Le résidu pourra, après recristallisation dans l'acide formique, être examiné au polariscope. Il faut surtout rechercher avec attention dans les matières vomies^ ainsi que dans V estomac et T intestin^ la présence des restes des scarabées, les écailles des élythres à éclat métallique, ainsi que les articles, etc., rendant possible le diagnostic certain.

Traitement. — On s'abstiendra absolument des graisses et des huiles. On prescrira : vomitifs, lavages de l'estomac et de Tintestin, opiacés et boissons mucilagineuses, thé chaud pour activer la diurèse. L'application des sinapismes et des sangsues à Tépigastre et à la région lombaire, ainsi que les bains chauds atténuent les douleurs et l'inflammation.

Melolontha vulgaris (Fab.). he Hanneton semble contenir delà cantharidine ou un autre corps irritant analogue, peut-être aussi un album inoïde contenant du soufre (mélolonthine). Il en est de même quant au Cetonia aurata {Cétoine dorée) qui est, comme la cantharide, employée en Abyssinie contre la rage.

(i) Hnowicz, Centralbl. f, d. med. Wissensch., 1879, p. 145.

Les anciens connaissaient déjà quelques-unes des conditions essentielles pour que les poissons se montrent toxiques, par exemple, l'appareil à venin et l'absorption des déjections animales, ou les maladies qu'ils subissent grâce au « morbus pestilentialis. » Voici ce que nous savons à ce sujet :

Les empoisonnements par des poissons sont causés par :

1. Poissons qui possèdent un oa plusieurs appareils glandulaires à venin et peuvent projeter au dehors le venin produit, à Taide de canaux excréteurs dissimulés ou apparents se terminant par des aiguillons.

a) Parmi les Scorpaenidae sont munis d'aiguillons à venin : Scorpaena porcus (L.) aux nageoires dorsales et anales, S. scropha (L.), Pterois volitans (G. V.) [Dacfylopterus volitans(Lxc.)]^Pelor didactylum dont le venin sert pour renforcer les poisons des flèches à Malacca (1), P. filamentosum (G. V.), Synanceia vernicosa (Bloch), s. brachio (Lac). La piqûre du Synanceia {Crapaud de mer) a été suivie d'issue fatale. Reposant dans le sable de la mer, ils piquent les personnes qui les foulent, à l'aide de leurs nombreux aiguillons des nageoires dorsales qui communiquent avec les sacs à venin. On voit survenir : douleurs, tuméfaction et même gangrène du lieu de piqûre et d'autres parties du corps, lymphangite, collapsus, angoisse précordiale, diarrhée et, le cas échéant, mort.

Les Teuthyes renferment, eux aussi, une espèce venimeuse, munie d'aiguillons : Amphacanthus Uneatics (Guv. et Val.).

h) Trachmidae : Trachinub draco (Guv. et Val.) {Dragon mariHy Vive) et T. radiatus (Guv. et Val.), dont les opercules sont munis d'un aiguillon sillonné, longde un à trois centimètres, dirigé en arrière et couvert à sa racine d'une poche cutanée

(4) Les poissons suivants que j'ai obtenus, par rinlermédiaire de M. le professeur Grunwedel, des envois faits par M. V. Stevens au muséum royal d'ethnographie, sont employés à Malacca pour la préparation des poisons des flèches : Plotosus canins (Keli), Clarias batrachus (Sumbilan), Pelor didactylum (Lipu), Trygon Walga et T. Kuhlii (Tatooker), Scatophaym argus (Kitang) et Tetrodon stellalus (Buntai;.

flasque. L'intérieur de celte poche, revêtu d'épithélium, sécrète le venin qui se déverse sur l'aiguillon. La nageoire dorsale antérieure est à son tour munie de piquants aigus qui sont vraisemblablement rendus venimeux grâce à un organe spécial. Le venin provoque la paralysie cardiaque chez les grenouilles et des convulsions chez les pigeons (1). Le membre piqué gonfle immédiatement chez Vhomme en même temps que s'y déclarent des douleurs, et si l'on tarde à l'enserrer fortement par une ligature, l'inflammation se propage au tronc en même temps que l'on voit s'y associer : lassitude, fièvre et palpitations. Il survient parfois de la nécrose des tissus ou des os au lieu de piqûre.

