LA CONJUGAISON
Enfin le plus haut degré de rhétérogamie est atteint lorsque les deux gamètes diffèrent, à la fois, par la taille et par la conformation. Ce n'est déjà plus de la conjugaison et on pourrait tout aussi bien décrire ces cas comme appartenant à la génération sexuelle. Cela serait d'autant plus légitime que cette conjugaison a deux formes qui sont calquées, Tune sur la reproduction sexuelle des animaux supérieurs, l'autre sur celle des plantes phanérogames. Chez Fucus, Volvox, il y a un véritable œuf, gros, sphérique, immobile et des zoospores mâles qui ne diffèrent des spermatozoïdes que par le nom; et chez Peronospora et quelques autres champignons voisins, l'œuf ayant le même aspect, le gamète mâle a la forme d'une petite cellule qui se soude à lui et lui instille son contenu protoplasmique comme fait un grain de pollen avec son boyau poUinique.
B. CONJUGAISON NUCLÉAIRE
Cette sorte de conjugaison ne diminue pas le nombre des individus comme faisait la précédente, mais elle ne l'augmente pas non plus et elle est, comme celle-ci, la condition nécessaire de leur multiplication par division. Ici, la chose a même été démontrée rigoureusement pour les Infusoires par Maupas [ss]. Mis dans l'impossibilité de retremper leur énergie vitale dans la conjugaison, les Infusoires meurent fatalement, incapables de continuer à se diviser. Cette forme appartient à Tisogamie pure, et ne se rencontre que chez les animaux. On Ta observée chez presque tous les Ciliés. Deux individus identiques, mais atteints de dégénérescence sénile, se rapprochent, se soudent par leurs membranes; un orifice se perce par où des courants s'établissent entre les cytoplasmas, puis les noyaux se divisent dans chaque
les cellules mâles et les femelles ne sont pas absolues maïs relatives, de môme qu'un corps peut être électro-positif par rapport à un autre et électronégatif par rapport à un troisième. Chez les Foraminifères, le **^'
phénomène est mal connu et son interprétation n'est pas certaine. On voit souvent deux individus d'aspect identique s'accoler et se séparer ensuite sans paraître avoir rien échangé de leur substance. Chez Arcella, on a vu, pendant ce rapprochement, le contenu de l'un des deux individus passer tout entier dans la loge de l'autre et laisser la sienne vide. Chez Ectocarpa , Giraudia , Scytosiphon, l'une des zoospores se caractérise comme femelle par le ^ . fait qu'elle se ^n^ par un de ses deux flagellums et rétracte ^o"J"g:a\»o«deZanar- 1 autre dans son corps protoplasmique. La figure ci-contre r k. •
montre la conjugaison chez Zanardinia. Chez les Radiolaires, îî*/, rantLrozoïd^ on n'est pas très bien i\\é sur la signification relative des c, conjugaison ; diverses spores que l'on voit se former. Brandt pense qu'il y d., produit do la conjuen a qui sont de vraies zoospores asexuelles (spores à cristaux) ^ ' *" et d'autres qui sont des gamètes, de deux tailles différentes (macrospores et micro spores). Mais on ne connaît pas leur évolution ultérieure.
individu séparément, Tun des deux demi-noyaux de chacun d'eux passe dans le conjoint et se joint au demi-noyau resté en place pour former le noyau mixte définitif. Les deux conjoints se séparent alors et leur produit de division n'a plus aucune trace de la dégénérescence sénile dont ils étaient atteints (*).
Il existe nettement, chez les Infusoires, dans la conjugaison, un phénomène de réduction chromatique (V. p. 48 pour Texplication de ces mots). Dans beaucoup de cas de conjugaison totale, on a observé quelque chose d'analogue, quoique sous une forme très simplifiée, et il semble que l'expulsion préalable d'une certaine quantité de chromatine soit un phénomène général. Mais ce fait est beaucoup mieux connu chez les êtres qui ont une reproduction sexuelle; aussi l'étudierons-nous seulement à propos de ceux-ci.