‹ Traité de versification française où sont exposées les variations de l'accent tonique dans les vers françaisChapitre 214 sur 243 · DEUX ACCENTS CONSÉCUTIFS · texte numérisé non relu

DEUX ACCENTS CONSÉCUTIFS

moins , aussi peu fixée * que celle de la langue française ; mais en italien et en espagnol.on peut faire des vers hexamètres , pentamètres, etc.; donc, on pourra en faire de même en français, malgré le peu de fixité de la prosodie. »

Si cette dissertation ne m'avait déjà entraîné un peu loin , je pourrais reprendre la question des vers blanes, et montrer qu'ils n'étaient pas impossibles dans notre langue. À la vérité, il ne suffit pas de supprimer la rime, c'est-à-dire ce qui marque le rhythme, sans substituer un équivalent; mais Ton pourrait trouver dans la combinaison des accents une harmonie flatteuse pour l'oreille. Je me contente d'indiquer ici cette idée, dont le développement excéderait les bornes de cet ouvrage.

Je reviendrai sur l'accent dans les notes 26 et 27.

NOTE 26 (page 140).

J'ajouterai des exemples à ceux que j'ai donnés, pour étayer solidement un système nouveau. Je prendrai à toutes les époques.

Voici d'abord des alexandrins qui ont deux accents de suite à la césure, sur la cinquième et sur la sixième syllabe :

Trop vilainefn^nt fu la dame décéue. (jubinal.)

Qui deux fils jumeaux mène au Saint Jacques moustier...

A ses compagnons vînt, la chose leur conta, (ib.)

Le roi lendemain fit tout son camp déloger, j. marot.

Le sage nocher craint la faveur de Neptune, du bellay.

Et ne recevoir plus la jeunesse hardie, vauqublin.

Il fera demain jour, et la nuit porte avis. corn.

Fait qu'un tel désir cède à Tamour qui te presse. lo.

Chaque passion parle un différent langage, boil.

A qui le printemps donne une beauté nouvelle, la motte.

Qui depuis longtemps erre et voyage sur Tonde, cvbièrbs.

Le dieu '^ satisfait rentre et dort dans son grand lit. ahpèrb.

i . C'est un Italien qui parle.

2. Le MU — Extrait de la Rivue des Deux Mondei ( juillet, 1S47 ).

Deux accents consécutifs à la rime :

Fist demander li dus, les a à raison mis. (rol.) Car à peine puis croire ce que tu conlé m'as. (ALBXAWoaB. Li venin nous fera en la mort d'enfer prendre, (jcbinal.) Qu'après sa mort soit s'âme devant Jésus-Christ belle, (ib.) Tu ne fais que donner à tes serviteurs peine. MAaoT.

Et mon amoureuse eau

Baiseroit or' sa main, ore sa bouche franche, ronsaed. Prenez garde à ses mœurs, considerez-Ia toute, malh.

On trouvera le même défaut dans ces vers de dix syllabas :

Aimer bonté , donner aux mauvais blâme, mbschinot.

Lorsque tout fruit maturation prend, lo.

Trop plus souffert qu'onques ne souffrit femme, j. marot.

Jusques au bas de ce tien socr^ temple, marot.

Ne vous voyrai jamais plus de loin pattre...

Auxquels géants qui ont serpentins pieds...

 peine avoit à Gn son propos mis...

Ainsi épris, son premier chemin laisse...

Nous consommons notre fleurissant âge...

Et tout ainsi que le chaume sec ard. 10. '

Qui l'ai voulu de ma propre main paître, du bkllay.

Or que la nuit son char étoile guide, m.

Jette le reste , et puis en belle eau flotte, ronsard.

Mais un bouvier qui mène les bœufs paître, id.

Les vers de huit syllabes peuvent pécher contre rharoionie par la môme cause :

Et fu en un baril d^or mise. ( brut.)

Si tu jures saint Michel l'ange, rutbbbuf.

Et vous veuillez son conseil croire, (iubinal.)

Lui fait heaumes et écus fendre. (iB.)

Ceux qui loyaument aimer veulent, (r. db la rose.)

Ce juge fait les larrons pendre, (ib.)

Je l'excuse , et excuser dois, proissaet.

Non pourquant j'ai tout en gré pris. id.

Comme celui qui merci quiert. a. chartikr.

Ainsi conquesta Bacchus l'Inde, eabblais.

Avec un nombre infini d'yeux, matnard.

Où le grand Nostradamus dort, ghaulieu.

Ruisseau peu connu , dont l'eau coule, ducis. *

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