RÉDUCTION CHROMATIQUE
Nous avons expliqué que le phénomène principal de la maturation était la réduction des chromosomes à un nombre moitié moindre, et nous avons vu que cette réduction était en effet obtenue. Mais nous n'avons pas dit comment elle l'était. Voici comment les choses se passent.
Les cytes de premier ordre (ovocytes ou spermatocytes de premier ordre) présentent un nombre de chromosomes qui semble moitié moindre que le nombre normal mais qui, en réalité, est deux fois plus grand, chacun de ces chromosomes étant formé de quatre autres, réunis en un petit groupe. Ainsi, dans Ascaris où il y a normalement quatre chromosomes, les cytes de premier ordre n'en contiennent que deux, mais ces deux sont formés chacun de quatre réunis en un petit groupe appelé groupe quaterne (Vierergruppe).
Chacun de ces groupes quaternes n'est autre chose qu'un chromosome déjà préparé pour deux divisions qui vont avoir à se faire très rapidement.
La première de ces divisions, celle qui donne naissance aux cytes de deuxième ordre (spermatocytes de deuxième ordre, ovocytes de deuxième ordre et premier globule polaire), va donc simplement dédoubler ces deux groupes quaternes, en deux groupes binaires, et la deuxième, celle qui donne naissance aux produits définitifs (spermatide, ovule mûr, deuxième globule polaire et produit de la division du premier globule), va dédoubler ces deux groupes binaires en deux chromosomes simples ; ainsi se trouvera Flg' 39' effectuée la réduction des chromo-
(^\ nûy/mmrà/ somes à un nombre moitié moindre.
KiJdtLsacenôryonnaù-e Quant aux groupes quaternes, leur
@ origine n'est pas connue, on les trouve
\ déjà dans les dernières gonies, mais on
ncj.infro Q/ifj/jis/?' ne sait> ni quand, ni comment les chro-
/ \ / \ mosomes, normaux comme nombre et
O o © © disposition des gonies précédentes, se
/\ /W^/X l\ son'; disposés ainsi en groupes, moitié
O 0 o^ o © £© ©__©, moins nombreux mais formés chacun
"^WfeT \ / 1 yntrsrààs
7ici/JecondaJre ^s sont semblables à eux-mêmes, partout où
cfu. 6 ac initial l'on a rencontré des globules polaires. Même
de /aiïumén. chez les Infusoires, on a retrouvé quelque
. . , , . , , , chose de tout à fait analogue. On n'a guère
Fécondation chez les plantes (Schéma .,,-.. • , , i i j
,, , , .».■,„. ,> étudie à ce point de vue les ovules des
dap. les descriptions de GuiLrnard). , . „, . . . , m •
r r ; plantes inférieures, mais, chez les Phanéro-
games (fig. 39), on sait, grâce aux recherches de Guignard |92 1, qu'il existe des phénomènes tout à fait comparables.
s deâfarctre
de quatre chromosomes élémentaires qui sont déjà ceux des éléments définitifs (*).
Le schéma ci-contre (fig\ 40) rend compte du phénomène.
Ainsi l'essentiel de la réduction Fio. 40
ne se passe pas comme on le croyait /fi-v Cyie
pendant les divisions réductrices. \Jy de f -ordre
Celles-ci ne font qu'achever une besogne qui s'est préparée, on ne sait trop à quel moment, pendant les f^")r/.
nombreuses divisions qui donnent naissance aux dernières gonies. Cette
circonstance rend bien plus difficile ^\ ^~\ r\ V~~\
lasolulion des importantes questions ^— ^ v^ v y w
r • > OVUte — — -
théoriques qui se rattachent à la di- ousperma/ttû gloAulespo/aires
vision réductrice car, s'il était déjà ou spermaM*
mal aisé de Surveiller les deUX divi- ^duction chromatique par les groupes
quaternes (bch.).
sions réductrices, il devient presque
impossible de saisir un phénomène qui se passe, on ne sait plus où. Ce mode de division réductrice n'est pas universel, et souvent il subit des modifications importantes, mais il parait bien être le plus typique, celui dont les autres sont sans doute dérivés (*).
Dans la parthénogenèse où, le plus souvent sinon toujours, le deuxième globule polaire ne s'élimine pas, la réduction de nombre des chromosomes n'a plus sa raison d'être puisqu'il n'y a pas fécondation ; elle n'a pas lieu d'ailleurs, leur nombre étant d'abord une fois doublé, puis réduit une seule fois de moitié (*).