‹ Traité de zoologie (volume 2)Chapitre 268 sur 271 · ORDRE COLEOPTERA1. COLÉOPTÈRES · texte numérisé non relu

ORDRE COLEOPTERA1. COLÉOPTÈRES

Insectes à pièces buccales conformées pour broyer, à ailes antérieures cornées [élytres), à prothorax libre et à métamorphose complète.

Le caractère principal de ce groupe d'Insectes très vaste, mais assez bien délimité, est offert par les ailes2, dont les antérieures, ou élytres, recouvrent les postérieures membraneuses et pliées en travers, et reposent horizontalement sur l'abdomen (fig. 789). Les ailes postérieures seules servent au vol; quand elles sont dépliées, elles présentent une étendue en général très considérable, et leurs muscles trouvent une surface d'insertion vaste et solide sur le métathorax, qui est puissamment développé. Les ailes antérieures, au contraire, sont uniquement des organes protecteurs, et par leur forme et leur grandeur correspondent à la face dorsale et molle de l'abdomen, dont cependant parfois elles laissent à découvert soit le dernier anneau (Pygidium), soit même plusieurs anneaux (Sta-

1 Cli. Fabricius, Sysletna Eleutheralorum. 2 vol. Kilùe, 1801. — Olivier, Entomologie ou histoire naturelle des Insectes. Coléoptères. 8 vol. Paris, 1789-1808. — Ilerbst, Die Kâfer (in : Jablonsky, Xatursystcm aller bckannlen Insecten), 10 vol. 1789-1800. — J. H. Strauss-Durkheim. Considérations générales sur l'anatomie comparée des, Animaux articulés, Paris, 1828. — Erichson, Naturgeschichte der Insecten Deutschlands, 1848-1805. — Id., Zur sgstematischen Kenntniss der Insektenlarven. Arch. fut- Naturg., vol. VII, VIII et XIII. — Lacordaire, Gênera des Coléoptères. Paris, 1854-1809. — Jaquelin du Yal et Fairmaire, Gênera des Coléoptères d'Europe, 4 vol. Paris, 1854-1868. — L. Redleubacher, Fauna Austriaca, die Kâfer. Wien, 5e édit., 1875. — Chapuis et Candèze, Catalogue des larves des Coléoptères. Liège, 1855. — Perris, Histoire des Insectes du pin maritime. Ann. Soc. entom., 2e sér., vol. X; 5e sér., vol. I et V. — Gemminger et Harold, Catalogus coleopterorum. ïïomch., 1808. — Kowalevsky, Embryologisclie Studien an Wiirmernund Arthropoden.SdL'mt-Pëleisboavg, 1871. — E. Mulsaut, Histoire naturelle des Coléoptères de France, 14 vol. Paris, 1859-187!).

2 Voyez : O. Roger, Das Fliigelgeader der Kâfer. Erlangen, 1875.

. 7S9. — Hydrophilus picrus (Régne animal. — a. Insecte pariait. — b. Larve. — c. Nymphe.

phijlins). Dans la règle, pendant la période de repos les bords internes droits des deux ély très s'appliquent exactement l'un contre l'autre, tandis que leurs bords externes se recourbent sur les côtés de l'abdomen; quelquefois les bords internes peuvent bâiller, se croiser et se recouvrir en partie. Dans certains cas ils sont même complètement soudés et alors l'Insecte ne peut plus voler. Il est rare que les ailêsfassent complètement défaut. La tête parfois libre, mais généralement articulée avec le prothorax qui reste toujours mobile, porte des antennnes le plus souvent composées de onze anneaux, et de conformation très diverse; chez les mâles elles sont très grandes. Sauf de rares exceptions, il n'existe pas de stemmates. Les yeux â facettes ne manquent, par contre, que cbez quelques Insectes aveugles vivant dans les cavernes1. Les pièces de la boucbe sont disposées pour broyer et pour mâcber; mais déjà elles présentent parfois une conformation qui rappelle celle des Hyménoptères. Les palpes maxillaires ont généralement quatre articles, les palpes labiaux trois. Cbez les Coléoptères carnassiers, les lobes externes des mâchoires ont la forme de palpes et sont segmentés. La lèvre inférieure, simplifiée par la réduction des pièces qui la composent, se développe rarement assez pour constituer une languette bifide. Le prothorax très développé, auquel on donne généralement le nom de corselet, est libre et réuni par un pédoncule au mésotborax en général petit. Sur les trois anneaux thoraciques les flancs s'étendent jusque sur la face sternale. Les pattes, dont la conformation est excessivement variable, ont le plus fréquemment un tarse à cinq articles, plus rarement à quatre. Les deux paires de, pattes antérieures peuvent se terminer par des tarses à quatre articles. Il est rare qu'il y ait moins d'articles, par exemple trois, deux ou un seul. L'abdomen est réuni au môtatborax par une large base. Les anneaux terminaux sont fréquemment cachés et recouverts par ceux qui les précèdent.

Le système nerveux des Coléoptères présente trois types distincts, suivant la plus ou moins grande coalescence de la chaîne ventrale (fig. 100, 107 et 718)1. Tantôt le ganglion sous -œsophagien et les trois ganglions du thorax restent distincts et sont suivis de un à huit ganglions abdominaux, tantôt les deux derniers ganglions thoraciques se fusionnent et sont suivis de un à huit ganglions abdominaux, tantôt tous les ganglions se fusionnent de manière à former une masse ganglionnaire allongée chez certains Lamellicornes tels que les Bhizotrogas.

1 \'oy. Ch. Lespês, loc. cit.

- Voyez, outre Newport, Blanchard, etc. : Ed. Brandi, Vergl. anat. Untersuchungen ûber das Nervensystem der Kâ/cr. Jiorae Soc. entom. rossie. Pétersbourg, 1879.

