LA MEMBRANE
La cellule est souvent nue, c'est-à-dire n'a d'autre paroi que la surface externe de son cytoplasma. Mais, dans ce cas, on observe toujours que cette surface se dispose de manière à séparer, le plus nettement possible, le corps cellulaire du milieu ambiant. La substance fondamentale hyaline forme seule la surface, et s'y termine par un bord continu d'un dessin absolument pur, sans permettre aux parties
au moment où le cenlrosome se montre, et inversement, sont d'avis que ce dernier n'a pas d'existence indépendante et ne serait autre que le nucléole qui, pendant le repos de la cellule, prendrait place dans le noyau, pour présider aux fonctions végétatives de celui-ci et qui, pendant la division, en sortirait pour diriger cette opération. Mais Guignard [ai] a formellement vu le nucléole et le cenlrosome coexister sans interruption, pendant toute la durée du cycle évolutif d'une cellule. Cela prouve que la théorie du nucléole-centrosome est fausse dans beaucoup de cas, et il reste peu
de chances pour qu'elle soit vraie Fig. 12. dans les autres.
Enfin, l'existence même du cenlrosome et de la sphère, en tant que formations indépendantes, a. été mise en question. Eismond [90,94], étendant à cela sa théorie sur la structure du cytoplasma, ne voit dans ces organes qu'un point du cytoplasme où les aréoles sont si petites et si serrées qu'elles donnent l'illusion d'un corps opaque (fig. 12); cet étal des aréoles serait dù à ce qu'en ce point les échanges nutritifs seraient minima ou nuls.
Chez les plantes, il y a momentanément, côte à côte, deux cenlrosomes et deux sphères; mais celte différence n'a aucune importance, car les ccnlrosomes, comme nous le verrons, se reproduisent par division avant la division du noyau. Quand on en trouve deux, cela tient seulement à ce que leur division est très précoce et se fait dès que la cellule entre en repos à la suite de la division nucléaire précédente.
On le voit, la question n'est pas mûre, on ne peut décider, en toute assurance, si le cenlrosome et la sphère sonl permanents ou non, ni s'ils viennent du noyau ou du
Cytoplasma et centrosomc (d'ap. Eismond).
Le contre presque noir est le cenlrosome, la zono moyenne sombre est la sphère attractive et la portion périphérique claire est le cytoplasme.
STRUCTUItE DE LA CELLULE
qu'elle baigne de s'étendre jusque-là. Jamais on ne voit une vacuole à demi ouverte à la surface, une granulation à moitié saillante au dehors. Toujours un enduit de substance hyaline, si mince qu'il soit, revêt la surface et, en raison de sa tension superficielle, tend à s'arrondir sur lui-même, à se refermer sur son contenu. Souvent, cette couche superficielle prend une fermeté particulière et assure un rôle protecteur plus efficace. Néanmoins, tant que la cellule n'aura d'autre revêtement que son cytoplasma, sans rien de plus, nous dirons qu'elle est nue, sans membrane. La différenciation de la partie superficielle du cytoplasme en ectoplasme, que nous rencontrerons souvent chez les Protozoaires, ne constituera pas non plus pour nous une membrane, parce que cet ectoplasme, malgré sa densité plus grande, n'est que du cytoplasma pur.
D'autres fois et très souvent, la cellule a un revêtement particulier, que l'on appelle membrane, cuticule, pellicule, périplaste, capsule, coque, coquille, etc., etc. La plus grande confusion règne dans cette nomenclature à laquelle on ajoute sans cesse de nouveaux termes parce que l'on sent le manque de précision des anciens, augmentant ainsi le mal au lieu d'y porter remède. Nous allons tâcher de mettre un peu d'ordre dans tout cela.
Le premier pas dans la constitution d'une membrane consiste dans le fait que des substances particulières, plus résistantes aux agents physiques et chimiques que le protoplasma, se déposent dans ses couches superficielles et les transforment en une enveloppe protectrice. Mais, on le voit, cette enveloppe est partie intégrante de la cellule, vivante comme elle ; elle ne saurait s'en séparer par suite d'une mue et, au moment de la division, elle se divise avec le corps cellulaire, liistochimiquement, ce genre d'enveloppe se distingue par l'action de la pepsine qui la digère en partie, mais en partie seulement, dissolvant sa portion protoplasmique et respectant les substances additionnelles. La putréfaction agit dans le même sens, détruisant la première et laissant les secondes qui sont relativement imputrescibles, en sorte qu'après la mort de la cellule, son enveloppe persiste plus ou moins longtemps. Nous appellerons celte sorte d'enveloppe membrane cellulaire vraie ou simplement membrane cellulaire. C'est ce que Klebs appelle périplaste chez les Flagellâtes et Bûtschli pellicule chez les Ciliés.
