CHAPITRE ITI
MORPHOLOGIE INTERNE DIFFÉRENCIATION PHYSIOLOGIQUE DES PARTIES DU CORPS ORGANES ET APPAREILS
Identité des fonctions physiologiques dans les organismes des divers ordres de complication. — Nous avons vu dans le chapitre précédent que le corps des animaux, suivant quil est plus ou moins compliqué, peut être placé dans l’une des quatre catégories suivantes :
1° Les plastides, simples mélanges de substances sarcodiques ;
20 Les mérides, associations de plastides différenciés ou non;
3° Les zoîdes, associations de mérides dont l'autonomie peut présenter tous Îles degrés, depuis la complète indépendance jusqu’à la fusion complète ;
4° Les dèmes, associations de zoides, ou de mérides et de zoides, qui peuvent eux aussi présenter tous les degrés d'autonomie.
Ces catégories ne sont pas absolues. Tous les passages existent entre elles, et de plus les organismes qui appartiennent à la plus élevée, traversent, en général, toutes les autres, au cours de leur développement, avant d'y arriver.
Quel que soit leur degré de complication, les Animaux jouissent, en somme, des mêmes facultés, dont l'exercice constitue ce que le principe des causes finales a conduit à appeler leurs fonctions : ils se nourrissent, grandissent, Se transforment, respirent, excrétent, se reproduisent; de plus ils se meuvent, et sont affectés par le milieu extérieur de diverses façons, qui déterminent chez eux des réactions particulières : c’est en cela que consiste leur sensibilité.
Différenciation des substances sarcodiques dans un même plastide. — Dans toute une grande division du Règne animal, celle des Protozoaires, le corps est constitué par un seul plastide qui exerce simultanément toutes les facultés, mais dont les diverses parties sont susceptibles d'acquérir, dans certains groupes, un haut degré de différenciation. C’est ainsi que chez les Infusoires ciliés dont le corps est limité par une couche dense et ferme de substance vivante ou inerte, il existe un orifice, le cytostome, pour l’entrée des aliments dans le cytosarque, des lèvres mobiles pour les saisir, des projectiles minuscules, destinés à être lancés contre les proies vivantes (trichocystes), ou des cils vibrants disposés d'une manière spéciale pour attirer vers le cytostome les Bactéries et autres petits êtres dont beaucoup de ces
animaux font leur nourriture. Cet orifice est souvent suivi d'un tube maintenu béant par des épaississements de sa paroï, le cytopharynæ (fig. 88); l'eau chargée d'air, qui baigne déjà la surface du corps, peut arriver par son intermédiaire jusqu’à la substance vivante, la pénétrer et assurer ainsi sa respiration. Les déchets de la digestion sont de même rejetés par un orifice spécial, le cytoprocte, et un système de canaux parfois compliqué, aboutissant à une ou plusieurs vacuoles contractiles, conduit au dehors les excrétions proprement dites. Re de la multiplication est
QU y LL
LL, (ANS \\ 1} We 7j 104 ? Ces S NN UE / sd SXNY 7 DS < ? ca EOLEEEN = te — ne à LES
> de re À OA 9/0} ol lol TS Fig. 88. — Infusoire cilié (Chïlodon cu- Fig. 89. — a, Morula d'une Étoile de mer (Asterias Forbesii). — cullus) avec cytostome et cytopha- b, Blastula d’une Méduse (Aurelïa aurita).
rynx ÀV, nucléus et nucléole. Des
résidus de la digestion sortent par
le cytoprocte (d'après Stein).
maintenue par un acte spécial, la conjugaison, au cours duquel se développent parfois des appendices ou des orifices spéciaux. Des prolongements sarcodiques de formes variées, qui arrivent pour certaines espèces à être en nombre constant et à occuper une position déterminée (Sfylonychia, fig. 16, p. 10, et autres OXYTRICHID#), se différencient de manière à servir les uns à la marche, les autres à la natation, les autres au saut; des cordons sarcodiques spéciaux coordonnent leurs mouvements; il existe quelquefois des soies tactiles et certaines dispositions sont peut-être même en rapport avec la perception de la lumière ou de la chaleur. Les substances sarcodiques sont donc capables par elles-mêmes d'acquérir les propriétés les plus diverses sans cesser de demeurer groupées en un même plastide.
Quand des plastides s'associent pour constituer un méride, ils cessent en général de présenter cette variété de facultés. Quelques-unes de leurs propriétés semblent s’exagérer, tandis que d’autres cessent de se manifester, et comme ce partage entre les facultés qui deviennent actives et celles qui deviennent inactives se fait différemment d'un plastide à l’autre, les plastides associés peuvent se spécialiser en des sens très variables. On range encore parmi les Protozoaires les associations où les plastides n’atteignent qu’un faible degré de différenciation, comme les Radiolaires composés (Collozoum, Sphœærozoum, Collosphæra, Siphonosphœra), les Foraminifères pluriloculaires, les colonies de Flagellifères (Anthophysa, Codosiga, etc.), celles d’Infusoires ciliés (Zoothamnium, Epistylis, Carchesium, Anoplophrya, Hoplitophrya, Opalinopsis) ou d'Infusoires tentaculifères (Dendrosoma).
Différenciation des plastides dans un même organismes tissus; leurs différentes sortes. — Un grand nombre de Phytozoaires et d’Artiozoaires passent au cours de leur développement par une phase où tous leurs plastides se ressemblent et se disposent en une sphère mamelonnée et immobile (fig. 89, a), ou à surface lisse