‹ Traité de zoologieChapitre 179 sur 434 · ORDRE CESTODES:. VERS RUBANÉS · texte numérisé non relu

ORDRE CESTODES:. VERS RUBANÉS

Vers plats allongés, le plus souvent annelés, sans bouche ni appareil digestif, munis d'organes de fixation à l'extrémité antérieure.

Les Cestodes, parasites dans le tube digestif des Vertébrés, facilement recon-

1 Noyez, outre les ouvrages anciens de Pallas, Goeze, Zeder, Bremser, Rudolphi, Creplin,

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naissables à leur corps rubané et annelé, étaient jadis universellement regat comme des animaux simples (fig. 443).

depuis l'apparition de l'ouvrage de Steen sur la génération alternante, une autre ma de voir fut émise, suivant laquelle le Ve bané est une colonie animale, une chaîne maux simples, et l'anneau du Ver rubané, 1 glottis, un individu. Ces deux opinions peuven chacune se justifier, mais en présence de l'in

possibilité de distinguer nettement chez des mes d'organisation aussi simples, aussi rieures, l'organe de l'individu, les phénor d'accroissement de la M © aga

et les Caryophyllaeus qui ne pe de segmentation extérieure que de répt l'appareil sexuel dans chaque métamère.

que dans d’autres cas les différents anne corps sont, il est vrai, nettement différen:

et pourvus d'organes sexuels particuliers, n’acquièrent jamais une individualité indé dante, et que le plus souvent les Prog s'isolent, et même parfois (Echineibothri 1 après leur séparation de l’ensemble du Ver bané, peuvent continuer à vivre pendant A temps et même s'accroître considérable on sera donc conduit à conserver au Prog son individualité subordonnée et de degrë Fig. 443. Pasnid laginala (mediocaneliate) férieur. Il s'agit ici de rapports sembla Là 0 naturelle (d'aprés R.Leuc- ceux que nous avons rencontrés lorsque 1 avons étudié les Siphonophores.

La partie antérieure des Cestodes se rétrécit plus ou moins et est dispo

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ré rmca

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manièré à pouvoir se fixer; en général elle est renflée tout à fait à son extrémité. Ce renflement appelé tête, ne mérite ce nom que par sa forme extérieure; car il me porte ni bouche, ni organes des sens; cependant il contient un centre nerveux, représenté par un double ganglion. | … La tête sert principalement à fixer le Ver aux parois de l'intestin de l'hôte dans lequel il vit, et possède en conséquence une armature très variée, caractéristique pour chaque genre et chaque espèce. Très fréquemment se trouvent sur la tête, Sur une courte éminence appelée Le rostellum, ou trompe, une double couronne de crochets, et en arrière sur les côtés, à égale dis- ue ; tance les unes des autres, quatre ventouses ou re suçoirs (Zaenia, fig. 444); dans d'autres cas il n'existe que deux ventouses (Bothriocephalus), d'autres fois encore elles ont une structure très compliquée et sont munies de crochets (Acanthobothrium). Enfin l'armature céphalique peut être “composée de quatre trompes protractiles recou- “ertes d'hamegçons (Tetrarhynchus), qui peuvent présenter encore dans une série d’autres genres des particularités très variées. Chez les Caryo- Fig. 414. — Tête de Taenia solium vue phyllaeus elle est peu développée et n’est formée © face, avse le rosteltut, la rent que parure expansion lobée et frangée. ventouses. — La portion du corps amincie qui fait suite à la tête, désignée sous le nom de cou, montre déjà en général très près de la tête les premières traces de segmenfition. bes anneaux d'abord à peine marqués et très étroits deviennent de plus en plus distincts et de plus en plus larges, à mesure qu'ils sont plus éloignés de la tête. A l'extrémité postérieure ils ont atteint leur plus grande taille. Quand ils sont arrivés à maturité, ils se séparent le plus souvent du Ver et vivent pendant un certain temps sous la forme de proglottis isolés, parfois même dans le même milieu. |

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Consultez en outre les travaux de Baillet, Blanchard, Bôttcher, Delle Chiaje, Dujardin, Eschricht, Knoch, Linstow, Mégnin, Metschnikow, Molin, Mosler, Naunyn; v. Siebold, Stein, Stepanoff; v. Willemoes-Suhm, etc.

