‹ Traité de zoologie (volume 5)Chapitre 169 sur 396 · I. EMBRANCHEMENT SPOROZOAIRES · texte numérisé non relu

I. EMBRANCHEMENT SPOROZOAIRES

Périzoaires sans organes spéciaux de locomotion, à mouvements lents ou nuls, se reproduisant en général, à l'aide de spores; presque tous parasites.

Division en elasses. — La transition ne se fait pas brusquement des Rhizopodes aux Sporozoaires. Dans une première classe, formée surtout de parasites de la peau, des branchies et de divers organes internes des Poissons, le corps reste encore dépourvu de membrane et se meut à la facon d’un amibe; il n’y a pas d'enkystement; les spores de formation endogène sont pourvues d’une enveloppe bivalve et présentent à leur intérieur un certain nombre de corpuscules urticants; ces animaux constituent la classe des MyxosporipiEes. Les membres de la seconde classe, celle des SARCOSPORIDIES, ont décidément une membrane d’enveloppe; leurs spores, en revanche, sont extrêmement simples; ils vivent en parasites dans les fibres musculaires striées des animaux à sang chaud. On peut constituer une troisième classe, celle des EXOSPORIDIES, pour des êtres enfermés dans une membrane d’enveloppe résistante, se reproduisant à l’aide de spores et de sporules, mais vivant en parasites externes de divers animaux d'eau douce. Enfin la quatrième classe, la plus importante de beaucoup, est celle des GRÉGARINIDES, parasites des éléments épithéliaux ou des cavités ouvertes d’un grand nombre d'animaux. Les Grégarinides, souvent d'assez grande taille, ont toujours une membrane d’enveloppe, s’enkystent et se reproduisent à l’aide de spores dans l’intérieur desquelles se forment des corpuscules plus petits, allongés, les corpuscules falciformes, qui reconstituent autant d'individus.

On ajoute quelquefois à ce groupe la classe des Microsporipies dont font partie les fameux corpuscules de Cornaglia qui déterminent chez les Vers à soie la maladie meurtrière connue sous le nom de pébrine. Il est possible que les Microsporidies soient des végétaux.

1 G, Bazerant, Leçons sur les Sporozoaires, 1884.

MYXOSPORIDIES. 459

[. CLASSE

MYXOSPORIDIES

Les Myxosporidies (Psorospermies des Poissons, des auteurs) sont parasites d'un petit nombre d’Invertébrés tels que l’Echinocardium cordatum, les Naïs, la Pyralis viridiana, et parmi les Vertébrés habitent en abondance la peau, les branchies et la plupart des organes internes des Poissons (Myxobolus Mülleri, des Cyprins). Le système nerveux parait seul jusqu'ici en être exempt. Les Myxosporidies des téguments se logent dans des pustules de 2 ou 3 millimètres de long, souvent saillantes à la surface du corps; on les y trouve enfermées dans une membrane plasmatique dont l’origine est inconnue et qui appartient peut-être à leur hôte. Les pustules en question contiennent des êtres de forme et de grandeur très variable (de 67 à 300 &.), dépourvus de membrane d’enveloppe, mais dont le protoplasme dans les grandes espèces peut se décomposer en un ectosarque et un entosarque. Ce protoplasme est capable, au moins dans certains cas, d'exécuter des mouvements amiboïides (Myxidium Lieberkuhni, de la vessie natatoire du Brochet) et même de produire sur toute sa surface de fins et rigides pseudopodes (même espèce). Il contient de fines granulations sraisseuses, solubles dans l'alcool, et des cristaux d'hématoidine. Il présente, en général, plusieurs corps nucléaires. Ces corps nucléaires sont les points de départ de la sporulation qui se produit, pour une espèce donnée, chez les individus de toute taille. Autour d’eux se différencie une petite masse sphérique de protoplasme qu’on peut appeler sporoblaste. Le noyau de chaque sporoblaste se divise chez le Myxidium Lieberkuhni en 6 petits noyaux, tandis que le sporoblaste lui-même s’entoure d’une fine membrane.Son protoplasme se condense alors légèrement et se divise en deux masses trinucléées dont chacune constitue finalement une spore fusiforme, contenant trois noyaux placés en ligne droite l'un au-dessous de l’autre. Tandis que se forme la membrane de cette spore, les noyaux qui avoisinent les pôles s’amoindrissent et disparaissent; mais auparavant il s’est constitué au voisinage de chacun d'eux un corpuscule opaque, le corpuscule polaire. Ces spores ont environ 20 & de longueur.

