‹ Traité de toxicologie (volume 2)Chapitre 28 sur 172 · MÉLANGE DE SUBLIMÉ CORROSIF ET DE TARTRATE DE DOTASSE ET D’ANTIMOINE · texte numérisé non relu

MÉLANGE DE SUBLIMÉ CORROSIF ET DE TARTRATE DE DOTASSE ET D’ANTIMOINE

Dissolution concentrée. Trois volumes de sublimé et autant de tartrate. — La liqueur se trouble dans l’instant même , et continue à blanchir lorsqu’on y ajoute de l’eau ; le précipité blanc ramassé se trouve être un mélange de protochlorure et d’un peu de prototartrate de mercure. En effet, qu’on le traite par l’acide azotique faible à froid, on ne dissoudra que le prototartrate de mercure ; et en versant de la potasse dans la dissolution azotique , on obtiendra de l’oxyde noir de mercure et un mélange d’azotate et de tartrate de potasse. La portion non dissoute par l’acide azotique est du protochlorure de mercure , comme on peut s’en convaincre en la sublimant dans un tube de verre, après l’avoir lavée et desséchée. Si , au Heu de traiter le précipité blanc par l’acide azotique faible , on le chauffe dans un tube de verre, on obtient du protochlorure de mercure qui se sublime , du charbon

DES POISONS IRRITANTS

et un atome de mercure métallique provenant de la petite quantité de prototartrate de mercure qui a été décomposée. Il résulte de ces faits que le protoxyde d’antimoine de l’émétique passe à un degré d’oxydation supérieur, à l’état d’acide antimonique, aux dépens de l’oxygène du sublimé corrosif , qui se trouve réduit à l’état de protochlorure et de prototartrate de mercure insolubles. La liqueur doit donc contenir et contient en effet de l’acide antimonique , comme je vais l’établir en parlant de l’action de la potasse sur le mélange de sublimé et d’émétique.

Si on verse dans le mélange trouble et étendu d’eau de l’acide sulfhydrique, la liqueur devient rouge, comme si l’émétique était seul; mais elle ne tarde pas à déposer un précipité olive , qui est un mélange de sulfure rouge d’antimoine et de sulfure noir de mercure. L’infusion alcoolique de noix de galle ne précipite ce mélange en gris blanc jaunâtre qu’autant qu’il n’est pas étendu de beaucoup d’eau. L’iodure de potassium , employé en très petite quantité , le précipite en jaune , qui passe de suite au rose clair, et qui devient d’un beau rouge carmin par l’addition d’une petite quantité d’iodure : ce précipité paraît plus soluble dans un excès d’iodure de potassium que le bi-iodure de mercure préparé en décomposant un sel de bi-oxyde de mercure par l’iodure de potassium.

La potasse fournit, avec ce mélange trouble, un précipité noir abondant , tandis que le sublimé seul précipite en jaune , et l’émétique en blanc par cet alcali. Ce précipité est du protoxyde noir de mercure, et il suffit de le mettre sur un filtre et de le dessécher pour apercevoir le mercure métallique , même à l’œil nu ; d’où il suit que le protochlorure et le prototartrate ont été décomposés par la potasse et par le protoxyde d’antimoine , et que celui-ci , en se suroxydant , a dû passer à l’état d’acide antimonique : la liqueur doit donc contenir du chlorure , du tartrate et de l’antimoniate de potassium et de la potasse en excès. On peut s’assurer que telle est sa composition en la faisant évaporer jusqu’à pellicule ; le chlorure de potassium seul cristallisera (on sait combien le tartrate de potasse cristallise difficilement) et pourra être facilement séparé. La liqueur contenant du tartrate , de l’antimoniate de potasse et de la potasse , sera saturée avec ménagement par l’acide sulfurique affaibli , qui précipitera l’acide antimonique , facile à reconnaître après l’avoir filtré et lavé. La nouvelle liqueur filtrée , composée de tartrate et de sulfate de potasse , sera décomposée par l’eau de chaux , qui en précipitera du tartrate de chaux blanc.

L’ammoniaque fait naître dans le mélange de sublimé et d’émétique un précipité gris noirâtre qui semble formé d’un mélange de blanc et de noir : ce précipité doit contenir du protoxyde de mercure , et il

doit s’être passé quelque chose d’analogue à ce qui a lieu avec la potasse.

Une lame de cuivre placée dans cette dissolution brunit et devient blanche, brillante, argentine, par le frottement, comme avec le sublimé.

Analyse. ■ — On traitera le mélange de sublimé corrosif et d’émétique par l’éther, qui dissoudra une grande partie du premier et n’agira pas sur l’autre. (Voy. p. 58.)

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