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A cette structure extérieure si simple correspond une organisation intérie également simple (fig. 445). Au-dessous de la cuticule mince, qui chez ‘ L taines formes (constituée par p sieurs couches) est percée d res très fins, et porte souvent di cils immobiles, se trouve une trice formée de petites cellu dans laquelle sont éparses des lules cellulaires allongées et buleuses ou vésiculaires.

mince couche de fibres muse laires longitudinales s'étend a dessous, ou même dans l'ép seur de la couche sous-cutici laire. Elle recouvre le pi chyme conjonctif, dans lec sont situés de gros faisceaux « fibres musculaires longitudinales, ainsi qu'une couche interne de fibres musculaires annulaires; ] deux couches sont traversées p cipalement sur les côtés par groupes de fibres dorso-ventra La disposition de ces muscles plique la grande contractilité | proglottis, qui peuvent se :

courcirconsidérablementens’é Fig. 445. — ue pr PSE À SRE ” P'Épee Lt 2 u mur de Bothrio- contraire s’allonger jusqu'à

cephalus latus. — pl, pli marquant la partie antérieure de l'anneau; pn, orifice mâle; pp, poche du cirre; sp, teindre le double de leur 1

canal déférent ; bb, sa portion musculeuse dilatée ; vg, vg', vg", Vagin ; ov, ovaires; mt, orifice de l’utérus ; mf', Pt À gueur normale, en même 1e

utérus; cl, cellules musculaires qui entourent l'utérus; qu'ils s'amincissent. Le p cc, ‘corpuscules calcaires; ml, zone musculaire longi- É ; NS tudinale ; mc, zone musculaire circulaire; vt, | vitellogènes chyme conjonctif du corps

(d'après Moniez). x compose de cellules dépoury de membrane d’enveloppe, situëéS dans un tissu lacunaire intercellulaire; dans lequel sont enfouis, non seulement les fibres musculaires, mais en tous les autres organes. Dans sa portion périphérique, principalement dar voisinage de la tête, il renferme des amas de petites concrétions calcaires mérées, que l’on s'accorde assez généralement à considérer comme des cel conjonctives calcifiées.

Le système nerveux est formé par deux cordons latéraux situës en dehors troncs du. système aquifère ; leurs extrémités antérieures, quelque peu rene sont réunies dans la tête par une commissure transversale, et l'ensemble. sente les ganglions céphaliques (fig. 446). Jean Müller avait découvert dans du Tetrarhynchus attenuatus une petite nodosité aplatie, qu'il avait consid comme un ganglion, et G. Wagener avait confirmé son existence dans un grand

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bre d'espèces de Tétrarhynques. Vraisemblablement ces deux naturalistes avaient

verts par F. Sommer et Lanis, et regardés comme des nes nerveux par Schnei- , Schiefferdecker et Steuner. Les preuves histoloques sont, il faut le dire, encore insuffisantes. Chez la Ligula, suivant À. Schneider, il existe une large bandelette transversale à quelque dis- " derrière la tête, dans il lui a été imposde reconnaitre des et des fibrilles. decker la considère comme de nature

x que sa substance sponrenferme des cellunerveuses dépourvues

Fra il décrit en effet dans le réseau spongieux des fibrilles longitudinales et un

ement du cordon, dans quelexisteraient desnoyaux lulaires. Par suite, les ux renflements réunis par > simple commissure sont considérés comme des gan-

nerveuse, et croit pouvoir af.

observé la commissure transversale. Les cordons latéraux ont été plus tard décou-

Fig. 446. — Système nerveux schématique du Tetrarh ME graculis (d’après À. Lang). — k, région céphalique; br, région du bulbe; sa, appendice caudal ; ikn, nerfs céphaliques internes ; akn, nerfs céphaliques externes; 7, trompes; san, nerfs des ventouses; sx, nerfs latéraux ou longitudinaux ; rs, gaines des trompes: rm, muscles rétracteurs des trompes; g, cerveau.

Les organes des sens font absolument défaut; cependant on peut attribuer une certaine, sensibilité tactile à la peau, principalement à celle de la tête et des ventouses. L'appareil digestif manque aussi complètement. Le liquide nourricier déjà élaboré et prêt à être absorbé pénètre directement par endosmose dans le parenchyme du corps à travers les téguments. Par contre l'appareil excréteur est très développé. Il est représenté par le système aquifère qui se ramifie dans toute l'étendue du corps!. [l est formé originairement de chaque côté par deux canaux longitudinaux (un dorsal et un ventral, qui communiquent dans la tête par des anses transversales, et dans chaque anneau par des anastomoses également annales), Suivant l’état de contraction des fibres musculaires, ces

Voyez Th. Pintner, Untersuchungen über den Bau des Bandwurmkürpers. Wien. 1880.

