THÉORIES SUR LA DIVISION CELLULAIRE
Quelques tentatives intéressantes ont élé faites pour tâcher de découvrir les causes de la division cellulaire, soit ses causes mécaniques, soit ses causes déterminantes.
En ce qui concerne les causes mécaniques deux forces ont élé invoquées : d'une part la contraction des filaments du fuseau, de l’autre une attraction chimiotactique exercée par les centrosomes sur les chromosomes. La première opinion a été émise par E. Van Benenen [87]. D'après lui, les filaments émanés des sphères attractives s’attacheraient directement sur les anses jumelles et les attireraient vers les pôles, en se contractant. Cette traction serait même la cause de la division longitudinale des chromosomes. Cette idée a élé admise par un grand nombre d'auteurs : Bover, O. Herrwic, Bern, Rawirz, CG. SCHNEIDER, Rage, et ce dernier a fourni une explication très complète de la manière dont se passe les phénomènes (").
() Ragc admet que les filaments des asters et du fuseau sont déjà tout formés dans la cellule au repos, mais qu’on ne les voit pas, parce qu'à ce moment ils sont très fins et non tendus. Ils partent tous de la sphère attractive qui est le centre mécanique de la cellule (fig. 34). Les uns serpentent dans le eytoplasma, les autres pénètrent dans le noyau par un trou percé dans sa membrane au fond de la dépression où la sphère est logée. Ils vont s'attacher aux anses chromatiques (ans. chrt.) qui, dans sa théorie (V. p.9) sont déjà individualisées pendant le repos du noyau. Les phénomènes nutritifs amènent les filaments, qui sont tous contractiles, à un état où ils n'attendent qu'une excitation interne ou externe pour se contracter. Ceux du eytoplasma entrent en jeu les premiers. Ils se raidissent, deviennentplus courts, plus gros et reclilignes, toutes conditions qui concourent à les rendre visibles el donnent l’image de l'aster. En continuant à se contracter, ils tirent sur le centrosome et la vésicule en sens inverse, el
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Mais FLemmwe [91] et après lui Hermann ont opposé une objection capitale à cette théorie séduisante : ils ont fait remarquer que la division longitudinale des chromosomes précède souvent celle des asters et du centrosome. La théorie peut ètre vraie en partie, mais elle est fausse en certains points, insuffisante dans d’autres. Certainement, la division du centrosome et celle des chromosomes sont deux phénomènes, connexes peut-être, mais non unis entre eux par la relation de cause à effet.
La seconde cause à été invoquée par SrrasBurGER [93]. Ce savant pense que les anses glissent seulement sur les filaments, attirées par une force chimiotactique (il vaudrait mieux dire biotactique) émanant des sphères attractives (").
déterminent leur division. Leur écartement a pour effet de fendre en long les filaments (p.) qui vont aux chromosomes, en sorte qu'après celte scission longitudinale achevée, en chacun des points où un filament s’attachait au chromosome, il s’en
Fig. 34.
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Formation du fuseau, d’après les idées de Rabl (Sch.). ans. chrt., ansès chromatiques ; etrs., centrosomes ; mb. N., membrane nucléaire ; p., points où les filaments se séparent.
attache maintenant deux qui se rendent chacun à l’un des centrosomes. Quand les centrosomes sont tout à fait écartés et que les filaments se contractent, ils prennent la disposition des éléments du fuseau, amènent les chromosomes dans le plan équatorial et, tirant sur eux en sens inverse, les dédoublent en long. Cetie contraction, en se continuant, sépare les chromosomes en deux groupes et les entraine vers les pôles.
() I se fonde principalement sur le fait que, chez les Liliacées, dans les cellules mères du pollen, il n’y a pas de fibres s'attachant aux chromosomes.
Mais FLEMMING [94] trouve cette absence insuffisamment démontrée. HÂcker [94], au contraire, confirme J'opinion de STRASBURGER, en constatant que, chez Sida cristallina, au moment où les anses vont se déplacer, il se produit dans les centrosomes
Bien plus hypothétiques encore sont les forces invoquées comme causes déterminantes de la division.
On sait que Srexcer [64] a, depuis longtemps, attiré l'attention sur ce que, lorsqu'un être organisé s'accroît, sa surface croît comme le carré de ses dimensions et son volume comme le cube. L'assimilation doit être proportionnelle au volume et, comme elle ne se fait que par la surface, il en résulte que plus l'être s'accroît, plus sa nutrition devient difficile. Von Rees [87] appliquant ces considérations à la cellule, croit y trouver les raisons de sa division. Mais, montrer qu'une chose est avantageuse, n’est pas expliquer pourquoi elle se fait. Il faudrait montrer comment la gène de la nutrition devient l’excitant physiologique de la division (').
Toute cellule, en vivant, accumule en elle des produits usés qu'elle doit rejeter. Elle s’en débarrasse d'ordinaire en les excrétant. LenoL [90] pense qu'elle a pu aussi y arriver, en séparant d’elle-mème la partie de son corps où ces produits, qu'il appelle ballast, sont accumulés. La division aurait alors pour origine l’excrélion dont elle ne serait qu'un mode particulier (*?).