EU1S0P0DES
1rs marais Pontins. voisin du S. granulatum de la Méditerranée. S. serratum Fabr., Océan e( Méditerranée, aussi dans l'eau saumàtre. S. rubicauda Leach. Côtes d'Angle^ terre. S. Prideauxtai\um Leach., (lûtes d'Angleterre. Dynamene Leach. La lamelle caudale ne prend pas parla l'enroulement. I). rubra Mont. Cymoioce Leach. Corps ne s'enroulani jamais, à bords latéraux presque parallèles. Tète à front fortement recourbé Abdomen a téguments granuleux, présentant un appendice médian. C. Imncata Mont. Côtes d'Angleterre. Cerceis Edw. Le front fait saillie au-dessus de la base des antennes. Cassidina Edw. Corps large en forme de bouclier. Lamelle extérieure de la nageoire caudale entièrement atrophiée. Nesaea Leach. Sixième anneau thoraciquetrès-développé, portant sur la face dorsale un appendice fourchu. Lamelle externe de la nageoire caudale trèsgrande, droite, non susceptible de s'appliquer sur la face ventrale. A. bidentata Adams, Côtes d'Angleterre. Campecopea Leach. Le sixième anneau porte un appendice simple, droit; la lamelle externe de la nageoire caudale est recourbée. Amphoridea Edw., les articles basila#es îles antennes antérieures forment une forte saillie lamelleuse. A. typa Edw., Chili. Ancinus Edw. Corps fortement aplati, à bords latéraux presque parallèles. Les deux paires de pattes antérieures avec une main préhensile puissante. Nageoire caudale avec un article basilaire court et une lamelle longue et simple. A. depressas Edw.
5. Fam. Idoteidae. Corps allongé, antennes antérieures (internes) courtes, pièces de la bouche conformées pour mâcher et bouclier caudal long, composé de plusieurs anneaux soudés. Dernière paire de pattes de l'abdomen transformée en une sorte d'opercule, destiné à protéger les pattes branchiales.
Idotea Fabr. Pattes du thorax semblables. Antennes externes à tige formée de 4 à 5 articles, à long fouet . Les deux anneaux antérieurs de Fabdomen nettement distincts. /. eniomon L., Mer du Nord; /. tvicuspklata Desm., Méditerranée et Manche; aussi dans l'eau saumàtre. /. pelagica Leach. Erichsonia Dana. Antennes externes beaucoup plus longues que les internes, mais formées seulement de six articles, dépourvues de fouet multiarticulé. Cliaetilia Dana, Antennes antérieures placées au-dessus des postérieures; la sixième paire de pattes allongée presque comme une soie. Ch. ovala Dana., Patagonie. Arcturus Latr. Corps élancé, cylindrique; antennes inférieures très longues. Les quatre paires de pattes antérieures sont délicates, couvertes de nombreuses soies et disposées pour exciter des tourbillons dans l'eau; les trois postérieures sont fortes et conformées pour la marche. Se meuvent comme les chenilles de Géométrides. A. tuberculalus Latr. .4. Bafjini Weslw., Baie de Baflin. Leachia Johnst. Quatrième anneau thoracique très long. L. longicornis Sow. L. intermedius Goods., Côtes d'Angleterre.
4. Fam. Munnopsidae. Corps nnophtbahne, présentant une division plus ou moins distincte en deux régions, la tèle et les quatre premiers anneaux thoraciques étant séparés des anneaux suivants par un étranglement très-marqué. Abdomen formé d'un seul anneau recourbé. Antennes inférieures avec une tige à cinq articles et un long fouet. Paire de pattes antérieure avec une main préhensile imparfaite, les trois paires suivantes allongées, disposées pour la marche, les trois postérieures foliacées conformées pour nager.
Munnopsis Sars. Les quatre anneaux thoraciques antérieurs larges et creusés en dessus ; troisième et quatrième paires de pattes aussi longues que le corps. M. typica Sars., Côtes de Norvège.
5. Fam. Asellidae. Corps sensiblement aplati. Dernière paire de pléopodes en forme de stylet. Mandibules avec un palpe Inarticulé. Fausse patte antérieure représentée souvent par une lamelle dure, recouvrant les pâlies branchiales.
Mmuiakr. Tète très large, avec de gros yeux saillants; premier et dernier anneaux thoraciques plus courts que les autres. Première paire de pattes courte et puissante, les autres grêles terminées par deux griffes. Abdomen à anneaux tous soudés. Mâle grêle.