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troncs longitudinaux et leurs branches transversales paraissent tantôt droits, tantôt ondulés ou en 2ig7a8 ; leur diamètre offre aussi des variations, de telle. sorte qu’on a attribué à leurs parois la faculté de se contracter. Ges troncs, dont la paroi est formée d’une mince membrane anhyste, ne sont que les con duits excréteurs d’un réseau de vaisseaux très fins, ramifiés dans la portion périphérique. du parenchyme, dans lesquels se déversent de nombreux tubes longs et infundibuliformes, quicom=" mencent dans fe parenchyme par un entonnoir clos et vibratile (fig. 447). Dans beaucoup de cas, par exemple chez les Ligulides etles Caryo: phyllaeus, ces troncs longitudinaux se divisent. en plusieurs vaisseaux, qui sont réunis par, des anastomoses transversales. D’autres fois les deux troncs ventraux s’élargissent aux dépens des deux … troncs dorsaux, qui peuvent s’atrophier com= L plètement. À la paroi interne des fins vaisseaux se trouvent, à de courts intervalles et principalement aux points de bifurcation, des bouquets ‘de cils vibratiles, qui font circuler le contenu un. liquide et transparent. On y rencontre ‘aussi. 7 Rd LeUS (lames quelquefois des granulations, et pendant long Pintner). — Wb, origine des canalicules {temps on a professé l'opinion que les corpuscul

BE à calcaires, que l’on voit accumulés en gran quantité en certains points, appartenaient à ces fins canalicules excréteurs;"e on pensait qu'il en était de même des concrétions des Trématodes. Cependant es. observateurs, qui se sont occupés récemment de cette question, sont arrivés à une autre manière de voir. Ils considèrent ces corpuscules calcaires comme des cel= lules de parenchyme calcifiées. Le point, où le système aquifère débouche. dehors, est situé en général à l'extrémité postérieure du corps, au bord postérie du dernier anneau, où les troncs longitudinaux se terminent dans une el “unie d'un pore excréteur. D’après les recherches de Leuckart sur le” ic cucuerina, les canaux transversaux dans les anneaux précédents se traité ment en vésicule par raccourcissement progressif et rapprochement des tro latéraux, vésicule qui acquiert un orifice après que l’anneau suivant s'est € ché. Parfois, mais rarement, les vaisseaux aquifères présentent fa hémé antérieure du Ver, des orifices en arrière des ventouses. sn

Le système des vaisseaux aquifères nous a montré une spot Cor pondant en général aux proglottis; cette disposition est encore bien plus” noncée dans l'appareil sexuel (fig. 448). Chaque progloitis possède ses or

composé de nombreuses vésicules testiculaires piriformes situées sur la dorsale, dont les pédoncules sont autant de canaux déférents, qui se dév dans un canal excréteur commun. L'extrémité sinueuse de ce canal es

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faire saillie au dehors de l'orifice sexuel; elle constitue alors le cirre, ou organe copulateur, qui est parfois muni de pointes recourbées en arrière et qui,

pendant l'accouple- EL ment, est introduit ‘art “4 n O dans l’orifice géni- T È RE % () © go 59 E tal femelle, souvent BEBE So 8808 © 0600 dans le même an- Be 0 © 09 L'appareil f PRE o neau. L appareil 1e- Vd Y99°° Lo So. 90 00 melle est formé d’un EX HE NES 2 : Cb M9 9 9° 2\0 ovaire, d'un vitello- ne Li NRA ce o o gène, d'une glande Ro. ou coquillière, d’un K De utérus, d'un récep- Va SCD 0.00 d 7 ÉR 5 É : “ [D 09 5 f O d > É tacleséminalet d'un Re °° 1° ER ; D HIS 9 © € 0 VE vagin, qui d'ordi- DS op 0 0 à CET naire débouche en Set °° |

arrière de l'orifice

sexuel mâle, le plus I x Fig. 448. — Proglottis de Taenia saginata, dont les organes sexuels mâles et souvent P «à pr pare femelles sont développés, (d’après Sommer). — Ov, ovaire; Ds, vitellogène entouré d’un bour- ou glande de l’albumine; Sd, glande coquillière; Ut, utérus; T, vésicules : EE testiculaires; V4, canal déférent : Ch, poche du cirre; X, sinus génital; Va reletet qui es{situé, vagin; N, cordons nerveux latéraux : Al, troncs longitudinaux du système

