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DE L'ALUN

Expérience IV.— À l'aide du même procédé, on a injecté, à midi, 64 grammes d’alun calciné, mêlé de 100 grammes d’eau, dans l'estomac d’un petit chien du poids de 5 kilogrammes , âgé d’environ trois mois, et à jeun. L'animal a vomi des matières filantes , blanches , au bout d’un quart d'heure; cinquante minutes après, il avait vomi cinq fois. À deux heures, il paraissait. très-bien portant. Les jours suivants, il a mangé avec appétit, et n’a donné aucun signe d’incommodité.

Ces expériences viennent à l'appui de ce que j'avais publié sur l’alun dès l’année 1814. «J'ai fait prendre, disais-je, à un chien 24 grammes d'alun en poudre; une heure après, l'animal a vomi sans effort, et il ne paraissait pas très-incommodé. Le lendemain il a mangé comme à l’ordinaire , et il s’est trouvé parfaitement rétabli. Cette expérience tend à faire croire que l'alun mêlé aux vins pourrait, dans certaines circon- Stances , occasionner des accidents.» (Note de la page 274 de la 2° partie du tome I* de ma Toxicologie générale, 1'° édit., 1814.)

Désirant connaître les effets de l’alun sur des chiens que l’on empécherait de vomir , j'ai tenté les expériences suivantes.

Expérience V.— Le chien qui fait le sujet de l’expérience 1°, que j'ai dit être parfaitement rétabli après avoir pris 56 grammes d’alun ordinaire, a ayalé 26 grammes d'alun calciné en poudre ; cinq minutes après on a lié VPœsophage. Au bout de quatre heures on a détaché la ligature, et.on n’a pas remarqué que le chien fit des efforts pour vomir. Le lendemain , il était faible et tourmenté par la soif. Il est mort trois jours après sans avoir présenté d'autre symptôme qu’un état de faiblesse et. d'abattement qui à toujours été croissant. À l'ouverture du cadavre on n’a rien découvert qui püt

rendre raison de la mort.

ExPérince VI.— Le chien qui fait le sujet de l'expérience 2 , que j'ai dit être parfaitement rétabli après avoir avalé 94 grammes d'alun calciné, a pris 64 grammes d'alun calciné délayé et en partie dissous dans 96 grammes d’eau ; on a lié l’œsophage aussitôt. Deux heures après, abattement marqué, grande difficulté de se tenir debout; peu de sensibilité,

car on peut le pincer et le piquer sans qu'il fasse le moindre mouvement. ILest mort cinq heures après l’ingestion de l’alun.

Ouverture du cadavre. L’estomac contient une assez grande quantité de liquide; sa surface interne est couverte dans presque toute son étendue , d’une matière rougeâtre mêlée de portions verdtres et comme bilieuses. La membrane muqueuse est enflammée dans toute son étendue, Süriout près du grand cul-de-sac, où elle est d’un brun foncé; vers le py- Jore il existe un peu de sang épanché, et la membrane muqueuse y est d’un rouge assez foncé. Les parois de Pestomac sont extrêmement épaisses dans l'extrémité pylorique ; elles sont durcies, comme tannées, et résistent à Pinstrument tranchant. Les parois de l'intestin grêle sont légèrement Épaissies; cet intestin est tapissé intérieurement par une substance comme

grenue, d’un blanc légèrement jaunâtre. Les gros intestins renferment des matières liquides, jaunâtres, fétides. Du reste, il n’y a rien de remarquable dans cet intestin. Les autres organes ne sont le siége d’aucune altération appréciable. | | ne.

Expérrence VII. — A huit heures du matin, on a détaché ét percé d'un trou l’œsophage d’un chien robuste, du poids de 12 kilogrammes; on à introduit dans son estomac , à l’aide d’un entonnoir, 64 grammes d'alun, calciné, en partie délayé et en partie dissous dans 128 grammes d'eau ; l'œ&sophage a été lié. Quatorze heures après, le chien était mort après avoir éprouvé les mêmes symptômes que le précédent. Le canal digestif offrait des altérations anologues à celles dont je viens de parler (voy. expés rience 6). | à

Expérience VILL — 32 grammes d’alun calciné finement pulvérisé ont été appliqués sur le tissu cellulaire de la cuisse d’un chien de moyenne taille; les lambeaux de la peau ont été réunis à l’aide de quelques pomis de suture, en sorte que l’alun a dù rester appliqué sur la surface dé nudée.