710 EUISOPODES.
linéaire. M. Kroyeri Goods. M. Whiteana Sp. Bâte. Jaera Leach. Antennes supérieures très courtes ; antennes inférieures, à peu près aussi longues que la moitié du corps, faites grêles, uniformes, terminées par deux griffes; anneaux abdominaux soudés avec des appendices caudaux très petits. Pattes branchiales recouvertes par une lamelle. ./. Nordmanni liallike. J. albifrons Mont., Angleterre.
Asellus Geoffr. Les deux paires d'antennes avec un fouet multi-arlicitlé. Les fouets des antennes inférieures très longs. Paire antérieure de pattes avec une main préhensile, les autres pattes avec de simples griffes. Pléopodes antérieurs petits. Dernière paire de pléopodes (sixième) longue, à deux branches. Mâle beaucoup plus petit que la femelle. A. aquaticus L., forme d'eau douce. A. cavaticus Schiôdte. Dans les puits profonds, les lacs souterrains et au fond du lac de Genève. Aveugle; pas de cône cristallin, ni de pigment oculaire. Limnoria Leach. Corps allongé ovale. Les deux paires d'antennes courtes. Paires de pattes assez grêles, conformées pour la marche. Anneaux de l'abdomen distincts. Lamelle caudale large en forme de demi-cercle, de chaque côté avec des appendices caudaux aplatis. L. tcrebrans Leach. (L. lignorum), ronge le bois et les balises dans la mer.
6. Fam. Bopyridae1 Parasites dans la cavité branchiale des Salicoques. Corps de la femelle discoïde, devenu plus ou moins difforme et asymétrique par suite de métamorphose régressive; segmentation non distincte; pas d'yeux. Mâles très petits, allongés avec des anneaux bien distincts et des yeux. Antennes courtes; pièces buccales rudimentaires; mandibules dépourvues de palpes; une trompe. Les sept paires de pattes courtes et terminées par des crochets portent chez la femelle de larges lamelles qui servent à former la cavité incubatrice. Abdomen avec des paires de pattes foliacées et ramifiées. Larves ovales, à anneaux courts, munies d'antennes antérieures très courtes, d'antennes postérieures longues et de six paires de pattes thoraciques terminées par des crochets. Les cinq paires de pattes antérieures de l'abdomen avec des branches grêles. Sixième paire styloïde.
Phryxns Rafhke. Femelle asymétrique, non distinctement segmentée avec quatre paires d'appendices branchiaux abdominaux formés par de doubles lamelles. Ph. abdominalis Kr. sur Hippolyte. Ph. paguri Rathke. Ph. galatheae liesse. Gyge Corn. Pane. Femelle asymétrique avec des lamelles, qui constituent la cavité incubatrice, très développées, et cinq paires de branchies simples rudimentaires. G. branchialis Corn. Pane, dans la cavité branchiale du Gebia littoralis, Méditerranée. Bopyrus Latr. Femelle asymétrique avec les lamelles constituant la cavité incubatrice petites et cinq paires de lamelles branchiales abdominales triangulaires et simples. B. squillarum Latr., sur le Palaemon Squilla. Jone Latr. Corps de la femelle large, articulé et symétrique, avec de longs tubes et de larges lamelles destinées à former la cavité incubatrice sur les pattes thoraciques. Des appendices branchiaux ramifiés à l'abdomen. Mâles avec des tubes branchiaux simples à l'abdomen. J. thoracica Mont., dans la cavité branchiale delà Callianassa subterranea.
7. Fam. Entoniscidae2. Sacs dépourvus de membres, qui s'enferment par la partie antérieure seulement (tête et partie antérieure du thorax) ou tout entiers dans la cavité viscérale d'autres Crustacés (Cirripèdes, Pagurides et Crabes). Les larves au sortir de l'œuf sont semblables aux larves des Bopyrides et possèdent deux paires d'antennes, une
* Rathke, De Popyro et Néréide. Rigae et Dorpat, 1857. — Id., Beitrage zur Fauna Norwegens. Nova acta Acad., Caes. Leop. -1843. — Cornalia et Panceri, Osservazioni zoologico-anatomiche sopra un nuovo génère de Crustacei Isopodi sedentarii. Torino, 1858.
