‹ Traité de zoologieChapitre 102 sur 434 · FORAMINIFÈRES · texte numérisé non relu

FORAMINIFÈRES

et la structure entière de la coquille sont plus importantes que sa division en che bres, caractère dont on ne peut pas se servir dans la classification de ces animau Tantôt elle est opaque comme de la porcelaine, tantôt transparente comme d verre, ou bien formée de particules de sable très fin unies par un cim organique, ou par des spicules d'Éponge. A côté d’une grande ouverture par: quelle le contenu sarcodaire fait saillie, se trouvent fréquemment sur toute surface des pores plus ou moins fins pour les Pseudopodes; parfois aussi (Ma mulites) la substance de la coquille est traversée par un système compliqué d canaux ramifiés. Les portions du sarcode contenu dans les différentes cham= bres communiquent aussi entre elles par des ponts, des filaments, qui travers les canaux et les grandes ouvertures des cloisons (fig. 200). Les propriétés de la substance dont le corps est formé, le mode de mouve n et de nutrition, présentent à peu de chose près les traits caractéristiques j nous avons déjà décrits pour l’ensemble des Rhizopodes. Le corps mou est de sarcode indifférent et renferme parfois des collections de liquides forme de vacuoles, plus rarement, comme dans les espèces d'eau douce, de cuoles contractiles: Les pseudopodes, qu’émet la masse du corps, sont. très Variables et présentent toutes les transitions depuis la forme d’ appendices Jo jusqu’à celle de prolongements grèles réunis en réseaux délicats, ou d sés comme des rayons sans connexion entre eux. Aussi les divisions propt par les anciens auteurs, d'après la présence ou l'absence des vacuoles puls: (Jean Müller) aussi bien que d’après la nature des pseudopodes (Carpenter, 0 Reticularia), sont-elles fort peu tranchées. Chez les Rhizopodes d'eau douce depuis longtemps démontré la présence de noyaux dans l’intérieur du sa et on a cru que c'était là un caractère qui les distinguait entièrement des minifères marines, mais récemment, comme on dovait du reste s'y attendre, prétendu caractère différentiel a été renversé à son tour. Max Schulze avait découvert des noyaux dans les Gromies et R. Hertwig a fait voir que. ches Miliolides et les Rotalines apparait dans le jeune âge un noyau, suivi de p sieurs autres, à mesure que l'animal s'accroît. De même Fr. E. Schulze à cons la présence d’un gros noyau chez les Entolosenia et les Polystomella ; wig en a vu également un, mais plus différencié, dans la Globigerin (Hastigerina Murrayi, fig. 203).

La reproduction de ces animaux nous est très imparfaitement con dant il n’est plus guère douteux que le noyau joue un rôle dans le ph r

l'enkystement. Parmi les Foraminifères marines, St. Wbrigt a obsé

Entwurf einer systematische Zusammenstellung der Foraminiferen, Sitzungsber. der Wissenschaft. Wien. 1861. — St. Wright, Où the reproductive Elements of the BI Ann. of nat. hist., 1861. — Parker and Jones, On the nomenclature of the Foraminiferas and Magaz. of nat. hist, 1858-1865. — M. Schulze, Ueber Polytrema miniaceum, Avch Naturg., XXIX, — Par ker and Jones, On some Foraminifera from the North Atlantic and Oceans, ete., Philos. Transact. roy. Soc., 1866. — Brady, The Foraminifera of the tidal » Annals and Magaz. of nat. hist. t, VI, 1871. — R. Ilertwig und Lesser, Ueber Rhizopot denselben nahe stéhenden Organismen. Arch. für mikros. Anat., t. X. Supplementheft, Fr. E. Schulze, Rhizopodenstudien, À à VI. Archiv {ür mikrosk. Anat. X-XHL ‘#

FORAMINIFERES. 201

tiplication du Spirillina vivipara, et Max Schulze celle des Miliola et des Rotalina. Le premier genre produit des jeunes à une seule chambre, les autres des jeunes à trois chambres, qui naissent ; tous formés. Probablement ils se développent, d'après les recher- ches de Whrigt, dans des œufs dans l'intérieur des chambres.

Suivant Pourtalès les Globigérines seraient les descendants des Orbulines, car les coquilles de ces dernières renferment une Globigérine fixée à l'intérieur par de fins spicules. Krohn a aussi fait une observation anologue, et Max Schulze croit pouvoir affirmer que l'Orbulina n'est pas autre chose que la dernière chambre devenue libre d'une Globigerina.

