‹ Traité de zoologie (volume 2)Chapitre 9 sur 271 · CELLULES ET TISSE CELLULAIRE · texte numérisé non relu

CELLULES ET TISSE CELLULAIRE

On désigne sous le nom de tissus les parties des organes, qui possèdent une structure définie, reconnaissante à l'aide du microscope, et qui se laissent ramener à la cellule ou à ses dérivés. Ils ont une fonction physiologique correspon- , ' .

dant à leur structure particulière, et v:„ ;L ;

peuvent en conséquence être considérés • V ^

comme des organes d'ordre inférieur. Fig- 23. — a, œufs primordiaux d'une Méduse ; b, celil i • . i j Iules mères dos spi^matozoïdes d'un Vertébré (sper-

L est la cellule qui en est la dernière matoblastes); l'une d'elles présente des mouvements unité; c'est l'organe de l'ordre le plus amiboïdes.

inférieur, ou organe élémentaire1, qui entre dans la composition des tissus. Nous avons déjà vu que, ni sa membrane, ni même son noyau, n'ont une importance capitale, suffisante pour la caractériser, et que le protoplasma, avec sa composition moléculaire spéciale, ses propriétés propres, son mouvement autonome, sa nutrition et sa reproduction, en est véritablement la partie essentielle (fig. 25).

Ce qu'on appelle noyau ou nucléus est, soit une masse compacte entourée par le protoplasma,

soit une vésicule à paroi membraneuse et à COU- Fig.24.— Différentes formes de noyaux:

.... • n , , a. noyau cellulaire pris dans les tu*

tenu liquide, qui renferme le plus souvent un ou bes do Maipighi d'un,- chenille; b,

plusieurs corpuscules {nucléole). Quelle que soit la n">au fHéiiozoaire avec une couche

r l v ' 1 corticale et un nucléole dans le suc

forme que le noyau présente, il renferme toujours cellulaire; <■, noyau d'un œufd'Ourun liquide, le liquide nucléaire, et une substance ^^^rSnTeSU^^X"" protoplasmique, \asubstcmce nucléaire, à laquelle entouré de suc nucléaire (d'après est dévolu le rôle principal (fig. 24).

Une propriété importante et très générale du protoplasma est la contractilité. La masse vivante présente des phénomènes de mobilité liés à l'échange de la

1 Th. Schwann, Mikroskopische Untcrsuchunf/en ùber die Uebereinstimmung in der Strukt und dem Wachsthum der Thiere und I'flanzeit. Berlin, 1859. A. — Kôltiker, Éléments d'hislo-

matière; ils se manifestent non seulement par des changements de place des particules solides qu'elle renferme, mais aussi par des variations de forme de la cellule tout entière. S'il vient use développer une membrane par l'épaississement de la couche périphérique du protoplasma, ou, en d'autres termes, si la cellule s'est transformée en une vésicule close, les modifications dans les contours de la cellule seront très limitées ; dans d'autres cas, ces mouvements des parties, qu'elle renferme, se manifestent par un changement plus ou moins rapide dans sa forme extérieure. La cellule fait voir alors ce que Ton appelle des mouvements amiboïdes; elle émet des prolongements, les rentre à l'intérieur, et, grâce à ces évolutions du protoplasma, parvient à changer de place. Ce sont surtout les cellules jeunes, indifférentes, encore dépourvues de membrane, qui offrent ces phénomènes. Plus tard, dans le cours de leur développement, il se forme ordinairement chez elles une membrane dont la présence, sans être, comme on le croyait jadis, un caractère essentiel de la cellule, marque évidemment qu'elle a subi des modifications dans sa structure, qu'elle s'est différenciée.

Nous avons déjà montré que dans la vie de la cellule apparaissent les propriétés fondamentales de l'organisme. La cellule, autant du moins que nos connaissances nous permettent de le constater, tire son origine d'autres cellules. La formation cellulaire libre, comme l'entendaient Schwann et Schleiden, n'a jamais été prou vée. Toutefois, si nous bornons au plasma de la cellule ou au plasma réuni de plusieurs cellules la substance capable de s'organiser (plasinodie), nous devons reconnaître une formation cellulaire libre, telle par exemple que celle des spores chez les Myxomycètes, bien qu'on ne puisse les distinguer nettement des formations nouvelles dans l'intérieur des cellules mères, et qu'elle ne doive être considérée que comme une modification de la génération endogène; ce dernier mode se laisse ramener au type si répandu de multiplication des cellules par division. Lorsque la cellule, grâce à l'absorption et à l'élaboration des matières alimentaires, a atteint une certaine grosseur, le protoplasma se partage — généralement c'est après la division du nucléus — en deux portions à peu près égales, pourvues chacune d'un noyau. La division du noyau1 présente, comme l'ont montré, les recherches récentes, des phénomènes particuliers. Quand le noyau devient fusiforme (fuseau nucléaire), sa substance se transforme en un faisceau de filaments longitudinaux présentant une zone équatoriale de granulations (plaque nucléaire), qui se séparent graduellement pour se rapprocher des pôles du fuseau, où dans la règle elles sont situées au centre d'une masse liquide, claire, qui se manifeste dans le protoplasma. Elles constituent ainsi deux noyaux aux deux pôles du fuseau, dont les filaments disparaissent pendant que s'opère cette séparation. La division est complète quand les jeunes noyaux, nés aux dépens des extrémités du fuseau et de la zone liquide qui les entoure, ont

/ogic humaine. Ie édition française, Paris, 1871. — Fr. Leydig, Traité d'histologie de l'homme er des animaux, Paris, 1866.' — Frey, Traité d'histologie cl d'hislochimie. l2e édition française. Pans, 1877. — S. Stricker, Handbuch der Lehre von den Gewjben, Leipzig, 1871. — P.anvier, Traité technique d'histologie. Paris, 1875-1882.

1 (Consultez principalement 0. Bùtschli, Sludien ûber die crslen Entwichelungsvorgnge der Eiselle, die Zelllheilung und die Conjugalion der Infusorien. Frankl'orl, 1870. — 11. Fol, Recherches sur la fécondation cl le commencement de l'Hcnogénie. Méin. Soc. Phys. et llist. nat. de Genève Vol. XXVI, 1879.

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