2 Lilljeborg, Liriope et Peltogaster. Nova acta reg. soc. Ups., sér. 3, vol. NI et IV. 1859-1860. — Fr. Mùller, Entoniscus porceltanae. eine neue Schmarolzerassel. Archiv fur Naturg.,t. XXVIII. 1862. — Id., Bruchsliicke znr Naliogesehichtc der Bopyriden. Jen. naturw. Zeitschr., t. IV, 1870. — Buchholz, Ueber Hemioniscus, etc. Zeitschr. fur wiss. Zool., t. XVI. 1868. — P. Fraisse, Die Gattang Cryptoniscus Fr. Mull. Wûrzburg, 1877. — Id. Entoniscus Cavolinii, etc., Wiirzburg. 1878. — A. Giard, On the genus Entoniscus. Ann. and Mag. ofNat.hist. 5e sér., vol. IV. 187!).
EUISOPODES 7 1 F
trompe, six paires de pattes thoraciques, terminées, à l'excêptionde la première pain1, par des crochets et cinq paires de pattes natatoires abdominales. Dans le stade suivant, pendant lequel a lieu l'accouplement, les deux sexes sont identiquement conformés, allongés el possèdent tous leurs anneaux. Il peul exister aussi mie septième paire de paltes thoraciques (Crypioniscua monophthalmus). Toujours les deux paires de gnathopodes sont courbées et pourvues de crochets, après l'accouplement, les mâles semblent disparaître, tandis que les femelles fécondées entrent clans la phase de la production des œufs et, connue les Lernéens, sont parasites; elles perdent les antennes, les membres s'accroissent énormément et elles révèlent la forme d'un sac asymétrique. I>e grandes lamelles, la seule partie qui ait persisté des pattes thoraciques, constituent mie cavité irnubatrice pour les œufs en voie de développement.
Cryptoniscus Fr. Mûller (Liriope Wulhkc, Hemioniscus Bucbhz.). Femelle en forme de sac, le pins souvent recourbée, asymétrique, parasite sur les Cirripèdes et les Rhizocéphales. Dans la période d'accouplement les deux paires de gnathopodes sont courtes et terminées par des crochets. Pattes abdominales biramées. Les larves de ce genre répandent une odeur particulière caractéristique. C. planarioides F. MûlI. , sur la Sacculina purpurea d'un Pagurus, Brésil. C. pygmaeus Rathke, sur le Peltogaster Paguri, Norvège. C. curvatus Freisc, sur la Sacculina neglecta de l'Inachus scorpio, Naples. C. monophthalmus Freise, sur le Peltogaster curvatus, Naples. C. paguri Freise, sur les prolongements radiciformes d'un Peltogaster du Glibanarius misanthropus, Baléares. C. balani Buchh., parasite sur les Balanus.
Entoniscus Fr. Mûller. Femelle pendant la période d'accouplement recourbée comme un Lernéen, avec des appendices lobés abdominaux. Parasite chez les Pagurides et les Crabes. Sixième paire de pattes de la larve avec une main préhensile puissante. E. Porcellanae Fr. Mull., vit entre le tube digestif et le cœur d'une espèce de Porcellana du Brésil. E. cancrorum Fr. Mull., dans des espèces de Xantho du Brésil. E. Cavolinii Freise, dans le Carcinus maenas et le Pachygrapsus marmoratus, Naples.
La forme décrite sous le nom de Microniscus Fr. Mull., qui vit en parasite sur les Copépodes, est une forme jeune, intermédiaire entre la larve et l'individu dans la période d'accouplement et indique que les larves d'Entoniscides, avant d'arriver à la maturité sexuelle, vivent temporairement parasites sur de petits Crustacés, particulièrement des Copédodes.
8. Fa m. Oniscidae1. Seules les lamelles internes des fausses pattes sont transformées en délicates branchies membraneuses, les lamelles externes en plaques protectrices solides, les deux antérieures présentant parfois des espaces remplis d'air. Mandibules dépourvues de palpes. Pattes-mâchoires aplaties, avec des palpes rudimentaires. Vivent sur la terre, principalement dans les endroits humides.
1. Sous-Fam. Oniscinae. Antennes antérieures tout à fait rudimentaires et à peine visibles. Abdomen formé de six anneaux avec les apendices caudaux stylil'ormes.
