‹ Traité de toxicologie (volume 4)Chapitre 42 sur 107 · I)E L’AZOTATE DE POTASSE · texte numérisé non relu

I)E L’AZOTATE DE POTASSE

sulfurique concentré, devient violet si on le met en contact avec une goutte de cette dissolution. Traitée par du cuivre et de l’acide sulfurique , elle donne des vapeurs nitreuses. La chaux et le chlorure de platine agissent sur elle comme il vient d’être dit. L’alcool concentré précipite une portion notable du sel , quoiqu’il en reste encore dans le liquide alcoolique. En faisant évaporer la dissolution aqueuse jusqu’à siccité, on obtient du nitre soüde.

Dissolution étendue. — Le sulfate denarcotine et le protosulfate de fer mêlés tfvec beaucoup d’acide sulfurique se comportent avec elle comme avec la dissolution concentrée ; il ne se dégage point de vapeurs nitreuses lorsqu’on la fait bouillir avec du cuivre et de l’acide sulfuririque , à moins qu’on ne concentre beaucoup la liqueur. La chaux n’en dégage point d’ammoniaque, et le chlorure de platine n’est point précipité; en évaporant celte dissolution , on obtient du nitre solide; l’alcool concentré marquant hk degrés ne la trouble point; on peut même dissoudre plusieurs grammes de nitre dans 100 grammes d’eau , sans que le sel soit précipité par ce menstrue.

Azotate de potasse mêlé à des liquides alimentaires, à la matière des vomissements ou à celles qui sont contenues dans le canal digestif. — Le thé, le café, le vin, l’albumine et la gélatine ne sont point troublés par ce sel.

Expérience ire. — On dissout 4 grammes d’azotate de potasse cristallisée dans 100 grammes d’eau : la dissolution n’est point précipitée, même au bout de vingt-quatre heures, par de l’alcool concentré marquant 44 degrés.

Expérience iT. — On môle 1 gramme de nitre avec 100 grammes de lait, de café et de bouillon ; on évapore jusqu’à siccité et 'on traite le produit par 100 grammes d’eau distillée froide; le lendemain on libre; le liquide est d’une couleur jaune rougeâtre. On l’évapore jusqu’à siccité ; lorsque le résidu , de couleur rougeâtre, est froid , on l’agite pendant plusieurs. minutes avec de l’alcool marquant 36 degrés , qui dissout du nitre et une petite quantité de matière animale et laisse une substance brune et poisseuse; on filtre; la liqueur est d’un jaune paille et fournit en l’abandonnant à ellc-môme, au bout de deux jours, des cristaux d’azotate de potasse; au reste , il suffit d’une goutte de cette dissolution alcoolique pour obtenir avec les sulfates très acides de narcotine et de protoxyde de fer les réactions rouge et brune précédemment indiquées. Si on fait évaporer le liquide qui surnage les cristaux, il reste un produit solide coloré qui fuse sur les charbons ardents.

Expérience 111“. — On administre à un chien de moyenne taille 16 grammes d’azotate de potasse dissous dans 140 grammes d’eau et mélangé avec autant de lait, de café et de bouillon ; l’œsopbagc est lié, et l’animal meuri au bout de douze heures; on l’ouvre immédiatement après la I. 19

mort. L’estomac contient environ 200 grammes d’un liquide grisâtre, épais, que l’on étend d’eau et que l’on chhull'c jusqu’à l’ébullition pour coaguler une portion de matière animale ; qn (ilire ; la liqueur jaune rougeâtre, qui passe, rougit le sulfate très acide dcnarcotine, et se comporte avec le protosplfate de fer comme une dissolution d’azotate de potasse. On la partage en deux parties égales A, B. On évapore la portion A jusqu’au point où elle pourra cristalliser, et l’on obtient une masse verdâtre un peu liquide qui fuse sur les charbons ardents et au milieu de laquelle il est difficile d’apercevoir des cristaux bien caractérisés; toutefois une petite portion delà liqueur A, mise dans un verre de montre et évaporée au bain-marie, laisse des cristaux de nitre d’un blanc jaunâtre parfaitement reconnaissable. La portion B est évaporée jusqu’à siccité, et le produit refroidi est agité avec de l’alcool à 36 degrés , comme dans l’expérience 2e. La liqueur fdtrée , d’un jaune doré , agit encore mieux que la dissolution aqueuse sur les sulfates acides de narcotine et de fer; on l’abandonne à elle-même pendant plusieurs jours , et l’on finit par obtenir des cristaux de nitre, quoique la liqueur contienne encore beaucoup de matière organique.

Les reins et le foie, après avoir été coupés en petits morceaux, sont laissés séparément en contact avec de l’eau distillée froide pendant quatre heures; on filtre. La liqueur provenant du foie, d’un brun noirâtre, est chauffée jusqu’à l’ébullition et filtrée pour la séparer de nombreux caillots de sang qui se sont formés par l’action de la Chaleur; dans cet état elle est d’un jaune clair; on la rapproche au bain-marie, et lorsqu’elle est assez concentrée pour pouvoir cristalliser par le refroidissement, on en met une goutte ou deux avec le sulfate très acide de narcotine et avec le protosulfate de fer ; à l’instant même on aperçoit les réactions de l'azotate de potasse. Le lendemain , voyant qu’il ne s’est point formé de cristaux, on la traite par l’alcool à 36 degrés , on filtre et on fait évaporer la dissolution jusqu’à siccité; le produit, mêlé encore de beaucoup de matière animale, fuse, faiblement à la vérité, sur les charbons ardents.

La liqueur provenant de l’action des reins sur l’eau distillée froide est rouge , tirant sur le rose ; on la chauffe jusqu’à l’ébullition, puis on filtre; le liquide qui passe est presque incolore; lorsqu’il est évaporé jusqu’au point où il pourra cristalliser, on voit qu’il rougit le sulfate acide de narcotine, qu’il brunit le protosulfate acide de fer, et que ce dernier mélange devient violet par un excès d’acide sulfurique; le lendemain il n’a point cristallisé ; on traite par l’alcool à 36 degrés, on filtre et on évapore la dissolution jusqu’à siccité; le produit, mis sur les charbons ardents, fuse assez distinctement, quoiqu’il contienne une proportion considérable de matière organique.

Il résulte des faits qui précèdent; 1° qu’il est aisé de démontrer la présence du nitre dans les matières suspectes dont je parle ; 2° que si, contre toute attente , ou n’en retirait pas des matières vomies ni de celles qui ont été trouvées dans le canal digestif après la mort, ni de

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