Chez les diverses espèces, la forme et la dimension des spores décrites d’abord comme des êtres indépendants sous le nom de psorospermies, sont très variables; leur longueur peut tomber à 8 v, et leur forme peut être ovoide, ou discoïdale ; leur enveloppe est généralement formée de deux valves, entièrement séparables sous l’action de l’acide sulfurique, entre lesquelles se trouve une ouverture au moins à l’un des pôles; elle se prolonge assez souvent en un appendice caudal simple ou bifurqué. Mais le trait le plus intéressant de leur organisation est la présence à leur pôle aigu quand les pôles sont dissemblables, à leurs deux pôles quand ils sont semblables, des corpuscules polaires. Ces corpuscules sont au nombre d’un ou deux à chaque pôle. ls sont de forme ellipsoidale. Chacun d’eux contient un délicat filament enroulé en hélice, qui se déroule subitement, et sort du corpuscule sous l’action de divers réactifs : les alcalis caustiques, la glycérine, etc., ou sous celle de la pression, de sorte que ces corpuscules présentent une frappante ressemblance avec les nématocystes que nous verrons bientôt si développés chez les Polypes. D’après les observations de Lieberkühn et celles de Balbiani, les spores müres s’ouvriraient pour livrer passage à leur contenu, masse amiboïde qui se transformerait directement en

Myxosporidies. Mais des observateurs plus récents ont signalé la formation de corpuscules falciformes à leur intérieur.

Genres : Myxobolus, Butschli. Parasite des branchies de divers Cyprins, M. Mülleri. — Myxidium, Bütschli. De la vessie natatoire du Brochet, M. Lieberkuhni.

Il. CLASSE SARCOSPORIDIES

Les Sarcosporidies sont parasites des fibres musculaires striées des Oiseaux (Poule, Corbeau, Merle, etc.) et des Mammifères (Souris, Rat, Porc, Chevreuil, #:J Chèvre, Mouton, Bœuf, Cheval, Magot, etc.).

Elles se trouvent parfois en prodigieuse quantité dans la chair du Porc. Ce sont des corpuscules allongés mesurant souvent plus d'un millimètre de long et pouvant chez le Chevreuil atteindre 20 millimètres, mais ne dépassant pas le diamètre de la fibre dans laquelle ils sont contenus. On les désigne souvent, du nom des naturalistes qui les ont signalés les premiers, sous les noms de corpuscules de Miescher ou de Rainey (fig. 485).

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Ces corpuscules sont couverts d’une membrane

N qui parait être poreuse et se couvre, dans des N circonstances mal connues, de prolongements

) en forme de soies, résultant peut-être d’une alté- 2 ration de sa substance. Leur protoplasme est ( NN hyalin, bourré de gouttelettes graisseuses entre 7) R lesquelles on aperçoit de nombreux globules \ h nucléaires. Ces globules sont d'abord indépendants; plus tard ils se rassemblent par groupes

entourés d'une membrane. Ces groupes peuvent

Fig. 485. — Sarcocystis ou Corpuscules de

Ra incs provenant dés amuseles du bec CIE DÉMIÈNES SOUS le nom de spores et leur con-

— a, un corpuscule dans l'intérieur d'une tenu sous celui de germes. On ignore ce que

0 nr a po ie deviennent les germes qui paraissent aptes à se

couche cuticulaire; B, amas de spores. diviser avant même d’être mis en liberté.

Quelques auteurs (Siebold, Leuckart, Pagenstecher, Kühne, Virchow) considèrent les] Sarcosporidies comme des champignons apparentés aux Chytridinées; mais cette opinion ne pourrait être adoptée, d’après notre critérium conventionnel, que si la membrane d’enveloppe de ces êtres était de la cellulose, ou une substance analogue, ce qui paraît peu probable.

Genre : Sarcocystis, des muscles du Porc.

IT. CLASSE EXOSPORIDIES

L'absence d’une membrane d’enveloppe de cellulose conduit aussi à regarder comme un animal l'Amæbidium parasiticum découvert par Lieberkühn en 1856, Get

GRÉGARINIDES. 461

être a la forme d’un petit cylindre atteignant jusqu’à 50 & de longueur; il se fixe sur la tige de certains Infusoires arborescents (Epistylis), ou sur la carapace des Crustacés d’eau douce (Asellus, Gammarus) et des larves de Cousins et d'Éphémères. Dans le contenu des cylindres est un protoplasme granuleux où nagent plusieurs noyaux et qui se divise à la maturité en un certain nombre de spores fusiformes. Les spores se développent directement en Amæbidium ou donnent naissance par division de leur contenu à des corpuscules amiboïdes qu’on peut appeler des zoospores. Mais l'intermédiaire des spores fusiformes est quelquefois sauté, et le contenu de l’Amæbidium se partage alors directement en corpuscules amiboïdes ou zoospores. Ces derniers, après s'être mus quelque temps, arrivent à une phase de repos durant laquelle ils sont sphériques et entourés d’une épaisse membrane transparente. Plus tard cette membrane s’amincit tandis que le protoplasme qu'elle contenait se divise en corpuscules allongés dont chacun reproduit un Amæbidium.

Les Grégarinides vont nous présenter des phénomènes de reproduction très analogues à ceux de l’'Amæbidium.

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