Ligia Fabr. Fouet des antennes intérieures multiarticulé. Antennes bien visibles. Appendice caudal très long avec deux branches styliformes. Les deux articles basilaires de l'abdomen raccourcis. L. oceanica L. sur les roches et les pierres au bord de la mer. L. italica Fabr. Ligidium. Article basilaire de l'appendice caudal fourchu. L. Personii Lert. (agilis Pers.), dans les étangs en Allemagne, en France et en Italie. Itea Koch. /. riparia, rosea Koch, etc. Oniscus L. Antennes externes formées de huit articles. Antennes internes cachées, quadriarticulées. Appendice caudal dirigé en dehors. 0. asellu» L. (0. murarius Cur.) Cloporte. Porcellio Latr. Antennes externes formées de sept articles. Lamelles antérieures des fausses pattes avec des lacunes remplies d'air. P. armadilloides Lereb. P. pictus Brdt. P. laevis Latr. P. dilatatus
1 J. F. Brandt, Conipectns monographiae Cruslaceorum Oniscidorum. Dull. Soc. nat. Moscou, 1853. — Rinahan, Analysis of certain allied gênera of 1er restriai Isopoda. Nat. his. Rev. 1857, 1858 et 1859. — Schûbl, Typhloniscus Steinii, etc. Wien. Sitzungsb., t. XL. 1800. — ld., Haplophthalmus, etc. Zeilschr. fur vviss. Zool., t. X. 1800.
71<2 THORACOSTRACÉS.
Brdt. P. scaber Leach. Trichoniscus Brdt. Les antennes externes sont formées de six articles. Les espèces souterraines suivantes : Titanellies (Pherusa) allms Koch et Typhloniscus (Plalyarthrus Steinii Schôbl, sont anophthalmes.
2. Soos-Fam. ArmadJIHnae. Corps fortement bombé, susceptible de s'enrouler, avec les
appendices caudaux lamelleux, non saillants. Armadillo Latr. (Armadillidium Brdt). Corps elliptique avec des antennes externes à
sept articles. A. vulgaris Latr. A. o/ficinarum Brdt. Tylus Latr. Tylus Latreillii Edw.,
Egypte et Alger. Les genres Diploexochns et Sphaefoniscus, établis par Dana, en soûl
très voisins.
o. THORACOSTRACA1. THORACOSTRACÉS
Malacostracés avec des yeux composés, le plus souvent pédoncules, avec un bouclier dorsal qui réunit tous les anneaux thoraciques,, on au moins les antérieurs, avec la tête.
Les Thoracostracés possèdent aussi un céphalothorax formé de treize anneaux et un abdomen formé de six anneaux et du telson; mais le corps est plus ramassé et adapté à un mode de locomotion plus parfait et à un genre d'existence plus élevé. Au lieu d'être formée par sept anneaux réellement distincts, la région médiane du corps est recouverte par une carapace qui soude intimement la tête au thorax. Le bouclier céphalolhoracique présente dans son développement de nombreuses modifications. D'ordinaire il constitue le tégument dorsal des anneaux antérieurs ou de presque tous les anneaux thoraciques et n'apparaît comme un repli libre que dans ses parties latérales recourbées du côté de la face ventrale. Tandis que cette carapace ne s'étend, chez les Stomatopodes et les Cumacés, que sur les anneaux thoraciques antérieurs, et laisse libres les anneaux postérieurs, chez la plupart des Schizopodes et des Décapodes il recouvre tous les anneaux du thorax, qui constituent dès lors avec la tête \uv> région antérieure, résistante et solide. Quant aux paires de membres, dont treize appartiennent au céphalothorax et six à l'abdomen, elles ont des usages différents de ce que nous avons vu chez les Arthrostracés, mais qui varient suivant les groupes secondaires (flg. 611). Les yeux sont portés d'ordinaire sur deux pédoncules nobiles, que l'on a cru pouvoir considérer comme la plus antérieure des paires de membres, bien qu'en réalité ils correspondent à des parties latérales de la tête. Les deux paires d'antennes appartiennent à la partie antérieure de la tête, qui, elle-même, peut être articulée avec le céphalothorax et est mobile (Squillides) . Les antennes de la paire antérieure portent sur une tige commune dans la règle deux ou trois fouets, et remplissent principalement les fonctions d'or-
1 Outre les grands ouvrages de Herbst,Milne Edwards, Dana et les mémoires de Duvernoy,Audouin et Milne Edwards, Joly, Couch, etc., consultez: Leach, Malacostraca podophthalma Britanniœ. London, 1817-1821. — V. Thompson, On the melamorphosis of Décapotions Cruslacea. Zool. Journal, vol. II, 1831, et Isis, 1834, 1836, 1838. —H. Rathke, Untersuchungen Uber die Bildung und Entwicklung des Flusskrebses. Leipzig, 18'2'J. — Th. Dell, A history of the Brilîsh stalkeyed Crustacea. London, 1853. — Lereboullet, Recherches d'embryologie comparée sur le développement du Brochet, de la Perche et de l'Ecrevisse. Paris, 1802. — V. Hensen, Studien liber dus Gchôrorgan der Decapoden. Leipzig, 1805.
