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di CPU EUSA
Fig. 8. — Stentor Ræseli. — O, bouche
avec l'œsophage; PV, vacuoles contracüles; N, nucléus (d'après Stein).
nent d'une façon active dans la nutrition des substances protoplasmiques au sein desquelles ils sont plongés ; on leur donne alors la dénomination générale de leucites (fig. 5). D’autres ne produisent aucune substance en rapport avec la nutrition, mais se distinguent par leur facon de se comporter en présence des réactifs ou des matières colorantes, par la complexité de leur constitution, par leur active multiplication, enfin par leur constance qui est telle qu'on peut se demander s'il existe des plasmodes ou plastides qui en soient réellement dépourvus. Ce sont les noyaux (fig. 6). On distingue, en général, dans la substance fondamentale des noyaux, des corpuscules plus petits appelés nucléoles (fig. 7), ainsi qu’un cordon pelotonné affectant parfois l'apparence d’un réseau d'une substance particulière, la plastine, contenant elle-même une grande quantité de granulations d’une autre substance, la chromatine, très avide de matières colorantes. Le ruban ou le réseau de plastine est entouré de toutes parts d’une autre substance également protoplasmique, mais de nature spéciale, formant au sein du plasmode ou du plastide une masse sphérique, ellipsoïdale, rubanée (fig. 8) ou ramifiée (fig. 22, p.1#), et qu'on appelle le suc nucléaire.
Ces diverses substances jouissent d’un pouvoir réfringent différent de celui du protoplasme ambiant, de sorte qu'assez souvent les noyaux apparaissent nettement et sans aucune préparation au sein des plastides.
Mais ils deviennent plus apparents sous l'action de certains réactifs qui agissent sur eux tout autrement que sur le protoplasme proprement dit. L'acide acétique éclaircit le protoplasme périphérique et rend ainsi Îles noyaux plus évidents; l'acide chromique,
l'acide picrique, le sublimé corrosif, l'alcool, coagulent le protoplasme et donnent au
CONSTITUTION DES PROTOPLASMES. 7
noyau un contour plus arrêté; l'acide osmique le colore en noir; la dissolution ammoniacale de carmin, la fuchsine, l'éosine, le vert de méthyle, le violet de Paris, le bleu d'aniline, le brun Bismarck, l'hématoxyline, se fixent sur lui de manière à lui donner une teinte plus foncée que celle du protoplasme, et à accuser la différence de leurs propriétés chimiques. C’est principalement à la chromatine que s'unissent toutes ces substances, de sorte que, après leur action, elle apparait elle-même au sein des noyaux avec ses dispositions caractéristiques. \
Les réactifs que nous venons d’énumérer colorent souvent le nucléole autre-
LS led K Fig. 9. — Différentes phases de la division d’un globule du sang de Poulet. Æ, filaments méridiens de para-
chromatine ; Kp, plaque nucléaire ou zone d'épaississement équatoriale surtout formée de chromatine (d'après Bütschli).
ment que le reste du noyau: le nucléole parait donc formé d’une substance particulière qu’on peut appeler la prochromatine; enfin, dans des circonstances déterminées, on voit apparaître, dans le suc nucléaire, des filaments régulièrement disposés en étoiles (fig. 10) ou en méridiens allant d'un pôle à l’autre du noyau (fig. 9). La substance de ces filaments peut encore être distinguée ; on a proposé pour elle le nom de parachromatine.
La substance protoplasmique fluide, lorsqu'elle à été soumise à l’action de certains réactifs et notammentdel'acide osmique, n'apparait plus ellemême comme une substance
simple. On M distingue un ré- Fig. 10.— OEuf de Nephelis, d'après O. Heriwig.— a, L'œuf une demiseau plus ou moins seITÉ, plus ue après la ponte Le protoplasma se soulève en un point de sa
à ] à ; périphérie pour former un globule polaire, destiné à être expulsé ou moins régulier, d'une Sub- et montre un fuseau et une étoile de parachromatine. — b, Le même stance hyaline, réfringente, la œuf une heure après. Une figure étoilée s’est montrée autour d'un substance réticulée, mitome, ou
spermalozoïde SX, qui a pénétré dans le protoplasme; le corps directeur est au moment d’être expulsé. — ce, Le même œuf dépourvu de membrane d’enveloppe, deux heures après. Dans son intérieur hyaloplasme, plongé dans une s. Re are substance fluide, moins réfringente, la substance interfibril-
laire, paramitome ou paraplasme.
