‹ Traité de zoologieChapitre 184 sur 434 · NÉMERTES · texte numérisé non relu

NÉMERTES

cornutus O. Fr. Müll., mers d'Europe. P. microceraeus Schm., océan Indien (Proce= rodes Gir., n’a que 2 yeux). Eurylepta Hempr. Ehrbg. Corps mince et aplati avec des lobes tentaculaires très rapprochés. Yeux formant un ou plusieurs groupes sur le cou où manquant. Bouche située environ à la réunion du quart antérieur avecles trois quarts postérieurs. (Peut-être non distinct génériquement de Proceros.) E. auriculata O0. Br M Müll., mer du Nord. E. superba Schm., océan Indien. £. limbata Rüpp. et rubrocin Schm. N’ont pas d'yeux. <

NEMERTINI, RHYNCHOCOELA!. NÉMERTES |

Corps allongé, fréquemment rubane. Tube digestif droit muni d’un an: et d’une trompe distincte, protractile. Deux fosseites ciliées à la région. céphalique. Sexes séparés. rst 2

Les Némertes se distinguent de tous les autres Turbellariés, non seulement par leur corps allongé, souvent rubané, mais aussi par leur taille considérable et leur organisation supérieure (fig. 485). Les téguments sont composés d'une | couche externe de cellules, dont le plateau cuticulaire porte des cils vibratiles, : et d’un derme conjonctif, séparés par une mince membrane. Au-dessous du … derme, qui renferme des pigments ainsi que des glandes muqueuses, s'étendent des couches musculaires puissantes traversées par des faisceaux conjonctifs. Chez les Anopla la couche extérieure formée de fibres longitudinales est très développée; chez les Enopla, c’est-à-dire chez les Némertes dont la trompe est armée d'un. stylet, elle fait défaut, de sorte que chez ces animaux il n’exisié qu'une épaisse couche de fibres annulaires et une couche interne de fibres longitudinales. faisceaux conjonctifs passent de l'enveloppe musculaire dans la cavité wiscérale et forment de véritables dissépiments qui séparent les diverticules aveugles du tube digestif (Hubrecht). Il existerait done, comme chez les Annélides, une sorte de divi sion en chambres, dont la présence est, il faut le dire, formellement contestée par Barrois. On rencontre au-dessus du tube digestif, qui débouche à l'extrémité

1 Outre Oerstedt, O0. F. Müller, Dugès, Johnston, Delle Chiaje, voyez : A. de Quatrefages, Me sur la famille des Némertines. Ann. sc. nat., sér. 3, t. VI. 1846. — Frey und Leuckart, Be zur Kenntniss wirbelloser Thiere. Brunschweig, 1847. — E. Claparède, Études anatomiques les Annélides Turbellariées observées dans les Hébrides. Mém. de la Soc. de phys. et d'hist. de Genève. T. XVI. 1961. — Id., Beobachtungen zur Anatomie und Entwickelungsgeschich belloser Thiere. Leipzig, 1863. — W. Keferstein, Uniersuchungen über niedere Thiere. Leï

. für wiss. Zool. T. XIL. 1862. — Mac Intosh, On the structure ofthe British Nemerteans. Tra Edinb. Roy. Soc. Tom. XXV, 4 et 2. — Id., Monography of the british Annelids. 1. Nemer London, 1873-1874. — A. F. Marion, Animaux inférieurs du golfe de Marseille. Ann. dés & nat., sér. 5, tom. XVII, 1873 et supplément. Ibid., sér. 6, t. L 4874. — Hubrecht, Untersuchun über Nemertinen aus dem Golfe von Neapel. Nicderl. Arch. für Zool. T. IL. — Dick, zur Entwickelungsgeschichte der Nemertinen. Jenaische naturw. Zeitschr. Neue Folge. 1874. — Moseley, On Pelagonemertes Rollestoni. Ann. and Mag. nat. hist. Tom. XV. 1 Barrois, Mémoire sur l'embryologie des Némertes. Paris, 1877. — J. von. Kennel, Beiträge Kenntniss der Nemertinen. Arb. der Zool. Inst. Würzburg. T. IV. 1878. — Graff, Geone chalicophora, eine neue Land-Nemertine. Morph. Jahrbuch. Tom. V. 1879. — Hubrecht genera of european Nemerteans crilically revised wilh descriplions of several new spe Notes from the Leyden Mus. Vol. I. Note XLIV. 1879.

é NÉMERTES. 505 postérieure du corps, une longue trompe tubuleuse, protractile, fréquemment armée de stylets, qui fait saillie par un orifice particulier en avant de la bouche et qui peut s'engainer dans une poche musculaire spéciale séparée de la cavité viscérale (R. Leuckart). Considérée d'abord comme un appendice de l'appareil génital, puis comme faisant partie de l'appareil digestif, sa véritable signification fut reconnue par Delle Chiaje et Rathke, qui montrèrent qu'elle constitue une trompe distincte, correspondant probablement à la trompe tactile des Prostomides. Elle renferme chez beaucoup de Némertes (Enopla) un gros aiguillon dirigé en avant, et sur les côtés, dans des poches accessoires, des aiguillons plus petits. La portion glanduleuse de la trompe, située en arrière et à laquelle s'insèrent des muscles rétracteurs, est probablement, comme le pense Claparède, un appareil à venin. Le cerveau acquiert un développement considérable; ses moitiés se divisent en plusieurs parties, d'ordinaire une masse ganglionnaire supérieure et une masse ganglionnaire inférieure, et sont réunies par une double commissure, qui entoure la trompe. Les deux ganglions inférieurs se continuent avec les deux troncs nerveux latéraux, qui dans quelques cas (Oerstedtia) se rap- prochent sur la face ventrale. Ceux-ci présentent non seulement des fibres, mais encore une couche superficielle de cellules ganglionnaires, qui constituent souvent des renflements ganglionnaires aux points d'où partent les rameaux nerveux. Chez les embryons du Prosorhochmus Claparedii, les troncs nerveux se termineraient par un renflement semblable. Dans la région céphalique se trouvent deux enfoncements garnis de nombreux cils, désignés sous le nom de fossettes ciliées ou de fentes céphaliques, au-dessous desquels sont situés des organes latéraux innervés par le cerveau et fonc- fionnant comme organes des sens, ou parfois même les ren- Fig. 485. — fétrastemflements cérébraux postérieurs. On a considéré à tort ces 7? ‘scurum. Jeu-

