APTÈRES
Dans l'intestin buccal débouchent d'ordinaire des glandes salivaires volumineuses; l'intestin moyen se divise souvent en plusieurs parties. Quatre tubes deMalpighi sont annexés au commencement de l'intestin terminal.
Excepté cbez les Cigales, les organes génitaux femelles sont formés de quatre à huit tubes ovigéres, d'un réceptacle séminal simple et ne présentent presque jamais de poche copulatrice. Les testicules sont deux ou plusieurs tubes, dont les conduits déférents ol'frent d'ordinaire à leur extrémité un renflement vésiculaire. Un grand nombre d'espèces (Punaises) répandent une odeur repoussante, qui est due à la sécrétion d'une glande située dans le mésothorax ou dans le métathorax; dans ce dernier cas, celte glande s'ouvre entre les pattes postérieures. D'autres espèces (Homoptères) se recouvrent d'une sorte de revêtement cireux blanchâtre produit par de nombreuses glandes cutanées.
Tous se nourrissent de sucs végétaux ou animaux, qu'ils se procurent au moyen des stylets acérés que contient leur rostre. Beaucoup d'espèces, par leur apparition en grand nombre sur les jeunes plantes, deviennent nuisibles et produisent parfois des excroissances, des galles; d'autres vivent en parasites sur les animaux. Les jeunes, au sortir de l'œuf, possèdent déjà la forme générale de l'Insecte adulte et mènent le même genre de vie; mais ils sont dépourvus d'ailes, qui apparaissent déjà comme de petits mamelons après une des premières mues. Les véritables Cigales mettent plusieurs aimées pour achever leur métamorphose. Les Coccides mâles se transforment, dans l'intérieur du cocon, en nymphes et subissent de la sorte une métamorphose complète.
Aptera', Parasitica. Aptères
Rhynchotes dépourvus d'ailes, munis d'un bec court et rétractile et d'un appareil destiné à piquer, parfois avec des pièces buccales rudimentaires disposées pour mâcher, a thorax non distinctement articulé et à abdomen composé d'ordinaire de neuf anneaux.
Les pièces de la bouche des Pédiculides ont été décrites d'abord par Swammerdam et plus tard par Burmeister, mais la manière de les interpréter de ces naturalistes a été combattue par Erichson et Simon. D'après les recherches plus récentes de L. Lando'is, Bruhl et Graber, ces organes sont disposés pour piquer et sucer, tandis que chez les Mallophages ils sont disposés pour mâcher. Us se
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APTERES. 885
composent d'une Irompe protractile (lèvre inférieure el lèvre supérieure) portant des crochets en hameçon, renforcée par deux pièces de chitine, el d'un aiguillon creux (suçoir de Brûhl),qui peul l'aire saillie au dehors de la trompe, et qui est peut-être constitué parles mandibules el Lesmaxilles soudées ensemble. Le canal ctigestif se compose d'un œsophage èlroil avec deux paires de glandes salivaires, d'un large intestin moyen présentant deux caecums, el d'un intestin terminal médiocrement long avec un rectum et des glandes rectales vésiculeuses. Il existe de chaque côté deux vaisseaux de Malpighi. Le système nerveux présente trois paires de ganglions thoraciques pressés les uns contre les autres. Il n'y a pas d'yeux à facettes, il n'y a que des ocelles. Le système trachéen est holopneustique avec deux troncs longitudinaux très développés, mais seulemenl avec une seule paire Ihoracique de stigmates et six paires abdominales (fig. 772). Les organes génitaux femelles ne renferment qu'un petit nombre de tubes ovariens (cinq paires chez les Pédiculides, fig. 123). Au canal excréteur sont annexées deux glandes lobées, et fréquemment un réceptacle séminal piriforme. La fente génitale est recouverte par deux valves. Les organes génitaux mâles se composent d'ordinaire de deux paires de testicules, ,vv ^ de deux conduits déférents et de deux prostates volumineuses, qui débouchent au commencement, du canal éjaculateur allongé et muni d'un pénis.