se trouvent deux étoiles de parachromatine, mais le fuseau a disparu après l'expulsion d’un second globule polaire. — d, Le même œuf trois heures après.Les figures étoilées ont disparu et sont remplacées par deux corps nucléaires arrivés au contact et prêts à se fusionner,
Ainsi, dans un même plasmode, dans un même plastide, nous sommes déjà Con-
duits à distinguer, abstraction faite de la substance des leucites, au moins sept sortes: de substances protoplasmiques, et le concours de plusieurs d’entre elles parait même être nécessaire à l’exercice de la vie. Malgré la diversité de leurs propriétés, ces substances présentent d’ailleurs un certain nombre de réactions communes qui sont celles des substances albuminoïdes. Elles se colorent en jaune par l’iode; en rose, par l’acide sulfurique en présence du sucre; en rouge, par l’azotate acide de mercure; en violet, par l’action successive du sulfate de cuivre et de la potasse; en brun, si l’on fait agir d’abord l’acide azotique, puis la potasse.
Pluralité des substances protoplasmiques. — Si dans un même plasmode ou dans unfmême plastide les substances protoplasmiques sont déjà diverses, la façon très variable dont les plasmodes et les plastides se comportent vis-à-vis du milieu extérieur, conduit à se demander si les substances que nous avons appelées hyaloplasme, paraplasme, plastine, chromatine, suc nucléaire, prochromatine ou substance nucléolaire, et parachromatine ou substance fibrillaire du noyau, sont elles-mêmes toujours identiques entre elles. On peut expliquer, dans une certaine mesure, la variété des propriétés des plasmodes et des plastides par les proportions dans lesquelles les substances fondamentales sont associées et par la manière dont elles sont groupées. Il n’est donc pas certain que les substances protoplasmiques soient aussi variées qu’on à pu le penser lorsque l'on croyait les plasmodes et les plastides formés d’une substance fluide homogène; mais on n'a à cet égard aucune donnée bien positive. La substance vivante, en tous cas, n’est pas unique, comme semblerait le faire croire le nom de protoplasme, si fréquemment employé pour la désigner, et l’on doit admettre, à côté des corps simples et des composés chimiques, une classe des substances vivantes où substances protoplasmiques. Mais on ignore encore de combien d’entités distinctes se compose cette classe.
Rapports de lhyaloplasme et du paraplasme ; membranes d’enveloppe.
L'hyaloplasme forme au sein du paraplasme un réseau plus ou moins lâche. Quand les mailles de ce réseau sont à peu près uniformes, l'hyaloplasme et le paraplasme, observés à un faible grossissement et sans avoir été soumis à l’action d'aucun réactif, paraissent former une substance homogène, le protoplasme de la plupart des auteurs. Mais il en est rarement ainsi. Très souvent les mailles de l’hyaloplasme se resserrent, surtout à la périphérie du corps. Il semble alors qu'une membrane d’enveloppe sépare de l'extérieur le reste de la substance du plasmode ou du plastide, et c’est souvent ainsi que cette couche externe a été interprétée. Mais cette prétendue membrane est vivante et nous la désignerons sous le nom d’ectosarque, pour la distinguer de la substance sous-jacente ou endosarque. Des dépôts de substances inertes se font souvent dans l'épaisseur de l’ectosarque qui devient inerte lui-même lorsqu'ils l’envahissent en totalité; de semblables dépôts peuvent aussi vernisser sa surface, et y former une nouvelle sorte de membrane inerte. Dans les. deux cas, on a pu considérer les plastides comme constitués par une sorte de sac membraneux contenant une substance plus ou moins fluide; de là le nom de cellule sous lequel les plastides ont été longtemps exclusivement désignés, et qu’on leur donne encore souvent.