V UranoscopKS scaher (L.) et VU. Diwalii (Bott.), possèdent un aiguillon, recouvert d'une gaine, qui peut être irrigué par le venin d'un sac s'ouvrant dans cette gaine.

c) Batrachidae. Le Thalassophrijne 7^eticidata (Gunth.) et le Th. maculosa (Guntii.) possèdent un os operculaire perforé longitudinalement, recouvert de peau à l'état de repos, et communiquant avec une glande à venin, ainsi que deux aiguillons dorsaux présentant une structure analogue. Outre des phénomènes locaux, la piqûre provoque de la fièvre chez l'homme.

d) Cataphracti. Le Cothis scorphis (Bl.) {Scorpion de mer, Chaboissean) possède sur l'opercule maxillaire trois aiguillons, munis chacun de deux canaux qui peuvent s'alimenter des glandes à venin, mais ces dernières ne sécrètent que pendant la fraieson.

e) Gobiidae. Le préopercule du Callionymus lyra (L.) porte un appareil à venin.

f) Siluridae. Le Clarias batrachiis passe pour venimeux chez les indigènes de Malacca, et le Plotosus canius ainsi que le PL

(i) lîoTTARD, Les poissons venimeux, Paris, 1889. — Pohl, Prag. tned. Wochtnsckr., 1893, p. 3i.

lineatiis possèdent, eux aussi, des aig-uillons se terminant en culs-de-sac et munis de crochets, ainsi que des glandes à venin. L'aiguillon casse dans la plaie et produit des phénomènes locaux et des phénomènes généraux réflexes.

g) Muraenidae. Le Muraena helena (L.) et d'autres espèces portent des dents palatines qui peuvent être rendues venimeuses grâce au venin sécrété par une poche palatine. Leur morsure est très redoutée des pêcheurs.

h) Trygonidae. Comme les Lancettes {Gohies)^ les Pastenagues possèdent ordinairement un aiguillon caudal long, et deux aiguillons caudaux plus courts, solides, dentelés, qui produisent des plaies graves ; et, grâce au venin qui pénètre simultanément, peuvent survenir des phénomènes d'intoxication générale. Ce que nous venons de dire se rapporte, par exemple, au Trxjgon walga et au 7V. Kuhlii. Ils provoquent à partir du lieu de piqûre qui est le plus généralement aux pieds : douleurs s'irradiant dans la partie supérieure du corps, convulsions amenant la mort, ou paralysies persistant longtemps.

2. Poissons dont Tingestion provoque, pour la plupart, des empoisonnements :

Parmi les Clupeidae on peut citer : Clupea thrissa (Bl.), dont les œufs amènent souvent, au Japon, la mort dans l'espace de un quart d'heure à trois heures ; les espèces de Sardinella^ Pctromyzon fiuviatilis (L.) {lamproie de rivière) qui, mangé cru ou bouilli, peut provoquer une diarrhée dysentériforme, mais devient non vénéneux si on le saupoudre de sel et qu'on enlève le mucus en l'essuyant (sécrétion des glandes cutanées); peutêtre encore Scatophagus argus (Cuv. et V^al.), qui se nourrit de préférence des matières fécales de l'homme. // faut rejeter l'opinion d'après laquelle c'est exclusivement la nature des aliments qui rend ces animaux vénéneux^ attendu que le porc qui est scatophage aurait dû être vénéneux^ lui aussi.

3. Poissons dont quelques organes seuls ou les sucs du corps sont toujours vénéneux :

a) Gt//miodontes. K^mpfer parle déjà en 1668 du poisson vénéneux japonais Fiiruhe^ dont on se servait aussi dans les tentatives de suicide, et, il y a cent ans, Gook et les deux Fœrster tombèrent malades après avoir mang-é le foie d'un Tetrodon, tandis que la mort est survenue chez un porcelet qui en avait avalé les org-anes abdominaux. Ce sont principalement des espèces de TetrodoHj dits poissons Fugu^ qui sont vénéneux, par exemple, T.chrysopSy T. i nermi s (Sculeg.), T. pardalis (Schleg.),

rapporté autrefois des cas d'empoisonnement par les espèces de muraena chez Thomme. Un homme ayant bu du sang* d'anguille avec du vin, fut atteint de : cholérine, respiration stertoreuse et cyanose.

d) Quelques espèces d'autres genres posséderaient aussi des parties du corps qui sont toujours vénéneuses, par exemple, Schistothorax (chair), EngrauUs (chair), Scarus (bile), Sconiber (foie). Batistes (chair), Tetragonurus (chair) et beaucoup d'autres.

4. Poissons non vénéneux en eux-mêmes et très employés comme substance alimentaire, dont ne sont délétères que certaines parties, telles que les œufs, à des périodes bien déterminées, comme par exemple le printemps, tout le reste du poisson pouvant être mangé sans inconvénient aucun.