Les œufs (lentes) sont piriformes ; ils sont fixés par leur petit pôle sur les poils et les plumes. Sur leur grand pôle, dirigé en avant , on trouve un couvercle aplati, où sont situées des
ouvertures Illicropylaires entOU- Fi?- 772. — Phthirius pubis. St, stigmates; Tr, trachées , . , , , . (d'après Landois).
rees de bourrelets annulaires ou
de cupules membraneuses délicates. Le développement nous est connu par les recherches de Landois et de Melnikow. Le vi tell us se segmente en plusieurs niasses. Le développement de l'embryon débute par l'apparition de cellules formatrices au pôle inférieur de l'œuf; puis se montrent aussi à la périphérie du reste du vitellus des cellules qui se réunissent avec les premières, à ce moment réduites à une. seule couche, pour former le blastoderme. Sur un point rapproché du pôle inférieur le blastoderme s'épaissit; cette ébauche clypéiforme de l'embryon présente un enfoncement, qui devient de plus en plus profond, de sorte que le germe tout entier s'invagine dans l'intérieur de la masse vitelline. Le blastoderme devient la membrane séreuse, tandis que le germe imaginé s'accroît et se recourbe. Le feuillet postérieur, continu avec la membrane séreuse, s'amincit graduellement et se transforme en une membrane à une seule couche de cellules, ou amnios, tandis que le feuillet antérieur du germe, qui tient à la membrane séreuse par le reste d'un bouclier blastodermique, représente avec ce dernier la bandelette primitive. Le bouclier blastodermique donne naissance aux deux lobes céphaliques et à la partie antérieure de la tète, au-dessus
886 APTERES.
de laquelle on ne voit pas le repli amniotique former uu sac. En même temps la bandelette primitive se divise en deux parties, les bourrelets latéraux, sur lesquels se différencient les anneaux, ou protozoonites, ainsi que les pièces de la bouche et les pattes. L'abdomen est à moitié replié sur la face ventrale. Alors survient, suivant Melnikow, un phénomène de dévagiuation, qui place l'embryon dans sa position définitive dans l'intérieur de l'œuf, le vitellus recouvrant la partie ventrale et les parties latérales, en dehors de l'amnios, ayant à cette époque complètement disparu. Les parties qui limitaient la cavité primitive d'invagination, la face ventrale du germe et l'amnios, se trouvent par suite tournées en dehors, et ce dernier forme le dos de l'embryon. Quand la face dorsale de l'embryon est ainsi fermée par l'amnios et la membrane séreuse, a lieu la production et la séparation d'une enveloppe de chitine, c'est-à-dire une sorte de mue dans l'intérieur des membranes de l'œuf, époque qui coïncide avec le moment où les pièces buccales se transforment définitivement en trompe. Chez les Mallophages, la partie antérieure de la tète se trouve divisée par un sillon transversal en lèvre supérieure et en clypeus; les mandibules s'aplatissent et acquièrent des appendices en forme de tenailles, les mâchoires antérieures acquièrent des pièces cornées solides et les mâchoires postérieures se soudent pour former la lèvre inférieure. Chez les Pédieulides, — la description de Melnikow ne concorde pas avec la manière dont on interprète d'habitude les pièces de la bouche, — la lèvre inférieure avec ses deux appendices devient plus longue et représente, avec les mandibules et les maxilles fortement allongées, un appareil buccal conique. La partie antérieure de la tête devient le fourreau de la trompe, tandis que les pièces buccales se réduisent beaucoup. Le suçoir serait une dépendance de la cavité buccale; il existerait chez les Mallophages, qui tous peuvent aussi sucer le sang.
1. Fam. PediccLioae. Poux. Pièces de la bouche disposées pour piquer et pour sucer. Gaine de la trompe charnue, munie de crochets recourbés. Tube disposé pour piquer, protraclile. Thorax indistinctement annelé, abdomen grand, à sept ou neuf articles. Antennes à cinq articles. Pieds armés de crampons, offrant un article terminal crochu. Yeux petits et lisses. Vivent sur la peau des Mammifères et se nourrissent de leur sang. Pondent des œufs piriformes sur la base des poils. Les petits ne subissent point de métamorphose; ceux du l'ou de la tête, chez l'homme, achèvent leur croissance en dix-huit jours et sont dès lors capables de se reproduire.
Pediculus L. Abdomen très allongé, à peine plus large que le thorax. P. capitis Deg., Pou de la tète. P. vestimenti Burm., Pou. des vêtements plus grand et d'un blanc sale. Le Pou désigné sous le nom de P. tabescentium ne forme pas une espèce particulière, il est identique à ce dernier. Haematopinus suis L.
Phthirius Leach. Abdomen court et ramassé, très large, beaucoup plus large que la tète. Thorax petit. P. pubis h. Morpion, avec des griffes très grandes; sur le pubis et dans le creux des aisselles.