à soit sur la face ven- aquifère; Ai, leurs anostomoses transversales.

trale de l'anneau (Bothriocéphale), soit sur Je bord latéral (Ténia), et alternative- … ment à droite et à gauche. Il peut arriver aussi que les deux orifices soient placés loin l'un de l’autre, que l’orifice mâle se trouve sur le côté latéral, tandis que l'orifice femelle se trouve sur une des faces. À mesure que les anneaux devien- ment plus gros et s’éloignent davantage de la tête, le développement de l'appareil génital progresse, de telle manière que les organes mâles arrivent à maturité un peu avant les organes femelles; alors a lieu l'accouplement et la fécondation, c'est-àdire que le réceptacle séminal se remplit de filaments spermatiques. Ce n’est que plus tard que les organes femelles attei- gnent leur maturité et leur développement complet. Plus tard enfin l'utérus acquiert sa taille et sa forme normales, tandis que les testicules, puis les avaires et les vitellogè- Fig. 449. — Proglottis murs prêts à se séparer nes, après que l'utérus est rempli, se résor- % Ge réenie vagmate. We, tronc longitu bent plus ou moins complètement (fig. 449). dinal du système aquifère. Les proglottis, situés tout à fait en arrière et prêts à se séparer, sont les seuls, dont les organes sexuels aient parcouru toutes les phases de leur développement ; parfois même les œufs dans l'intérieur de l'utérus renferment des embryons déjà formés. On reconnaît par conséquent dans la série continue des segments la loi qui préside à la naissance et au développement progressif des organes

les enveloppes de l'œuf ont été détruites par l'action du suc gastrique dan

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sexuels et de leurs produits, et le nombre des anneaux, depuis le point où ces . organes commencent à s’ébaucher jusqu'au point où apparaissent les premiers. proglottis renfermant un utérus développé, montre le nombre de phases par. lesquelles chaque anneau doit passer avant d’arriver à sa maturité sexuelle: La longueur du corps d’un Ver rubané adulte est donc en général à peu près déterminée pour chaque espèce, du moins à partir de la tête jusqu'aux. premiers proglottis mûrs, quoique à la vérité le développement sexuel puisse avoir lieu dans un cas plus rapidement que dans un autre. Les différences que. l'on observe dans la longueur du corps dans une même espèce doivent être | principalement attribuées au nombre différent des proglottis mürs qui ne se. sont pas encore séparés. Les Cestodes sont ovipares, que les embryons se dève= loppent déjà dans les enveloppes de l'œuf, dans l'intérieur de l'individu-mère ; (Ténia), ou qu'ils se développent en dehors du proglottis, par exemple dans l'eau (Bothriocé phale). | Les œufs des Cestodes ont une forme ronde ou ovale et une taille médiocre (fig. 450). Leur enveloppe est simple ou formée de plusieurs membranes minces, ou bien elle constitue une capsule épaisse et résistante, qui, comme chez les Ténias, est formée de bâtonnets pla= … cés à côté les uns des autres et soudés par une substance intermédiaire, et offre par conséquent un aspect granuleux. Dans beau= coup de cas le développement embryonnaire a lieu en même temps que la formation de « ; l'œuf, et l’œuf au moment de la ponte con= Fig. 450. — Œufs renfermant un em- tient déjà un embryon hexacanthe;, rarement, Den Le = nf quadracanthe, tout formé; cependant chez beautaenia; c, œuf de ‘Bothriocephalus La coup de genres le développement a lieu hors a du proglottis et seulement après un séjour prolongé des œufs dans l’eau (Bothriocéphale). KE La transformation de l'embryon en Ver rubané n’a peut-être jamais lieu directement dans le même milieu, dans le tube digestif de l’animal qui sert d'hôte: D'ordinaire on observe une métamorphose compliquée, parfois liée à des phèno= mènes de génération alternante (Echinococcus, Coenurus) ; les différentes formes; issues ainsi les unes des autres, vivent dans des milieux différents, et le pl souvent même trouvent les conditions de leur développernent dans des espèces. animales différentes, chez lesquelles elles parviennent par des migrations en partie passives, en partie actives (fig. 451). Les œufs abandonnent en général avec les proglottis, le tube digestif de l'hôte du Ténia; ils sont disséminés sur des tas de fumier, sur des tes, ou immergés dans l'eau, et de là passen avec les aliments dans l'estomac d'animaux herbivores ou omnivores. Après que

| le nouvel hôte, les embryons devenus libres percent au moyen de leur sà (rarement quatre) crochets, dont les pointes peuvent se rapprocher et s’éloigr