THOIUCOSTRACÉS. Tir»
ganes de sensibilité spéciale. A leur luise seul situées, chez les Décapodes, les vésicules auditives; sur la tige el aussi sur les rouets sont placés des filaments
Fig. 611. — Astacus fluviatilis mâle et femelle vus par la face ventrale. — Cheï le mâle on a supprimé les pattes ambulatoires et les pattes abdominales du côté gauche, chez la femelle les pattes ambulatoires du côté droit, ainsi que toutes les pattes-mâchoires. — A', antenne interne ; A", antenne externe avec son écaille (PI) ; Md, mandibule avec son palpe; Mx', première mâchoire; Mx", deuxième mâchoire; Mxf à Mxf3, les trois pattes-mâchoires; Goe, orifice sexuel; Doe, orifice de la glande verte; /•'' et F", première et deuxième pattes abdominales; Ov, œufs; A, anus.
tenus et des poils qui communiquent avec des nerfs, el que l'on considère comme des organes olfactifs. Les autres antennes s'insèrent en général en dehors et un peu au-dessous des premières ; elles ne portent qu'un long fouet, et chez les Macroures souvent une écaille plus ou moins gra-nde. Sur un appendice tubuleux de leur article basilaire, débouche le plus souvent une glande (glande antennale). Les trois paires d'appendices suivantes fonctionnent comme pièces de la bouche : sur les côtés de la lèvre supérieure, les mandibules cornées portant des palpes, et plus bas deux paires de mâchoires multilobées, au devant desquelles est placée, au-dessous de l'ouverture buccale, la petite lèvre inférieure bilobée. Les 8 paires d'appendices suivantes montrent, dans les différents groupes, une forme et des usages très variables. Dans la règle, les paires
lu
TIIORACOSTIUCÉS.
.intérieures, transformées en organes accessoires destinés à la préhension, se rapprochent de la bouche, où elles constituent ce que l'on appelle les pattesmâchoires, et présentent une organisation qui tient de celle des mâchoires et de celle des pattes proprement dites. Chez les Cumacés, il n'y a que deux paires de ces pattes-mâchoires ; chez les Décapodes, trois paires, de telle sorte qu'il ne reste plus dans le premier cas que six paires de pattes proprement dites au thorax, et dans le second cinq paires. Chez les Stomatopodes, cinq paires de pattes sont même transformées en pattes-mâchoires, et seulement trois paires de pattes natatoires naissent sur les derniers anneaux libres du thorax. Les pattes du thorax sont très souvent, au moins en partie, fourchues (l'une des branches servant d'organe natatoire); chez les Décapodes en général, elles sont conformées pour marcher et dépourvues de branche accessoire. Elles se terminent par des griffes simples; les antérieures fréquemment aussi par de
grosses pinces, cependant leurs articles terminaux peuvent aussi être de larges lamelles, et dès lors, les pattes ont une conformation qui les rend aptes à servir de nageoires. Des six paires de pattes abdominales bifides, la dernière s'élargit dans la règle et constitue avec le dernier anneau abdominal, qui- s'est transformé en une lamelle, la nageoire caudale.
Par contre, les cinq autres paires, ou fausses pattes, qui appartiennent aux cinq anneaux antérieurs de l'abdomen, tantôt sont des pattes natatoires {Stomatopodes), tantôt servent à porter des sacs ovifères, ou bien les antérieures remplissent un rôle dans l'accouplement (mâles). Elles peuvent aussi être plus ou moins rudimentaires et même disparaître en partie.