Huit jours après, on voit que l'animal ne parait pas avoir éprouvé d’incommodité notable; les points de suture de la plaie existent encore. En incisant la peau qui correspond aux parties mises en contact avec l’alun, on sent une résistance qui tient à ce que cette portion des téguments est desséchée en partie; l’intérieur de la plaie n’est pas enflammé; on n’observe aucune trace de réunion. Le tissu cellulaire sous-cutané est desséché, gris jaunâtre et évidemment gangrené. Il y a encore un peu d’alun das la plaie. Quelques jours après , la suppuration s'établit, et ne tarde pas être très-abondante ; des lambeaux de tissu cellulaire et la peau se détas chent, et l'animal meurt quinze jours après l'application extérieure ‘de l’alun. L'examen dumembre, après la mort, fait voir que la suppuration avait détruit tout le tissu cellulaire de la partie interne de la cuisse,"et même le üssu cellulaire intermusculaire; des fusées de pus s'étaient faites jusque vers la jambe. Il n’est pas douteux, d'après la petite quantité d'a} trouvée dans la plaie, et d’après les désordres dont je viens de parler, que ce sel n’ait été transporté sur des parties du membre assez éloignées de celle sur laquelle il avait été mis. ” 4

Conclusions. 1° Les chiens, même les plus faibles et les plus petits, peuvent supporter de très-fortes doses d’alun calciné (60 grammes par exemple), sans éprouver d’autres accidents que des vomissements el ds selles ; en effet, ils sont parfaitement rétablis une ou deux heures es l’ingestion de l’alun, s'ils ont des évacuations abondantes. En combattant: celte conclusion, M. Devergie ne s’est appuyé sur aucun fail probant , et S’est mis en opposition avec ce qu'il y a de mieux établi. La seule! expérience qu’il puisse produire en faveur de son opinion ; la quatrième, ne prouve rien, car le chien auquel il avait fait avaler 64 grammes! d'alun calciné, et qui mourut huit heures après, n'avait vom qu'une

DE L'ALUN, 369 petite- quantité de matière verte écumeuse. Les expériences 1, 2 et 3, faites par ce médecin, confirment au contraire cette première conclusion (voy. Méd. légale, t. III, p. 337).

2° Si par suile de la ligature de l’æsophage , ou par toute autre cause, celte forte dose d’alun calciné ou cristallisé n’est pas vomie, la mort arrive au bout de quelques heures, même chez les chiens robustes et “une assez forte stature. Les cinq dernières expériences rapportées par Me Devergie ne font que confirmer ce que j'avais dit à cet égard douze ans avant lui.

3° Dans ce cas, la membrane muqueuse du canal digestif est fortement enflammée , comme je l’ai prouvé en 1829. 4° Appliqué à l'extérieur sur le tissu cellulaire sous-cutané de la cuisse des chiens, l’alun calciné, à la dose de 32 grammes, détermine une brûlure profonde qui donne lieu à une suppuration assez abondante pour tuer les animaux au bout de quinze à vingt jours. 5° L'homme adulte peut avaler dans une journée , et sans inconvénient , 4, 6, 8 et 10 grammes d’alun calciné dissous dans l'eau. Boerhaave en faisait prendre 4 grammes à la fois dans les fièvres intermittentes. Helvétius donnait toutes les quatre heures 2 grammes de pilules contenant 1 gramme 30 centigrammes d’alun calciné, ce qui porte la dose de l’alun à 7 grammes 8 décigrammes par vingt-quatre heures. M. Duméril a souvent administré 4 grammes de ce sel par jour, en dissolution dans une tisane. Marc faisait prendre, dans les vingt-quatre heures, 500 grammes de petit-lait, dans lequel on avait dissous 8 grammes d’alun. Le docteur Kapeler a donné sans inconvénient dans la colique des peintres, et dans la maladie épidémique connue sous le nom de raphania, jusqu’à 24 grammes d’alun dans les vingt-quatre heures, et quelquefois il en a administré 12 grammes d’un Coup, en dissolution dans 200 grammes de véhicule ; quelques-uns des individus soumis à celle médication étaient d’une faible constitution. Le médicament n’a que fort rarement déterminé des nausées ou des vomissements , jamais d'épigastralgie; mais il a souvent produit des selles abondantes. | 6° Il n’est pas douteux, d’après ce que l’on observe chez les chiens à eb d’après ce qui précède, qu’un homme adulte bien portant, qui avalevait 30, 40 ou 60 grammes d’alun calciné dissous dans l’eau , éprouverail des vomissements et des selles, et n’en serait pas plus incommodé que ces animaux; au contraire ; il est certain qu’en raison de sa plus grande stature et de sa plus grande force, il faudrait, pour déterminer chez lui des accidents aussi intenses que chez les chiens , une dose beaucoup plus forte d’alun. M. Devergie pense , au contraire , que l'estomac de l’homme étant doué de beaucoup plus de sensibilité et ses Sympathies étant beaucoup plus actives que chez le chien, l’alun agirait [, 21

