TABLEAU
INDIQUANT LE DOUBLE MODE DE PASSAGE DES OSTÉOZOAIRES AUX ACTINOZOAIRES D'APRÈS DE BLAINVILLE (1822)
Sous-Règne 1. — ARTIOZOAIRES OU ANIMAUX PAIRS. Type I. — OSTÉOZOAIRES ou Vertébrés.
Sous-Type I. — VIviPARES.
Homme.
Pilifères ou Mammifères.
Sous-Type Il. — Ovipares.
Pennifères ou Oiseaux.
Squammifères ou Reptiles.
Nudipellifères ou Batraciens.
Pinnifères ou Poissons.
ANOSTÉOZOAIRES Type II. — ENTOMOZOAIRES ou Type If. — MALACOZOAIRES Sous-Type.
Hexapodes ou Insectes. MALENTOZOAIRES | Céphalophores. Octopodes ou Arachnides.
Acéphalophores.
Décapodes Hétéropodes ou Crustacés. Palliobranches.
Dtséranodes 2e &..| Lamellibranches.
Myriapodes. a S. S
À PSE
Chétopodes ou Vers. CS FS \pod KE & ÈS
Annélidaires. Hétérobranches ou Ascidies.
Sous-Règne II. — ACTINOZOAIRES OU ANIMAUX RAYONNEÉS.
Cératodermiaires ou Échinodermes.
Arachnodermiaires ou Méduses.
Zoanthaires ou Actinies.
Polypiaires ou Polypes simples.
Zoophytaires ou Polypes composés.
Sous-Règne III. — AMORPHES.
Spongiaires.
Monadaires ou Infusoires.
Dendrolithaires ou Corallines.
Il était assez facile de transporter dans la classification de Cuvier les améliorations proposées par de Blainville, et comme l’un et l’autre étaient, au fond, d'accord sur la question de l'espèce, aussi bien que sur celle de l'existence de types organiques, on ne peut considérer de Blainville comme ayant donné de la méthode une formule nouvelle. Au contraire, en fournissant par son idée de la dégradation des types un moyen de rattacher aux têtes de lignes des embranchements de Cuvier un grand nombre de formes aberrantes, il donne plus de force à ce mode de division du Règne animal. Richard Owen, Audouin, et surtout Louis Agassiz se sont faits les défenseurs de la théorie de l'existence de types organiques distincts, incarnant chacun une même pensée créatrice, variée seulement dans le détail. L'existence de types organiques ne saurait, en effet, être mise en doute. Ün même type s’accuse nettement dans la position relative du tube digestif et du système nerveux chez tous les Vertébrés, et chez tous ceux qui possèdent un squelette osseux, dans la constitution de la tête et des membres, dans celle même de la colonne vertébrale, bien qu'ici le nombre des parties soit variable. [Il est également facile, étant donné le système nerveux d’un Gastéropode prosobranche siphoné, de déduire de ce système celui de tous les Gastéropodes et d’y rattacher même celui des autres Mollusques. Tous les Insectes, tous les Crustacés du sous-ordre des Malacostracés sont si bien construits sur le même plan que les animaux si nombreux appartenant à chacun de ces embranchements ont respectivement le même nombre de segments; il suffit d'éliminer les questions de nombre pour qu’il demeure facile de rattacher à ces deux types tous les Arthropodes. On peut en dire autant des Échinodermes dont Cuvier ne faisait qu'une classe de ses Zoophytes. On comprend d'autant mieux qu’en prenant pour point de départ les Vertébrés osseux, les Gastéropodes prosobranches, les Insectes, les Échinodermes, on puisse avoir l'impression qu'il existe réellement quatre grands types organiques qu'on retrouve chez certains Vers la métaméridation du corps que les Insectes présentent à un si haut degré; de même les Méduses, les Coralliaires rappellent la structure rayonnée des Échinodermes. Cependant il est déjà difficile de découvrir des ressemblances très étroites entre les formes élevées d'où les caractères des embranchements ont été déduits et les formes inférieures ou dégradées de plus en plus nombreuses qu'on en rapproche quelque peu arbitrairement. En Allemagne se manifeste une tendance à démembrer les embranchements de Cuvier; Siebold et Stannius séparent, comme de Blainville, les Infusoires des Rayonnés el en font l’embranchement des PROTOZOAIRES ; ils séparent de même les VERS des ARTHROPODES et constituent pour eux un embranchement distinct (18#5); Leuckart accepte cette modification; de plus il substitue aux XAYONNÉS deux embranchements nouveaux, celui des ÉCHINODERMES et celui des COELENTÉRÉS. Ce dernier comprend les Polypes qui n’ont pas de tube digestif à parois distinctes de celles du corps; on leur adjoindra bientôt les Éponges.
Ce sont là des réformes, pour ainsi dire, nécessaires. Elles brisent cependant certains rapports que Cuvier considérait comme parfaitement naturels et qui, étant donnée la théorie des types, doivent être indiqués dans la méthode. Henri Milne Edwards à concilié ces différents points de vue dans une classification où il conserve les quatre embranchements de Cuvier, mais où il divise chacun d’eux en deux sous-embranchements qui, à la vérité, ne correspondent pas exactement aux embranchements nouvellement proposés des VERS et des PROTOZOAIRES. H. Milne
Edwards rapproche, en outre, les Bryozoaires des Tuniciers et en fait le sousembranchement des MOLLUSCOIDES. Sa classification peut se résumer comme il suit :