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MÉTAMORPHOSE ET MIGRATION DES UNIONIDÆ

ne disparaissent que très tard et le dernier persiste parfois définitivement. On ne voit pas encore comment rattacher ces dispositions à l'organisation métamérique primitive des Mollusques. On peut rapprocher ce phénomène d'apparition tardive des ceintures ciliées, des phénomènes analogues que présentent certains, Polychètes (Nerillu antennata) où les ceintures ciliées ne se montrent aussi qu'à une période tardive du développement, comme des organes héréditaires qu'une adaptation embryonnaire particulière à fait momentanément disparaitre !.

Quelquefois la coquille, au lieu de disparaitre, subit d'intéressantes modifications et revêt successivement les caractères de plusieurs senres. Chez les Fissurella (Gg. 1542) la coquille exogyre (n°° { et 2), dont l'apparition momentanée a, d'après ce que nous venons de dire, une importance primordiale, est ornementée d'arborescences irrégulières, lisses, disposées en lignes héliçoidales ; la torsion caractéristique des Gastéropodes la ramène à l’enroulement endogastrique (n° 3) et, à partir de ce moment, commence à se constituer une coquille ornée de côtes longitudinales, tout à fait différente d'aspect de la coquille primitive dont elle demeure d’ailleurs très nettement délimilée (n° 4); à mesure que cette coquille se développe, elle revêt successivement les caractères des genres Emarginula à fente marginale {n° 5), Rimula à trou latéral (n° 6), avant de revêtir ceux de Fissurella à trou apical. Pendant qu’elle évolue ainsi, le tortillon se réduit et la coquille restante est alors symétrique par rapport à un plan. Les Lamellaria ont de même tout d'abord des coquilles de Calcurella (fig. 1543) ou Echinospira. Très souvent d’ailleurs la coquille embryonnaire présente des caractères très spéciaux, différents de ceux des coquilles adultes et qu'il est possible de reconnaitre par suite de la nef 050 lives miel conservation fréquente chez celles-ci de la coquille econque(Calcarella) coquille de Cyembryonnaire qui constitue leur nucleus. Souvent 2/47 (da præutestutinarte. aussi l'ouverture des jeunes coquilles est différente de celle de l'adulte; leur labre est généralement tranchant, alors même qu'il devra plus tard se recourber soit en dehors, soit en dedans (Cypræa, fig. 1544), ou qu'il présentera des ornementations diverses.

Métamorphose et migration des Unionidzæ.— Par une exception unique jusqu'ici parmi les Lamellibranches, le développement des UNIONIDÆ s’accomplit en deux stades caractérisés chacun par une forme larvaire particulière; en outre la métamorphose se complique ici d'une migration. Les œufs pondus au printemps ou en été passent dans l'espace interfoliaire de la lame branchiale interne et de là dans celui de la lame externe, par l'extrémité postérieure de la branchie où ces deux espaces communiquent. Le développement s’accomplit d'une facon normale et aboutit à la formation d'une larve sans branchies dont la coquille bivalve, munie d'un puissant adducteur antérieur, présente un crochet saillant. Sur le bord ventral de chaque valve, au-dessus de l'invagination stomodéale, se dresse un long filament qui se prolonge jusqu'au muscle adducteur, et en fait plusieurs fois le tour; des fais-

près Souleyet).

1 SOPHIE PEREYASLAWZEWA, Mémoire sur l’organisalion de la Nerilla antennata. Ann. sc. nat., 3° série, t. 1, 1896.

ceaux de soies irrégulièrement disposés en ceinture prébuccale, deux enfoncements symétriques placés un peu au-dessous du stomodæum et une plaque ciliée postérieure, achèvent de caractériser cet embryon désigné sous le nom de Glochidium. Les Glochidium (fig. 1545) hivernent dans les branchies de la mère. Au printemps ils s’échappent par l'orifice efférent, et nagent en faisant battre leurs valves, à la facon des Limes, jusqu'à ce qu'ils arrivent au contact des nageoires ou des branchies d’un poisson, ils s’y fixent alors et s’enkystent. Durant leur enkystement, ils acquièrent un pied, des otocystes, des branchies; l’invagination stomodéale s'ouvre dans la cavité archentérique; bien plus tard le proctodæum se constitue, tandis que les invaci 20re PE ne ginations sous-buccales prennent part à la formation ristique; py, glande; e, coquille; des tissus internes. Le bord du manteau se constitue h,ses crochets marginaux; rs,valve . arte ae

droite: {s, valve gauche ;m,musele à DeUf; la plaque ciliée postérieure et le filament

PER des valves; s, soies; disparaissent; la forme des valves se modifie sans

s nécessiter un renouvellement de celles-ci. Au moment où il quitte son hôte, le jeune Mollusque n’a pas encore de lame branchiale externe; celle-ci n'apparait que la troisième année et la maturité sexuelle au bout de cinq ans.

Développement des Céphalopodes. — En raison de l'énorme quantité de vitellus qu'ils contiennent, non seulement les œufs des Céphalopodes ne se segmentent que partiellement, mais encore le mode de formation des feuillets embryonnaires est notablement modifié, et la structure de l'embryon est elle-même altérée. La segmentation n'aboutit pas à la formation d’une gastrula, mais à celle d’une aire cellulaire exodermique, le disque germinatif, occupant le pôle aigu de l'œuf. Ce disque s'étend encore sur presque tout le pourtour du vitellus chez les OEGorsipa !; il se réduit de plus en plus, proportionnellement au vitellus, des Argonauta, aux Loligo et aux Sepia (1546). Des bords du disque exodermique nait une couche cellulaire qui s'étend à la fois sous le disque et en dehors de lui, fournissant par la prolifération aclive de ses éléments de nombreux noyaux qui se répartissent autour de la masse vitelline et finissent par constituer autour d’elle une membrane continue. La partie de cette couche située au-dessous du disque germinatif constitue un ento-mésoderme. A sa partie postérieure il produit une sorte de gouttière ouverte du côté du vitellus ? dont elle est séparée par la membrane périvitelline; cette gouttière est le premier rudiment de la région du tube digestif qui se transformera en estomac et en intestin. De chaque côté de cette cavité, à droite et à gauche, se développe une lame de cellules qui semble en continuité avec le mésoderme et qui formera, en se reployant, un diverticule hépatique. Les deux diverticules se fusionneront plus tard pour constituer le foie unique de l'adulte. Comme d'habitude, des invaginations exodermiques constituent l'æsophage et le rectum. La bouche se forme, en général, près du bord antérieur du disque germinatif. Sur celui-ci se différencient successivement, formant un corps

1 GRENACUER, Zur Entwickelung der Cephalopoden. Zeitseh. f. w. Zoologie, t. XXXIV, 1874. 2 L. ViaLLETON, Recherches sur les premières phases de développement de la Seiche.

Annales des sciences naturelles, T° série, t. VI, 1888.

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