avec beaucoup plus d'énergie. Cetie opinion, purement hypothétique, est contredite par les seuls faits qui soient dans le domaine de la science (voy. 5°). LE .

7° Il est également certain qu’une. forte dose d'a pourrait OCCasionner la mort de l'homme, si ce sel n’était pas expulsé parles vomis. sements et par les selles, hr que cela résulte des expériences 5, 6.et7, que j'ai publiées en 1829 (voy. p. 367). | rille 8 Si l'estomac de l’homme, au lieu d'être sain, comme je l'aisupposé jusqu’à présent, était affecté d’une phlegmasie chronique; Palun agirait avec beaucoup plus d'énergie, sans jamais déterminer pourfant une dilatation du ventricule gauche du cœur ,.comme l’avait.inconsidérément annoncé le docteur Fournier-Deschamps, dans une.affaire"médico-légale pour laquelle je fus consulté le 24 janvier 1829, et dontoiei le sommaire. Madame B.. fut atteinte, lorsqu'elle était encore.en pension à l’Aigle (Orne), d’un vomissement presque continuel et tellement-opiniâtre, qu’il résistait à tous les moyens indiqués : quelles: que fussent les substances confiées à l'estomac, sans excepter l’eau, elles étaient aussitôt rejelées. Le docteur Emangard parvint, au bout de six semaines d’un traitement approprié, à faire supporter à la malade une eau légèrement lactée; l'alimentation fut progressivement. augmentée.,et la santé devint aussi bonne qu’on pouvait l’espérer chez une personne dont l’enfance et l’adolescence avaient été marquées par un état constamment valétudinaire. En 1827, madame B... fut assez souffrante pour garder le lit pendant une grande partie de l'hiver. En février 1828 , ellefit appeler, pour la première fois, le docteur Fournier-Deschamps, quitlui donna des soins pendant près de deux mois. Dans le courant de l'étésil survint des irrégularités daus la mienstruation qui obligèrent de recourir à des sinapismes, à une infusion de safran, etc. Le 10 septembre 1828, ainsi que le déclare le docteur Fournier, madame B... fut incommodée par un embarras sanguin , avec prédisposition inflammatoire provenant de la diminution du flux menstruel. Quels que soient Le vague.et l'insuffisance d’un pareil diagnostic, on prescrivil seize sangsues, et pour boisson de la gomme arabique ; malheureusement le pharmacien déliwra, par méprise, deux paquets contenant chacun 16 grammes d’aluneals ciné. L’un de ces paquets avait été dissous dans un litre environ d'eau tiède; une tasse de cette boisson fut présentée à madame B... A peineren avait-elle bu deux ou trois cuillerées, qu’elle la repoussa , accusant des douleurs très-vives dans la bouche, le pharyux, et l'estomat, disant qu’elle était empoisonnée et qu’elle avait la bouche brûlée. Au rapport du docteur Fournier, «elle se plaignit de nausées, de chaleur vive, de douleurs déchirantes dans tous les points qui avaientélé en contact avec l’alun; le pouls était devenu fréquent et la figure ani-