Le système trachéen est le plus souvent holopneustique et péripneustique pendant la phase de larve, les stigmates du mésothorax et du métathorax étant alors clos. Quelques larves sont transitoirement apneustiques (Elmis). Les larves des Gyrinus possèdent des branchies trachéennes à tous les anneaux de l'abdomen. Enfin il y a aussi de nombreuses larves de Coléoptères qui sont métapneustiques (Hydrophilus, Dijtiscm).

Le tube digestif, long et sinueux, présente chez les Coléoptères carnassiers un gésier, auquel fait suite un ventricule chylifique (fig. 724). Le nombre des tubes de Malpighi est, de même que chez les Papillons, de quatre ou six. Les mâles et les femelles sont facilement reconnaissables par la forme et par la grandeur des antennes, ainsi que par la conformation des articles du tarse et par des différences dans la taille, la couleur et la configuration générale du corps. Chez la femelle, les gaines ovigères, ou ovariules, sont nombreuses, présentent un groupement variable, et à leur appareil vecteur s'ajoute souvent une poche copulatrice. Les mâles possèdent un pénis volumineux, corné, qui est retiré, à l'état de repos, dans l'intérieur de l'abdomen, et qui fait saillie au dehors au moyen d'un appareil musculaire puissant (fig. 716).

Les recherches de Kowalevsky sur le développement de l'œuf nous ont, fait connaître des faits importants, qui montrent une remarquable analogie dans la formation des feuillets du blastoderme avec les Vertébrés (fig. 740). Après que le blastoderme s'est développé sous la forme d'une couche de cellules enveloppant le vitellus, qu'il s'est aminci sur la face dorsale et épaissi au contraire sur la face opposée, on voit apparaître à l'extrémité postérieure de celle-ci une plaque composée de deux bandes presque parallèles séparées par un sillon, et dont les bords, en se rejoignant à leur extrémité postérieure, limitent un enfoncement. Le sillon se ferme par le rapprochement des bords d'abord au milieu et en arrière, où commence à se montrer un repli, repli caudal. En avant seulement le tube, ainsi formé, reste ouvert par une fente, il se continue en arrière et arrive au-dessous du commencement du repli caudal qui, avec les bandes latérales du blastoderme, en se développant sur la face ventrale de l'embryon, constituera les deux enveloppes embryonnaires, l'enveloppe séreuse et Vamnios (fig. 758). Lorsque se développe le rudiment de la tète de l'embryon, dont l'extrémité postérieure s'accroît dans le vitellus vers la face dorsale, comme une sorte de bandelette primitive interne, les cellules du tube ouvert en avant, après que la cavité de ce dernier a complètement disparu, commencent à s'étendre, de façon à constituer un feuillet interne, appliqué contre l'enveloppe cellulaire externe. La segmentation de l'embryon et le rudiment des lobes céphaliques apparaissent plus nettement, lorsque les enveloppes embryonnaires recouvrent déjà une portion considérable de l'embryon. En tout il se différencie dixhuit anneaux, dont les quatre antérieurs appartiennent à la tète, les trois suivants au thorax. Outre ces anneaux, le premier anneau abdominal acquiert aussi les rudiments d'une paire de membres, mais qui disparaissent bientôt.

Lorsque les organes commencent à se développer aux dépens des feuillets du blastoderme et que les membres se montrent, la bandelette primitive subit un retrait si considérable que la tête et l'extrémité caudale sont repoussés des pôles vers la face ventrale. Le feuillet externe se divise en lames nerveuse, médullaire

fgan-lionnaire) et latérales, et forme en s'invaginant les stigmates et les troncs trachéens, la bouche et l'œsophage, l'anus et l'intestin terminal; l'enveloppe cutanée prend aussi son origine dans ce même feuillet. Le feuillet interne (mésoderrae de V. Graber) fournit le névrilème, le tissu conjonctif, les globules sanguins, le cœur et les mu&cles du corps, ainsi que le revêtement fibro-musculaire du tube digestif. L'enloderme, qui forme l'intestin moyen, provient, suivant Ivowalevsky, de la partie supérieure du feuillet interne. Suivant Bobretzky et V. Graber, ce dernier feuillet ne correspond qu'au mésoderme, et l'entoderme dérive des cellules qui n'ont pas pris part à la formation du blastoderme et qui émigrent de l'intérieur vers la périphérie de la masse du vitellus nutritif. Los vaisseaux de Malpighi sont formés par l'enloderme. Lorsque l'enveloppe embryonnaire s'est déchirée, à l'extrémité postérieure de la face dorsale (plaque dorsale) s'élève un repli, qui, en s'accroissant en avant, constitue un cul-desac. Celui-ci se rétrécit, devient tubuleux, se sépare des téguments et forme le tube dorsal,,, qui éprouve plus tard une métamorphose régressive. L'embryon fortement allongé a son extrémité postérieure recourbée sur le côté dorsal; bientôt cette région se retourne de nouveau vers le ventre, comme c'est le cas chez d'autres Insectes et particulièrement chez les Papillons. En même temps les membres se transforment et la larve est prête à éclore.

Les larves des Coléoptères1 ont toutes des pièces buccales disposées pour mordre; elles se nourrissent des mêmes substances que les Insectes adultes, le plus souvent cachées, à l'abri de la lumière, et dans les conditions les plus diverses. Tantôt elles sont vermiformes et apodes, mais avec une tête nettement distincte (Curculionides), tantôt elles possèdent, outre les trois paires de pattes thoiaciques, des

rudiments de pattes sur les derniers anneaux de l'abdomen. Quelques larves, telles que celles des Cicindèles, possèdent un appareil spécial, destiné à s'emparer de la proie (fig. 790). A la place des yeux à facettes, qui manquent encore, on trouve des ocelles, dont le nombre et la place sont très variables. Quelques larves de Coléoptères sont parasites comme les larves des Diptères et des Hyménoptères; elles se nourrissent, dans l'intérieur des ruches d'Abeilles, d'œufs et de miel (Meloë, fig. 791; Sitaris, fig. 742). Les nymphes, qui sont tantôt suspendues en l'air, ou couchées sur la terre, ou renfermées dans des cavités souterraines, ont leurs membres librement saillants.