La nature des substances ainsi excrétées par les plastides est un de leurs caractères distinctifs les plus importants; elle est liée, en effet, d’une manière intime à leur mode de nutrition; mais elle réagit, en outre, comme nous le verrons, sur leurs
CONTRACTILITÉ DES PROTOPLASMES. 9
propriétés, et la présence d’une membrane autour des plastides entraine avec elle des modifications dans leur genre de vie que nous aurons à invoquer plus d'une fois dans la classification, et qui sont parfois d’une importance capitale. Contractilité des plasmodes et des plastides nus. — Tout plasmode ou plastide nu possède la faculté d'exécuter des mouvements : sa substance est contractile. La contractilité parait résider plus spécialement dans la substance fibrillaire, hyaloplasme ou mitome. Lorsque les plastides sont dépourvus de membrane d’enveloppe leur contractilité s’accuse nettement par les variations de formes qu'ils présentent. Ces variations sont incessantes: tantôt (Protamæba, Amæba, Difflugia) le plastide se découpe sur tout ou partie de son pourtour en lobes arrondis plus ou moins profonds (fig. 41, p)
Fig.11.,— Difflugia oblonga (d'après Stein). Fig. 12, — Protogenes porrecta (d'après Max Schultze). p, pseudopodes en forme de lobes; ñn, noyau.
dont les contours changent continuellement, et le plastide progresse lentement à l’aide de ces mouvements irréguliers qu’on nomme mouvements amiboides ; tantôt la surface du plastide émet de longs filaments simples ou ramifiés, les pseudopodes (fig.12), dont les ramifications s’anastomosent fréquemment entre eux, se soudent, se confondent, se séparent et forment ainsi un réseau dont les mailles se modifient sans cesse (Protomyxa, Myxastrum, Protogenes, Actinophrys, Gromia, etc.). A laide de ces pseudopodes le plastide peut se mouvoir ou saisir les corpuscules qui l’avoisinent.
Lorsqu'il se différencie un ectosarque consistant à mailles suffisamment serrées, où une membrane d’enveloppe continue, le protoplasme ne saurait plus exécuter de mouvements amiboïdes, ni émettre de pseudopodes temporaires. Le corps prend alors une forme plus ou moins nettement déterminée ; les mouvements de translation, quand ils subsistent, sont obtenus à l’aide de prolongements constants de l’endosarque, qui traversent la membrane, et sont animés de rapides vibrations, gràce auxquelles le plastide peut se déplacer avec une assez grande vitesse. Quand ces
filaments sont très longs et peu nombreux, ils portent le nom de flagellum ou de fouets vibratiles (fig. 13, 14 et 15); s'ils sont nombreux et disposés à la surface du plastide comme une sorte de toison, ils deviennent des cils vibratiles. Ces prolongements se rencontrent d'une manière générale chez les INFUSOIRES FLAGELLIFÈRES et les INFUSOIRES CILIÉS (fig. 16). Beaucoup de corps reproducteurs d’Algues et de
Fig.13.— Oikomonas termo. Fig. 14. — Æuglena viridis. — a, b, phases ïibres à différents degrés — fn, noyau; Cv, vacuole de contraction, pourvues d’un flagellum; €, d, e, phases d'enkystement et contractile; AVv, vacuole de division durant lesquelles le flagellum a été résorbé (d'après Stein).
dans laquelle pénètrent les
aliments (vacuole buccale)
(d'après Bütschli).
Champignons présentent aussi des cils ou des fouets vibratiles, et se meuvent alors avec autant d’agilité que des animaux.
Circulation protoplasmique. — Même lorsque les plastides sont entourés d’une
Fig, 15. — Colonie de Codonocladium umbellatum, dont Fig. 16. — Stylonychia mytilus (d'après Stein) vu chaque plastide est muni d’un flagellum entouré d'une Par la face ventrale. We, zone ciliée adorale ; collerette hyaline (d’après Stein). C, vacuole contractile; N, nucléus; N', nu-
cléole; À, cytoprocte.
membrane, l’'hyaloplasme n’en continue pas moins à manifester sa contractilité par