… DE L’ALUN. 371 mée ; les muscles avaient été agités de petits mouvements convulsifs ; les envies de vomir avaient pris de l'accroissement; la soif était devenue inextinguible. Madame B... commença à vomir un quart d'heure après avoir pris cette boisson; la malade n'eut pas un quart d'heure de rel4che : les vomissements continuèrent toute la journée (1); ils se ralentirent le soir, et ils furent moins fréquents pendant la nuit: mais la malade éprouva de l’insomnie , ainsi que des douleurs aiguës. Le lendemain, il y avait de la fièvre; les vomissements étaient moins fréquents ; mais les angoisses continuaient, La nuit fut encore très-agitée. Le jour suivant 24, il n’y avait plus de fièvre; la région épigastrique était devenue très- «douloureuse à la pression , et était fortement tendue. Douze sangsues ayant été appliquées, la malade était mieux le 26.» Lors même que madame B. eût joui d’une santé parfaite, dit le docteur Fournier dans une desses dépositions, l'usage d’une pareille boisson était de nature à l’incommoder fortement,

Appelé pour donner mon opinion dans cette affaire, je m’exprimai ainsi : l’alun calciné est un sel irritant qui peut cependant être pris à assez forte dose sans occasionner la moindre incommodité ; une quantité. quintuple de celle qui a été avalée par madame B... est journellement administrée à des malades sans qu’ils éprouvent méme des envies de vomir. Toutefois je ne conteste pas que madame B... ait éprouvé de la part de l’alun des accidents fâcheux : depuis longtemps, elle paraît atteinte d’une affection de l'estomac , et nous savons qu'avec de pareilles dispositions , telle substance ne sera pas supportée, qui le serait à merveille si l'estomac n’était pas malade. Ainsi que l'avait fait le docteur Marc , je réduisis à sa juste valeur l'étrange assertion du docteur Fournier, savoir, que l’alun, à la dose de quelques centigrammes , aurait pu occasionner un anévrisme au cœur. L'amende infligée par le tribunal de police correctionnelle au pharmacien, fut réduite de moitié. (Voy. ma consultation dans le t. I des Annales d'hygiène, année 1829.)

és Traitement de l’empoisonnement par l’alun.

On favorisera le vomissement par l’eau tiède et la titillation dela luette, puis on combatira la phlezmasie gastro-intestinale par les saignées générales ou locales, les tisanes adoucissantes , la diète, etc. °

À: Recherches médico-légales.

Alun cristallisé à base d’alumine et de potasse (sulfate d’alumine et de potasse), Il est en octaèdres réguliers, d’une saveur acide astringente I ————————— . (1) Le docteur Fournier ne dit pas qu’il avait fait prendre à madame B. , dans journée du 22, contre toutes les règles de Part, 32 verres d'eau tiède,

légèrement sucrée, un peu efflorescent en été, soluble dans 14 à 15 parties d’eau froide, et dans un peu plus de son poids d’eau bouillante. Chauffé jusqu'au rouge dans un creuset, il fond , se boursoufle, devient d’un blanc mat, perd 45 p. 100 d’eau, et se décompose en acide sulfurique, en acide sulfureux et en oxygène qui se dégagent, et en sulfate de potasse mêlé d’alumine qui reste. Si, au lieu d’agir à une chaleur rouge , on calcine l’alun à une douce chaleur dans un creuset , jusqu’à ce que la matière ne se boursoufle plus, on dégage presque toute l’eau et une portion d’acide sulfurique, et l’on obtient l’alun calciné des pharmas cies. 17 grammes et demi d’alun cristallisé, ainsi calciné, ne m'ont fourni que 10 grammes d’alun calciné; la perte avait donc été de 7 grammes et demi; d’où il suit que l’alun calciné relient un peu d’eaus en effel, on aurait dû obtenir 7 grammes 77 centièmes d’eau , en supposant que toute l’eau eût été expulsée, qu’il ne se fût point dégagé d'acide, et que l’alun à base de potasse cristallisé soit formé de 55,56 de sulfate d’alumine et de potasse, et de 44,44 d’eau.