On rencontre des Coléoptères fossiles dans les terrains houillers; ils sont principalement abondants dans l'ambre.

Fig. 790. — Cicindela campestri*

(Règne animal). — a. Insecte parfait. — b et c. Larves vues en dessus et de profil, pour montrer les deux crochets cornés placés sur le dos du huitième anneau.

1 E. Perris, Ann. Soc. Linn. Lyon, t. XXII et XXIII. 1877 et 1878.

bd

1. groupe. CRYPTOTETRAMERA1. Les tarses sont composésde quatre articles, dont un reste rudimentaire. Latreille les considérait comme formés. de trois articles.

1. Fam. Coccinellidae. Bêtes à bon Dieu. Tète courte, sur le bord antérieur de laquelle sont insérées les antennes en massue, ordinairement composées de onze articles. Corps bombé, presque hémisphérique, généralement à couleur vive. Abdomen à cinq anneaux. Thorax dépourvu de sillon^. Les larves, à couleurs éclatantes, possèdent des antennes triarticulées, et de chaque côté trois à quatre ocelles ; elles se tiennent principalement sur les plantes et se nourrissent d'Apbides. Leur transformation en nymphes a lieu en l'air, après qu'elles se sont lixées par leur extrémité postérieure. Ces Coléoptères, lorsqu'on les louche, émettent à l'articulation des pattes un liquide jaune.

Coccinella L. Troisième article du tarse caché. Antennes à onze articles, à massue tronquée. Corps hémisphérique, non velu. C. septempunctata L.

Chilocorus Leach. Corps fortement bombé et non velu. Antennes à neuf articles. C. bipustulaius L.

Epilachna Redt. Corps hémisphérique, velu. Antennes à onze articles. Mandibules avec trois à quatre dents. E. chrysomelina Fabr.

Lilhophilus Frol. Troisième anneau du tarse libre. Corps alvelu, à élytres soudés. Antennes à dix articles. L. connalus Panz. Novius isia Muls., etc.

leîoe vio- — b. Sitaris lui- (règne animal).

2. Fam. Endomychidae. Antennes en massue naissant sur le front. Tète allongée en façon de bec. Thorax avec trois sillons à la base. Tibias souvent différents dans les deux sexes. Abdomen à cinq, parfois six anneaux libres. Larves et Insectes vivent sur des champignons.

Endomychus Panz. Corps ovale. Antennes à onze articles. Mandibules à pointes bifides. E. coccinens L.

Lycoperdina Latr. Mandibules avec une petite dent sur le bord interne. Tibias antérieurs chez le mâle, élargis en dedans. L. succincla L.

Trochoideus Westw. Antennes à quatre articles, à article terminal grand et en massue. Troisième article, du tarse libre. Mandibule trifide. T. Dalmani Westw., Madagascar. Leiestes Redt. Corylophus Steph., etc.

-2. groupe. CRYPTOPENTAMERA. Tarses à cinq articles, dont un est atrophié et caché.

1. Fam. Chrysomelidae 2. Corps ramassé, court, arrondi et bombé, dont le prothorax embrasse en partie la tête. Antennes en général composées de onze articles, filiformes, cylindriques, de moyenne grandeur. Mandibules en général à pointe bifide. Abdomen à cinq anneaux. Insectes adultes, généralement à couleurs éclatantes, vivant sur les feuilles, répandus sur toute la terre. Plus de 10 000 espèces. Les larves sont ramassées, cylindriques, munies très fréquemment de mamelons et de saillies épineuses; elles ont des pattes bien développées. Elles se nourrissent également de feuilles, dont quelquesunes minent le parenchyme (Hispa), et présentent la particularité d'employer leurs excréments pour construire des enveloppes, qu'elles transportent avec elles [Cly-

1 E. Mulsant, Species des Coléoptères sécuripalpes , Lyon, 1851. — A. Gerstiickcr, Monographie der Endomychiden. Entomographieen, t. I. 1858.

- Th. Lncordaire, Monographie des Coléoptères subpentam'eres de la famille des Phytophages, vol. Iet II. Paris. 1845-1848.

COLEOPTERES. 931

titra, Cryptocephalus). Avant de se transformer en nymphes, elles se fixent d'ordinaire à des feuilles par leur extrémité postérieure.

Cassida L. antennes à articles terminaux épaissis. Tête enfoncée jusqu'au bord de la bouche dans le prothorax, qui est hémicirculaire. Corps aplati, clypéiforme. Les larves, larges et tout à fait plates, entassent les excréments sur le dos. C. equcstris Fabr. C. vibex L.

Hispa L. Antennes presque filiformes, naissant côte à côte sur le front, qui esl saillant. Tête proéminente. Prothorax plus large que long, élargi latéralement, et épineux de même que les élytres. //. atra L.

Galeruca Geoffr. Antennes filiformes, aussi longues que la moitié du corps. Proihorax avec un enfoncement en forme de fossette de .chaque côté. Face supérieure toute ponctuée. G. sagittariae Gyllenh.

Haïtien III. antennes filiformes, aussi longues que la moitié du corps. Cuisses postérieures très épaissies, conformées pour sauter. H. oleracea Fabr. Cause des dégâts sur les feuilles de choux.

Agelastiea Redt. Antennes filiformes, d'ordinaire plus longues que la moitié du corps. Prothorax deux fois aussi large que long, à bord antérieur légèrement échancré. Griffes dentées sur leur milieu ou à leur base. A. alni L.

Lina Redt. Antennes épaissies vers la pointe. Tête proéminente à yeux ovales. Prothorax à bord postérieur bien marqué, rétréci en avant. Elytres ovales. Griffes non dentées. L. populi L. L. collaris L.