A de rares exceptions près (Mysides), tous les Thoracostracés possèdent des branchies fasciculées ou composées de lamelles régulières lancéolées, qui ne sont autre chose que des appendices des pattes. Les Stomatopodes les portent à l'abdomen sur les fausses pattes; les Cumacés en sont presque totalement dépourvus; ils ne possèdent en effet qu'une seule paire de branchies sur les secondes pattes-mâchoires. Chez les Schizopodes et les Décapodes, les branchies sont placées sur les pattes-mâchoires et sur les pattes proprement dites, mais en général renfermées chez ces derniers dans une chambre spéciale au-dessous des expansions latérales de la carapace (fig. 612). Les organes de la circulation atteignent aussi chez ces animaux un développement bien supérieur à celui que présentent non seulement les autres Crustacés, mais même tous les Arthropodes. Partout on trouve un cœur et des vaisseaux. Chez les Stomatopodes, le cœur a la formée d'un canal allongé s'étendant dans le thorax et l'abdomen, possède de nombreuses ouvertures paires, et, outre une aorte antérieure et une aorte postérieure, envoie à gauche et à droite plusieurs troncs artériels qui vont se ramifier dans les organes. Chez les Cumacés, les Schizopodes et les Décapodes, le cœur
Fig. 612. — Branchies gauches d'Astacus fluviatilis, que l'on a découvertes en enlevant le repli latéral de la carapace (d'après Huxley). — A', branchies; R, rostre; 0, œil pédoncule ; Mp, appendice lamelleux oscillant de la deuxième mâchoire; Mxf"\ troisième patte-mâchoire.
THORACOSTRACÉS. 715
est arrondi et est situé dans la partie postérieure du céphalothorax. Il est rare, comme c'est le cas pour les jeunes larves des Décapodes, qu'il n'existe qu'une seule paire d'orifices et que le système artériel soit peu ramifié. Chez ces mêmes animaux arrivés à l'état adulte, le nombre dos orifices s'augmente d'une paire ventrale et de plusieurs paires dorsales, et l'appareil vasculaire se perfectionne très notablement. Une artère antérieure, l'aorte céphalique, se distribue au cerveau, aux antennes et aux yeux; deux paires d'artères latérales envoient leurs rameaux à l'estomac, au foie et aux organes génitaux; l'aorte abdominale (postérieure) se divise d'ordinaire en une artère dorsale et une artère ventrale, qui fournissent des branches, la première aux muscles de la queue, la seconde aux pattes abdominales et thoraciques. Des dernières ramifications capillaires, le sang passe dans des canaux plus ou moins grands limités par du tissu conjonctif que l'on peut considérer comme des vaisseaux veineux, et de là dans de vastes sinus situés à la base des branchies. Arrivé là, il traverse les branchies, et, redevenu artériel, est ramené par d'autres canaux vasculaires (veines branchiales) dans un vaste réservoir qui entoure le cœur, le sinus péricardique, d'où il pénètre enfin dans le coeur.
Le tube digestif se compose d'un court œsophage, d'un large estomac et d'un intestin allongé, dont l'ouverture terminale, ou anus, se trouve au-dessous de la lamelle médiane de la nageoire caudale. L'estomac est d'ordinaire renforcé par une charpente de chitine, sur laquelle sont insérées plusieurs paires de lamelles tranchantes, destinées à broyer les aliments. Chez les Décapodes, on peut encore rencontrer sous la peau deux concrétions arrondies de carbonate de chaux, ce que l'on appelle vulgairement des yeux d'écrevisse. Au commencement de l'intestin, dont les parois sont revêtues de cellules glandulaires, débouchent les conduits excréteurs de glandes volumineuses et multilobées, que l'on considère comme le foie. A la base des antennes externes on retrouve le tube glandulaire simple ou pelotonné ; mais il n'existe pas de glande du test.
Le système nerveux se distingue d'abord par la grosseur de son cerveau, d'où partent les nerfs des yeux et des antennes. La chaîne ventrale, réunie au ganglion sus-œsophagien (cerveau) par de très longues commissures, présente un degré de concentration très variable. Cette concentration est surtout peu marquée chez les larves (Erichthas, Phyllosoma) et chez les Schizopodes, dont la chaîne ventrale (Mysis) montre dix ganglions thoraciques et six ganglions abdominaux pressés les uns contre les autres. Chez les Stomatopodes (Squilla), il existe dans le céphalothorax une grosse masse ganglionnaire thoracique qui envoie des filets nerveux aux mâchoires et aux pattes-mâchoires ; les trois derniers anneaux thoraciques renferment chacun un ganglion, d'où partent les nerfs de trois paires de pattes, et enfin l'abdomen en contient six. Parmi les Décapodes, les Macroures (fig. 615) possèdent d'ordinaire douze ganglions/ld* dans le thorax, six dans l'abdomen; mais on rencontre aussi déjà des exemples de coalescence de quelques ganglions thoraciques (Palaemon, Paliniirus), coalescence qui est bien plus marquée chez les Pagurides. Dans ces animaux, l'abdomen est très réduit, et ne contient qu'un seul ganglion. Chez les Décapodes Brachyures (fig. 614), la concentration de la chaîne ventrale est à
71T. THORACOSTRACÉS.