Dissolution aqueuse concentrée d’alun cristallisé à base d’alumine et de potasse. Elle est incolore, transparente, et rougit le tournesol; 1é$ sels solubles de baryte y forment un précipité blanc de sulfate de baryté, insoluble dans l’eau et dans l’acide azotique; la potasse et la soude en

précipitent de l’alumine en gelée soluble dans un excès de ces alcaliss

l’ammoniaque précipite également l’alumine et ne la redissout pas sen siblement quand elle n’est pas employée en grand excès ; le chlorure de platine y fait naître un précipité jaune-serin, dur, grenu, et adhérent au verre, de chlorure de potassium et de platine; l'acide sulfhydrique

ne la trouble point; agitée avec de la potasse, de la soude ou de la

chaux caustique, elle ne dégage point d’ammoniaque.

Dissolution aqueuse étendue. Elle se comporte, comme la précédente, avec le tournesol, le sel de baryte, l’ammoniaque , l'acide sulfhydriqué, la polasse et la soude; ces deux alcalis n’en dégagent point d’amm0® niaque; le chlorure de platine ne la précipite pas; on doit donc, pour y constater la présence de la potasse, la faire évaporer et l’amenét

au degré de concentration nécessaire pour qu’elle précipite par le chlo- |

rure de platine.

Alun à base de potasse calciné des che Il est blanc pulvérulent,

d’une saveur très-acerbe; chauffé, il fournit de l’acide sulfurique, de

l'acide sulfureux et de l'ésyéèné: el laisse du sulfate de potasse et de | l’alumine, L'eau distillée bouillante n’en dissout que les 44: le solutum | offre tous les caractères de la dissolution aqueuse concentrée de l'alun !

cristallisé (voy. plus haut). La poudre insoluble blanche, formée particuliérement de sous-sulfate d’'alumine et de polasse, se dissout en entier dans l'acide chlorhydrique faible et pur, qui lui enlève une portion de

DE L'ALUN. 373 polasse et d’alumine , et La ramène à l’état d’alun. Dix grammes d’alun calciné des pharmacies que javais préparé moi-même en calcinant dans un creuset de l’alun cristallisé, m'ont donné 7 grammes 9 décigrammes d'alun soluble dans l’eau , et 2 grammes 1 décigramme de poudre insoluble (un cinquième à peu près) ; en faisant cristalliser la partie dissoute, j'ai obtenu , au lieu de 7 grammes 9 décigrammes , 14 grammes 22 centigrammes de cristaux d’alun , parce que l’alun avait retenu 6 grammes 32 centigrammes d’eau. Si l’alun calciné avait été préparé dans un vase large et peu profond, tel qu’un têt, comme le font plusieurs pharmaciens , afin de chauffer plus également toute la masse, la portion insoluble dans l’eau pourrait n’être que d’un sixième au lieu d’un cinquième ; dans ce cas Les 10 grammes d’alun calciné donneraient 8 grammes 34 cenligrammes d’alun soluble dans l’eau , et 1 gramme 66 centigrammes de poudre insoluble ; dans ce cas aussi les 8 grammes 34 centigrammes représenteraient 15 grammes d’alun cristallisé, c’est-à-dire 78 centigrammes de plus que lorsque la calcination de l’alun aurait été faite dans un creuset. J'avoue qu’il m’est impossible de voir dans ce résultat, comme l’annonce M. Devergie, que la force de la dissolution de l’alun puisse être augmentée de plus de deux cinquièmes en calcinant ce sel daus un têt (Médecine légale , t. III, p. 334); ce serait tout au plus une augmentation énsignifiante d'un dix-septième.

Alun cristallisé à base d’ammoniaque. Il cristallise en oclaèdres ; chauffé il est décomposé en alumine pure qui reste dans la cornue et en sulfite acide d’ammoniaque qui se volatilise; triluré avec de la potasse, de la soude ou de la chaux , il laisse dégager de l’'ammoniaque ; du reste, la dissolution aqueuse concentrée ou étendue se comporte avec les sels solubles de baryte, la potasse, la soude, l’ammoniaque, le chlorure de platine, l'acide sulfhydrique et le tournesol , comme la dissolution aqueuse concentrée ou étendue d’alun cristallisé à base de potasse.

Alun cristallisé à base de potasse et d’ammoniaque. Ses caractères se déduisent de ceux des deux variétés d’alun qui viennent d’être décrites.

