Isomèire, mot grec qui signifie d*éga1e mesure
3. Cette règle est asseï nouvelle : on peut ne pas l'obsener dans les couplets^ qui sont destinés h la musique.
DES STANGBB. 219
jours par une rime masculine \ elles commencent par une rime féminine.
4"* Elles ont nécessairement les rimes croisées. Quelquefois deux rimes plates sont mêlées à des rimes croisées.
5** Si une stance n'est pas isomètrey on n'y emploie généralement que deux mesures différentes.
6^ Il faut éviter que la rime qui termine une stance offre une consonnance à peu près semblable à la rime du vers suivant; comme si une stance finissait par le mot imprévUf et que la suivante commençât par le mot vue.
Les stances 9 depuis celles de quatre vers jusqu'à celles de dix, peuvent être très-variées, et par le mélange des rimes et par les différents mètres qu'elles reçoivent. On peut même dire qu'il n'y a pas de bornes, sous ces deux rapports , à la liberté du poëte, pourvu toutefois que les règles générales soient respectées. Malherbe et Rousseau ont sans doute employé les combinaisons les plus harmonieuses; mais ils ne les ont pas épuisées. On a tenté do nos jours quelques heureux essais. L'oreille est ici le juge souverain.
i. « Depuis Malherbe, à qui nous devons notre rliytlimc lyrique, la plirasc métrique de Tode doit toujours être terminée , comme l'est d'ordinaire la phrase musicale, par un vers masculin, repos naturel à rorcillp, et qu'elle ne trouve pas dans une rime féminine, à cause de Ve muet et de la syllabe sans valeur. Il n'y a guère d'exception que dans les stances de quatre tétramètres, qui forment du moins des mesures égales, et ne tiennent pas l'oreille dans la suspension. » (La Harpe, Cours de Littérature, t. XII, p. 333.)
220 chapithe xvi.
§ 4. TRRCBT8.
Malgré quelques tentatives faites au xvi* siècle pour introduire dans notre poésie des stances, proprement dites , composées de trois vers \ le tercet n'a point été adopté par Tusage.
Mais si le tercet ne forme pas individuellement un modèle de stances , il est assez fréquent dans le genre lyrique '.
Nous voyons dans VEsther de Racine :
TOUT LE GHOEUn.
Le Dieu que nous servons est le Dieu des combats : Non, il ne souffrira pas Qu'on égorge ainsi l'innocence.
UIIB ISRAÉLITE SeuU.
Eh quoi ! diroit l'impiété, Où donc est-il ce Dieu si redouté, Dont Israël nous vantoit la puissance?
Et dans une cantate de Rousseau :
Quel bonheur! quelle victoire!
Quel triomphe ! quelle gloire !
Les Amours sont désarmés.
Jeunes cœurs, rompez vos chaînes :
Cessons de craindre les peines Dont nous sommes alarmés.
Voici encore un fragment pris dans un opéra de
La Motte :
Ici la beauté, Esclave et sans armes Dompte la fierté.
i. Voyez la note à la fin du volume.
% Nous le verrons plus loin admis dans la stance de six vers et dans cell e de dix.
DES STAUCES. 221
Ici la beauté
Veoge par ses charmes
Sa captivité!
Ici quelquefois Le pouvoir suprême Cède à d'autres lois.
Ici quelquefois
De DOS maîtres même
Nos yeux sont les rois.