‹ Traite de zoologie concrète (volume 2)Chapitre 45 sur 70 · UIVOl · texte numérisé non relu

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avant et de dehors en dedans. Leur ensemble divise la eavilé générale (libre pour le reste) en trois compartiments, communiquant d'ailleurs largement entre eux dans les intervalles des muselés : un inoven pour le tube digestif et deux latéraux pour les organes de la reproduction. Enfin, il existe pour la trompe et l'œsophage un système de rétracteurs spéciaux que nous allons décrire avec ces organes, et qui constituent, avec les muscles dorso-venlraux, un système musculaire non plus pariétal, mais dépendant de la cavité générale.

Appareil digestif. — Avec cet appareil nous décrirons la trompe, bien qu'elle soit en réalité, comme chez les Géphyriens inermes, une dépendance du corps et que la vraie bouche soit à son extrémité. Pour bien la comprendre, il faut la supposer entièrement dévaginée, c'est-à-dire montrant ses trois segments, ce qui arrive rarement. Elle se présente alors sous l'aspect qui a été décrit à propos de l'extérieur. Mais le plus souvent, sa partie terminale est invaginée jusqu'entre les deux couronnes supérieures d'épines qui arment alors son extrémité, tournant leur pointe vers le haut (34, ft<j. 1). Le segment terminal (a.) est donc normalement invaginé. L'invagination complète (34, fig. 2 et 3) a lieu par le fait que le segment inférieur (c.) se replie en dedans en doigt de gant, mais jamais le segment moyen (Jb.) ne s'invagine à son tour; il reste saillant à l'intérieur du segment inférieur invaginé qui lui sert de gaine. Dans cet état, les épines de la couronne inférieure occupent le fond du cul-de-sac, entre cette gaîne et le segment moyen et sont dressées, la pointe en haut, atteignant le niveau des épines supérieures. Quant à l'orifice delà gaîne (o. invg.), représenté ouvert sur les schémas, il est bien entendu contracté. La structure est la même que sur le reste des parois du corps, sauf que la cuticule y est beaucoup plus mince.

11 y a, pour tous les mouvements de la trompe, un appareil musculaire très développé, formé, comme tous les autres muscles de l'animal, uniquement de fibres striées. De ces muscles, les uns dilatateurs et protracteurs sont situés sur les parties latérales (34, fig-. 3, mcl. ex.), les autres rétracteurs sont sur les parties dorsale et ventrale (34, fig. 1 et 2, mcl. i\). Les dilatateurs sont formés de quelques faisceaux allant de chaque côté de la partie inférieure de la trompe, à un point de la paroi du corps situé un peu au-dessous. Dans l'état d'invagination, leur direction est presque transversale et ils dilatent l'orifice en se contractant de manière à ouvrir le passage à la trompe. Les protracteurs forment deux paires superposées, se portant l'une du milieu, l'autre de la partie inférieure du premier segment de la trompe à la paroi du corps, en un point tel que, dans l'état d'invagination, ils vont en descendant de la paroi du corps à leur insertion mobile; ils dévaginent donc la trompe, mais ne peuvent que commencer le mouvement, leur action devenant contraire dès qu'ils ont une direction transversale. Enfin les rétracteurs forment d'abord deux paires, une ventrale, une dorsale allant du point d'union du segment inférieur de la trompe avec le segment moyen à un point plus inférieur

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de la paroi du corps; et il y a en outre deux paires de rétracteurs ventraux qui ont une direction analogue, mais une insertion inférieure un peu plus élevée. L'action de tous ces muscles se comprend d'elle-même, mais elle n'a d'efficacité que pour commencer le mouvement de dévagination lequel s'achève par l'intervention des muscles dorso-ventraux qui dévaginent la trompe en comprimant le liquide de la cavité générale.

La bouche (34, ftg. 1, bch.) est prolongée par un petit tube chitineux saillant (ch.). Un pharynx ovoïde lui fait suite (ph.), puis viennent un court œsophage (ces.), un long estomac volumineux (est.) sur lequel, lorsqu'il est plein, les muscles dorso-ventraux dessinent des étranglements, un intestin étroit, cylindrique, séparé par un sphincter (sph.) du rectum (r.) qui aboutit à l'anus terminal (a/7.). Le pharynx est doublé intérieurement d'une cuticule chitineuse; sa couche épithéliale forme un syncytium. Il est pourvu de deux paires de muscles rétracteurs, l'une ventrale, l'autre dorsale, allant de son extrémité à un point situé plus bas sur la paroi du corps et de deux paires de protracleurs également, l'une dorsale, l'autre ventrale, allant de son extrémité inférieure au point d'union du segment inférieur de la trompe avec le segment moyen. Ces muscles interviennent dans les mouvements de la trompe (34, ftg. 1 et 2). Il n'y a pas de muscles sur l'intestin ni sur le rectum réduits à leur couche épithéliale.

Il existe deux paires de glandes salivaires (gl.) (décrites par Reiniiard comme représentant le cerveau) situées en arc de cercle, côte à côte, au côté dorsal du tube digestif, à l'union du pharynx avec l'œsophage (f).