Chrysomela L. Corps ovale allongé. Antennes filiformes. Tète recouverte jusqu'aux yeux par le prothorax. Parties latérales du prothorax souvent épaissies, formant bourrelet. Pattes terminées par une brosse et des griffes simples. Cit. [Doryphora) decemlineata Laq. Élytres jaune cuir avec cinq bandes longitudinales noires. Larves sur les feuilles des Solanées. Importées d'Amérique en Europe. Ravagent les champs de pommes de terre. Cit. fastuosa L. Cit. varions Fabr. Cit. violacca Fabr.

Timarclia Latr. Corps aptère. T. coriaria Fabr. Pachybrachys Redt.

Cryptocephalus Geoffr. Antennes filiformes. Tète courte, cylindrique, légèrement rétrécie en avant, entourée par le prothorax globuleux. C. Coryli Panz. C. sericeus L. Proctophysus lobatus Fabr. Chrysochus pretiosus Fab. Lamprosoma Kirb. Clythra Lcht.

Crioccris Geoffr. Antennes filiformes, aussi longues que la moitié du corps. Tête à front présentant un sillon profond. Prothorax beaucoup plus étroit que les élytres. Scutellum triangulaire. Pattes avec deux griffes complètement séparées. Cr. merdigera L. Cr. brunnea Fabr. Les deux griffes sont soudées à leur base. L. cyanella L.

Donacia Fabr. Antennes filiformes. Tête aussi large que le prothorax quadrangulaire. Scutellum triangulaire. Ailes beaucoup plus larges que le prothorax, avec des épaulières obtuses, saillantes. Cuisses des pattes postérieures allongées, et d'ordinaire épaisses. D. crassipes Fabr. D. sagittariae Fabr.

2. Fam. Cerambygidae ' (Longicornia). Capricornes. Corps allongé, à tête saillante. Antennes à onze articles, longues, filiformes, dentées en scie ou pectinées, beaucoup plus longues chez le mâle. Tibias avec des épines terminales. Reaucoup d'espèces sont ornées de couleurs brillantes, et se tiennent pendant le jour sur les fleurs; les espèces sombres au contraire n'abandonnent leurs retraites qu'après le coucher du soleil. Quelques-unes (Lainia), en frottant leur tête et leur prothorax, produisent un bruit particulier. Les larves, allongées, vermiformes, ont une tète cornée avec des mandibules puissantes et des antennes petites; elles sont d'ordinaire privées d'ocelles et apodes. Elles se nourrissent de bois, s'y creusent des galeries et causent souvent de sérieux dommages.

1. Sods-Fam. Lepturinae. Tète rétrécie dans sa portion cervicale. Hanches antérieures coniques.

1 E. Mulsant, Histoire naturelle des Coléoptères de France. I. Longicorhes. 2e édition; Lyon, 1865. — J. Thompson, Essai d'une classification de la famille des Ce'rambycides. Paris, 1860.

932 COLEOPTERES.

Leptura. Antennes filiformes, chez le mâle presque aussi longues que le corps. Prothorax aussi long que large, fortement rétréci en avant et en arrière. Élytres beaucoup plus larges que le prothorax, rétrécis à leur pointe. Pattes grêles. L. cincta Schônh.

Toxolus Serv. Antennes filiformes, pas plus longues que le corps. Quatrième anneau beaucoup plus court que les deux anneaux adjacents, inséré devant les yeux. Prothorax aussi long ou plus long que large, à sillon médian, de chaque côté avec un tubercule mousse. Pattes grêles, à cuisses peu épaisses. T. meridianns L. T. maculatus L.

Rhagium Fahr. Antennes filiformes aussi longues que la moitié du corps, troisième et quatrième articles sensiblement de la même longueur. Prothorax de chaque côté avec une épine. Rh. mordax Fahr. Rhamnusium Latr. Desmocerus Dej., etc.

2. Sous-Fam. Saperdïnae. Hanches des pattes antérieures, globuleuses, dans des cavités cotyloïdes fermées.

Saperda Fabr. Front vertical. Antennes sétiformes, aussi longues ou plus longues que le corps. Tête aussi large que le corselet, à yeux fortement échancrés. Corselet court, cylindrique, sans tubercules latéraux, plus étroit que les élytres. S- populnea L. S. carcharias L.

Lamia Fabr. Antennes sétiformes, pas plus longues que le corps, qui est ramassé. Premier et troisième articles de même longueur. Prothorax bombé à tubercules courts. L. texlor L. Acrocinus longimanus Fabr., Amérique du Sud.

Molorchus Fahr. Front fortement incliné. Elytres très courts (Molorchinae). Antennes à onze ou douze articles, à deuxième article très petit, de la longueur de la moitié du corps. Cuisses renflées en massue à leur extrémité. Abdomen très long. M. major.

5. Sous-Fam. Cerambycînae. Hanches des pattes antérieures globuleuses dans des cavités cotyloïdes ouvertes. Front court.

Clytus Fabr. Antennes rarement plus longues que la moitié du corps. Prothorax globuleux, élargi sur les côtés, sans tubercules ni épines. Cuisses légèrement renflées en massue, celles despattespostérieures allongées. Cl. arcuatus L. Cl. mysticus L.

Callidium Fabr. Troisième article des antennes presque trois fois aussi long que le second. Yeux fortement échancrés. Élytres larges et plats. Cuisses renflées en massue. C. violaccum L.

Aromia Serv. Antennes du mâle plus longues que le corps. Corselet plus large que long, avec de petites verrucosités. Scutellum triangulaire. Pattes longues. A. moschata L. Rosalia alpina L. Callichroma Latr. Nombreuses espèces américaines et africaines.