S'y rapportent, par exemple, le Scomher Kanagurla^ quelques espèces de Labrus et Scarus, le Barbus fluviatilis (Agass.) VEsox lucius (L.), le Meletla venenosa (Cuv.).

5. Poissons non vénéneux en eux-mêmes et employés comme substance alimentaire, mais qui peuvent devenir vénéneux dans toutes leurs parties et même amener la mort, soit à Tétat frais, soit en conserves, sans avoir changé, d'une manière appréciable, d'aspect, d'odeur, ni de saveur, ou après avoir subi des altérations semblables appréciables.

11 s'agira ici, dans la plupart des cas, de l'action destructive, désorganisatrice des microorganismes, mais la décomposition de l'albumine animale peut s'effectuer aussi dans d'autres conditions. Je suis convaincu qu aucun des produits basiques de la putréfaction des poissons obtenus et analysés jusqu'ici^ tels qucy par exemple y /'hydrocoUidine (1), Téthylidènediamine, /a gadinine o^^ tme substance agissant à la manière de la muscarine (2), ne représente le « poison des poissons ». Ces substances ont plutôt de l'intérêt au point de vue théorique ; en effet, les quantités obtenues de plusieurs kilos de matières en putréfaction, sont si minimes que, eu égard aux petites quantités de chair de poisson que chacun

(1) (ÎAuriEft et Etard, C, H, de l'Ac. d, 6V., t. XCIV, p. i60i. (i) Bai EGEa, /'/omamp, Berlin, 1885, p. 14.

mange ()rdinaircmenl,on peut dans la pratique négliger complètement rinloxication par ces « poisons des poissons. » Il en est de môme quant à d'autres ptomaïnes obtenues des poissons en putréfaction, par exemple, la Sardinine cristalline (1). Ce qui, diaprés moi, constitue le vrai progrès réalisé dans l'étude de cette question, c'est que l'on a réussi à démontrer l'existence d'une infection bactérienne dans les poissons devenus ainsi venimeux. On a reconnu une infection de ce genre, par exemple : dans la chair venimeuse de Vesturgeon et du saumon (2), dans les carpes où l'on a trouvé une toxalhumose que l'on peut rendre non toxique par l'ébuUition (3), et dans les sardines. Le microorganisme trouvé dans les sardines provoque des suppurations chez les ouvriers occupés à l'emballage des sardines (4).

On a trouvé, comme agent pathogène de la mort des poissons conservés dans des bassins, le Bacillus piscidius agilis virulent pour les animaux à sang froid et à sang chaud (5); comme cause de l'action toxique de la 7norue sêchèe « rouge », la présence du Clathrocystis roseopersicina (Gohn) [Lamprocystis roseopersicina (ScuRŒT.)], ou du Coniothecium Bertherandi (Megn.), ou du Pénicillium roseum (Link.), ou d'une Sarcine. II serait donc possible que les poissons conservés dans la glace devinssent vénéneux, grâce à des microorganismes pathogènes de la glace fondue qui les envahiraient. Dans les poissons décomposés de la sorte ou par suite d'une autre cause quelconque^ il ne peut s'agir jamais d'autre chose que des Dérivés de Talbumine qui se forment j aussi variés que possible, dans chaque stade de décomposition de ce corps labile : aussi ny a^t-il point UN poison des poissons ^ mais il en existe vraisemblablement un grand nombre.

a) Parmi les poissons conservés^ les suivants, entre autres, provoquent des empoisonnements parfois mortels (ces empoisonnements se présentent quelquefois sous forme d'épidémies étendues) : Aci penser sturio (L.) Esturgeon] A. huso (L.) Grand

(1) Gbiffiths, Chem. News, 1893, p. 45.

(2) Arustamoff, Centralbl. f. BacterioL, i891, p. 4i3. v3) FisGHEL and Enoch, Fortschr. d, Med., 1892, p. 277.

(4) Dubois Saint-Sevrin, Annales de V Institut Pasteur y \%^ky n*» 3.

(5) SiEQER-Si:iiouMo\v, Archwen des Sciences biologiques, 1895, t. III, p. 226.