Appareil excréteur. — Il se compose d'une paire de petits sacs piriformes situés dans le huitième anneau, dont l'extrémité étroite, tournée en bas, se continue en un court canal qui va s'ouvrir (o. exe.) à la face dorsale du neuvième anneau, immédiatement en dedans de l'insertion des muscles dorso-ventraux. L'organe et son canal sont garnis de cils vibratiles qui battent vers le dehors. Dans les cellules se trouvent des grains d'excrétion, et des granulations plus ou moins semblables flottent dans le liquide qui remplit la cavité. On ne leur a point trouvé de communication avec la cavité générale.

Système nerveux. Sens. — Le système nerveux central se compose d'un anneau péribuccal (cri. n.) situé immédiatement au-dessous de

f1) Reiniiard décrit aussi deux paires de glandes situées l'une dorsalement, l'autre ventralement, àl'union du pharynx avec la trompe et qui s'ouvriraient à la base du tube chitineux buccal, soit à son intérieur dans la bouche, soit en dehors de lui, dans l'angle qu'il formeavec

la trompe. 11 les considère comme an H ni trot, mais si vraiment ce sont des glandes et surtout si elles s'ouvrent hors de la bouche, elles doivent plutôt être venimeuses . D'ailleurs, il est à croire que ces organes n'ont aucune existence réelle en tant que glandes, car elles sont juste à la place où Zelinka [94] décrit le collier nerveux; or ce dernier auteur, dans son travail sur les Gastrotriches, avait suggéré l'idée que ce pourrait bien être le système nerveux central et. dans sa courte note, malheureusement sans figures, de 1894, il décrit en effet à cette place le collier nerveux, sans plus faire allusion à ces prétendues glandes. Ces questions seront sans doute tranchées dans le travail in extenso annoncé par lui mais non encore paru.

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l'ouverture buccale el d'un cordon ventral (n. v.) qui, partant <!<• cel anneau, descend jusqu'à l'extrémité inférieure du corps. L'un et l'autre sonl formés de fibrilles autour desquelles sont des cellules massées de manière à dessiner des renflements ganglionnaires. Sur le cordon ventral ces renflements sont disposés métamériquement, exactement un par anneau, sauf dans le deuxième1 segment de la trompe. Anneau cérébroïde et cordon ventral sonl l'un et l'autre situés dans l'épaisseur de la paroi du corps, sous la couche musculaire, au contact de l'épiderme dont ils constituent un simple épaississement local.

Sur l'anneau cérébral se trouvent (chez les seules espèces qui habitent sur des Algues, c'est-à-dire au jour, et non sur celles qui restent enfouies dans la vase) des taches oculiformes formées d'une lentille enchâssée dans une masse pigmenlaire (').

Appareil reproducteur. — Les sexes sont séparés, mais les organes sont fort semblables chez les deux sexes.

Vovaire (34, fig. 2 et .7, gt.) forme de chaque côté un sac allongée, loué dans le compartiment extérieur aux muscles dorso-ventraux, qui remonte jusqu'entre les anneaux nos 4 à 8, et vient s'ouvrir (o. gt.) par une extrémité rétrécie un peu en avant de l'anus. Le fond du sac est occupé par une masse protoplasmique avec des noyaux; plus bas, les œufs s'individualisent et se distinguent par leur taille ; plus bas encore, on les trouve revêtus d'une coque chitineuse. On n'a pas vu la ponte, mais il parait certain que l'animal n'est pas vivipare.

Le testicule, plus allongé que l'ovaire, remonte jusqu'entre les deuxième et cinquième anneaux ; les trois quarts de sa hauteur sont occupés par une substance protoplasmique nucléée; vers le bas, les spermatozoïdes deviennent distincts. A l'orifice, situé aussi de part et d'autre de l'anus, un peu en avant de lui, est annexée une couronne de courtes épines creuses et de papilles coniques qui constituent, de chaque côté, un organe copulateur.

Physiologie. — L'animal se traîne, grâce au mouvement des épines de la base de la trompe qui se redressent et se rabattent alternativement selon que la trompe s'invagine ou se dévagine, dans la vase ou les mucosités du fond de la mer ou sur les Algues, un peu au-dessous du niveau des marées sans jamais monter à la surface. Il se nourrit de débris organiques divers.

(M Zelinka [94], dans la note préliminaire à laquelle nous avons déjà l'ait allusion, décrit d'une manière fort confuse trois bandes longitudinales d'organes tactiles, deux latérales

symétriques ri une dorsale impaire. Ces org; s sont-ils les mêmes que ceux décrits par

I!i;imi \i:d s7 el donl nous avons parlé ;i propos de l'épiderme si mis le nom de poils sensitifs? Il il'1 li' il il pas. En toutcas, ils ont une distribution autre que les organes vus par Reinhard. Les organes tactiles de chaque bande sont réunis longitudinalemenl par un cordon cellulaire nerveux, dépendance de l'épiderme, qui se continue en haul jusqu'à l'anneau péribuccal. D'autres cellules nerveuses également épidermiques établissenl des connexions transversales entre ces organes tactiles el le cordon ventral. Il semble résulter des descriptions de Zelinka que l'épiderme ne serait pas syncytial.

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