Cerambyx L. (Hammaticherus Serv.). Les premiers articles des antennes épaissis. Tête très proéminente,, à yeux forlement échancrés, plus étroite que le corselet. Corselet plus long que large, grossièrement sillonné, avec une épine sur le bord latéral. Scutellum triangulaire. C. héros Scop. C. cerdo Fabr. Traclujdercs Ihoracicus Oliv., Brésil, etc.

4. Sous-Fam. Prionmae. Hanches des pattes antérieures allongées latéralement, dans des cavités cotyloïdes ouvertes. Palpes maxillaires faisant délaut.

Prionus Geol'fr. Antennes à onze articles, à douze articles chez le mâle, écailleuses. Tête plus étroite que le corselet. Corselet deux fois aussi large que long, sensiblement aplati avec trois fortes dents sur le bord latéral. P. coriarius Fabr.

Spondylis Fabr. Antennes cylindriques à onze articles, ne dépassant que peu le bord postérieur du prothorax. Tète avec les yeux presque aussi larges que le prothorax, qui est lisse. Élytres cylindriques. Sp. bupresloides Fabr. Parandra Latr. Macrodontia Serv., etc.

5 Fam. Bostrichidae1. De petite taille. Corps cylindrique, en général brun, à tête

1 Erichson, Systématise lie Auseinandersetzung der Famille det Borkenhâfer. Arch. fur Naturg, vol. II. — Ratzebur?, Die Forstinsefden, vol. I.

('•paisse, retirée dans le prothorax, à antennes courtes, pectinées, épaissies à leur extrémité etcapitées. Mandibules fortement saillantes. Les larves sont ramassées, cylindriques, apodes, avec des bourrelets velus, semblables à ceux des Curculionides. Insectes parfaits et larves creusent des galeries dans le bois, dont ils se nourrissent. Ils vivent toujours en grand nombre, et sont les ennemis les plus redoutés des conifères. Les deux sexes se rencontrent dans les galeries les plus superlicielles, que les femelles continuent et prolongent après l'accouplement. Les œufs sont déposés dans de petites loges creusées à cet effet. Les larves, après leur éclosion, creusent des galeries latérales, qui deviennent de plus en plus larges à mesure qu'elles s'accroissent et qu'elles s'éloignent de la galerie principale.

Hylurgus Erichs. Antennes à bouton terminal ovale et annelé et à fouet composé de six articles. Corps cylindrique, allongé. //. ligniperda Fabr. //. piniperda L.

Uylastes Erich. Antennes à boulon terminal ovale, raccourci, annelé, et à fouet composé de six articles. Tibias dentés sur le bord externe. H. angustatus llerbst.

Bylesinus Fabr. Antennes à bouton terminal allongé, annelé, et à fouet composé de sept articles. Palpes maxillaires composés de quatre articles. Corps voûté, cylindrique. //. fraxini Fabr.

Bostrichus Fabr. Antennes à bouton terminal gros, annelé, avec un fouet à cinq articles. Lèvre inférieure étroite, octogone, à palpe labial composé de trois articles. Élytres en général dentés à l'extrémité. B. chalcographus L. B. typographus L. Typographe. Sous l'écorce des pins. B. stenographus DufL, "etc. Scolylus Geoffr. (Eccoplogaster, E. destructor). Plat y pus llerbst., etc.

4. Fam. Curculionidae • . (Charançons). Forme générale très variable. Tête prolongée en rostre en avant, et portant à son extrémité les pièces de la bouche, caractérisées par les palpes ramassés. Les antennes, en général coudées et renflées, sont insérées dans une fossette ou dans un sillon de la trompe. Les élytres entourent le corps. Abdomen à cinq anneaux, les antérieurs souvent soudés. Les larves sont cylindriques, apodes ou pourvues de pattes très rudimentaires et d'ocelles; elles sont presque sans exception phytophages. Les unes se tiennent dans l'intérieur des bourgeons et des fruits, les autres sous l'écorce ou sur les feuilles des arbres. Quelques-unes produisent des galles.

1. Sous-F.vm. Curculîoninae. Antennes coudées, à article basilaire long. Rostre toujours avec des sillons pour les antennes.

Calandra. Clair. Rostre grêle, filiforme. Antennes assez longues avec un fouet à six articles et une massue ovale allongée. Hanches de toutes les pattes écartées. Tibias antérieurs avec de petites dents en dedans. C. granaria L. Dans le blé. C. palmarum.

Cionus Clair. Corps court et ramassé, fortement voûté. Rostre grêle, filiforme. Antenne* assez courtes, à neuf ou dix articles, avec un fouet à cinq articles. Ailes un peu plus longues que larges, recouvrant l'abdomen tout entier. C. verbasci.

Cetdorhynchus Schônh. Rostre long, filiforme, pouvant se replier dans un sillon du thorax, à sillons des antennes dirigés vers le bas. Antennes grêles, à fouet à sept articles. Prothorax rétréci en avant, arrondi sur les côtés et élargi. Troisième article du tarse bilobé. Tibias du mâle inermes, ceux de la femelle en général éperonnés. C. echii Fabr. C. boraginis Fabr. C. sulcicollis Gyllh.

Baridius Schônh. Rostre épais, cylindrique, à sillons des antennes convergeant sur la face dorsale. Antennes à fouet composé de sept articles. Prothorax à bord postérieur présentant deux enfoncements. Tibias éperonnés latéralement. B. chloris Fabr. Larves dans les tiges de colza.

Balaninus Germ. Rostre grêle et long. Antennes longues et grêles, à articles allongés et à fouet composé de sept articles. Prothorax plus large que long, un peu rétréci en avant. Cuisses renflées en massue. B. nucum L.

1 Schônherr, Curculionidum disposilio methodica. Lipsiœ., 1826. — Id., Gênera et sjiecies CuTculionidum. Taris, 1833-1846. 16 vols. — Labrani, Singulorum generum Curculionidum unam allramvc species additis iconibus ad naluram delineatis illuslr Dasel, 1846-1850.