2. Fam. Mallophaga [Anoploures) '. Ressemblent beaucoup extérieurement aux Poux, mais ils ont le prothorax bien distinct. Antennes de trois à cinq articles. Des antennes. un appareil masticatoire, pas de trompe charnue, mais une sorte de suçoir. Vivent sur la peau des Mammifères et des Oiseaux; se nourrissent de poils et de plumes, mais sucent également le sang.
1 0. Taschenberg, Die Mallophagen. Nova acta Acad. Caes. Léop. Garol., t. XLIV, 1882.
PIIYTOPUTHIRES. 887
Trichodedes Nitsch. Antennes à trois articles. Tarses munis d'une griffe, abdomen de la femelle offrant des appendices. Senourrit de sang d'Oiseau. Tr. canis Deg. PhilpptercwNistch. [Nirmus Herm.). antennes à cinq articles. Tarses munis dedeux griffes, abdomen sans appendices. Vivent principalement sur les Oiseaux. Ph. versicolor Burm. Cigogne. Goniodes Nitsch. Goniocotes Burm., etc. Liotheum Nitsch. Antennes claviformes, à quatre articles. Palpes labiaux distincts. Tarses munis de deux griffes el d'une pelote. L. (inscris Sulz. Menopon Nitsch. M. pallidùm, sur les Poules, etc. Gyropus Nitsch. Tarses munis d'une griffe. G.porcelli Schrk., sur le Cochon d'Inde.
Phytoplithires '. Pliy tophthires
Petits Rhynchotes munis en général de quatre ou de deux paires d'ailes membraneus >s, peu réticulées, et de quatre soies rigides représentant les mandibules et les mâchoires.
Ces insectes présentent en général deux paires d'ailes membraneuses, mais les femelles en sont ordinairement dépourvues. Les pièces buccales se composent d'un long rostre et de quatre longues soies chitineuses recourbées, situées dans un fourreau particulier et qui, suivant Melschnikoff, ne correspondraient pas aux mandibules et aux mâchoires. L'œsophage est un tube étroit. En avant, vient déboucher, par un canal commun, une paire de glandes salivaires. Il existe quelquefois une troisième glande salivaire impaire. L'intestin médian, d'abord très élargi, décrit plusieurs circonvolutions ; l'extrémité de la première circonvolution est fixée à la paroi du rectum (Coccides), la dernière circonvolution, dans laquelle débouchent les deux tubes de Malpighi, forme un caecum. Le ganglion sus-œspphagien reste petit par suite de l'absence d'yeux à facettes. Les ganglions de la chaîne ventrale sont réunis en une masse thoracique commune. Fréquemment la surface des téguments est recouverte d'un dépôt cireux épais, produit par des glandes cutanées unicellulaires, situées par groupes au-dessous de certains mamelons (Claus). Souvent plusieurs générations parthénogénétiques se succèdent jusqu'à la fin de l'automne, où apparaît une génération de mâles et de femelles. La reproduction est par suite une hétérogonie plus ou moins compliquée.
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888 P1IYT0PI1TIIIRES.
Le développement de l'embryon, que nous ont fait connaître principalement les travaux de Metschnikoff, commence, dans lepseudovum des Aphides. par l'apparition d'un blastoderme périphérique, dont les noyaux dérivent de la vésicule germinative. Au pôle inférieur une partie du vitellus, non recouvert par des cellules germinatives, se sépare de l'œuf pour se confondre avec l'épithélium de la chambre ovulaire. En avant de cet organe cylindrique, les bords du blastoderme se réunissent et il s'y forme un épaississement, qui s'accroît de plus en plus dans la masse ventrale du vitellus et devient la bandelette primitive, en même temps qu'il s'en isole une cellule verte produisant graduellement un amas cellulaire, ainsi que l'ébauche des organes sexuels. La bandelette primitive présente des phénomènes entièrement analogues à ceux qu'offrent les Pédiculides ; l'enveloppe blastodermique devient la membrane séreuse, et un feuillet inférieur, né par invagination de l'épaississement primitif du blastoderme, devient l'amnios. Le développement embryonnaire des œufs fécondés est essentiellement analogue.
