DIVISION DU CORPS CELLULAIRE
La division du corps cellulaire est aussi simple que la division nucléaire est compliquée. Elle commence pendant Vanaphase au moment où les anses jumelles atteignent les pôles. Pendant qu'à leurs dépens le spirème se reforme et que le noyau se reconstitue, se montre à la surface de la cellule, exactement dans le plan équatorial du fuseau, un sillon. Ce sillon commence en un point et s'étend rapidement en cercle tout autour de la cellule. Au moment où les asters disparaissent, le cercle est complet. Il s'approfondit alors peu à peu et finit par couper la cellule mère en deux cellules filles dont chacune contient un des noyaux filles issus de la division nucléaire.
Dans ce mode de division, le noyau est coupé en deux parties égales. Mais il s'en faut de beaucoup qu'il en soit toujours de même pour le cytoplasma (*).
nucléaire. Ils s*appuieDt surtout sur le fait que, dans certains cas, le fuseau tout.entier peut se trouver à rintérieur du noyau lorsque la membrane nucléaire est encore intacte; 3o enfin, Ed. Van Bbnbden [ss], Platnbr, Hermann, Flemming [91], Prenant [91], MiTROPHANOP [94], leur attribuent avec beaucoup d'apparence de raison une double origine. Ce que nous avons appelé le fuseau central ou, dans le cas d'un fuseau unique, la portion polaire de ce fuseau, semble indubitablement provenir de la substance même des vésicules attractives ou du cytoplasma ambiant, tout comme les rayons de l'aster. Mais la portion équatoriale du fuseau périphérique, ou de l'unique fuseau s'il n'y en a qu'un, proviendrait des filaments de linine du réseau nucléaire disposés ad hoc et unis aux filaments venus des pôles. Malgré tant d'efforts dépensés à la solution de ces questions depuis quelques années, on voit que bien des points restent encore obscurs sur l'origine du fuseau et sur ses relations exactes avec les chromosomes.
Permanence des chromosomes. — Une autre question litigieuse et très importante, comme on le verra plus tard, est celle de la permanence des chromosomes. 11 y a sur ce point deux opinions principales : 1° les chromosomes sont constants en nombre, mais nullement en substance ; le filament se recoupe n'importe comment (0. Hkrtwig [90] ) ; 2o ils sont permanents, soit qu'ils ne perdent à aucun moment leur individualité (Rabl [89]), soit que le filament se recoupe au même point,
(BOVKRI [92]).
Mais ce qui est bien plus mystérieux encore c'est la cause de ces phénomènes. Gela donne l'impression d'une troupe de marionnettes jouant une petite pièce muette mais très compliquée, avec une merveilleuse précision de mouvements, et rentrant dans la coulisse pour recommencer à la division suivante ; nous comprenons le but de l'action, c'est le partage équitable des substances et organes du noyau mère entre les deux noyaux filles. Mais nous sommes bien loin de voir tous les mouvements et de comprendre toute leur signification.
(1) Nous avons vu plus haut (p. 24) que le noyau dans la cellule occupe, d'après la loi de position de 0. Hertwig [84], le centre de gravité du cytoplasma. Le môme auteur a cherché à formuler une loi de direction du plan de division, indiquant la place de ce plan dans la cellule ou, ce qui revient au même, la direction du fuseau, car le plan de division n'est autre que le plan équatorial du fuseau prolongé. Sa loi est que l'axe du fuseau se dirige comme s'il était une aiguille aimantée, et que le cytoplasma pur fût du fer, tandis que les matières non protoplasraiques seraient inertes. Il se p\a.ce parallèlement à la direction de la plus grande masse du protoplasma. Il vaudrait mieux dire symétriquement par rapport à celte musse, car
Fig. 33.