954 COLÉOPTERESj

Ânthonomus Germ. Rostre long et grêle, un peu courbé. Antennes insérées un peu en avant du milieu de la trompe, à fouet composé de sept articles, dont les cinq derniers sont courts. Prothorax plus large que long, rétréci en avant. Pattes antérieures plus longues et plus fortes que les autres. A. pomorum L.

Lixm Fabr. Corps allongé, cylindrique, à rostre arrondi, un peu courbé, dont les sillons des antennes se réunissent à la face inférieure. Yeux latéraux, ovales. Prothorax allongé, à bords latéraux droits. Bord postérieur avec une petite pointe. Cuisses non dentées. L. Ascanii L.

Otiorhynchus Germ. Rostre court, très élargi à la base des antennes. Antennes à tige longue et grêle et à fouet composé de sept articles. Yeux latéraux, arrondis. Pas d'ailes inférieures. 0. niger Fabr. 0. longicollis Scbônh.

Hylobius Germ. Rostre long, sensiblement rond, élargi à son extrémité. Antennes fortes; sillons des antennes se dirigeant en droite ligne vers les yeux. Prothorax arrondi sur les côtés. Scutellum distinct. Pattes assez longues. Tibias avec un fort crochet à leur extrémité. H. abietis Fabr.

Cleonus Scbônh. Rostre plus court que le corselet, presque toujours caréné ou sillonné. Antennes assez courtes et épaisses, avec un fouet à sept articles. Scutellum petit. Bord antérieur du thorax écbancré. Cuisses non dentées. Tibias anté- -eurs avec un crochet corné, dirigé en dedans, à leur extrémité. CL cinereus Fabr.

Pliyllobius Schônh. Rostre très court et épais. Antennes assez longues et grêles avec un fouet composé de sept articles. Prothorax plus large que long. Cuisses non dentées. Tibias dépourvus de crochet corné. Pli. calcaratus Fabr. Ph. oblongus L.

2. Sous-Fa.m. Orthocen'nae. Antennes non coudées, le premier article moins long que les suivants, tantôt filiformes, tantôt terminées en massue.

Apion Herbst. Corps piriforme. Trompe cylindrique. Antennes grêles, avec un bouton terminal ovale. Corselet cylindrique, allongé. Scutellum petit, ponctué. Cuisses et tibias non dentés. Troisième article du tarse bilobé. A. apricans Herbst, A. pisi Fabr., etc.

Rhyncliiles Herbst. Tête un peu prolongée en arrière des yeux, mais non resserrée. Antennes à onze articles, les trois derniers les plus grands. Prothorax à peine plus long que large, rétréci en avant. Scutellum petit. Rh. betulac L. Rh. cupreus L. Rh. betuli Fabr., etc. Allelabus L. A. curculionides L.

Apoderus Oliv. Tête très allongée en arrière, des yeux saillants, et se rétrécissant ensuite pour former un cou. Antennes à douze articles, terminées par une massue à quatre articles. Trompe courte et épaisse. A. coryli L. Brenthus III. Dr. canaliculatus Fabr., Brésil. Arrhenodes Stev., etc.

5. Fam. Bruchidae. Corps ramassé et court. Tête prolongée en bec. Grands yeux saillants. Antennes à onze articles, longues, parfois dentées ou pectinées. Se rapprochent par la forme et la structure du corps et par leur mode de nutrition des larves de Curculionides.

Anlhribus Geoffr. Tète aplatie et triangulaire. Trompe aussi large que la tête, profondément échancrée au bout. Antennes grêles, insérées en avant des yeux, sur les côtés de la trompe, plus longues que le corps chez le mâle. Prothorax plus large que long, à peine plus étroit que les élytres cylindriques. Troisième article du pied enchâssé dans un enfoncement profond du premier. A. alpinus Fabr.

Drachytarsus Schônh. Trompe large, non échancrée au bout. Les trois derniers articles des antennes larges. Le prothorax, rétréci en avant, offre les angles antérieurs arrondis et un bord postérieur légèrement infléchi en deux endroits. Pattes courtes, le troisième article est entouré par le second. Les larves se nourrissent des œufs de Coccus. Dr. varias Fabr.

Druchiis L. Corps ovaiaire, plus ou moins carré. Tê^e peu prolongée en trompe. Antennes épaissies vers la pointe et souvent dentées. Palpes maxillaires filiformes, à quatre articles, dont le dernier est long et étroit. Languette demi-inembraneu?e, divisée en deux robes. Dr. granarius L. Dans les léveroles. Dr. pisi, etc.

3. groupe, heteromera. Les tarses des doux paires de pattes antérieures sont formés de cinq articles, ceux de la paire postérieure de quatre seulement.

1. Fam. Oedemeridae . Corps étroit et allongé, antennes grêles et filiformes, au moins aussi longues que la moitié du corps, formées de onze à quinze articles. Pattes minces et longues. Avant-dernier article du tarse cordiforrae, ou bilobé, rarement simple. Thorax étroit. [Élytres allongés, n'entourant pas tout à l'ait l'abdomen. Les larves ressemblent à celles des Cérambycides, offrent une tête cornée, des antennes à quatre articles, des pattes à cinq articles, et vivent dans le bois des arbres morts.

Oedetncra Oliv. Antennes à onze articles, insérées en avant des yeux ronds, hothorax court, rétréci par derrière. Élytres plus ou moins pointus au sommet. Cuisses postérieures du mâle presque toujours très épaisses. Tibias terminés par deux épines. Oe. virescens L. Oe. flavescem. L.

Ici se rattache la petite famille des Salpingidae. Mycterus Clairv. Salpinyus 111. Lissodema Curt. Rhinosinus Latr.

