SINUS SANGUINS
L’épithélium interne du tube digestif est cilié chez les Hæmopis.
Le rectum s'ouvre toujours du côté dorsal, en avant de la ventouse postérieure, en des points qui ont été indiqués p. 1734.
Cavité générale; ses rapports avec l'appareil circulatoire. — Appareil circulatoire des Branchiobdella. — La cavité générale des Branchiobdella ne diffère en rien d’essentiel de celle des autres Vers annelés ; aussi, chez çes animaux, trouvet-on un appareil vasculaire complètement clos, comparable à celui des Oligochètes. Un vaisseau ventral est accolé à la chaine ganglionnaire; ce vaisseau émet, en avant du cerveau, une paire de branches qui, se réunissant sur la ligne médiane dorsale, donnent naissance à un vaisseau dorsal, contractile, impair. Ce vaisseau passe au-dessous des ganglions cérébroides, émet aussitôt après une paire d’anses latérales, puis successivement quatre autres paires qui vont se jeter dans le vaisseau ventral et une 5°, à la naissance de la région stomacale. Les trois premières de ces anses correspondent à la région pharyngienne du tube digestif. Le vaisseau dorsal peut ensuite êlre suivi jusque vers le milieu du corps, où on le perd dans le revêtement glandulaire de l'intestin. Au niveau des ovaires et à l'extrémité postérieure du corps, le vaisseau ventral émet des branches ascendantes dont les rapports avec le vaisseau dorsal, s’il se prolonge jusqu'à elles, demeurent encore incertains.
Chez toutes les autres Hirudinées, la cavité générale est plus ou moins oblitérée par des tissus conjonctifs et musculaires, et il ne reste libre que des espaces en forme de canaux, des sinus, les uns longitudinaux, les autres transversaux, qui contiennent certains organes, tandis que les autres sont situés dans des espaces sphéroïdaux en communication avec les sinus canaliformes. Ces sinus peuvent être d’ailleurs plus ou moins envahis par le tissu conjonctif, qui les remplit d'une sorte de trame spongieuse, et finit par les oblitérer, de sorte que la position des sinus et leur nombre varient d’un type à l’autre. A la rigueur, l'existence de pareils sinus rendrait inutile un appareil circulatoire. Get appareil persiste cependant, au moins en partie, mais au lieu d'être complètement clos comme chez les Branchiobdella, il se met toujours en communication avec les sinus, soit directement (RHYNCHOBDELLA), soit par l'intermédiaire des tissus bothryoïde et fibro-vasculaire décrits tout à l'heure. L'appareil circulatoire des Hirudinées comprend donc deux systèmes de canaux communiquant entre eux : 1° des sinus canaliformes, dépourvus de contractilité et correspondant à la cavité générale des autres Vers annelés; 2° des canaux contractiles correspondant aux vaisseaux de ces animaux. Ces deux systèmes seront décrits séparément.
Sinus sanguins. — Chez la Pontobdella (fig. 1193, n° 3), que l’on peut prendre comme type des ICHTHYOBDELLIDEÆ, il existe deux sinus longitudinaux médians, l'un dorsal, l'autre ventral, Le sinus ventral se jette en avant dans un vaste sinus qui entoure le sac pharyngien, le cerveau et la partie antérieure de la chaine nerveuse; auparavant il donne naissance à deux branches qui se dirigent vers le dos, où elles se réunissent sur la ligne médiane pour constituer le sinus dorsal; en arrière, ce dernier se résout en un système de lacunes. Le sinus ventral contient la chaine nerveuse; au niveau des ganglions, il donne naissance à des branches latérales, les sinus dorsaux-ventraux, dans lesquelles s'engagent les nerfs issus des ganglions; ces branches se ramifent, et finalement vont s'ouvrir dans le sinus dorsal. Vers
1749 HIRUDINÉES.
le milieu de leur trajet, les sinus dorsaux-ventraux présentent chacun une dilatation sphérique, un peu au delà du point où la branche nerveuse s’est dégagée du sinus ; c’est la dilatation néphridienne, dans laquelle s’ouvre le néphrostome ; le sinus se divise ensuite en deux branches, dont l’une se rend directement au sinus dorsal, tandis que l’autre, passant en avant, se dirige vers le testicule, se dilate pour former autour de lui un sinus testiculaire, puis reprend son calibre et se rend finalement, elle aussi, au sinus dorsal. Les Piscicola et Branchellio présentent vraisem blablement des dispositions analogues à celles des Pontobdellu.
Aux deux sinus dorsal et ventral s'ajoutent chez les Glossosiphonia (fig. 1193, n° 1) et les Branchelliopsis, deux sinus latéraux qui courent sur toute la longueur du corps,
Fig. 1193. — Coupes transverses d’Hirudinées. 1, Glossosiphonia. — ?, Herpobdella, — 3, Pontobdella. — 4, Hirudo. — a, canal alimentaire; f, testicules; o, ovaires ; n, chaîne ventrale; f, pavillon néphridien: na, néphridiopore; ds, sinus dorsal; vs, sinus ventral; /s, sinus latéraux; dv, vaisseau dorsal ; wv, vaisseau ventral; /v, vaisseaux latéraux (d’après Bourne).
et communiquent librement, en avant et en arrière, avec les deux sinus médians; en outre, l'intervalle compris entre les quatre sinus et le tube digestif est occupé par une sorte de tissu lacunaire, dans lequel il est impossible de discerner avec certitude la disposition des parties qui doivent correspondre aux sinus dorsolatéraux des Pontobdella. On sait cependant que ces parties sont représentées par de nombreuses paires de sinus transverses qui font communiquer le sinus ventral avec ces sinus latéraux. D'autre part, le sinus ventral contient la chaine nerveuse, les ovaires, les néphrostomes, c'est-à-dire une partie des organes que contenaient les sinus dorso-latéraux des Pontobdellu.
Chez les HiruDINIDE (fig. 1193, n° #4), il n’y a aucune trace des sinus latéraux; les deux sinus dorsal et ventral ne communiquent entre eux qu’à leur extrémité postérieure; les testicules et les néphrostomes sont entourés également de sinus qui communiquent avec le sinus ventral, mais non avec le sinus dorsal, de sorte