‹ Traité de zoologie (volume 5)Chapitre 266 sur 396 · AGE · texte numérisé non relu

AGE

7 | LE) En É= Æ

cn \

Fig. 671. — Coupe verticale pratiquée à travers le disque du Rhizsocrinus lofotensis, d'après H. Ludwig. — X, chambre de l’organe cloisonné; À, stolon génital pénétrant dans l’organe cloisonné; Fo. prolongement de l'organe cloisonné avec toutes ses parties dans le pédoncule. BZ, RT(CD), Sti régions diverses des basales prises à tort par Ludwig pour l’ensemble du premier article du pédoncule, des basales et des premières radiales soudées ensemble, et dont les lignes ponctuées indiquent les prétendues limites; Bt, lrabécules de tissu conjonctif dans la cavité viscérale; BF, masse conjonctive calcifiée entre les basales; D, intestin buccal; D", intestin gastrique ; D", intestin terminal; Do, organe dorsal ; F, masse nerveuse autour de l'organe cloisonné et de son prolongement dans la tige; 7”, cordon nerveux radial; 7”, cordon nerveux interradial; Z, cavité viscérale; Lr, cavité viscérale radiane ; V, anneau nerveux sous-épithélial ; M, muscles; St, premier article du pédoncule; 7, tentacule.

Ces troncs occupent l'axe des pièces calcaires des bras; en face de chaque pinnule, ils émettent une ramification qui naît par deux racines et se prolonge jusqu'à l'extrémité des pinnules. Deux connectifs qui cheminent dans le tégument du disque (fig. 667 mn) unissent chaque tronc radial à l'anneau buccal profond. Les troncs brachiaux donnent naissance à deux catégories bien distinctes de nerfs : ies nerfs moteurs et les nerfs sensitifs !. Dans chaque article des bras et

1 E. Perrier, Recherches sur l’organisalion et le développement de la Comatule de la Méditerranée. Nouvelles Archives du Muséum d'histoire naturelle, 1886-1890.

des pinnules il y a au moins deux groupes de nerfs sensitifs qui naissent non loin des extrémités de l’article. Chaque groupe se compose de deux paires de nerfs qui se ramifient dans l’épaisseur même du tissu calcifère jusque dans les téguments et dont certaines branches vont s’anastomoser avec les nerfs latéraux des bras et des pinnules. Les nerfs antérieurs envoient des rameaux dans l'article qui suit celui où ils sont nés. Les parties motrices du système nerveux dorsal naissent du tronc principal, au niveau des surfaces d'union des muscles hyalins avec le tissu calcifère, aussi bien dans les articulations ordinaires que dans les syzygies. Les branches d’origine se perdent au milieu de masses pyriformes d'éléments qui occupent toute la surface terminale des faisceaux musculaires hyalins et sont unies entre elles par de nombreuses anastomoses. Des anastomoses partent de grêles filaments interrompus par des noyaux qui courent entre les faisceaux des fibrilles contractiles et représentent probablement des terminaisons nerveuses motrices.

Organes des sens. Corpuscules tactiles et olfactifs. — Chez beaucoup d'Échinodermes les cellules sensitives terminales se groupent en certains points des téguments et présentent même des prolongements tactiles en forme de soie, de manière à constituer de véritables corpuscules sensitifs. Ces corpuscules sont nombreux sur le disque des Antedon, ils sont entourés de cellules glandulaires dans le tégument des Synaptes. Les tubes ambulacraires reçoivent toujours un nerf ganglionnaire du tronc radial et sont richement pourvus de cellules sensitives, mais ce n’est guère que chez les Crinoides qu'il s’y différencie des organes sensitifs spéciaux. Ge sont des papilles allongées, grêles, dont l’axe est occupé par un filament brillant contractile, entouré de cellules nerveuses terminales; trois soies rigides, diversentes, surmontent la papille. On observe sur les tentacules buccaux des Synaptes, des saillies présentant à leur sommet une cupule ciliée, au fond de laquelle arrive un rameau nerveux qui se met en rapport avec de nombreuses cellules sensitives. Il parait aussi que chez les Échinodermes carnassiers tout au moins, tous très sensibles aux odeurs, les tentacules jouent un grand rôle dans l’olfaction.

Otocystes et Sphéridies. — Les Synaptes et quelques Élasipodes sont les seuls Échinodermes chez qui des organes auditifs aient été découverts. Ce sont chez les Synaptes des otocystes en forme de sphère creuse, disposées de chaque côté des nerfs radiaux, et plongées dans le tissu conjonctif de la paroi du corps. Elles sont tapissées de très petites cellules vibratiles pavimenteuses !. Dans leur cavité se trouvent de nombreuses otolithes consistant en autant de cellules à noyau pariétal, dont le protoplasme enveloppe d’une mince couche une concrétion minérale probablement calcaire.

Les Elpidia ont quatorze otocystes : une paire sur chacun des radius du bivium (G et D), six-sur chacun des radius latéraux du trivium (B et E); les Peniagone en ont un grand nombre le long des radius B et E; les Kolga en ont, en outre, deux sur les radius C et D; il y en à tout autour de l'anneau nerveux chez les Parelpidia.

A l’exception des CIDARIDÆ et des ECHINOTHURIDE, tous les Oursins possèdent de petits organes vraisemblablement sensitifs, les sphéridies, propres à la région des ambulacres voisine du péristome et occupant, dans ces ambulacres, une position

1 SEMON, Beitrage zur Nalurgeschichte der Synaptidæ der Mittelmeeres. Mittheil der Zobl. Station zu Neapel, 1887.

Page 1