son maximum; en effet, tous les ganglions se sont fusionnés et forment une grosse masse située dans le thorax. Le système nerveux viscéral atteint également chez ces animaux son plus haut degré de développement. Il est constitué chez l'Écrevisse par des ganglions et des plexus, situés à la face supérieure de l'estomac, et réunis par on nerf impair au bord postérieur du cerveau, par des plexus pairs, nés de deux nerfs issus de la commissure œsophagienne, et qui innervent la lèvre supérieure, l'œsophage, l'estomac et le foie, et enfin par des nerfs intestinaux qui viennent du dernier ganglion de l'abdomen.
Les organes des sens sont surtout représentés par de gros yeux à facettes. A l'exception des Gumacés, chez lesquels ils sont sessiles, partout les yeux sont portés par des pédoncules mobiles, que l'on doit considérer morphologiquement comme des parties latérales de la tête. Entre ces yeux à facettes pédicules, il existe chez les individus jexnes un œil simple, médian, analogue à l'œil impair des Entomostracés. Par exception, on peut aussi rencontrer à l'état adulte des yeux pairs sur les membres tboraciques, et des yeux impairs entre les fausses pattes (Euphausia).
Les organes auditifs manquent chez les Cumacés et les Stomatopodes. Chez les Décapodes ce sont des vésicules renfermant des otolithes placées sur l'article basilaire des antennes internes, et chez beaucoup de Scliiz.opodes sur les lamelles de la nageoire caudale. Les filaments ténus et les poils des antennes internes doivent probablement servir d' organes de Y odorat; quant au sens du toucher, il est exercé par les antennes, les palpes des mâchoires et aussi par les pattes-mâchoires et les pattes proprement dites.
Les organes sexuel* sont pans, placés dans le thorax ou même dans l'abdomen (Stomatopode*\\ ils communiquent en général entre eux. Les organes femelles sont composés de deux ovaires (rarement d'une glande germinative
Fi-. 613 du H<„,
— Système nerveux rus vulgaris (d'après
Milne Edwards). — a, cerveau; b, nerfs optiques; c.
nerfs antennulaires; d, nerfs antennaires; e, cordons nerveux formant le collier œsophagien; f, nerf viscéral; g, ganglion sous-œsophagi<n : /i écartemenl dos cordons interganglionnaires pour livrer passage à l'artère sternale; i, premier ganglion abdominal:
j, cordon intcrganglionnaire unique; k, dernier ganglion abdominal.
Fig. 614. — Système nerveux du Carcinus maenas (d'après .Milne Edwards). — a, Cerveau; b, collier œsophagien; c, commissure postœsophagienne ; d, masse ganglionnaire commune; e, terminaison de la chaîne ventrale.
TIIORACOSTRACES.
tous une métamorphose plus ou insi que quelques Schizopodes (My-
impaire, Mysis), d'un même aombre d'oviductes, et parfois de réceptacles séminaux piriformes. Leurs orifices externes se trouvent sur l'article de la hanche des pattes de la troisième paire nu sur le thorax, entre ces mêmes
pattes. Les deux testicules, formés de nombreux petits sacs et tubes aveugles, et réunis sur la ligne médiane, peuvent envoyer deux ou trois prolongements dans l'abdomen (Décapodes). Leurs deux canaux déférents, plusieurs fois contournés, débouchent sur l'article de la hanche des pattes de la cinquième paire, plus rarement sur te thorax, parfois sur un organe ropulateur spécial [Schizopodes). La première paire <le fausses pattes, ainsi que la seconde servent d'organes accessoires d'accouplement. Les œufs arrivent dans une cavité incubatrice formée par des appendices lamelleux des pattes [Cumacés, Schizopodes), ou bien sont fixés par la femelle au moyen de la sécrétion de glandes spéciales aux fausses pattes recouvertes de poils, et y restent jusqu'au moment de i'éclosion.
