I. Voyex ci-dessus (p. 651) un quatrain analogue
sixAm. 555
En vous, belle Julie,
S*a]lie La grâce et la bonté , Et la vertu remplie D'attraits et de beauté. voiroBB.
NOTE 40 (page 231).
ce Ces stances, dit Richelet, doivent avoir une pause au troisième vers; j'entends qu'il faut que Toreille s'y puisse arrêter, et que le sens ne soit pas emporté au quatrième... M. Maynard s'aperçut le premier que cette pause étoit nécessaire : ensuite les excellens poètes, qui en virent la beauté, ne composèrent point de stances de six où il n'y eût un arrêt au troisième vers; et depuis, on a toujours observé la même chose. »
Avant de s'être imposé cette règle, Malherbe plaçait quelquefois le repos après le quatrième vers :
Certes quiconque a vu pleuvoir dessus nos tètes Les funestes éclats des plus grandes tempêtes Qu'excitèrent jamais deux contraires partis, Et n'en voit aujourd'hui nulle marque paroftre, En ce miracle seul il peut assez connottre Quelle force a la main qui nous a garantis.
Pellisson en a fait la remarque à propos de cette stance.
Mais l'assertion de Richelet n'est point fondée , en ce que Bertaut, Belleau, et particulièrement Desportes, avaient su, avant Maynard , diviser le sixain en deux tercets. Déjà Marot avait bien coupé cette stance dans ses psaumes. Enfin, en remontant plus haut, on verra qu'un heureux instinct deTharmonie avait indiqué antérieurement ce repos. Je l'ai trouvé dans Alain Chartier. Je citerai encore im exemple de Laurent de Premierfait ^ :
f . Voyez p. Paris, Les Manuscrits français , eic, i, I, p. 350. Toutes les stances sont bien coupées. Cet écrirain est du commencemcot dn xv* sitele.
La lerre d'Italie, des poètes ia mère, Très-riche d'orateurs , qui à Phébus le père Des arts et des sciences tant de dictiés compose , Mouit esjouir se doit, qui engendra naguère Jehan Boccace ignoble , quant est de père et mère ; Mais es parens n'est pas vraie noblesse enclose.
En distribuant le sixain en un quatrain et un distique , on était porté à isoler ce dernier , et à le former de deux rimes plates, offrant une chute analogue à celle de l'octave italienne. J'en ai cité un exemple, p. 272 , où Marmontel attribue à tort cette invention à Malherbe. Voici une stance de Ronsard :
Ainsi ne l'or, qui peut tenter, Ni grâce, beauté, ni maintien.
Ne sauroient dans mon cœur enter Un autre portrait que le tien, Et plutôt il mourroit d'ennui, Que d'en souffrir un autre en lui *.
Cette manière est harmonieuse quand les deux derniers vers sont un refrain :
A qui pensez-vous , bergère ,
En cette fleur de quinze ans ?
La beauté passe légère
Gomme la rose au printemps.
Adieu , ville, vous commanda :
Il n'est plaisir que des champs, gohoart.
Brennus disait aux bons Gaulois :
Célébrez un triomphe insigne!
Les champs de Rome ont payé mes exploits ,
Et j'en rapporte un cep de vigne.
Grâce à la vigne, unissons pour toujours L'honneur, les arts, la gloire et les amours, béranger.
Les Italiens ont pratiqué cette coupe. Je Tai trouvée dans Pignotti.
V J'ai dit que, pour le 23* modèle, on avait d'abord employé le vers de dix syllabes. En voici un exemple de Ronsard :