‹ Traité de versification française où sont exposées les variations de l'accent tonique dans les vers françaisChapitre 84 sur 243 · VEBS DB NEUF SYLLABES · texte numérisé non relu

VEBS DB NEUF SYLLABES

Quoique le vers de neu/* syllabes soit peu usité, et que les traités de versification n'en disent presque rien, nous n'avons pas hésité à le rétablir à sa place , parce qu'il nous paraît très-harmonieux. On le trouve particulièrement dans des pièces destinées à la musique.

11 a une césure obligée après le troisième pied :

Belle Iris, | malgré voire courroux,

Si jamais vous revenez à vous,

Vous rirez, et j'engage ma foi

Qu'aussitôt vous reviendrez à moi. charlbval.

On ne se doute guère que Racine ait fait des vers de neuf syllabes. 11 y en a cependant quelques-uns dans son Idylle sur la Paix :

De ces lieux | Téclat et les attraits,

1. Les Grecs et les Latins se senalcnl pour le dialogue de la scène non pas du vers épique, mais d'un mhVtt plus court, auquel notre décasyllabe répond asseï bien. Dans les premiers temps de notre théâtre, on employait le vers de huit syllabes.

186 CHAPITRE XtT.

Ces fleurs odorantes»

Ces eaux bondissantes,

Ces ombrages frais Sont des dons I de ses mains bienfaisantes. De ces lieux | l'éclat et les attraits Sont les fruits de ses bienfaits.

On lit encore les suivants dans Voltaire :

Des destins la chaîne redoutable Nous entraîne à d'éternels malheurs ; Mais l'Espoir, à jamais secourable, De ses mains viendra sécher nos pleurs.

Dans nos maux il sera des délices, Nous aurons de charmantes erreurs; Nous serons au bord des précipices, Mais l'Amour les couvrira de fleurs.

Voici un fragment de chanson cité par Marmontel :

Venge-moi d'une ingrate maîtresse, Dieu du vin, j'implore ion ivresse :

Un amant se sauve entre tes bras.

Hâte-toi, j'aime encor, le temps presse; C'en est fait si je vois ses appas.

Molière fournirait aussi quelques vers de cette mesure ; Béranger en a fait usage dans deut de ses chansons\

Nous retrouvons encore une fois dans ce vers Thémistiche de Talexandrin, avec son accent final qui est de rigueur y et son accent intérieur qui est mobile.

Remarque. Sedaine a fait quelques vers de neuf syllabes coupés après la quatrième :

Je n'aimais pas | le tabac beaucoup :

J'en prenais peu, | souvent point du tout; Mais mon mari | me défend cela.

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