CONCLUSION
conque. Toujours cette lignée directe est formée d’êtres hypothétiques auxquels les formes réelles se rattachent latéralement. 11 y aurait même là une grosse objection à faire par les adversaires de la descendance et nous avouons qu’elle nous a souvent inquiétés. Mais il nous semble y avoir à cela une explication très naturelle que nous avons souvent indiquée dans nos cours, et que Biioors a développée dans sa très suggestive étude sur l’origine des Tuniciers actuels. Il rappelle que Walcott a trouvé dans le Cambrien inférieur d’Amérique 141 espèces dont 4 appartiennent aux Eponges, 2 aux Hydraires, 9 aux Coralliaires, 1 aux Echinodermes, 29 aux Brachiopodes, 3 aux Lamellibranches, 13 aux Gastéropodes, 15 aux Ptéropodes, 59 aux Crustacés (dont 51 aux Trilobites) et, en outre, des empreintes qui ne peuvent être que des pistes de Crustacés ou de Vers. Ainsi la plus ancienne couche fossilifère connue nous montre des représentants de presque toutes les classes d’invertébrés. Cela démontre l’existence d'une longue période antérieure à celle sur laquelle la Paléontologie peut nous fournir des renseignements et dans laquelle ont pris naissance presque tous les types actuels. Parmi ces êtres, dont les formes resteront toujours un mystère, devaient se trouver les ancêtres sans squelette des Vertébrés actuels. Est-il étonnant, dès lors, que les formes de transition réelles entre les grands types du règne animal ne soient pas mises sous nos yeux par la Paléontologie?
D’autre part, nous n’avons aucun critérium qui nous permette de reconnaître les formes qui pourraient avoir persisté sans se modifier depuis les temps précambriens. Enfin, l’embryogénie, si elle est une copie de la phylogénèse, n’est qu’une copie extrêmement déformée et nous n’avons aucun moyen sûr d’apprécier la signification réelle des indications mélangées qu’elle nous fournit.
Dans ces conditions il est peut-être permis de chercher à se représenter, avec quelques chances de succès, les grandes lignes de la descendance. Nous avons indiqué celle qui nous paraît probable pour les Vertébrés. Les faits rappelés plus haut nous permettent aussi de nous figurer l’arbre généalogique général, non comme on fait d’ordinaire, sous la forme d’un sapin émettant des branches dans toute la hauteur de sa tige, mais plutôt sous celle d’un de ces arbres des tropiques, dont toutes les maîtresses branches partent séparément du sol.
Mais n’est-il pas insensé de prétendre poursuivre dans le détail l’évolution ancestrale d’une forme quelconque?
C'est une occupation qui peut avoir un certain charme que de chercher à conduire une forme donnée jusqu’à son ancêtre primitif supposé, en la maniant comme une cire malléable pour lui donner successivement la figure de tous les ancêtres intermédiaires qu'on lui suppose : on déplace les organes, on les fait chevaucher les uns sur les autres, on atrophie ceux qui gène, on développe les rudiments de ceux dont on a besoin et finalement on reconstitue une évolution complète ou pas un détail ne manque. Encore une fois, c’est un passe-temps agréable et
PROCOKDÉS
permis. Mais ce qui paraît invraisemblable, c’est qu’après avoir imaginé tout cela on puisse croire un instant que l’on a rencontré la vérité!
A propos de tentatives analogues pour imaginer une structure du protoplasme et des produits sexuels qui permit d’expliquer les grands phénomènes biologiques, l’un de nous (*) faisait remarquer qu’il était insensé de prétendre deviner dans le menu détail les structures protoplasmiques ultra-microscopiques, quand l’expérience nous montrait qu’aucune des structures relativement grossières que le microscope nous a dévoilées n’avait été soupçonnée avant d’être vue. À-t-on deviné la cellule, son noyau, les chromosomes, leur division longitudinale, les centrosomes, le fuseau, etc., etc.?
De même, en ce qui concerne la phylogénèse, avait-on prévu l’Archéoptéryx, l’Ammocète, l’Amphioxus, le Péripate, l’œuf de l’Echidné, etc., etc.? Et l’on voudrait reconstituer les traits et l'organisation des formes ancestrales primitives avec les infimes indices qu’elles ont laissés de leur existence!
Acceptons les recherches entreprises dans cette direction à cause des résultats détournés auxquelles elles conduisent sans les avoir cherchés, mais ne nous faisons point d’illusion sur leur inanité par rapport au but principal.
(’) Y. Uelage^ La structure du protaplasma et les théories sur l'hérédité et les grands problèmes de la biologie générale . page 740 (xvi-873 p., in-8. Paris, Rein walil, 4895.)
Tableaux synoptiques de la classification des Procordés
Rappelons pour l’intelligence de ces tableaux que :
La désinence
ia indique les
classes ;
iæ
sous-classes ;
ida —
ordres ;
idæ —
sous-ordres ;
in a —
tribus ;
inæ —
familles ;
ea, eæ, etc. —
groupes hors cadre
Les nombres entre parenthèses renvoient aux pages où il est question (les groupes correspondants.
lre CLASSE. — HEMICH O RD IA .
Vermifonnes; corps divisé en 3 segments primitifs, trompe, collier et tronc, contenant autant do compartiments séparés de la cavité générale, ceux de la trompe et du collier communiquant avec le dehors; tronc présentant une métamérisation qui porte seulement sur les organes respiratoires et génitaux ; notocorde limitée à la trompe et se présentant sous la forme d’un diverticule creux du pharynx; pas de cavité atriale : système nerveux central limité à la portion dorsale du collier; tube digestif rectiligne, anus terminal; mœurs et habitat des Annélides
Un seul grand genre, Balanoglossus, subdivisé en 5 genres plus restreints
Balanoglossus.
Glandiccps.
Spengclia.
Sch izocardium .
Ptychodcra.
2e CLASSE. — CEPHALOCHORDIA.
Pisciforme; ni membres, ni mâchoires; une nageoire continue, dorsale, caudale et ventrale, mais immobile; corps non divisé en segments, mais présentant dans tous ses organes une disposition métamcrique très accentuée, bien que non concordante dans tous; corde dorsale s'étendant dans toute la longueur du corps, du bout de la queue à l’extrémité de la tète; tube digestif rectiligne, anus ventral; une vaste cavité atriale communiquant avec le dehors par un pore ventral; nageant et se cachant dans le sable (68).
Un seul genre Amphioxus.
3° CLASSE. — UROCHORDIA.
Forme utrieuleuso par suite do la disparition chez l’adulte (sauf dans le petit groupe des Appendiculari.v) d'un prolongement caudal qui contenait la corde dorsale, mais dans lequel les viscères ne se prolongeaient point : corps recouvert d’uno tunique cellulosique; pharynx branchial énorme dans lequel les fentes branchiales présentent une disposition métamérique; tous los autres organes non métamériques; un vasto atrium s'ouvrant dorsalement ou en bas; tubo digestif contourné, à anus supéro-dorsal ; système nerveux réduit chez l’adulte à un ganglion dorsal prolongé en un fin cordon descendant; libres et pélagiques ou fixés par la face ventrale (132).
I. AP P EN DI C ULARIÆ, Formes inférieures pélagiques à caractères larvaires, à queue et à corde persistantes, sans atrium ni trémas; pharynx communiquant avec le dehors par une simple paire d’orifices expirateurs; anus ventral s’ouvrant directement au dehors; habitant une capsule creuse formée par la tunique détachée do l’épiderme (155). .