Carpenter ne partage pas l'opinion Fig. 205. — Globigerina (Hastigerina) Murrayi. Exemplaire Ÿ pes pélagien pêché avec les piquants et les pseudopodes étende Pourtalès et considère les Or- dus. S, la coquille; a, le manteau d’alvéoles qui l'entoure | bulines comme un genre auto- ‘mme chez les Radiolaires (d'après Bütschli). nome. Enfin, Semper a trouvé une Nummulite (peut-être Orbitolites), dont le con- tenu des chambres marginales se transforme en un animal à une seule chambre, autour duquel se développent en spirale irrégulière de nouvelles chambres. Malgré leur petite taille les coquilles de ces organismes si simples ont une grande importance, car elles sont accumulées en nombre incalculable dans le sable du fond des mers (Max Schulze calculait que l’once de sable du môle de Gaëte en contenait environ 1 million et demi!), ou dans d’autres formations, . particulièrement dans la eraie et dans les couches tertiaires, où elles ont contribuë pour une grande part à la formation des roches. Déjà dans les roches très anciennes du terrain laurentien au Canada, au-dessous du système silurien, on rencontre des corps que l'on a considérés comme des Foramiuifères fossiles, et qui seraient alors les plus anciens de tous les restes d'animaux aujourd hui connus. On les a décrits sous le nom d’'Eozoon canadense!, et on les a retrouvés . depuis en Allemagne et en Écosse. Il est très probable que ce ne sont point de véritables organismes. Les noyaux siliceux formés par les Polythalames sont très fréquents dans les assises Siluriennes et Devoniennes. Les formes les plus remarquables par leur taille colossale sont celles des Nummulites, qui ont donné leur nom à des couches puissantes de craie. Un calcaire grossier du bassin de Paris, qui fournit une excellente pierre à bâtir, renferme le Triloculina trigonula (calcaire à Milioles). Quelques formes vivent dans l’eau douce, un plus grand nombre déjà dans l’eau saumâtre, dans laquelle se sont acclimatées de nombreuses

"! Noy. Carpenter, On the structure and affinities of Eozoon canadense, Proceed. roy: Soc., 1804. Carter a élevé des doutes sur l'animalité de l'Eozoon. Carpenter a de nouveau soutenu ques cet organisme était un foraminifère (Ann. and Mag. of nat. hist., 1874), et Max Schulze s'est aussi prononcé dans le même sens.

202 AMŒBIENS.

Foraminifères marines. La plupart sont marines, et se meuvent en rampant sui le fond de la mer. On rencontre aussi flottant à la surface des flots des Glob rines, des Orbulines et des Pulvulines. Le fond de la mer est aussi recou dans les grandes profondeurs d’une faune très riche en Rhizopodes (W. Thomp Carpenter) et particulièrement en espèces de petite taille appartenant à diffé: genres, principalement à la famille des Globigérines. Par l'accumulation cons de leurs coquilles, elles constituent de nos jours des formations sédimet analogues aux anciennes assises de la craie. Un des résultats de l'éxplosiiiel mers prfondes qui avait excité une grande surprise, c'était que le fond de la. est recouvert sur de vastes étendues d'une masse visqueuse, albuminoïde, à lag M. Huxley a donné le nom de Bathybius Hæckeli. Les corps calcaires, Diseqli et Coccosphères, qu’elle renferme, étaient regardés comme une sorte de sque produit par elle. On croyait avoir découvert dans le Bathybius la fameuse g primitive (Urschleim) d’Oken. Mais malgré toutes les recherches quel’on af dans les profondeurs des différentes mers pendant l'expédition du Chall il n'a pas été possible de retrouver le Bathybius, de sorte qu'il est fort pt que ce soi-disant organisme ne soit autre chose qu'un dépôt de sulfate dec La boue dans l'eau douce cache de grosses masses de protoplasma, aux Greeff, qui les a découvertes, a délidé le nom de Pelobius ; ;ilest me ( sont des plasmodies de Myxomycètes. i : 20 Max Sehulze divise les Foraminifères, d'après le nombre et la! divpiti chambres, en Monothalames et Polythalames (Soroïdes, Rhabdoïdes, Hélicoï Carpenter attachant, comme Reuss, plus d'importance à la structure du distingue parmi les Foraminifères à coquille les Perforés et les Imperforés, suive que celte dernière est percée ou non de trous; à côté viennent se ra formes d'eau douce. Les recherches approfondies de Carpenter, entre : résultats intéressants, ont montré ce fait important pour la théorie Darwin que des types très différents sont des térmes extrêmes d’une série de formes médiaires, qu’il n'est pas possible d'y distinguer des espèces et que les ge que l’on peut établir ne sont que des types généraux dépourvus de tout tère tranché. La seule classification naturelle de cette masse chaotique d mes si variées serait peut-être une disposition qui exprimerait la di particulière et le degré de divergence d’un petit nombre de types représe les familles principales. Les études de Carpenter ont aussi montré d'une nière évidente la continuité génétique, qui existe entre les Foraminifér terrains successifs et les espèces actuelles, et fait voir que la configuratie types de Foraminifères n’a fail aucun progrès depuis l’époque ts nos jours.

