‹ Traité de versification française où sont exposées les variations de l'accent tonique dans les vers françaisChapitre 103 sur 243 · Théocrite · texte numérisé non relu

Théocrite

Souffle de l'aurore, Haleine du soir I v. uugo.

Oh! bien loin de la voie

Où marche le pécheur,

Chemine où Dieu t'envoie!

Enfant, garde (a joie !

Lis , garde ta blancheur ! v. uugo.

Souvent même un grand roi s'étonne,

Entouré de sujets soumis.

Que tout réclat de sa couronne

Jamais en secret ne lui donne

Ce bonheur qu'elle avait promis, volt.

3' modèle.

Ses bras en branches s'étendent; Ses doigts en rameaux se fendent; Ses blonds cheveux séparés En des feuilles vertes pendent, Et ne sont plus si dorés', baïk.

Long temps y a que je vis en espoir,

Et que Rigueur a dessus moi pouvoir.

Mais si jamais je rencontre Allégeance,

Je lui dirai : Madame, venez voir :

Rigueur me bat, faites-m'en la vengeance, mahot.

Mais qu'ils meurent aussi au janvier de leur âge,

Sans honneur, sans crédit, comme le vert herbage

Se fane au premier froid de l'hiver casanier,

Lorsqu'on le voit changer de teint et de visage,

Et perdre en un moment son lustre printanier *. guassignet.

4* modèle.

Vers alexandrins et vers de huit syllabes :

Comment tant de grandeur s'est-elle évanouie ? Qu'est devenu l'éclat de ce vasle appareil?

i. Celte staiice a été employée par Marul« 2. Victor Hugo a rajeuui ce uiudèle.

Quoi I leur clarté s'éteint aux clartés du soleil ! Dans un sommeil profond ils ont passé leur vie ; Et la mort a fait leur réveil, nouss.

Chez dix peuples vaincus je passai sans défense, Et leur respect craintif étonnait mon enfance; Dans l'âge où l'on est plaint, je semblais protéger. Quand je balbutiais le nom chéri de France, Je faisais pâlir l'étranger, v. hugo.

Choisis quelque désert pour y cacher ta vie. Dans une ombre sacrée emporte ton flambeau. Heureux qui, loin des pas d'une foule asservie, Dérobant ses concerts aux clameurs de l'envie,

Lègue sa gloire à son tombeau ! v. hugo.

6* modèle,

li ne sent plus pour moi ce qu'on sent quand on aime;

L'inâdèle a passé sous de nouvelles lois.

Il médit bien encor que son mal est extrême; Mais il ne le dit plus de même Qu'il me le disoit autrefois, m"* desiioulièrks.

6' modèle.

Le daim qui peut rompre ses toiles Revient-il s'engager dans les rets du chasseur?

Trahi des vents et des étoiles,

Va-t-il leur confler ses voiles Le nocher qui du port goûte enfin la douceur? le brun.

7* modMe.

Oh ! que cet asile a de charmes I Que j'aime le doux bruit des ruisseaux argentés^ Et ces bois renaissans du zéphyre agités?

Je ne sais quelles douces larmes S'échappent de mes yeux mollement enchantés, lk brun.

8' modèle.

Ah! que ta solitude inspire, Bois sombre, qui du jour braves les feux jaloux! Que j'aime ce feuillage animé du zéphyre I

230 CHAPITRE XYI.

Que cette onde me plait! elle éveille ma lyre,

Et lui prête des sons plus doux, ls wkvn,

9* modèle.

Liberté, préside à nos fêtes; Jouis de nos brillans exploits :

Les Alpes ont courbé leurs tètes Et n'ont pu défendre les rois; L*Éridan conte aux mers nos rapides conquêtes *. le brun.

40* modèle.

Heureux qui sait fléchir la céleste vengeance 1

Heureux le cœur humble et touché !

Heureux qui fait au ciel oublier son offense,

Et qui recouvre l'innocence

Par le repentir du péché 1 la mottb.

44* mod^.