1. Fam. Coccidae1. Cochenilles. Antennes généralement courtes, à six articles ou beaucoup plus (tig. 775). Les femelles sont grosses, aptères et offrent un abdomen scutiforme. Les niàles, beaucoup plus petits, possèdent au contraire de grandes ailes antérieures, suivies d'ailes postérieures atrophiées. Ils manquent à l'état adulte de trompe et de stylets, et ne prennent plus de nourriture; les femelles lourdes, souvent asymétriques et offrant une segmentation à peine visible, enfoncent leur long rostre dans le parenchyme des plantes et restent immobiles. Les œufs sont pondus sous la femelle, dont le corps desséché les protège. Parfois ils sont fécondés (Coccus), parfois ils se développent par parthénogenèse (Lecanium, Àspidiolus). Les mâles, à l'opposé des femelles (et faisant seuls exception à la règle générale pour tout Tordre), subissent une métamorphose complète; leurs larves, dépourvues d'ailes, sont enveloppées d'un cocon et se transforment en pupes immobiles. Un grand nombre de ces Insectes sont très nuisibles dans les serres; d'autres sont une source de richesses pour l'industrie, soit qu'ils produisent une matière colorante (cochenille), soit qu'ils provoquent par leur piqûre l'écoulement de certains sucs végétaux séchés et utilisés ensuite dans l'industrie (manne, gommelaque).
Aspidiolus Bouché. Le corps de la femelle caché sous un bouclier circulaire. Le mâle offre deux ailes. A. nerii Bouché. Sur le laurier-rose, etc.
Lecanium 111. Antennes à neuf articles. Le mâle ne présente que les ailes antérieures. La femelle est scutiforme et n'offre pas une segmentation distincte; à l'état adulte, elle est fixée et immobile sur une plante et pond ses œufs à la face inférieure de son corps. L. hesperidum L. L. ulmi Walk. L. persicae Bouché. Le Kermès Amiot se rattache ici. K. ilicis L., sur le Quercus coccifera. K. (Coccus) lacca Kerr. sur le Ficus religiosa, dans l'Inde orientale.
Fig. 773. — Coccus cactt (d'après Burmeister). — a. Femelle. — b. Mâle.
1 Bouché, Beitrâge zur Naturgeschichte der Scharlachlàuse- Stcttiner enlom. Zeitschr., t. V. — Bàrensprung, Beobachtungen ùber (■initie einheimisdhe Arten aus der familie der Coccinen. Zeitsch.iurZool., Zoot. und Palseont. L— R. Leuckart, Zur Renntniss der Generationswechsels und der Parthénogenèse. Frank lu ri, 1858. — Leydig, Zur Anatomie von Coccus hesperidum. Zeits. fin- vviss. Zool., vol. V. — A. Targioni-Tozzctti, Studie su/le Cocciniglie. Ment, délia Soc. il. délie se. nat., vol. III, lxi',7. — Id., Attt délia Societa ital. se. nat.,t.XI, 1868. — Signoret, Ami. Se entom. de France. 18G9. — E. L. Mark, Beilrâgc zur Anatomie und Histologie der Pflanzen- Uiuse insbesondere der Coccidc. Areh. fur mikr. Anat. . t. XIII, 1877.
PHYTOPHTHIRES. 889
Coccus L. Antennes du mâle à dix articles. Femelles mobiles, à antennes a six articles. Corps du mâle muni de deux longues soies anales. Les femelles pondent leurs œufs sur les plantes. C. cacti I.., vit sur V Opuntia coccinellifera [Mexico), fournit la Cochenille et est élevé principalement à Uger el en Espagne; C. (Pseudococcus) adonidum L., sur diverses plantes de serre. C. (?) manniparus Ehg., sur le Tamarix {manne).
Dorthesia Latr. Antennes courtes, à huit articles chez la femelle, qui est privée d'ailes. mais active. Antennes du mâle plus longues et à neuf articles. Ce dernier pourvu de grandes ailes antérieures et présentant un faisceau de filaments de cire à l'abdomen. I). urticae L. Monophlebus atripennis Rlug. Ici se rai lâche le Porphyrophora polonica L., qui vit sur les racines du Scleranlhus perennis et fournit la cochenille de Pologne, ou sang de Saint-Jean.
Aleurodes l.atr. Antennes à six articles, dont le deuxième est très-long. Les deux sexes sont pourvus de quatre ailes. Métamorphose de la larve comme chez la Cochenille. A. chelidenii Latr.
2. Fam. Aphidae (fig. loi , 152 et 155)'. Pucerons. Antennes très longues, à cinq ou sept articles. Bec long, à trois articles, très développé dans les deux sexes; cependant il existe aussi chez quelques espèces des individus sexués dépourvus de trompe, qui, à l'opposé des nourrices vivipares, ne prennent aucune nourriture. D'ordinaire, il existe quatre ailes très transparentes, offrant très peu de nervures; elles manquent quelquefois chez la femelle, plus rarement chez le mâle. Pattes longues, tarses à deux articles.