Irésulte de ces faits : 1° que l’alun calciné des pharmacies , à base de polasse , contient (oujours une certaine quantité de sous-sulfate d’alumine et de potasse insoluble dans l’eau bouillante , et un peu d’eau ; 30 grammes de ce sel représentent à peu près 53 grammes du même alun cristallisé ; 20 que si l’alun calciné des pharmacies est traité par l'eau bouillante, celle-ci tient en dissolution une proportion d’alun chistallisé qui s'élève aux 44 environ du poids de l’alun calciné, et qui donne à celui-ci les propriétés irritantés dont il jouit ; 3° que l’alun calciné des pharmacies, pour être inerte, devrait avoir été transformé,

par suite d’une calcinalion exagérée, en alumine et en sulfate de pos tasse, ce qui n’a jamais lieu ; 4° que l’alun calciné des pharmacies traité par l’eau froide s’y dissout difficilement et exige beaucoup plus d’eat que s’il était soumis à l’action de ce liquide bouillant. nu. : x del Mélanges d'alun à base de potasse et de liquides alimentaires, de la matière des vomissements ou de celles que l’on trouve dans lecanal digestif. — Expérience JS, — J'ai fait un mélange de 200 grammes de lait, de bouillon et de café, et de 30 centigrammes d’alun cristallisé, J'ai évaporé jusqu'à siccité, et partagé la masse solide en deux parties égal A et B. La portion À, traitée par l’eau distillée froide, a été filtrée au bout de quinze heures; la liqueur, de couleur rougeätre, donnait par la pos tasse et par l’ammoniaque des précipités fortement colorés, sot bi dans le premier de ces alcalis. La portion B a été laissée pendant quinzé heures en contact avec de l’eau distillée aiguisée d’acide sulfurique, puis filtrée. La liqueur, de couleur rouge, se comportait avec les alcalis comme celle qui provenait de À. Voyant qu'il était impossible de reconnaître parce moyen si ces liquides contenaient ou non de l’alun, je les fis évaporerjus qu’à siccité et carboniser par l'acide sulfurique pur; les charbons biensecs furent traités par l’eau bouillante et fournirent deux liqueurs incoloress dans lesquelles il était aisé de constater la présence de l’alun. a: 4 Expérience . — J'ai empoisonné un chien avec 33 grammes d'alun cristallisé dissous dans 160 grammes d’un mélange de bouillon et de cafés l’œsophage et la verge ont été liés; l’animal est mort au bout de dix-huit heures et a été ouvert immédiatement après. L’estomac contenait énviron. 300 grammes de matières liquides et solides de couleur grisâtre, rougis: sant le papier de tournesol; j'ai placé le tout sur un linge propre que j'a fortement exprimé, et j'ai évaporé jusqu’à siccité la liqueur trouble qui passé : le produit a été chauffé dans une capsule de porcelaine et agité ave” le tiers environ de son poids d’acide sulfurique concentré et pur, jusquà. ce qu’il fût réduit en un charbon sec et friable; il s’est dégagé. beaucoup. de vapeurs pendant cette opération, qui a duré à peu près vingt minutesslen charbon a été pulvérisé et mis en contact avec de l’eau distillée bouillante; après un quart d'heure d’ébullition, j'ai filtré et j'ai obtenu une liqueur incolore et parfaitement limpide, qui, étant abandonnée à elle-même, à laissé déposer au bout d’une heure des cristaux octaédriques offrant tous les caractères de l’alun à base de potasse. # L’estomac à été lavé pendant toute une journée avec de l’eau distillée | froide, puis on la fait bouillir dans le même liquide jusqu’à cequ'ilme | fournit plus d’alun à l’eau ; les liqueurs réunies et évaporées jusqu’à sedlé | ont laissé un résidu qui, étant carbonisé par l'acide sulfurique concenté | el traité par l’eau distillée, comme je viens de le dire, a donné del'alu. | Le viscère épuisé par tant de lavages a été coupé par petits morceauxet carbonisé lui-même par l'acide sulfurique; le charbon ayant bouilli avec de l’eau distillée pendant un quart d’heure à fourni un liquide que j'ai filtré

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