RÉSUMÉ DE CYTOLOGIE GÉNÉRALE
Tout ce qui vit n'est que cellules.
Il n'est guère douteux qu'il y a eu autrefois, et il est possible qu'il existe encore aujourd'hui, des masses protoplasmiques vivantes, sans formes ni dimensions définies, non encore différenciées en cellules. Mais, cela mis à part, on peut dire que la cellule est l'unité organique universelle. Nous proposons de la définir de la manière suivante qui nous paraît bien rendre ce qu'il y a d’essentiel dans sa conception. La cellule est l'organe protoplasmique le plus simple qui, ayant une forme propre et une taille déterminée, soit capable de vivre seul, ou n'ait besoin de s’associer qu à ses semblables pour former des étres capables de vie indépendante. Elle constitue à elle seule les êtres simples dits unicellulaires et, en se multipliant, elle forme les plus compliqués. Mème les parlies qui, chez les uns et les autres, semblent le plus étrangères à sa nature dérivent d'elle. Nous montrerons, en temps et lieu, que les capsules, les coquilles, les masses gélatineuses où divers Protozoaires abritent leur corps, que la substance fondamentale du cartilage et des os des Métazoaires, et la partie liquide de leur sang, etc., que tout cela n’est que produits cellulaires de natures variées ; en sorte que tout ce qui, chez les êtres vivants, n'est pas directement cellule dérive de la cellule.
On conçoit, dès lors, que l'étude de la cellule en général est le préliminaire obligé de tout ouvrage de zoologie.
Nous étudierons donc d'abord la cellule et ses fonctions : mouvements, sécrétion, assimilation, accroissement, division, conjugaison. Après cela, nous serons en état d'aborder l'étude des Protozoaires. Mais pour les Métazoaires, il n'en est pas tout à fait de même, car chez eux les cellules s'associent en tissus et, pour cela, se différencient dans des sens très variés, se spécialisant de manière à mieux accomplir certaines de leurs fonctions générales, mais dégénérant d'un autre côté au point de ne pouvoir vivre seules, sans le secours des autres cellules de l'organisme. Ces différenciations spéciales, si utiles à l'ensemble, sont fatales aux
éléments qui les subissent, en ce sens qu'elles suppriment la capacité de reproduction indéfinie qu'ils possédaient auparavant. Il en résulte qu’en se perfectionnant l'organisme cellulaire se condamne à mort, et ce serait en mème temps la mort de l'espèce si certains de ses éléments ne restaient indifférenciés et capables de survivre et de reproduire l'être entier, ou plutôt ne se différenciaient dans un sens lout particulier pour mieux assurer sa reproduction. C'est là l’origine des éléments reproducteurs dont les plus simples sont les spores.
D'autre part, c'est un fait général, presque universel chez les êtres vivants que, de temps en temps, deux individus se fusionnent en un seul. Toute la race acquiert, de ce fait, un regain de vie et d'activité. Chez les Protozoaires, cette fusion est facile puisqu'ils sont réduits à une seule cellule : elle constitue leur conjugaison. Chez les Métazoaires, la conjugaison des deux corps pluricellulaires, cellule à cellule, serait impossible; aussi prend-elle place, dans leur cycle évolutif, au moment où ils sont unicellulaires, c'est-à-dire représentés par leur élément reproducteur. La conjugaison des éléments sexuels devient la fécondation.
Ainsi nous devrions, pour ètre absolument méthodiques, décrire iei la conjugaison et n'étudier la fécondation qu'au moment d'aborder les Métazoaires. Mais ce serait séparer deux choses qui sont unies par des transitions insensibles et qui demandent à rester ensemble. Nous joindrons donc l'histoire de la fécondation avec ses préliminaires, préparation et maturation des produits sexuels, à celle de la cellule, et cela constituera un chapitre assez complet de cytologie générale (*) qui sera une utile introduction à l'étude de la zoologie.
Plus encore que les formes animales appartenant à un même groupe naturel, la cellule est variable. La taille, la forme, la structure, les fonctions, tout varie en elle à un degré extrême. Aussi devons-nous appliquer dès maintenant à son étude la méthode d'exposition dont nous avons montré les avantages dans la préface de cet ouvrage. Nous allons prendre une cellule idéale, aussi complète que possible, et la décrire en elle-même, quitte à indiquer dans les notes en quoi les diverses see réelles diffèrent de ce type.
Notre cellule est un petit corps, irrégulièrement arrondi, mesurant .
quelques centièmes de millimètres, translucide, très délicat, juste assez ferme pour conserver sa forme propre tant qu'il n’est pas comprimé (*).
(!) La taille des cellules est extrêmement variable. Certains spermatozoïdes n'ont pas plus de 1/2 . Le jaune de l'œuf des oiseaux n’est qu'une énorme cellule, celui
(*) Cependant, en raison de la nature de cet ouvrage, nos descriptions s’appliquent plus spécialement à la cellule animale,