__ 2. Fam. Meloidae1 (Canlharidae). Tète large offrant un étranglement en forme de cou. Élytres larges et souvent bâillants, ne couvrant pas toujours la totalité du corps. Lobes de la mâchoire cornés. Languette échancrée ou bilobée. Hanches antérieures et médianes très grosses et se touchant. Griffes des pieds fendues en deux parties inégales. Abdomen à six ou sept anneaux. Ces Coléoptères se nourrissent de feuilles; ils fournissent une substance employée en médecine pour ses propriétés vésicantes. Les larves vivent tantôt en parasites sur d'autres Insectes, tantôt sous l'écorce des arbres. Elles subissent une métamorphose compliquée, désignée par Fabre sous le nom d'hyperrnétamorphose ; elles possèdent d'abord 5 paires de pattes, les perdent pendant les périodes suivantes et présentent alors une forme cylindrique.

Meloe L. Tête très grosse, fortement allongée derrière les yeux; vertex très bombé. Antennes filiformes insérées en avant des yeux, souvent épaissies vers la pointe, ou présentant de gros articles médians. Les bords des élytres se croisent l'un sur l'autre à la base. Les ailes postérieures manquent. Abdomen grand, non caché par les élytres. Ces Insectes vivent dans l'herbe; quand on les touche, ils laissent échapper une liqueur irritante entre les articulations des pattes. Les larves rampent le long des tiges des plantes, pénètrent dans les fleurs des Asclépiadées, des Primulacées,etc, et s'accrochent à l'abdomen des Abeilles (Pediculus melittae Kirby), pour se faire transporter dans le nid de ces dernières, où elles se nourrissent principalement de miel. M. proscarabacus L. M. violaceus Marsh.

Cerocoma Geoffr. Corps semblable au précédent. Antennes à neuf articles, insérées très près de la bouche, et dont les articles médians sont très irréguliers chez le mâle ; article terminal gros, large, déprimé. Lobes externes de la mâchoire allongés. C. Schaefferi L. Mylabris Fabr. Lydus Latr.

Lylta Fabr. (Canlharis Geoffr.). Antennes à onze articles aussi longues que la moitié du corps. Mandibules à pointe simple. Lobes de la mâchoire et palpes courts. Prothorax plus large que long, arrondi ou offrant un prolongement angulaire par devant. L. vesicatoria L. Mouche d'Espagne. L. syriaca L.

Sitaris Latr. Antennes filiformes, à peu près de la longueur du corps, à onze articles. Mandibules à extrémité simple. Lobes internes des mâchoires plus courts que les externes. Palpes maxillaires beaucoup plus longs. Prothorax quadrangulaire, à angles arrondis. Élytres rétrécis, subulés en arrière, écartés l'un de l'autre. Ailes en parties découvertes. Griffes des pieds non dentées. S. humerulis Fabr., Europe méridionale. Ces Insectes s'accouplent au mois d'août dans les galeries d'une abeille {Anthophora pilipes), dans lesquelles vivent aussi en parasites VOsmia bicomis, le Melecta armata et la mouche parasite de l'Osmia, P Anthrax sinuata. Dans le même mois a lieu la ponte, et vers la fin de septembre éclosent les jeunes Sitarides, qui hivernent parmi les débris des œufs. Ces

'Newport, On the natural history, analomy and development of Meloe. Transact. lin. soc. Vol. XX et XXI. — Fabre, Mémoire sur V hyper métamorphose et 1rs mœurs des Mcloïdes. Ann. se. nat.,*«sér., t. VII et IX.

larves possèdent trois longues paires de pattes organisées pour s'accrocher, quatre ocelles, de longues antennes sétiformes, de fortes mandibules et dps soies caudales qui leur servent à avancer rapidement. A la fin d'avril elles se cramponnent au thorax velu des Anihophora mâles, et le mois suivant, pendant l'accouplement de ces derniers, passent sur les femelles. Pendant la ponte, la larve quitte le corps de l'abeille pour se rendre sur l'œuf et s'introduit dans la cellule remplie de miel et scellée. Elle ronge la coque de l'œuf, se nourrit du contenu après neuf mois de jeûne, et subit sa première mue. Elle offre alors une forme toute différente; elle est cylindrique, privée d'ocelles, organisée pour se nourrir de miel. Elle consomme le contenu de la cellule, rejette sa membrane larvaire et devient pupe immobile (pseudochrysalide). Peu après, ou seulement l'année suivante, elle quitte cette troisième forme et présente, après ce nouveau changement de peau, l'état de pupe véritable pourvue de membres.

5. Fam. Rhipiphoridae * . Tête verticale. Antennes à dix ou onze articles, dentées chez la femelle, pectinées chez le mâle. Mandibules sans bord membraneux. Les lobes membraneux des mâchoires sont soudés à la base. Élytres écartés. Les larves vivent dans les nids des Guêpes (Meloecus) ou dans l'abdomen des Blattes (Rhipidius.)

Rhipipkorus Fabr, Antennes insérées au bord interne des yeux, dentées en scie sur deux côtés chez le mâle, sur un seul chez la femelle, ou en éventail. Mandibule toujours simple. Prothorax rétréci par devant, à trois lobes par derrière. Élytres aussi longs que le corps. Tibias antérieurs terminés par une épine, les postérieurs par deux. Rh. bimaculatus Fabr., Europe méridionale. Meloecus Gerst. Très-proche parent. .1/. paradoxus L.

Rhipidius Thnbg. Antennes pectinées en éventail à partir du quatrième article. Tête petite, offrant de très grands yeux. Pièces de la bouche atrophiées à l'exception de deux palpes filiformes. Tibias sans épine terminale. Femelle vermiforme, aptère, et sans élytres, présentant des yeux petits et des antennes filiformes. Rh. blattarum Sundv. Ptiliphorus Dej. Pclccotoma Fisch., etc.