Amoœbæformes!. Amœbiens

Rhizopodes amiboïdes d’eau douce pourvus fréquemment d’une vacuo tractile, tantôt nus, tantôt entourés d'une coquille à une seule loge (Mon

1 Voyez, outre les ouvrages de Ehrenberg, Perty, Dujardin, Carpenter, Hæckel, ete. Ueber die Einzelligkeit der Amœben, Leitschr. für wissensch. Zool., vol. VIT, 1856. -

AMŒBIENS. 203

mes). Le parenchyme du corps est formé d’une substance fluide très granuleuse, entourée d'une couche claire et visqueuse et renferme un ou plusieurs noyaux. Les pseudopodes sont tantôt des prolongements larges lobiformes ou digités, tantôt filiformes, plus ou moins ténus, qui exceptionnellement peuvent se con- fondre à leurs points de rencontre de façon à constituer des réseaux.

En général il y a dans le parenchyme une ou plusieurs vacuoles contractiles ; mais il n’est pas possible d'établir une distinction tranchée entre des vacuoles et des lacunes pulsatiles. Il est de même tout aussi impossible de séparer ces animaux des Monades. Jadis on avait, à l'exemple de Jean Müller, séparé des Foraminifères les formes pourvues de vacuoles pulsatiles et on en avait fait un groupe spécial avec les Actinophrides (Sphygmica). La couche périphérique visqueuse émet des pseudopodes ordinairement larges, digités, quelquefois ténus et rayonnants. Parfois, comme chez les Petalopus les pseudopodes ne partent que d’un seul point du corps; dans d’autres cas, on observe à côté des pseudopodes, qui fonctionnent comme organes locomoteurs, un appendice court et épais, muni d'un flagellum servant d’organe préhensile (Podostoma). Le sarcode forme fréquemment des tests (Arcella, Pseudochlamys) ou des coquilles, composées de particules étrangères cimentées les unes avec les autres (Difflugia, Echinopyxis). Souvent la reproduction est asexuelle et réduite à une simple division. On observe aussi la conjugaison entre deux ou plusieurs individus. Faut-il regarder comme une reproduction sexuelle la division, observée par Carter chez les Amœba princeps et villosa, et par Greeff chez l'Amæba terricola, du noyau en petits corps sphériques qui se transformeraient en jeunes Amibes ? C'est ce qui est au moins douteux. Quoi qu’il en soit, ces petits corps ont la signification

de germes qui deviennent libres sous cet état, ou déjà transformés en jeunes Amibes.

1. Fam. Amæzwz (fig. 204 et 205). Les formes nues se laissent difficilement distinguer des Champignons, desMyxomycètes, etc., qui passent dans leur déve- 5 ra loppement par l'état amiboïde. Pro- See de Ke A tamæba E. Hæck, De nombreuses * 8 formes d’eau douce ont été décrites . par Ehrenberg, Dujardin, Auerbach,

Carter, etc., sous les noms de À.

princeps — villosa, radiosa, crassa,

CN

Fig. 204, — Amæba (Protogenes) porrecla (d'après Max Schulze). Fig. 205. — Amæba (Dactylosphæra) polypodia (d’après Max Schulze).

et Lachmann, Études sur les Iüfusovres et les Rhisopodes, 1858 et 1859, — R. Greeff, Ueber einige in der Erde lebende Amæben und andere Rhizopoden, Arch. für mik. Anat., vol. I, 1866 — Archer, On some freshwater Rhizopoda, new or little nown, Quarterl. Journ. of micr. Soc.s 1869, 1870. — R. llertwig, Ueber Mikrogromia socialis, eine Colonie bildende Monothalamie

Page 1