PI. 35 ET FIG
Ce groupe est représenté par Tunique
GENRE
Octacnemus (Moselev), forme très curieuse mais imparfaitement connue qui, au lieu de flotter près de la surface, vit au fond des abysses de l’Océan. 11 a la forme d’une petite Méduse octoradiée et a été {iris
l1) C’est sur ce caractère que Todaro se fonde pour diviser les Salpidæ en deux groupes, les Ortoentènss pour Cyclosalpa et. les Carioentéirs pour tous les autres.
SALPIDES
OCTACNEMUS
d’abord pour un animal de ce groupe. Le corps est aplati et présente un disque et huit bras. La face ventrale (35, fig . 2) montre, en un point excentrique du disque, une surface saillante (s.) hérissée de petits prolongements déchiquetés par laquelle V animal était sans doute fixé au fond. La face dorsale (35, fig. 1) présente dans un interradius, à peu près à mi-distance entre le centre et l’origine des bras, un large orifice fissiforme, allongé tangentiellement, qui est la bouche (b.). Dans le même interradius, entre les bases des deux bras qui le limitent, sur une éminence, se trouve un orifice arrondi, celui du cloaque (o. c/.). A l'intérieur (35, fig . 3), disque et bras, tout est creux, sauf une sorte de nucléus appendu, entre la bouche et le cloaque, à la paroi dorsale et une grande membrane branchiale qui, tendue parallèlement aux faces, divise la cavité centrale en deux compartiments, l’un dorsal (p/?.), où s’ouvre la bouche, l’autre ventral (cl.) aboutissant à l’orifice cloacal. Le premier est le pharynx, le second est le cloaque. 11 n’y a pas de trémas. La branchie est imperforée dans toute la partie correspondant au disque mais, dans les bras où elle semble s’étendre jusqu’au sommet et cloisonner leur cavité comme celle du disque, il est moins sûr qu’elle soit complète et qu'il n’y ait pas là communication entre les cavités pharyngienne et cloacale. Elle est pourvue d'un puissant système musculaire formé de muscles circulaires (35, fig. i, mer.) et de faisceaux radiaires ( mcl . et me/'.) (*).
La branchie est formée de deux lames adossées qui, à l’insertion sur le disque, se séparent et vont tapisser les deux faces du corps, laissant entre elles et la paroi externe un étroit espace qui représente la cavité du corps. Au niveau de l’espace compris entre l’orifice œsophagien et l’orifice cloacal, cet espace s’agrandit beaucoup pour donner asile aux
I1) On peut distinguer à la hranchic deux portions, une centrale épaisse, et une périphérique. mince, celte dernière correspondant à la partie marginale du disque et s’étendant dans les bras. La portion épaisse a la forme d'une étoile à huit pointes et de ces pointes partent autant de forts faisceaux musculaires interadiaires qui, après un court trajet, so divisent en deux branches qui se portent dans les deux bras adjacents pour se joindre à leur sommet aux branches similaires venues des muscles voisins. Le système circulaire se compose d'un puissant anneau qui passe au niveau de la bifurcation des faisceaux radiaires, sur la face buccale de ceux-ci, et île nombreux faisceaux concentriques (pii, dans les bras, s'étendent entre les deux muscles radiaires qui en occupent les bords. Sur la face buccale de la branchie, Heudman a trouvé de nombreuses petites dépressions qu’il compare à des trémas, mais qui sont imperforées au sommet. Entre les origines proximales des faisceaux radiaires, la membrane branchiale, très mince, s'affaisse en nid de pigeon [p.\ vers la cavité cloacale, mais Moseley n'a pu trouver d'orifice au fond de ces culs-de-sac. Quant à la partie brachiale de la branchie, elle était si mal conservée sur tous les échantillons qu’il est difficile de savoir comment elle est constituée. Moseley inclinerait peut-être à croire qu’il y a là comramunieatiou entre le pharynx et le cloaque, mais Herdman est d'avis que la séparation est partout complète. D’après lui, l’animal pourrait, grâce à la pression extrême des profondeurs où il habite, respirer suffisamment par simple contact de l’eau avec sa branchie, sans circulation spéciale du liquide autour d'elle. Sur beaucoup d’autres points les renseignements donnés ici reposent sur des observations incomplètes ou sur des hypothèses qu’il serait utile de vérifier.
206 UROCORDES — THAL1ÉS
viscères qui constituent le nucléus saillant dans la cavité cloacale.
L'orifice œsophagien (35 ,fig. 3, o. ce.) se trouve au fond du pharynx, à la partie supérieure de ce nucléus.
Un endostyle (35, fïg. 1, 3 et 4, £.) s'étend sans doute depuis la bouche jusqu’à l’orifice œsophagien, mais il n’a pu être observé entier. On n’a vu que son origine dans une espèce (depuis la bouche jusqu’à la partie la plus élevée du pharynx, visible du dehors par transparence sous la forme d’une large strie) et que sa terminaison dans l’autre (sous la forme d’un petit sillon s’étendant de l’orifice œsophagien sur la branchie, sur une faible longueur, en sorte que le trajet que nous lui assignons est partiellement hypothétique). L’œsophage conduit à un estomac (35, fïg. 3, es.) d’où part un intestin qui va s’ouvrir (an.) dans le cloaque près de son orifice de sortie. Dans l’anse digestive sont logées deux glandes, un ovaire (35, fïg. 4, ov .) et un testicule (tes.). Entre la bouche et l’orifice œsophagien, au côté inférieur de la cavité pharyngienne se trouve l’orifice d’un petit organe vibratile (35, fïg. 3 , tv.) qui conduit, sous la forme d’un canal cilié, à une masse arrondie qui ne peut être que la glande prénervicnne. A côté de celle-ci est le ganglion nerveux (G. n.).
Ce singulier animal se rapproche plus des Salpes que de tout autre être connu. On peut le considérer comme une Salpe dont la bouche serait descendue très bas sur la face dorsale, augmentant énormément la longueur de la face ventrale aux dépens de la dorsale, et qui, en même temps, se serait très fortement aplatie dorso-ventralement. Mais en outre de ces modifications, de l’ordre de celles que l’on rencontre dans tous les groupes, il faudrait admettre que la bandelette branchiale s’est transformée en une cloison complète et que l’animal, quittant la surface pour tomber au fond des abysses, s’v est fixé et a subi sous l’influence de ces conditions nouvelles les modifications de structure qui font sa différence avec les Salpes de la surface.
Ni Moseley, ni Herdman ne savaient rien de l’existence d’une forme bourgeonneante ni du cycle évolutif. Metcalf [93] a trouvé sur les côtes de la Patagonie, par 1050 brasses, une forme assez semblable mais agrégée qu’il suppose être une espèce voisine (O. palagoniensis ), sinon même la forme agrégée de l’espèce (O. bythius) décrite par les auteurs précédents. La forme (lig. 155) est beaucoup plus élevée et rappelle celle d’une marmite; l’animal qui mesure 4 l/2cm de haut est fixé par la base au moyen de fibres fines et serrées qui garnissent la surface en ce point; l’extrémité opposée dilatée en entonnoir est munie de huit tentacules divergents entourant la bouche (b.) et montre, au fond de l’infundibulum représentant le pharynx (ph.), l’orifice œsophagien (ce.) légèrement excentrique. La paroi latérale de l’infundibulum pharyngien représente la paroi branchiale d’O. bythius et est imperforée. La cavité située au-dessous figure un vaste cloaque qui s’ouvre en haut entre deux tentacules, dans le même interradius que
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O CT A CNEMIDÆ
an., anus;