CESTODES. 475

alternativement, les tuniques digestives et passent dans les vaisseaux. Parvenus dans le système circulatoire, ils sont poussés très probablement par l'ondée sanguine, par des voies plus ou moins directes, dans les capillaires des dif- férents organes, foie, poumons, muscles, cerveau, etc.

Après avoir perdu leurs crochets, ils sont enveloppés d'un kyste de subs-

tance conjonctive Fig. 451. — Développement du Taenia solium jusqu’à la phase de cysticerque

et se transforment (en partie d'après R. Leuckart). — a, œuf contenant un embryon; b, embryon x : devenu libre; ce, bourgeon creux sur la paroi de la vésicule, dans lequel se en une gresse vésI- développe la tête; d, eysticerque avec la tête invaginée ; e, le même avec la tête

cule à contenu li- dévaginée, grossi environ quatre fois. quide et à paroi contractile. La vésicule constitue peu à peu ce que l'on a appelé un Ver eystique, que l’on rarigeait jadis dans une famille particulière d'En- tozoaires (Cystici). Sur sa paroi interne se développe un (Cysticerque!) ou plu- sieurs (Cœnure) bourgeons creux, au fond desquels se montre l’armature d’une o tête de Ténia, c’est-à-dire des ventouses et une double couronne de crochets. Si ces bourgeons creux se déroulent au dehors comme un doigt de gant, ils offrent l’aspect d'une tête de Ténia portée par un cou plus ou moins développé, — qui présente même déjà des traces d'anneau. Il peut aussi arriver (Échinocoque) . que la vésicule-mère, de forme irrégulière, produise sur la face interne de sa paroi des vésicules-filles? ou même petites-filles, et que les têtes de Ténia prennent naissance dans l'intérieur de ces capsules secondaires (fig. 452). Le nombre des têtes, qui proviennent d’un seul embryon, est alors énorme; la vési- Cule-mère peut prendre un développement considérable, parfois atteindre la grosseur d'une tête d'homme, et par suite du mode de bourgeonnement affecter une forme très irrégulière. Par contre, le Ver rubané qui en dérive reste toujours

- très petit et ne présente qu'un seul proglottis mûr. - Tant qu'elle adhère à la vésicule et qu'elle séjourne dans le même hôte, la tête ainsi formée, ne se transforme jamais en un Ver rubané sexué, bien qu'elle puisse atteindre dans plusieurs cas une longueur considérable et qu'après son déroulement au dehors elle puisse présenter une segmentation analogue à celle du corps du Ténia (Cysticercus fasciolaris de la Souris). Le Ver cystique, que l'on ne doit pas considérer comme un état hydropique anormal, mais comme une phase normale nécessaire de l’évolution, doit parvenir dans le tube digestif d'un autre animal pour se transformer, après sa séparation d'avec la vésicule caudale, en un Ver rubanëé sexué. Le transport a lieu passivement avec les aliments, lorsque ceux-ci sont composés de viandes atteintes de la ladrerie, ou d'organes

! Par exception, on rencontre chez quelques cysticerques deux ou plusieurs têtes. à + Il peut aussi se développer chez des cysticerques (C. longicollis, tenuicollis) des vésicules filles stériles.

474 CESTODES.

infectés de Vers cystiques. Aussi est-ce principalement les Carnivores, les Insec- . tivores et les Omnivores, qui les avalent avec la viande des animaux, qui serven à leur nourriture, et qui hébergent dans.

leur tube eu les Cestodes qui en.

trique, passe alors dans l'intestin grêle, se fixe aux parois au moyen de son àr mature céphalique, et en se segmentant peu à peu, se transforme en Ténia. Du Scolex provient la forme annelée ou Strobile, par un accroissement en longueur et une segmentation simultanée, phénomènes que l'on peut considérer aussi comme une forme de reproduction agamogénétique (bourgeonnement suivant l'axe longitudinal). Mais comme c'est le corps du scolex qui s'accroit et se segmente, il semble bien plus naturel « partir de l'individualité de la chaîne tout | entière du Ver rubané et de lui subor-.

donner l'individualisation des proglottis.

