ORDRE HÉLIOZOA1. HÉLIOZOAIRES
Rhizopodes (Veau douce pourvus fréquemment de vacuoles pulsatiles, d'un, ou plus rarement de plusieurs noyaux et parfois d'un squelette siliceux rayonné.
Les Iléliozoaires manifestent des rapports étroits avec les Monothalaines d'eau douce et particulièrement avec certaines formes dépourvues de squelette de ce groupe, dont il n'est guère possible de séparer nettement des Actinophrides nus. D'un autre côté le srjuelette, qui est formé d'aiguilles siliceuses disposées d'une manière rayonnante ou de tests treillissés, rappelle tellement celui des Rhizopodes marins, que l'on a précisément considéré les Iléliozoaires comme des Radiolaires d'eau douce. Cependant le sarcode ne présente pas ces différencialions compliquées que l'on observe dans ces derniers, et l'on incline à reconnaître, à l'exemple de R.Hertwig, que la présence, clans ces deux groupes d'un squelette siliceux, n'a d'autre valeur que celle d'indiquer des adaptations, qui se sont exercées dans le même sens.
1 Voy. A. Kôftiker, Ueber Actinophrys sol{Eichhornii),Zehsàhr. fur wiss.Zoolog., vol. I, 1848. — l'iuke, Ueber schalenlose Radiolarien des sûssen Wassers, ibid.,. vol. XVIII, 1808. — Grenaclirr. Bemerkung ùber Acanthocystis viritlis. ibid., vol. XIX, 1808. — Id., Ueber Actinophrys sol., Verh. (1er phys. med, Gesellschaft, Wiïrzburg, vol. I, 1809. — Cienkowski, Ueber Clathrul'na, Arcliiv lia' mikrosk. Anatomie, vol. 111. 1807. — Id., Ueber Schwàrmerbildung bei Radiolarien, ibid.. 1871. — Il Greeff, Ueb r Radiolarien und Radiolarienartige Rhizopoden dessùssen Wassers, Arch. fur mikr. Anal., vol. Y, 180!). — A. Schneider. Zvr Kenntniss der Radiolai-ien, Zeitschr. fur wiss. Zool. , vol, XXI, 1871. — Fr. E. Schulze, Rhizopodenstudien, 1-VI, Arcliiv fur mikrosk. Anat., t. X-XI1I, 1874-1877. — R. Hertwig und Lesser, Ueber Rhizopoden und denselben nalc stelienden Organismen : Ibid, t. X, Supplementband, 1874, et de plus les mémoires de Archer.
HÉLÏOZOAUŒS.
TN
ig. 213. — Fragment du corps sarcodaire de VActinosphserium Eichhornii, vu en coupe optique, d'après Hertwig et Lesser. N, noyaux dans la substance médullaire distincte de la couche corticale remplie de grosses vésicules. Au centre des pseudopodes, on voit un filament axial.
La substance du corps émet des pseudopodes très lins qui peuvent s'anastomoser, et présentent dans leur intérieur des courants de granules très lents (fig. 213). On observe assez généralement des différenciations vers le centre, qui tiennent peut-être lieu de capsule centrale et qui ont été considérées comme telles par quelmies naturalistes, (liiez I ' Actinosphœriurn Eichhornii, on voit une substance centrale renfermant de nombreux noyaux et une couclie périphérique qui envoie des pseudopodes et où se trouvent de nombreuses vésicules . Les peudopodes se différencient en une couche extérieure très granuleuse, et en un jjlament axial hyalin, visqueux, qui se continue jusque dans la masse centrale.
Dans quelques cas, chez les Acanthocystis, par exemple, la présence d'un squelette siliceux radiaire formé de fins spicules est indubitable; dans d'autres cas, j on observe des sortes de sphères treillissées (Âstrodisculus, Clathrulina) .
Quant à la reproduction, on a observé la fusion de deux ou plusieurs individus chez YActinophrys. Par contre, la division a lieu assez souvent chez les Actinosphœriurn avec enkystement. phénomène qui rappelle le mode de développement des Monades. Les pseudopodes se retirent dans la masse du corps, qui se condense vers le centre et s'entoure d'une membrane, les alvéoles disparaissent, et il se développe une sphère centrale, qui bientôt se partage en deux, et, plus tard, en plusieurs sphères; l'enveloppe se détruit, ainsi que la couche périphérique, chaque sphère produit autour d'elle une membrane finement plissée; celle-ci finit par crever sous l'influence du gonflement du contenu, qui s'échappe alors, prend la forme vésiculaire, acquiert une vésicule contractile et émet des pseudopodes. D'après Schneider, les kystes des deux sphères se composent de matière siliceuse, et la masse intérieure, molle, contient de nombreux noyaux, qui disparaissent plus tard. Chaque sphère ne contiendrait qu'un gros noyau avec un nucléole, d'où proviendrait, après destruction de la paroi du kyste, un petit Actinosphœriurn. Cienkowski a démontré chez les Clathrulinala présence de zoospores. Le sarcode se divise d'abord en deux ou en quatre parties, qui deviennent sphériques et s'enkystent dans l'intérieur du squelette treillissé. Au bout. d'un certain temps le contenu s'échappe sous la forme d'un corps ovale pourvu d'un noyau, et se met à nager lentement en décrivant des demi-cercles. Plus tard, ce petit corps devient immobile, s'arrondit, émet des pseudopodes et ex-
TRAITÉ DE ZOOLOGIE. — 3e ÉDIT. ^
HELIOZOAIRES.
Jeune Actinosphserium ne présentât!
crête un pédicule qui lui sert à se fixer et une coquille treillissée très délicate.
1. Fam. Actinophryid*: (fig. 214). Vésicule pulsatile, capsule centrale ou masse centrale renfermant de nombreux noyaux. Pas de squelette siliceux.
Actinophrys Ehrbg., corps sphérique, nu, avec une vacuole pulsatile périphérique et un noyau central; A. sol. Ehrbg.
Aclinosphœrium Stein, corps sphérique, nu, masse centrale renfermant des cellules nucléées; couche corticale pourvue de nombreuses vésicules et émettant des pseudopodes. A. Eichhornii Ehrbg.
2. Fam. Acanthocystidje (fig. 215). Des épines siliceuses, et aussi des lamelles et des granules.
Acanthocystis Cart. Squelette formé principalement dépiquants, qui sont munis d'une lamelle basilaire. Dans la substance centrale
encore qu'un seul noyau(d'après Fr. E. Schuize). homogène, un noyau ; dans la couche cor-
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Fig. 215. — Raphidiophrys pallida grossi 600 fois. Le corps sarcodaire sphérique s est un peu retiré de l'enveloppe de spicules siliceux. On y voit un noyau k, quatre vacuoles pulsatiles v, un grand nombre de granulations, deux diatomées d, et enfin le petit corps sphérique central avec de fins piquants rayonnant de tous côtés et se continuant dans les pseudopodes (d'après Fr. E. Schuize).
ticale plusieurs vacuoles pulsatiles. A.
spinifcra Greeff. A. lurfacea Cart. Helerophrys marina R. Herlw. Less.
Raphidiophrys Arch. Squelette formé d'aiguilles tangentielles légèrement courbées. Rh. elegans Arch.
Hyalolampe Greeff. Squelette formé de plusieurs couches de sphères siliceuses lâchement unies les unes aux autres.
Vacuoles non contractiles. //. fenestrata Greeff.
Pinacocystis Herlw. Less. Squelette formé de lamelles réunies en une capsule. P. rubicunda Ilertw. Less. marin.