4. Fam. Mordellidae. Coléoptères petits, allongés, comprimés latéralement munis d'antennes filiformes, parfois faiblement dentées, ou épaissies vers le bout. Mandibules offrant un bord interne membraneux. Lobes des mâchoires membraneux et divisés jusqu'à la base. Article terminal des palpes maxillaires en forme de hachette. Tibias postérieurs munis de longues épines terminales. Les larves vivent dans les champignons ou dans les branches sèches, et ne possèdent que des pattes courtes indistinctement articulées.

Mordella L. Antennes faiblement dentées en scie en dedans. Prothorax plus large que long, offrant un bord postérieur arrondi vers le scutellum et élargi. Élytres très rétrécis par derrière. Hanches postérieures très grandes formant une grande plaque arrondie. Griffes des pieds dentées ou fendues. M. fasciata Fabr.

Anaspis Geol'fr. Antennes filiformes, épaissies vers la pointe. Prothorax faiblement arrondi au bord postérieur, à peine élargi vers le scutellum. Élytres peu rétrécis par derrière. A. frontalh L.

5. Fam. Pyrochroidae (y compris les Anticidae). Tête fortement inclinée, plus large que le bord antérieur du prothorax très rétréci vers le sommet, étranglée par •derrière en manière de cou. Antennes à onze articles insérées en avant des yeux sur les côtés de la tète, quelquefois dentées ou pectinées. Élytres plus larges que le thorax. Griffes des pieds simples.

1. Sois-Fam. Anthicinae. Hanches antérieures assez éloignées des hanches médianes,

laissant libre le mésothorax.

Ânticus Payk. Tête arrondie ou quadrangulaire. Prothorax presque toujours allongé

1 Gerstacker, Illiipiphoridum Coleopterorum familiac dispositio systematica. Berolini, 1855.

rétréci par derrière. Scutellum petit. Antennes faibles, épaissies vers la pointe. Mandibules offrant une pointe bidentée. A. hispidus Ross.

2. Sods-Fam. Pyrochroinae. Ilanclies antérieures et médianes très rapprocbées, couvrant le mésothorax. Antennes dentées ou pectinées.

Pyrochroa Geoffr. Tête élargie derrière les yeux et anguleuse. Mandibules à pointe falciforme et fendue. Lobes externes des mâchoires plus longs et plus larges que les lobes internes. Languette divisée en deux lobes membraneux arrondis. Pattes simples, grêles et longues. Tibias sans épines. /'. coccinea L.

Ici se rattache la petite famille des Lagriidae. Lagria Latr. L. hirta L.

0. Fam. Melandryidae. Tète triangulaire, plus ou moins engagée dans le prothorax. Ce dernier presque toujours aussi large que les élytres au bord postérieur, rétréci par devant. Antennes assez courtes, à dix ou onzes articles. Palpes maxillaires grands. Ilanclies faisant saillie en dehors de la cavité cotyloïde.

Coiiopalpits (iylh. Antennes à dix articles. Prothorax beaucoup plus large que long, rétréci et arrondi par devant. Avant-dernier article du tarse bilobé. C. flavicollis Gylh.

Melandrya Fabr. Corps allongé. Antennes filiformes à onze articles. Mandibules offrant une pointe à trois dents. Mâchoire à deux lobes très courts et munie de palpes très longs. M. caraboides L. Xylita Paykv Mycetoma Dej. Orchesia Latr., etc.

7. Fam. Cistelidae. Tète inclinée, n'offrant pas de rétrécissement en forme de cou. Antennes à onze articles. Hanches antérieures se rejoignant. Griffes des pattes pectinées.

Cistela Fabr. Mandibules à pointe divisée. Hanches antérieures et médianes séparées l'une de l'autre par un prolongement du thorax. Prothorax demi-circulaire, arrondi par devant. Scutellum triangulaire. Troisième article du tarse non divisé, 6'. fulvipes Fabr. C. murina L. Prionychus Sol. Mycetochares Latr. Hymenorus Muls.

8. Fam. Tenebrionidae. Corps allongé, demi-cylindrique, plat, légèrement bombé. Antennes à onze articles, filiformes ou s'épaississant peu à peu vers le sommet, ou encore terminées par trois gros articles. Les hanches antérieures sphériques ou ovales séparées l'une de l'autre par un prolongement du prothorax. Griffes des tarses toujours simples. Larves très allongées, un peu déprimées, offrant des antennes à quatre articles, deux ou cinq ocelles de chaque côté et des pattes à cinq articles.

Tenebrio L. Antennes tiliformes, dont le troisième article est le plus long. Mandibule à pointe divisée. Mâchoire à deux lobes courts et cornés. Article terminal des palpes à quatre articles obliquement tronqué. Prothorax plus large que long. T. molitorL., connu sous le nom de Ténébrion de la farine. Boros Herbst. Menephilus Muls., etc.

Ici se rattachent la famille des Helopidae : Enoplopus Sol., Hclops Fabr., Lama Latr., etc., et celle des Diaperidae: Bolitophagus 111. , Diaperis Geoffr., Phaleria Latr., Ammobius Guér., etc.

9. Fam. Pimeliidae. Corps presque toujours aptère. Élytres soudés, dont le bord latéral replié emboîte le corps. Antennes à onze articles, insérées en avant des yeux. Pièce du menton généralement très grande, recouvrant la bouche. Hanches antérieures séparées p?r un appendice du méso thorax. Hanches antérieures et médianes sphériques ou ovales; griffes toujours simples. Abdomen à cinq anneaux.

Opalrum Fabr. Antennes s'épaississant peu à peu vers la pointe. Lobe maxillaire interne offrant au bout un grand crochet corné. Article terminal des palpes maxillaires très court et épais. 0. sabuhsuin L.

Blaps Fabr. Antennes peu épaissies vers le bout, et dont les quatre derniers articles sont sphériques; article terminal des palpes maxillaires fort. Prothorax plus ou moins carré. Écusson extrêmement petit. Bl. mortisaga L. Bl. fatidica Strm. Pedinus Latr. Isocerus Mgrl. Platyscelis Latr., etc.

Page 1