Le chant d'un chœur lointain, le soupir qu'à l'aurore

Rendait le fabuleux Memnon, Le murmure d'un son qui tremble et s'évapore , Tout ce que la pensée a de plus doux encore,

0 lyre, est moins doux que son nom. v. hugo.

42* modèle. '

Vers alexandrins et vers de six syllabes :

Que d'un rang usurpé tombe enfin dans la poudre

Tout mortel insolent d'un bonheur odieux :

Il est un jour vengeur, un jour qui vient absoudre

Des lenteurs de la foudre

La justice des dieux, lb brun.

43* modèle.

Précipite leur troupe, 6 Père tout-puissant, Ck)mme du haut sommet d'un roc âpre et glissant Roule une forte roue,

], La stance suivante devra commencer par un vers masculin,

DBS 8TANGK8. 231

Comme un fétu de paille or' monte, ore descend

Sous le souflle divers de l'autan qui s'en joue, chassîgnet.

44* modèle.

Source à jamais durable Des plus heureux exploits!

Triomphe mémomble, Qui soumet à la fois Nos rois au Dieu suprême et la France à nos rois * ! le franc.

Remarque. C'est avec peu de succès que les poëtes du xYi'' siècle ont tenté pour cette stance, comme pour le quatrain y le mélange des petits mètres'.

§ l. STAIVCB DB SIX VERS.

La stance de six verS; qu'on nomme sixain y est celle que nos poëtes ont le plus souvent employée. Elle a beaucoup d'harmonie et admet de nombreuses combinaisons. Voici sa coupe la plus ordinaire : elle prend un repos après le troisième vers, en sorte qu'elle est partagée en deux tercets* : le premier vers rime avec le second , le quatrième avec le cinquième, et le troisième avec le sixième. Plus rarement on la divise en un quatrain et un distique (réunion de deux vers).

Il y a des sixains en vers de dix syllabes, de huity de sept, etc.

La stance composée de six alexandrins était fort usitée à la fin du xv!"" siècle et dans le xvii\ Nous l'avons conservée.

i. Voyez , à la fin du volume, lu note .10, 2. Voyez U note 40.

232 GHAPITRE XVI.

4" modèle,

Tircis, il faut penser à faire la retraite : La course de nos jours est plus qu'à demi faite ; L'âge insensiblement nous conduit à la mort ; Nous avons assez vu sur la mer de ce monde Errer au gré des dots noire nef vagabonde : Il est temps de jouir des délices du port. RiicAN.

Si je ne Ipge en ces maisons dorées

Au front superbe, aux voûtes peinturées

D*azur, d*émail etdemille couleurs:

Mon œil se platt aux trésors de la plaine

Riche d*Œiliet, de lis, de marjolaine.

Et du beau teint des printanières fleurs, dbsportbs.

Les lois de la mort sont fatales Aussi bien aux maisons royales Qu'aux taudis couverts de roseaux ; Tous nos jours sont sujets aux Parques : Ceux des bergers et des monarques Sont coupés des mêmes ciseaux, bagan.

Remarque. Quelquefois le sixain se fait sur deux rimes :

Dans leur course vagabonde Les mortels sont entraînés.

Frêles vaisseaux que sur l'onde Battent les vents mutinés.

Et dans l'océan du monde Au naufrage destinés, volt.

Dans les champs que l'hiver désole Flore vient rétablir sa cour ; L'alcyon fuit devant Ëole; Éole le fuit à son tour :

Mais sitôt que l'Amour s'envole, Il ne connoil plus de retour, rouss.

2* modèle.

Vers alexandrins et vers de dix syllabes. Ce mélange est rare.

C'est assez que, cinq ans, ton audace effrontée, Sur des ailes de cire aux étoiles montée,

Princes et rois ait osé défier :

La fortune t'appelle au rang de ses victimes; Et le ciel, accusé de supporter tes crimes.

Est résolu de se justifier. HiiLH.

Vers alexandrins et vers de huit syllabes. Les combinaisons en sont très-multipliées.

Le temps fuit, dites-vous ; c'est lui qui nous convie A saisir promptement les douceurs de la vie : L'avenir est douteux, le présent est certain ; Dans la rapidité d'une course bornée, Sommes-nous assez sûrs de notre destinée,

Pour la remettre au lendemain? rouss.