ë ä £ ne exemplaire, long fentes comme les orifices des organes respiratoires. Les yeux de 6,5 mm. (d’après e is R ot: x ‘ M. Schultze). — 0, sont très répandus; ce sont d'ordinaire de simples taches pig- pouce: D, tube ‘di: mentaires, ne renfermant que rarement des corps réfrin- gestif 4, anus; By, L PT ; P Vaisseaux Sanguins; gents; rarement aussi l’on rencontre, comme chez l'Oerstedtia p, trompe avec le pallida, deux sacs à otolithes sur le cerveau. es givr ge Les Némertes se distinguent de tous les autres Vers plats aquifère; P, ses orifi- L . . “ . . N 4 par la présence d'un appareil cireulatoire. Il est composé de 255, € senes: Lo deux vaisseaux latéraux sinueux, dans lesquels le sang cir- 1e) ca Vs laté- . .. . ns AE É ; UC, ux.

cule d'arrière en avant, et d'un vaisseau dorsal médian ñ droit, dans lequel le sang coule dans la direction opposée. Ce dernier communique à son extrémité postérieure et au niveau du cerveau avec les deux autres par l'intermédiaire d'anses vasculaires; il leur est aussi relié dans son parcours par de nombreuses anastomoses transversales. Ces vaisseaux sont situés dans la cavité viscérale et ont des parois contractiles. Le sang est le plus souvent

incolore; dans quelques espèces il est rouge. Chez l'Amphiporus splendens et

506 NÉMERTES.

la Borlasia splendida, la coloration rouge (hémoglobine) est due à des globules … sanguins ovales. L'existence d'un système aquifère paraît très vraisemblable, bien que les auteurs récents n’en donnent aucune des:ription détaillée. ILy a déjà plusieurs années que Max Schultze a décrit dans le Tetrastemma obscurum, . comme vaisseaux aquifères, deux canaux longitudinaux, présentant de mon= 4 breuses branches latérales et munis d’orifices particuliers, et mentionné la pré: « sence de vaisseaux de ce genre chez d’autres Némertes. Bien que les obser= « vateurs, qui sont venus après lui ne les aient pas retrouvés et que Mac Intosch les passe sous silence dans sa grande Monographie, il est certain qu’ils sont très répandus; et, en effet, récemment v. Kennel a démontré la présence de ces troncs latéraux et de leurs orifices chez différentes Némertes (Malacobdella; Notospermus, Drepanophorus), et a conclu avec. raison de ses recherches, qu'ils doivent se rencontrer partout. Les vaisseaux aquifères n'ont aucun. rapport avec les organes latéraux et les fentes céphaliques.

Les sexes sont, à quelques exceptions près (Borlasia hermaphroditica, B. Fais steini), séparés. Les deux sortes d'organes sexuels offrent la même structure ; ce sont des tubes remplis d'œufs ou de sneraidiazcialét, qui sont situés dans les parlies latérales du corps, entre les poches latérales de l'intestin, et s'ouvrent à l'extérieur par des orifices pairs percés dans la paroi du corps. D'après Hubrecht, les glandes sexuelles se développeraient dans l'épaisseur des dissépiments et déboucheraient sur la face dorsale (Meckelia somatotomus).. Les œufs pondus sont souvent réunis par une substance gélatineuse en masse ou en cordon. Quelques formes, telles que Prosorochmus Claparedii et Tetrastemma obscurum, sont vivipares, les embryons se développant dans la cavité viscérale. Dans le Prosorochnus Claparedii le développement a lieu dans les ovaires élargis.

Le développement est direct chez les Némertes vivipares; dans les espèces ovipares il passe fréquemment, comme dans beaucoup d'Anopla, par des metamorphoses; tantôt il existe des larves ciliées sous les enveloppes desquelles le jeune Rhynchocæle prend naissance, tantôt des larves ayant la forme d'un casque, que l'on avait décrites jadis comme espèces d’un genre spécial, le genre Pilidium!, et qui offrent de nombreuses analogies avec les larves d'Échinodermes. Kowalewsky a observé chez une Némerte appartenant au groupe des Anopla le développement de la larve Pilidium. Après la segmentation, qui est totale, le « vitellus se transforme en un embryon globuleux, cilié, qui perce la membrane « vitelline et nage librement à la surface de la mer; il prend bientôt la forme « . conique, s’invagine à sa base et acquiert un long flagellum vibratile à son sommet (fig. 484). La paroi invaginée devient l’ébauche du canal digestif, qui se di: « vise en deux parties ciliées, l'œsophage avec l'ouverture buccale et l'estomac. à parois épaisses et terminé en cul-de-sac. De chaque côté de la cavité d’invagina= « tion se forme un large appendice, qui, de même que le bord de la face inférieur sur laquelle se trouve la bouche, porte une bande fortement ciliée (fig. 485}: Le corps de la Némerte provient de deux paires d’invaginations de l'ectoderme

Page 1