Si ces mêmes substances ou d'autres, résistantes, solides, imputrescibles, non digestibles dans la pepsine, au lieu de se déposer dans les couches superficielles du cytoplasma, sont sécrétées par lui, à sa
cytoplasma. Ce qui semble le plus probable pour le moment, c'est que le centrosome est un organe réel, permanent, et que la sphère attractive est une sorte particulière de protoplasma [archoplasma de Boveri, kinoplasma de Strasburger), disposé autour de lui en une zone sphérique, et se continuant en dehors avec les filaments qui tonnent le réseau filaire du cytoplasma.
LA CELLULE
surface, en dehors de lui mais à son contact, elles constituent une membrane dans laquelle il n'y a rien de proloplasmique, rien de vivant : nous rappellerons alors cuticule. Cela n'empêche pas, d'ailleurs, que la cuticule puisse s'accroître par inlussusception, aussi bien que par dépôt de couches nouvelles à sa face profonde, Y intussusception étant un phénomène physique et non exclusivement physiologique ('). La cuticule n'est pas, d'ailleurs, forcément une substance solide et résistante : sa seule caractéristique absolue est son origine, sa situation par rapport au cytoplasma. Ainsi, nous rencontrerons souvent, chez les Protozoaires, des enveloppes gélatineuses qui, par leur nature, ne sont que des cuticules. Les membranes kystiques, si fréquentes chez les Protozoaires, sont des cuticules; la membrane vitelline de l'œuf en esl une aussi, comme le prouvent sa formation rapide après la fécondation et le fait qu'elle ne prend pas part à la segmentation.
Enfin, si nous supposons que la cuticule, au lieu d'adhérer au corps cellulaire, se solidifie à quelque distance de lui, ou plutôt que la cellule, aussitôt après sa sécrétion, se rétracte de manière à laisser un espace libre entre elle et son enveloppe, nous dirons que cette enveloppe est une capsule. Le "plus souvent, la capsule n'est pas continue : elle s'ouvre en un ou plusieurs points, sur des surfaces plus ou moins étendues. Il en résulte que, malgré cette protection, la cellule est en rapport, par sa surface, avec le milieu ambiant et qu'elle peut, dans sa capsule, se munir d'une cuticule ou d'une membrane. Les logettes que se sécrètent beaucoup de Protozoaires comme Metacinela parmi les Tentaculifères, Cothurnia et Tintinnoides parmi les Ciliés, Dinobryon et Salpingœca parmi les Flagellâtes, enfin la coquille chitineuse ou calcaire des Foraminifères, sont des capsules (*).
(!) Ainsi, un cristal calcique déposé dans une solution magnésienne finit par se transformer en cristal magnésien sans que sa forme ait été modifiée, par substitution interne de molécules de magnésie aux molécules de chaux. A l'inverse de la membrane, la cuticule peut être muée et elle ne prend pas part à la division de la cellule.
(2) Ici, comme partout, les distinctions absolues vont à rencontre de la réalité des faits. Il peut arriver qu'à la surface d'une vraie membrane cellulaire se déposent, par sécrétion extérieure, des couches cuticulaires, sans que rien ne marque la distinction entre ces deux productions. Il semble en cire ainsi pour la membrane cellulosique des cellules végétales. Les membranes jeunes contiennent une substance albumineuse [dermatoplasma de Wiesner), tandis que les couches superficielles des membranes vieilles et épaisses semblent bien ne contenir que de la cellulose plus ou moins lignifiée et encroûtée de substances minérales. La membrane végétale ne prend pas part à la division, la nouvelle cloison s'ajoutant simplement aux parties anciennes, mais elle n'est jamais muée : elle est membrane en dedans, cuticule en dehors et ces deux parties ne se séparent jamais. Dans ce cas, il peut arriver de voir une enveloppe que l'on avait appelée membrane, être rejelée partiellement par une mue, et la cellule apparaître au dehors avec une membrane nouvelle. Rien n'empêche, non plus, dans une vraie membrane, que les couches les plus anciennes et les plus éloignées du centre trophique ne meurent et ne soient éliminées comme une cuticule, tandis que les couches plus jeunes forment une membrane bien vivante