4« modèle.

Maintenant que l'hiver désole les campagnes, Que la neige blanchit prés, forêts et montagnes, Et cache au laboureur l'espoir de ses moissons; Que les fleuves gelés sont durs comme des marbres ,

Et qu'on voit aux branches des arbres

Pendre le cristal des glaçons, malb.

5" modèle.

Ce soleil qui nous luit, le monde entier l'appelle Roi des astres nombreux dont l'Olympe étincelle,

Et chef-d'œuvre du Tout^Puissant.

Est-il donc le plus grand des flambeaux de la terre, Ou le plus élevé dans les champs du tonnerre?

Non, non; mais il est bienfaisant', gilbert.

6* modèle.

Pour flatter ma douleur je ne sais que choisir :

I. Cette stance se trouve d<^jà dans La Fontaine. Victor Hugo nous Toffre souvent avec une rime masculine au conimcncouimt et une rime f<émlnlne à la fin.

234 CHAPITRB IVI.

Le chant des roisîgliols, le bruit d'une fontaine,

Rien ne charme mon déplaisir.

J*en parle si souvent aux nymphes de la Seine,

Que je ne donne pas loisir Aux échos d'alentour de prendre un peu d'haleine.

M"* DtSHOOLIÈRBS.

7* modèle.

Mais la douce Prière, aux lèvres gémissantes,

Etendant ses mains suppliantes, Suit la rapide Injure, au regard effaré : Bile baisse ses yeux de pleurs toujours humides; Et, près de Jupiter portant ses vœux timides.

Désarme l'Olympe irrité*, lb bmjn.

8' modèle.

Vertu, dont le trésor est si haut et si cher , Caché le plus souvent au fatte d'un rocher Devant lequel on voit cent et cent précipices;

Mais la vertu n'a point d'écueils ,

Et c'est au milieu des cercueils Qu'elle lève la tète et trouve des délices. n'iiuBiaNT ((ils).

9* modèle.

Parfaits dans le petit, sublimes en bijoux.

Grands inventeurs de riens, nous faisons des jaloux.

Élevons nos esprits à la hauteur suprême

Des fiers enfans de Romulus :

lis faisaient plus cent fois pour des peuples vaincus

Que nous ne faisons pour nous même. volt.

Amour a cela de Neptune,

i, Otte stancc aviit déjà été employée par le poéto Pavillon :

Un liquide cristal qai , sortant de sa source,

S'écoule d'une prompte course , Vn éclair, dont on voit la brillante clarté Disparoltre & nos yeux aussitôt qu'elle est née , Peuvent seuls exprimer la triste destinée

De Totre fragile beauté.

Que toujours à quelque infortune

Il faut se tenir préparé.

Ses inGdèles flots ne sont point sans orages; Aux jours les plus sereins on y fait des naufrages, Et, même dans le port, on est mal assuré, mai^h.

44* modèle.

Seigneur, dans ta gloire adorable

Quel mortel est digne d'entrer?

Qui pourra, grand Dieu, pénétrer

Ce sanctuaire impénétrable *, Où tes saints inclinés, d'un œil respectueux Contemplent de ton front l'éclat majestueux? aouss.

42* modèle.

Louez Dieu par toute la terre,

Non par la crainte du tonnerre

Dont il menace les humains, Mais parce que sa gloire en merveilles abonde, Et que tant de beautés qui reluisent au monde

Sont les ouvrages de ses mains, malb.

43' modèle.

Que le choc affreux des tempêtes

Des rochers renverse les têtes, Que l'univers ne soit qu'un théâtre d'horreur :

Autour de Sion immobile

Le Jourdain coulera tranquille, La paix habitera la cité du Seigneur, la mottb.

41* modèle.

Déjà la lune en pâlissant

Fuit devant le soleil naissant.

Et le sommeil encor n'a fermé ma paupière.

Pour moi seulement sous les cieux La nuit est sans repos et le jour sans lumière, Aussitôt que Cloris s'éloigne de mes yeux*. DBSMAaiTS.

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