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la Zoologie a subi dans ces quarante dernières années des transs > formations profondes. Avec Linné et ses successeurs «elle. était restée une science purement descriptive. Au commencement de-ce sièele, sous la puissante impulsion de Cuvier, elle vit, s'ouvrir ‘des ” horizons nouveaux. Ce grand naturaliste montra, en effet; que tout essai durable de classification devait être basé sur les études ana- : tomiques, et qu’il ne suffisait plus, comme autrefois, de se borner à décrire les formes extérieures de l'animal : c'est en observant avec soin jusqu'aux plus petites particularités de la structure, en . combinant les notions ainsi acquises sur l’ensemble, des appareils organiques, qu'il arriva à saisir les véritables rapports des êtres et à les grouper suivant les affinités naturelles, . La Zoologie ne devait pas s’arrèter là. À mesure que se dévelop: paient les sciences voisines, le champ s’agrandissait aussi devant elle. Tout en restant fidèles à la méthode de Cuvier, les naturalistes ne tardèrent pas à reconnaitre que l'observation seule des formes animales arrivées à l'état adulte conduisait dans bien des eas à des rapprochements erronés, et que souvent les ressemblances fondamentales étaient masquées par: des caractères différentiels tout à fait secondaires. Vers la même époque von Baer publiait ses travaux classiques sur le développement des animaux et arrivait, de son côté, en s'appuyant sur les résultats de ses recherches; à une division en embranchements correspondant à celle que Cuvier venait d'établir sur des considérations purement:anatomiques. Ses vues n’eurent pas tout d’abord le retentissement qu’elles méritaient ; ce fut M. Milne Edwards qui, le premier, fit comprendre tout le parti que la Zoologie pouvait tirer des connaissances em-
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bryologiques. Dans le remarquable Mémoire qu'il publia en 1848, dans les Annales des sciences naturelles, il en fit l’application à la classification méthodique des Mammifères. Depuis lors les naturalistes, convaincus à son exemple de l’importance croissante de l’embryologie, n’ont cessé d'emprunter son concours et de trouver en elle les plus précieuses ressources.
L’anatomie, l’embryologie, ne furent pas seules mises à contribution, on considéra aussi les animaux au pointde vue de leurs mœurs, de leurs relations avec le milieu ambiant, de leur distribution géographique, etc.
De nos jours enfin les sciences zoologiques ont reçu une impulsion féconde d’une cause toute différente. On peut dire hardiment que les progrès qu'elles ont réalisés dans ces quinze dernières années sont dus en grande partie aux discussions soulevées dans le monde savant par l’apparition du célèbre livre de Darwin. De toutes parts des recherches ont été entreprises pour combattre ou pour confirmer les théories transformistes, et il n’est guère de travail sérieux qui, de près ou de loin, ne touche à la question fondamentale de l’origine des espèces. Les doctrines darwinistes ont gagné rapidement du terrain : en Angleterre et en Allemagne, si elles ont contre elles des savants éminents, la majorité des naturalistes leur est acquise; en France même où, pour des causes diverses, elles ne comptaient jusqu'ici que des adversaires ou des indifférents, elles commencent aujourd’hui à recruter des prosélytes. Mais quelque importants que soient les principes qu’elles ont mis en lumière et les résultats auxquels elles ont conduit, ils ne sont pas encore suffisants pour modifier nos cadres zoologiques. En dépit d'Hæckel et des naturalistes de son école, l’époque n’est point encore venue où la classification de Guvier, avec les améliorations successives que les zoologistes contemporains y ont apportées, doit céder la place à une classification philogénétique.
Tandis que la méthode zoologique subissait ces transformations, ‘les voyageurs et les naturalistes descripteurs multipliaient leurs découvertes, inscrivaient chaque jour de nouvelles espèces dans nos catalogues. D'innombrables matériaux se sont ainsi accumulés, véritable entassement de richesses, au milieu desquels l’esprit courrait grand risque de s’égarer s’il ne prenait pour guide un ouvrage méthodique qui lui permit. d'embrasser l’ensemble du règne animal, tout en lui faisant connaître avec les détails nécessaires
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‘ les types principaux autour desquels se groupent les diverses formes, et leurs rapports de parenté ; à ce point de vue Putilité d'un Traité de zoologie assez vaste pour réaliser ce programme, sans cesser pourtant d’ètre élémentaire, ne saurait être contestée. L’Angleterre et l'Allemagne, où les sciences naturelles sont plus cultivées que chez nous, offrent de nombreux ouvrages qui répondent parfaitement à ce but; en France, dans la patrie de Lamarck, de Cuvier, de Geoffroy Saint-Hilaire, nos étudiants ne sont pas aussi favorisés sous ce rapport que leurs voisins d’outre-Rhin et d'outre- Manche. Nous ne possédons en effet, en ce genre, que deux ouvrages de mérite datant déjà de 1833 et 1845. C’est ce qui nous a décidé à entreprendre la traduction que nous offrons aujourd’hui au public. Nous avions à choisir entre plusieurs Traités également estimables; notre préférence s’est portée sur celui du professeur Claus. Outre le même soin dans la partie purement systématique, il offre en tête de chaque groupe principal, embranchement, classe, ordre, un exposé suceinct, mais complet, de l’organisation des êtres compris dans chacun de ces groupes et un aperçu de leur développement. Aujourd'hui où, sous l'influence des doctrines transformistes, les questions embryologiques ont acquis une si grande valeur, on comprend les services que peuvent rendre des résumés . de ce genre, où se trouvent réunis tous les faits de quelque importance. Et si l’on considère qu’il n'existe en France aucun livre où toutes ces notions soient groupées d’une manière systématique au point de vue de l’ensemble du règne animal, et qu'il faut recourir pour leur étude aux nombreux Mémoires épars dans les recueils scientifiques, on ne sera pas surpris que nous ayons été attiré par l'ouvrage de l’éminent professeur.
M. Claus s’est appliqué aussi, dans les généralités qui ouvrent son livre, à présenter une exposition impartiale de la doctrine de l’évolution. Cette partie de son œuvre n’est pas la moins intéressante. Tout en se montrant partisan convaincu des idées qu’il expose, l’auteur a su se tenir en garde contre les doctrines aventurées enseignées avec éclat dans certaines universités d’Allemagne, et s'eilorce toujours de distinguer dans le transformisme ce qu'il renferme de positif et d’hypothétique.
Dans ce long et pénible travail de traduction nous nous sommes attaché avant tout à l'exactitude, suivant le texte d’aussi près que possible, au risque de commettre des germanismes. Nous ne nous