Le développement du Ver rubané est al une métamorphose caractérisée par l'in= dividualisation de certaines phases évo= lutives. Si l’on adopte l’opinion des naturalistes qui voient dans ces faits des D Déconmemnt à “hp Ph phénomènes de génération alternan

coccus. — a Échinocoque renfermant des Fi on devra considérer les différents stades

ne an Crea du’ développeñient) MERS SSS

d'Échinococoque encore adhérentes à la paroi CYstique, le Scolex, le Ver rubané,

de la vésicule; l’une d'elle est dévaginée. Proglottis, comme des générations D culières d'individus simples ou agrégés. L'embryon sera la grand'nourrice (E toscolex), la tête du Ténia ou Scolex la nourrice (Deutoscolex), le Proglottis r vidu sexué, tandis que le Ver cystique représentera la grand'nourrice nourrice réunies dans une même colonie, et le Ver rubané (Strobile) représent la réunion de la nourrice et des individus qu’elle a produits, c'est-à-dire les dividus sexués. Le

Le développement peut aussi chez de nombreux Gestodes se simplifier coup. Fréquemment pendant la phase d'enkystement la vésicule est réduit appendice excessivement petit, le cysticerque devient une forme cystice où un segment portant les crochets embryonnaires est distinct d'un autre

CESTODES. AT

ment beaucoup plus grand, qui représente le Scolex (fig. 453). Dans d'autres cas la vésicule peut même manquer complétement, l'embryon ne produit plus la tête du Ténia par un bourgeonnement sur une partie déterminée de son corps, mais se transforme lui-même directement en Scolex, de telle sorte que ce dernier ne peut pas être considéré comme appartenant à une génération particulière, puisqu'il est lui-même une forme plus développée de l'embryon (Bothriocéphale). Les anneaux produits par le Scolex montrent aussi des degrés extraordinairement divers d’individualisa- ff. 5 LA: er gel lt Eu tion, et finalement même ne se développent plus cérale du Lombric, (d’après Metschnidu tout. La tête et le corps ne sont plus alors Éooiaes "à oyaecreotde aves la distinctes et ne représentent plus qu'un seul in- tête dévaginée. dividu caractérisé par un seul appareil sexuë, comparable à un Trématode, Caryophyllaeus, dont le développement doit être considéré comme une simple métamorphose d’un seul et même individu.

Une découverte, qui offre un grand intérêt pour la solution de la question de l'individualité des Cestodes, est celle que Ratzel a faite, et dont Leuckart a fait voir toute l'importance, de petits Gestodes dans la cavité viscérale des Invertébrés (Saenuris, Tubifex) pourvus d’un appendice caudal, qui acquièrent des organes sexuels sans changer de milieu et sans former d’autres anneaux (Archi-

es).

à A découverte, jette un jour nouveau sur les rapports des Cestodes avec les

Trématodes, parce qu'elle permet de comparer directement la forme primitive . du Ver rubané avec la larve du Trématode ou Cercaire et qu'elle confirme l’ho- * mologie du Scolex et du Distome. Un autre fait non moins important, c'est qu'il existe des formes ramassées de Cestodes analogues aux Trématodes, que l'on a rangées jusqu'ici parmi ces derniers, bien qu’elles soient dépourvues de canal digestif (Amphiline, Amphiptyches).

. Si l'on cherche à expliquer phylogénétiquement le développement des Cestodes si souvent regardé comme un phénomène de génération alternante, on est amené à considérer comme vraisemblable pour eux un mode de genèse bien différent dé celui qu'on observe dans beaucoup de cas de véritable génération alternante. On devra partir d'abord du fait assez sûrement établi que les formes non annelées, telles que le Caryophyllaeus, dérivant des Trématodes par l’atrophie du Canal digestif représentent les états primaires, tandis que la segmentation du corps rubané et l'individualisation des proglottis correspond à un phénomène ultérieur secondaire. De la même manière les formes jeunes vésiculaires, . les Cysticerques, ne seraient pas des états primitifs, mais bien plutôt des états

. secondaires, résultant de nouvelles conditions d'existence défavorables, qui, arrivés par mégarde dans un autre hôte (comparez l'ancienne théorie de de Siebold), se sont acclimatés à leur nouvelle demeure, ont revêtu une forme intermédiaire simplifiée mais normale, prête à se transformer en animal sexué, adulte, en perdant certaines parties adaptées à ces conditions de vie transitoires, une fois qu'ils sont revenus dans leur premier milieu.