Les Thorapostracés subissent presque moins compliquée. Seuls les Cumacés, sides) et Décapodes (Astacus), possèdent au sortir de l'œuf tous leurs anneaux et toutes leurs pattes. Par contre, toutes les larves de Stomatopodes ainsi que presque toutes les larves de Décapodes marins (ces dernières sous la forme de Zoea) ne possèdent en naissant que sept paires de membres ; les six derniers anneaux thoraciques font encore défaut, mais il existe un long abdomen (dépourvu, il est vrai, de membres, fig. 615). Les deux paires d'antennes de la Zoé sont courtes et dépourvues de fouets; les mandibules n'ont pas encore de palpes, les mâchoires sont lobées et remplissent déjà leurs fonctions, les quatre pattes-mâchoires antérieures sont des pattes fourchues et fonctionnent comme des pattes natatoires biramées; chez les Macroures cependant, on trouve en arrière une paire de pattes natatoires, qui deviendra plus tard la troisième paire de pattes-mâchoires. Les branchies font encore défaut et sont représentées par les parties latérales membraneuses de la carapace, sous lesquelles l'eau se renouvelle d'arrière en avant. Le cœur existe; il est court et muni d'une ou deux paires d'orifices. Les yeux à facettes ont une taille considérable et présentent déjà un court pédoncule. Par contre, on trouve toujours entre eux un œil simple impair, un œil d'Entomostracé. Chez les Brachyures (Crabes), la Zoé porte en général des aiguillons; d'ordinaire, il existe un aiguillon frontal, un long aiguillon dorsal recourbé et deux aiguillons latéraux sur la carapace.
Cependant la forme de Zoé n'est nullement partout la forme larvaire la plus simple. Abstraction faite de certaines larves, semblables à des Zoés, qui sont
Fig. 615. — Zoé d'un Crabe (Thia) après la première mue. — ZS, aiguillon dorsal ; A'/', et Kf", les deux paires de pattes fourchues, correspondant à la première et à la seconde paire de pattes-mâchoires.
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dépourvues des paltes-mâchoires médianes, il y a des Podpphthalrnaires (Euphausia) qui abandonnent l'œuf sous la forme de Nauplius. De telle sorte que l'embryogénie établit une sorte de continuité dans la série des formes que revêtent les Entomostracés et les Malacostracés.
Les transformations de la Zoea sont progressives et très variables (fig. G 16). Pendant qu'elle s'accroît, apparaissent sous la carapace les 0 (5) paires de pattes qui manquaient, et sur l'abdomen les fausses pattes; les larves des Salicoques entrent alors dans une phase où elles ressemblent à des Schizopodes, puis revêtent leur forme définitive. La Zoé des Crabes subit une mue et affecte une nouvelle forme larvaire, celle de Megalopa, qui présente déjà les caractères d'un Brachyure, et possède du reste encore un gros abdomen replié sur la face ventrale, mais muni de la nageoire caudale (fig. 617).
La plupart des Thoracostracés habitent la mer et se nourrissent de ma-
i('ig. 616. — Larve Zoea d'Inachus, à une phase déjà Fig. 617. — Larve Megalopa de Porlitnns. avancée et possédant les rudiments de la troi- abdomen; A', antennule; A", antennes; F' à Fv sième paire de pattes-mâchoires et des cinq paires les cinq paires de pattes ambulatoires, de pattes ambulatoires. — A', antennule; A", antenne; Kf, Kf", Kf", les trois paires de pattesmâchoires; 5B/;, rudiments des cinq paires de patte? ambulatoires; (•, cœur; L, foie.
tières animales mortes, ou même d'animaux vivants. Beaucoup sont d'habiles nageurs; d'autres, par exemple de nombreuses espèces de Crabes, marchent et courent parfois même à reculons avec une grande agilité. Les pinces de leurs appendices antérieurs leur constituent de puissantes armes défensives. Outre les nombreuses mues qu'ils subissent dans le jeune âge, en général à l'état adulte ils changent annuellement une ou plusieurs fois de peau (Décapodes) et se cachent alors dans quelque trou, tant que leurs téguments sont encore mous. Quelques Brachyures peuvent vivre longtemps loin de la mer, enfoncés en terre. Ces Crabes terrestres entreprennent à l'époque de la ponte des migrations communes vers la mer, et retournent plus tard à terre lorsque leur progéniture a déjà acquis un certain développement (Gecarcinus ruricola). Les Podophthalmaires fossiles les plus anciennement connus sont des Décapodes macroures et des Schizopodes du Carbonifère (Palaeocranyon, Palaeo-
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carabus, Pygocephalus). Les Podôphthalmaires sont très abondants et représentés par un grand nombre de formes dans l'Oolithe, où se rencontrent les plus anciens Crabes {Goniodromites, Oxythyreus). L'Uronectes fimbriatus du Carbonifère forme le passage des Podôphthalmaires aux Arthrostracés.