‹ Traité de toxicologie (volume 4)Chapitre 105 sur 107 · X.' ARSENIC · texte numérisé non relu

X.' ARSENIC

L’Académie royale de médecine , dans sa séance du 28 mars 1843 , vient de donner sou approbation au Mémoire de M. Delafond, ayant pour objet de confirmer ce que j’avais établi depuis longtemps, savoir- que les animaux empoisonnés par les préparations arsenicales urinent pendant la période dé acuité, alors même qu’on ne leur administre aucun liquide. Ce corps savant a donc fait bonne justice de l’assertion contraire émise par MM. Flandin et Danger (voy. p. 373 . 11 en est par conséquent de cette hérésie toxicologique comme de tant d’autres annoncées avec tant d’emphase par ces messieurs, et nui ont déjà été condamnées par les deux Académies.

On n’a pas oublié (voy. p. 369, que j’ai établi un nouveau mode de traitement de l’empoisonnement par l’acide arsénieux , pieusement sur ce tiue l’on peut faire uriner considérablement les animaux empoisonnés par ce toxique, et expulser ainsi le poison qui aurait été absorbé. L’observation suivante, que je dois a 1 obligeance de mon honorable confrère M. le docteur Augouard, vient confirmer cette opinion , définitivement jugée aujourd hui , maigre les clameurs de gens étrangers, à la vérité , a 1 éludé de la toxicologie.

718 *d-s Poisons inniTANTs.

Observation. - Le jeudi 23 février 1843, à trois heures environ je Tus appelé pour donner mes soins à la dame ***, sage-femme, qui avait pus depuis une demi-heure quinze grammes d’arsenic, qu’elle s’était procuré au moyen de son diplôme, chez trois marchands de couleurs.

Anné auprès de cette dame, je remarquai les symptômes suivants:

Douleurs violentes a la région épigastrique ; sensation de brûlure dans cette région le toucher y était insupportable ; envies de vomir sans déjections soif ardente sans désir marqué de l’apaiser ; cependant la manie avalait ce qu’on lui présentait, avec un mouvement convulsif dans les mâchoires capables de briser le verre ; état de contraction dans les membres tant inférieurs que supérieurs; les extrémités de ces membres étaient froides; le pouls était peu fréquent, et la respiration légèrement accélérée ; la face vultueusc par intervalles ; la lumière paraissait lui être sensible, et les paupières étaient souvent fermées; regard vif et pénétrant; facultés intellectuelles intègres.

Traitement. —Un décigramme de tartre stibié fut administré sur-lechamp, en deux doses, dans deux verres d’eau. Le premier verre procura un vomissement très abondant de matières noirâtres et muqueuses. D autres vomissements ont été provoqués | ar l’eau de guimauve nitrée et n ont amené d autres substancesque celles que nous venions de prescrire. L eau de guimauve, fortement nitrée, et administrée en très grande quantité, a été la base principale du traitement qui a suivi; malgré cela, nous n’avons pu obtenir d’urine qu’à dix heures du soir, sept heures après l’empoisonnement; et ces urines, très abondantes jusqu’au lendemain matin huit heures, ont fourni dix litres environ. — Le 25, douleurs vives à l’estomac, application de douze sangsues à l’épigastre; prescription d’tm bain de deux heures; cataplasmes émollients ; continuation de boissons nitrées et de bains. — Convalescence au bout de huit jours. Quinze jours après, la malade paraissait complètement gué- Augouard (ils s était assuré que l’urine rendue si abondamment par la malade était arsenicale ; donc l’acide arsénieux avait été absorbé.

Page 1