Esturgeon ; A. ruthenus (L.) Sterlet ^ surtout cru, ou salé; Clupea harengus (L.) Hareng^ en conserves, ou salé, ou dont les œufs ont provoqué des symptômes gastriques g-raves, ou des symptômes paralytiques (1); Clupea pilchardus (Art.) Sardines^ ayant été conservées plusieurs jours dans une boîte ouverte ou dont les boîtes n'étaient pas fermées hermétiquement ; Salmo salar (Yal,.) Saumon^ conservé dans des boîtes en zinc; Pieuronéotes flesiis (L.) Flet ou Picatid; Hareng fumé et Hareng saiir\ et, parmi les produits des poissons. Caviar.

h) Parmi les poissons non conservés traités seulement suivant l'art culinaire, ont provoqué des empoisonnements, même mortels, souvent sans cause connue, mais à coup sûr toujours par suite de leur décomposition : Osmerus eperlanus (L.) Ëperlçin ; œufs de Saumon; œufs de Brochet; Tinca Chrysitis (Agass.) Tanches^ lesquelles, conservées cinq JQurs environ dans du vinaigre, ont provoqué, après vingt heures, des empoisonnements caractérisés par des symptômes d'intoxication ressemblant à ceux causés par l'atropine, mort précédée de cyanose et de dyspnée; Cyprinus Carpio (L.) Carpe; Barbus fluviatilis Barbeau^ dont les œufs peuvent être vénéneux; Silurus bagre et S. militaris qui ont causé des phénomènes cholériformes ; Gadus morrhua (L.) Morue fraîche qui quoique d'une fraîcheur apparente, a provoqué de la cholérine et des éruptions cutanées — les alcaloïdes de Vhuile de foie de morues Aselline, Morrhuine, etc., n'entrent pas ici en ligne de compte; — Scomber Thynnus (L.) Thon; S. pelamis (L.) Pélamide; S. scoynbrus {L.) Maquereau; S. regalis (Bl.) ; S. carrangus (Bl. et A.) et autres dont l'ingestion peut être suivie de toutes les formes de l'empoisonnement par les poissons ; Sparus Maena (Cuv.) Mendole ; Pagrus vulgaris (Cuv. et Val.) Sparus Pagrus (L.) Pagre; et certaines espèces de Coraci)ius {Cyprins).

Les symptômes d'intoxication peuvent, comme à la suite du Tetrodon inermiSy apparaître dans tous les empoisonnements par des poissons après un espace de temps variant depuis quelques minutes jusqu'à vingt heures, et la mort peut avoir lieu après

(1) Alex.vnder, Schles, Ges. f.valerl. Cuil., 1888 ; — Med. Praciii,, 1886, n^ 4.

huit à dix minutes ou après plusieurs jours. On peut les diviser en trois groupes : ichthysme cholériforme, exanthémaleux et paralytique, survenant diversement combinés.

1. Ichthysme cholériforme. Prenons comme exemple le choléra survenant après Vingestion du barbeau : vomissements persistants, coliques, diarrhée, angoisse précordiale, vertiges, tremblements, sécheresse de la bouche, soif, visage pâle et défait, pouls petit et à peine perceptible, anurie, mydriase, crampes aux mollets et lipothymies. Les femmes enceintes peuvent guérir de l'empoisonnement sans avoir avorté. Dans des cas graves de cette forme d'ichthysme, il peut y avoir vomissements et diarrhée sanguinolents.

2. Ichthysme ezanthémateux. Il accompagne souvent les formes cholériforme et paralytique. L'ingestion du foie de Squalus Catulus ou l'ingestion du Thon^ de VÈgrefin (Gadtcs œglefinus (L.), Haddock des Anglais, Hadou des Bretons), etc., est parfois suivie d'éruptions cutanées ortiée, scarlatinoïde ou rubéoloïde. Elles sont souvent accompagnées de prurit. La face, dans quelques cas isolés, est boursouflée et rouge comme dans l'érysipèle. L'apparition de l'éruption est de temps en temps précédée de fièvre, tandis que l'affection elle- même peut s'accompagner de troubles gastriques et respiratoires. L'éruption disparaissant, la peau commence ordinairement à desquamer : la desquamation peut durer jusqu'à vingt jours, et la tête peut y participer sans qu'il y ait chute des cheveux.

3. Ichthysme paralytique. Il se produit à la suite de l'ingestion des GymnodonteSy tels que des Harengs de mauvaise qualité, des Tanches^ des Esturgeons^ etc. et se manifeste par : sensation de sécheresse à la gorge, dysphagie, sensation de constriction, ou même impossibilité d'avaler, soif, vertiges, obscurcissement de la vision, mydriase, diplopie, xanthopsie ou érythropsie, paralysie dans le domaine du moteur oculaire commun, ptosis, parésie du voile du palais, faiblesse musculaire générale, petitesse et ralentissement du pouls, respiration irrégulière, dyspnée, sensation de froid et anesthésie ainsi que paralysie des extrémités. S'y associent parfois : enrouement ou aphonie, constipation, gastralgies, météorisme abdominal, quelquefois aussi

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