4176 : CESTODES.

4. Fam. Taënrapae. Tête sphérique et piriforme, toujours munie de quatre suçoin musculeux et fréquemment d'unecouronne simple ou double de crochets, portées sur u rostellum plus ou moins saillant et parfois rétractile. Segmentation bien marquée, les. proglottis mûrs plus longs que larges, à pores sexuels latéraux. Vagin le plus souvent long, distinct de l’utérus, élargi à son extrémité pour constituer un réceptacle sémin ï Phases larvaires représentées par des cysticerques ou des cysticercoides, rarement entiè=

rement dépourvues de vésicule caudale, chez les animaux à sang chaud et à sang froid.

1. Sous-Fax. Cystotaeniae. Tête pourvue d’un rostellum saillant, portant le plus souvent une armature. La base des crochets avec un appendice antérieur (garde), et un. appendice postérieur plus long (manche). L’utérus est aliongé, situé sur la ligne. médiane et présente des branches latérales ramifiées; œufs à coque épaisse et gra= nuleuse. Les cysticerques sont remarquables par la taille considérable de leur vé-.

sicule caudale. Cysticerques et Vers rubanés vivent chez les Mammifères.

Cystotaenia. Lkt. Les têtes naissent dans la vésicule embryonnaire même. Taenia solium L. Long de 2-3 mètres. Double couronne formée de 26 crochets. Proglottis mürs ayant 9-10 millimètres de long et 6-7 millimètres de large; utérus à 7-10 branches ramifiées. Vit dans le tube digestif de l’homme. Le cysticerque appelé Cyski-

cercus cellulosae vit principalement dans le tissu cellulaire souscutané et dans les muscles du Porc et aussi dans le corps de l'Homme (muscles, yeux, cerveau), qui peut en être directement infesté, quand il existe un Ténia dans son tube digestif,

et plus rarement dans les muscles du Chevreuil et même du. Chien et du Chat. T. serrata Goeze, dans le canal digestif des Chiens de chasse; son cysticerque est le Cysticercus pisifor mis qui se rencontre dans le foie du Lièvre et du Lapin. T. crassicollis Rud., chez le Chat ; le cysticerque est le Cysticercus fa laris de la Souris. T. marginal Batsch., chez le Chien boucher et le Loup ; le cysticerque, Cysticercus tenuicollis, dans l’épiploon des Ruminants et des Porcs, accidentellement ch l'Homme (Cyst. visceralis). T. crassiceps Rud., chez le Renard;

Cysticercus longicotlis dans le thorax des Campagnols. T. lati=

collis Rud., dans le tube digestif du Renard. T. entermedia Rud:, Fig. 454. — Uysticerque de chez la Martre et le Putois. T. Coenurus, v. Sieb., dans le cana Taenia saginata avec la igestif du Chien de berger; l’état vésiculaire est représen ne gévagnée, 8r0SS ENV bar le Coenurus cerebr alis, dans le cerveau des Moutons d an. On a aussi constaté la présence du Cœnure dans d’au

endroits, par exemple dans la cavité viscérale du Lapin. T. tenuicollis Rud:, da le tube digestif de la Belette et du Putois; ce cysticerque, d’après Küchenmeister, dans les canaux excréteurs du foie chez les Campagnols. T. saginata Goeze (medioc nellata Küchenm)., dans le tube digestif de l'Homme; déjà distingué par les ancie helminthologues comme une variété du T. solium. Tête sans couronne de fn ni rostellum, mais avec les suçoirs très developpés. Le Ver rubané atteint une gueur de 4 mètres et semble plus épais. Les proglottis mûrs ont environ 48 mètres de longs et 7-9 millimètres de large. L’utérus présente de 20-55 branches 1 térales se divisant par dichotomie. Le cysticerque vit dans les muscles du. (fig. 454). Parait principalement répandu dans les zones chaudes de l’ancien mor

se rencontre aussi en grand nombre dans certains pays du nord. Ë Echinococcifer Weinl. Les têtes naissent dans des capsules spéciales de telle mi que leur invagination est tournée vers la cavité de la capsule. Taenia echinocor

v. Sieb. (fig. 455), dans l'intestin du Chien, composé de 3-4 proglottis, long 3-4 millimètres, crochets très nombreux mais très petits. L'état vésiculaire Échinocoque, remarquable par l'épaisseur de la cuticule formée de plusieu ches, vit principalement dans le foie et le poumon de l'Homme (Echinococcus homän

et des animaux domestiques (E. velerinorum). La première forme, désignée s nom de E. altricipariens. à cause de la présence fréquente de vésicule Ai

E. teurs et le développement sont encore très mal connus, tels sont … T. perfoliata Goeze et T. plicata Rud., chez le Cheval. T. pectinata Goeze, chez le Lièvre. T. dispar Rud., chez la Grenouille.

| seaux et qui ont été principalement l'objet des recherches de

des organes génitaux, en plusieurs groupes.