Les Pucerons se nourrissent de sucs végétaux qu'ils pompent sur les" racines, les feuilles et les hourgeons de certaines plantes; ils habitent dans des cavités ou galeries, dans les difformités des feuilles, sortes de boursouflures déterminées par la piqûre de ces Insectes. Beaucoup d'entre eux possèdent sur la face dorsale de l'antépénultième segment abdominal « deux tubes à miel » (cornicules), qui sécrètent des gouttelettes sucrées dont les Fourmis sont très avides. Les membranes larvaires rejetées avec leur enduit cireux, blanchâtre, semblable à de la moisissure, se collent contre les tiges et les feuilles au moyen de ce suc mielleux. Les particularités que présente la reproduction de ces Insectes, et qu'ont déjà observées au siècle dernier Béaumur, Degeer et Bonnet, sont remarquables sous plus d'un rapport. Avant tout, ce qu'il y a de plus curieux, c'est le polymorphisme et la parthénogenèse qui en est une des conséquences. Outre les femelles, en général aptères, qui apparaissent seulement en automne, en même temps que les nulles ailés, etqui pondent après l'accouplement des œufs fécondés, il y a des générations vivipares, le plus souvent ailées, qui se montrent au printemps et en été, et qui produisent un très grand nombre de nouvelles générations sans le concours des mâles. Bonnet avait déjà observé neuf générations d'Aphides vivipares issues sans interruption les unes des autres. Les individus ainsi vivipares se distinguent des véritables femelles, non seulement par la forme et la couleur et très fréquemment par la présence des ailes, mais encore par des modifications essentielles de l'appareil génital et des œufs (pseudova) ; en effet, il n'y a pas de réceptacle séminal, et les œufs subissent leur développement. embryonnaire dans les tubes ovifères. Les individus vivipares doivent par conséquent être considérés comme des femelles à organisation spéciale simplifiée, conformées pour se reproduire parthénogénétiqriement et non point comme des nourrices (Steenstrup). La justesse de celte manière de voir est démontrée par le mode de reproduction des Chermes, chez lesquels on observe plusieurs générations de femelles ovipares, ainsi que par le mode de formation des pseudova-. D'ordinaire, les Aphides vivipares et ovipares alternent d'une
1 Outre R. Leuckart,, etc., voyez ; Balbiani, Observations sur le phylloxéra du Chêne. Ann. se. nat., t. XIX, 1874. — ld., Comptes rendus, vol. LXXVIU, LXXIX et LXXXI. 1873-1875.— Derbès, Note sur les Aphides du pistachier térëbinlhe, Ann. se. nat. 1872.
- Cette manière <le voir, émise d'abord parClaus (Ueber GeneralionswechxelundParlhenogern te, Harburg, 1868, et Beobachtunge/i ueber die Bildung des Insecteneies. Zeilschr. fur vviss. Zool. 1864), a été depuis adoptée par plusieurs naturalistes, entre autres par R. Leuckart (Die Forlpfianzung der LUalt und Rindenlâuxe. 1874).
PHYTOPIITHIRES.
manière régulière; les œufs pondus eu automne hivernent et donnent naissance, au printemps, à des Aphides vivipares dont la descendance est également vivipare et se perpétue de la sorte pendant tout l'été. A l'automne seulement apparaissent des mâles et des femelles ovipares qui s'accouplent. Chez quelques femelles il paraîtrait que certains individus vivipares passent l'hiver. Probablement ces nourrices peuvent produire au printemps des individus des deux sexes (déjà adultes dès le moment de leur naissance, dépourvus d'ailes et de trompe); c'est ce que Derbès a observé chez le Pemphigus tereberinthi. Ici se montre ensuite une génération aptère, qui produit les galles et dont les descendants sont ailés et hivernent.
