‹ Traite de zoologie concrète (volume 3)Chapitre 30 sur 112 · B. MOUVEMENTS DE LA CELLULE · texte numérisé non relu

B. MOUVEMENTS DE LA CELLULE

Tout ce qui vit étant formé de cellules, tout mouvement d'organisme vivant est mouvement cellulaire. Mais la plupart des mouvements des êtres vivants sont dus à des contractions qui se produisent dans des cellules différenciées ou dans des parties différenciées de cellules. Tels sont les mouvements musculaires, lels sont ceux des cils, flagellums, membranelles, etc. Nous devons les laisser provisoirement de côté pour ne nous occuper que de ceux de la cellule dépourvue d’organes moteurs spéciaux, en un mot, de la cellule en général. Ces mouvements ont toujours leur siège dans le cytoplasma; le noyau n'y prend aucune part. Ils sont de quatre sortes :

1° Des mouvements intérieurs se produisant seulement au moment de la division pour opérer les séparations, groupements nouveaux, remaniements quelconques que nécessite cette importante opération. —

() Nous avons rangé dans la même catégorie tous les produits de la cellule, qu'ils soient sécrétés ou excrétés, internes ou externes, destinés à rester en elle ou à en être expulsés. Tous ces produits sont, en effet, homologues au point de vue morphologique. Mais, sous d’autres rapports, ils sont profondément différents. Nous avons établi une distinction physiologique entre eux en les divisant en secreta utiles et excreta nuisibles. Il faut montrer, en outre, en quoi ils diffèrent les uns des autres à un point de vue chimique, d’ailleurs très général.

Le plus grand nombre de ces produits provient de dédoublements du protoplasma, opérés avec hydratation et sans oxydation, peut-être même, d’après GAUTIER [94], avec réduction. Non seulement les substances dérivées immédiatement de l'albumine (prismes musculaires, ferments des glandes digestives, hémoglobine du sang), les alcools (cholestérine), les hydrates de carbone (sucre, glycogène, amidon et la longue série de corps gras); mais aussi les amides comme l'urée, et même des substances {adenine, guanine) appartenant au groupe de l’acide urique, se forment, de cette manière, sans oxydation et par conséquent avec peu ou point de dégagement de chaleur. C’est seulement lorsque ces corps, surtout les graisses et les sucres, se transforment en produits plus simples, parmi lesquels l’acide carbonique et l’eau sont les plus importants, que l’oxygène intervient, et c'est alors surtout que se produit la chaleur d'où dérive la force vive nécessaire à la production du mouvement. Il ne faudrait pas conclure de là que l'oxygène se fixe directement sur les produits qu’il est chargé de brûler, il est absorbé par le protoplasma, et là, sans doute, s’accomplissent, dans des réactions simultanées complexes, les phénomènes que nous dissocions pour les saisir plus clairement.

C'est pour cette oxydation des produits ultimes et pour la production de la chaleur ou du mouvement que l’oxygène est nécessaire. Il est aussitôt dépensé que reçu, il ne s’aceumule pas et, dès qu’il cesse d'être fourni, les réactions normales de la cellule sont arrêtées. Les autres aliments, au contraire, s'accumulent dans la cellule et sont employés peu à peu, et s'ils cessent d’être apportés, la cellule continue néanmoins à fonctionner normalement pendant un temps assez long. C'est pour cela que la respiration constitue, sous un certain rapport, une fonction distincte de l'assimilation des aliments.

Nous les laissons de côté pour les décrire et en chercher l’explication au moment où nous nous occuperons de la division cellulaire —;

20 Des mouvements intérieurs de circulation rotatoire continue des parties centrales du cyloplasma par rapport aux parties périphériques immobiles de la cellule — Ces mouvements ne changent pas la forme extérieure de la cellule; ils portent le nom de cérculation du protoplasma où cyclose; on les observe surtout dans les Infusoires et chez les plantes —;

3° Des mouvements extérieurs dans lesquels c’est la cellule entière qui se déforme, émettant et rétractant ses prolongements appelés pseudopodes ;

4° Des transports de la cellule #» toto sans déformation apparente par attraction ou répulsion exercée par un agent physique ou physiologique : ce sont les factismes.

Il n'est presque pas d'agents naturels qui ne puissent exercer un tactisme fort ou faible, positif (attraction) ou négatif (répulsion) sur une cellule, pourvu que celle-ci soit suffisamment mobile pour lui obéir. La pesanteur, la lumière, la chaleur, l'humidité, les agents chimiques (oxygène, acide carbonique, sels minéraux en solution), enfin le voisinage d’autres cellules semblables ou différentes (biotactisme) sont pour la cellule un excitant qui l’attire vers la source d'excilation on la repousse loin d'elle. L'attraction des leucocytes par l'oxygène, observée par Ranvier, est un des exemples les plus frappants de ce genre d'actions.

Il faut considérer ces mouvements comme de nature toute Ch et comparables à ceux qu'exécutent de petits objets électrisables en présence de corps chargés d'électricité.

Tout autres sont les Once d'émission des pseudopodes et de circulation protoplasmique. Ceux-là semblent être spontanés et résulter d’une manifestation de la vie aussi incompréhensible que la vie elle-même. On a cherché à les expliquer cependant, c'est-à-dire à les ramener à des phénomènes physiques ; mais on n'est arrivé encore qu'à des conclusions hypothétiques (*).

(1) Ces questions sont si importantes qu'elles méritent de nous arrêter un instant. Quand un pseudopode s’allonge, il se montre formé exclusivement de protoplasma hyalin; si une excitation quelconque le fait rétracter, aussitôt il devient trouble et, dans sa masse, apparaissent de minimes granulations et vacuoles qui n'y existaient pas l'instant d’ auparavant. Cela montre qu'il s’est produit en lui une brusque modification physico-chimique qui a eu pour conséquence le retrait de cet organe.

Comment une modification physico-chimique peut-elle avoir cette conséquence ?

BERTHOLD |86) pense qu'il peut en être ainsi si cette modification relentit sur l’intensité de la tension superficielle. Lorsqu'une cellule placée dans un liquide, dans l’eau, se maintient arrondie, c'est que l'attraction des molécules de sa surface, les unes pour les autres, est plus forte que l'attraction de ces mêmes molécules pour l’eau ambiante. S'il en était autrement, la cellule se désagrégerait aussitôt. Dans l’eau pure, la différence d'attraction est très grande et par suite la tension superficielle de la cellule est très forte. Mais l’eau ne reste pas pure autour de la cellule: des échanges osmotiques ont

thadeont nb He di

(ere)

Page 1