CESTODES. 477

petites-filles, revêt d'ordinaire une taille très considérable et une configuration très irrégulière, tandis que la forme, qui est parasite des animaux domestiques, l'E. scolicipariens conserve plus souvent l'aspect d’une simple vésicule. Du reste ces hydatides sont fréquemment stériles et constituent alors ce qu'on appelle les Acéphalocystes. Une autre forme, cette fois pathologique (Klebs), est l'Échinocoque multiloculaire, que l’on a pendant longtemps pris pour un cancer colloïde. Les Échinocoques sont très répandus en Islande et, d’après Krabbe, plus de #4 ou 5 p. 100 de la population est atteint de maladies causées par la présente de ces parasites.

Sous-Fam. Gystoidae. Vers rubanés passant par l’état cysticer coïde. Le 'deutoscolex semblable à un cystieerque de petite taille, qui ne présenterait qu’une petite quantité dé liquide dans la'portion du corps correspondant à la vésicule caudale, ou même à qui cette dernière ferait complètement défaut. Tête du Ténia, petite, munie d’un rostellum en forme de massue ou de trompe portant de petits crochets. Œufs à enveloppes multiples ; embryons le plus souvent pourvus de gros crochets. La forme larvaire cysticercoïde vit principalement chez les Invertébrés, les Limaçons, les Insectes, etc., plus rarement chez les Vertébrés à sang froid (Tan- Fig. 45. — Taenia che). Taenia cucumerina Bloch., dans l'intestin des Chiens d’ap- 2 sareecedap ae partement. Le cysticercoïde (fig. 456) est entièrement dépourvu (d'aprés R. Leude vésicule caudale et vit, suivant Melnikoff et R. Leuckart, ckart). . dans la cavité viscérale du pou des Chiens (Trichodectes canis). L'infection a lieu parte que le Chien avale les parasites qui le tracassent, tandis que le parasite de son côté avale les œufs fixés sur la peau avec des excréments. T. elliptica Batsch., dans l'intestin du Chat, accidentellement aussi chez l'Homme. T. nana Bilh. v. Sieb., dans le canal digestif des Abyssiniens, à peine un pouce de long. T. flavopunctata Weïn]., dans le tube digestif de l'Homme (Amérique du Nord). Les cysti-

Ed

cercoïdes du Charançon se développent probablement dans

le tube digestif des Souris et des Rats.

Chez d'autres Ténias, en partie inermes, les organes reproduc-

Les nombreux Ténias que renferme le canal digestif des Oi-

Krabbe, se répartissent d’après la forme de la tête, le nombre et la conformation des crochets, ainsi que d’après la disposition

Une trompe longue, un petit nombre (en général 11) de crochets formant une couronne simple, trois testicules, un utérus pee , simple, large, caractérisent T. fasciata Rud. et T. setigera Frôhl., "soixante fois (d’après de l'Oie. Ont été étudiés par Feuereisen.… R. Leuckart).

Deux ou plusieurs rangées de 12-32 crochets plus ou moins

…. riettement marquées, des ouvertures sexuelles irrégulièrement alternantes et un cirre … cylindrique distinguent un certain nombre de Ténias d’Oiseaux aquatiques. T. pyrifor- — mis Wedl. T. microrhyncha Krabbe, chez la Machetes pugnax, T. platyrhyncha Krabbe, —… chez le Totanus calidris. C’est à un Ténia analogue qu'appartieut le Cysticercus arionts.

D’autres Ténias portent vingt crochets sur deux rangs, qui différent de forme, suivant

1 Récemment une série de nouveaux Ténias a été décrite par Linstow (Archiv. für Naturg) chez les Oiseaux et Villot a découvert un Ténia dont le rostre porte une série de petites ventouses. Ophryocotyle Lacazii dans le tube digestif de la Limosa. :

pl

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