La reproduction des Chermes en diffère en ce que l'on observe, au lien des générations vivipares, une forme sexuée ovipare spéciale (et par conséquent une véritable hétérogonie), qui possède également la faculté de produire des œufs à développement parthénogénétique. Le Puceron femelle aptère du sapin hiverne à la base des jeunes bourgeons, s'accroît au printemps, mue plusieurs fois et pond de nombreux œufs. Les jeunes, après leur éclosion, percent les feuilles du sapin et produisent des galles. Plus tard ils deviennent des femelles aptères. Dans le Phylloxéra quercus, outre les deux sortes «le générations ailées et aptères, apparaît encore en automne une génération de mâles et de femelles très petits, dépourvus de trompe et de tube digestif, qui sont produits par des œufs de deux sortes, grands et petits, déposés sur les racines. La femelle ne pond qu'un
seul œuf après l'accouplement. C'est également de la sorte que se comporte le Puceron redouté de la vigne, le Phylloxéra vustatnx (fi g. 744). De l'œuf d'hiver, déposé scus l'écorce de la souche, sort, au printemps, un individu qui vit sur les feuilles, produit des galles et se multiplie parthénogénétiquement . Ses descendants sont également aptères mais donnent naissance plus tard à une génération qui suce les racines. Cette génération devient en partie des individus ailés qui pondent à la face inférieure des feuilles des œufs de deux grosseurs. Les gros œufs produisent les femelles, les petits œufs les mâles dépourvus de tuhe digestif. Chez le Ph. quercus les individus sexués proviennent d'œufs qui produisent non-seulement des individus ailés, mais aussi des individus aptères. Les ennemis les plus redoutables des Pucerons sont les larves des Ichneumonid.es (Aphidius), des Syrphides, des Coccinellides et des Hémérobides.
A. — Schizoneura Ilartg. Antennes à sept ou six articles. La nervure costale (radius) part du milieu du stigmate. La nervure sous-costale (cubitus) est bifide. S. lanigera Ilartg. Pommier. S. lamiginosa Hartg.
Lachnus III. Antennes à six articles. Nervure costale naissant à l'extrémité du stigmate linéaire. Nervure sous-costale trifide. Des mamelons en place de tubes à miel. L.juglandh. L. L. pini L. L. fagi L. v. Heyden a trouvé chez le L. roboris une génération sexuée, dépourvue de trompe.
Aphis L. Antennes à sept articles, plus longues que le corps. La nervure costale part du milieu du stigmate, qui est fusiforme. Nervure sous-costale tritide. Abdomen offrant deux tubes à miel. .4. brassicae, L. A. rosae L. -4. tiliae L., etc.
Tclraneura Hartg. Antennes à cinq articles. Cubitus simple, offrant une cellule radiale. Abdomen dépourvu de tubes à rrîiel et de mamelons. Ailes inférieures avec une nervure transversale. Vivent dans les galles et les boursouflures sphérique des feuilles. T. ulmi Deg., Pemphigus Hart. Deux nervures transversales sur les ailes inférieures. P. bursarius L. peuplier.
Rhizobius Burm. Point d'ailes. Antennes à six articles, à peine la moitié aussi longues
Fig. 771. — l'Iujlluxera vaslatrix. — a. Femelle api vue en dessus. — 0. La même vue en dessous c. Femelle ailée.
BOMOPTKRES. 891
que le corps, abdomen court el épais, dépourvu de tubes à miel. /■//. fini Burm. Rh. piloscllae Burm. Fonla. v. lleyd. Paraclelusv. Heyd.
B. — Chermes Uartg. antennes à cinq articles. Cubitus simple, sans cellule radiale. Dne nervure transversale sur les ailes inférieures, l'allés courtes. Ch. abieiis L. produit la galle des pins. Ch. larich Bartg.
Phylloxéra Boy. de F. Antennes à trois articles. Cubitus simple sans cellule radiale. Poinl de nervure transversale sur les ailes. /'//. coccinea (quercus) v. Heyd. Feuilles du chêne. /'//. vastalrîxVhnch.1, suc la vigne.
.". Fam. Psiilidae * (Psyllodes). Antennes longues, à dix articles, deux articles basilaires épais. Trompe rejetée en arrière. Présentenl toujours des ailes à l'étal adulte. Pattes de derrière conformées pour le saut. Produisent souvenl par leur piqûre des difformités sur les feuilles e-t les Ileurs.
Psylla Geoffr. Nervure marginale bifides Stigmate de l'aile distinct. P. alni L. P. ultni L. etc. Triam Fôrst. Arytaina Fôrst.
Livilla Cuil. Ailes antérieures coriaces et ridées. Le stigmate del'aile manque. L.ulicis Curt. Aphlara Fôrst. Rhinocola Fôrst.
Z./<w Latr. Veux à réseaux plans. Premier article/les antennes fort, épaissi et allongé. L. juncorum Lalr.