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LES ANIMAUX FIXÉS

femelles (fig. 452 et 453), comme si elles étaient le résultat d'une adaptation tardive et héréditaire. À cet égard, les Rhizocéphales, parasites des Crustacés décapodes, sont particulièrement remarquables comme exemple de transformation en parasite d’un animal destiné à être fixé, tel qu'un Cirripède.

Le même genre de vie pouvant produire sur des animaux originairement très différents des modifications similaires, ces animaux arrivent quelquefois à présenter entre eux, au moins extérieurement, une ressemblance suffisante pour qu'on y ait

Fig. 452. — Mâle et femelle de Chondracanthus gibbosus, Fig. 453. — Màle du Chondracanthus gibbosus grossi environ six fois. — «@, femelle vue de côté. à, fe- fortement grossi. An', antennes recourbées en melle vue par la face ventrale avec le mâle 77, fixé sur crochet; Æ" Fr, les deux paires de pattes; elle; An', antennes antérieures ; /” F", les deux paires A, œil; Oe, œsophage; D, tube digestif; de pattes; Ov, ovisacs tubuleux. . M, pièces de la bouche; 7, testicule; Vd,

canal déférent; Sp, spermatophore.

pu voir les signes d’une étroite parenté. C’est ainsi qu'en raison de leur commune infériorité, Cuvier avait placé les Helminthes parmi les Zoophytes et que l’on a longtemps compris sous ce nom d'Helminthes des animaux absolument dissemblables : les Lernéens qui sont des Crustacés, les Linguatulides qui sont des Arachnides, les Acanthocéphales, les Gordiacés, les Nématodes, peut-être alliés eux aussi aux Arthropodes, mais bien différents les uns des autres, et de plus les Trématodes et les Cestoïdes qui sont franchement des Vers. Ce n’est pas seulement le parasitisme qui produit de telles ressemblances. La formation d’une coquille, la fixation au sol ont donné lieu à des rapprochements pareils. C'est ainsi que les Cirripèdes ont été pris pour des Mollusques, que les Tuniciers et les Brachiopodes ont été rapprochés des Lamellibranches, erreurs analogues à celles que commet le vulgaire quand il appelle, pour les mêmes raisons, les Cétacés des Poissons et les Chauves-Souris des Oiseaux. Ces ressemblances de détail sont souvent appelées ressemblances d'adaptation. Mais cette expression signifie seulement que les ressemblances constatées résultent de l'adaptation à une même fonction d'organes secondaires, les membres par exemple, tandis que les organes principaux, tels que ceux de la circulation et de la respiration, demeurent profondément

différents. On s’exposerait à lui donner une interprétation erronée si l’on en con- PERRIER, TRAITÉ DE ZOOLOGIE. 22

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