‹ Traité de versification française où sont exposées les variations de l'accent tonique dans les vers françaisChapitre 16 sur 243 · Voyez la note à la fin du volume · texte numérisé non relu

Voyez la note à la fin du volume

3. Ce participe, qui se représente si souvent , et qui s*cst en quoique sorte défendu par ce fréquent emploi , a échappé à la réforme orthographique qu'ont subie les autres mots analoguf's : pu , vu, cru, dâ, mûr, sûr, au lieu de peu, veu, ereu, deu, meur, teur.

lettres seront fausses si la prononciation diffère. Ainsi briller ne rimera pas avec distiller ^ ni oser avec renverser, ni tranquille avec quille\ Par là sont proscrites beaucoup de rimes pour Toeil, qui étaient encore tolérées dans le siècle de Louis XIV, mais qui alors commençaient à céder à une sage réforme , comme foyers et ailiers avec fiers, enfer avec triompher, cloître avec paroUre (paraître), françois (français) avec lois, etc.

2'' Un mot ne peut rimer avec lui-même. Ainsi Texemple suivant, de Racine, est condamnable :

Témoin Irois procureurs, dont icelui Citron

A déchiré la robe. On en verra les pièces.

Pour nous jusliQer voulez- vous d'autres pièces * ?

Première remarque. Il y a des monosyllabes qui, placés à la fin de certains mots, se combinent avec eux de manière à n'en former qu'un ; comme on le voit dans viendrai-je, celui-là. La rime de deux mots terminés par ces monosyllabes n'est pas admise dans le style soutenu'; on en trouve quelques exemples dans le genre simple :

Est-ce que j'écris mal? et leur ressemblerois-je ? — Je ne dis pas cela. Mais enfin, lui disois-je^

I. Sur cette riine et sur les deux suivantes, voyez , ft la fin du volume , la note 3.

i. Dans let Plaideurs. Ici le mot pièce est Identiquement le même, quoique pris dans deux acceptions. Racine me paraît également répréhensible quand il dit :

Voas voyez d«vant vous mon adverse partie.

— Parbleu , je me veux roeUre aussi de ia pariiê.

Mais il ne faut pas ouliUer que ces petites négligences sont dans une comédie.

3. Notre poésie est plus sévère sur ce point que la poésie italienne. Celle-«i admet dans l'épopée la rime de syllabes accentuées , suivies des inonosyllalics me, te, si, vi, lo, lescpiols sont de vi^ritables muettes. Ainsi , l'on trouve

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Quel besoin si pressant avez-vous de rimer? mol. Àime-t-elle quelque autre? — Eocor moins. — Qu'obtiendrai -je? — ^Je ne sais. — Mais enfin? dis-moi. — Que vous dirai-je ' ? corn. Clarice, Ëglé, Doris. — Quelle offrande ««(-ce tà ? On m'offre loua les jours ces 8acrifices4à*, volt.

Deuxième remarque. Le poëte Le Brun a bu heureusement s'écarter de la règle générale, pour imiter un écho. C'est dans la traduction d'un épisode de Virgile, où le texte présentait la même intention :

Ces lèvres, qu'Eurydice animait autrefois, Et sa langue glacée, et sa mourante voix, Sa voix disait encore : 0 ma chère Eurydice! Et tout le fleuve en pleurs répondait : Eurydice !

S"" Mais quand deux mots, s' écrivant de même, ont un sens différent, ils peuvent rimer ensemble. Tels sont pas, point, négations, avec pm, point, substantifs*, présent, participe, SL\ec présent, substantif, etc. :

Noire malheur est grand, il est au plus hautpoinl; Je l'envisage entier, mais je n'en frémis point, corn. A mes Justes désirs ne vous rendez- vous pas? Ne peut>elle à l'autel marcher que sur vos pas ? rag. Tel que vous me voyez, monsieur, ici présent. M'a d'un fort grand soufflet fait un petit présent, m.

dans une octave du Tasse : rimprovarti, fermarsi, Irovarsi; et dans l*Arioste : ritrovarlo , penarlo; irovotse, fermosse ; arricciotsi, fermossi, nomossi. La même liberté existe dans la poésie espagnole.

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