‹ Traité de zoologie (volume 5)Chapitre 93 sur 396 · LES GRAISSES · texte numérisé non relu

LES GRAISSES

C8H92A730* + H202 — C6HTAzO* + C202A72Ht Créatine. Sarcosine. Urée.

La créatine et la créatinine sont éliminées par le rein et se retrouvent dans l'urine.

La sarcine : C!°H*Az‘0? est à l'acide pyruvique : CSH*(02)(0*) ce que l’allantoïne est à l'acide oxyglycolique : C{H?(0?)(0*); c’est un diuréide pyruvique, comme l'allantoine est un diuréide oxyglycolique. ;

Les graisses. — Parmi les produits dérivés des substances albuminoïdes se trouvent la glycérine et toute la série des acides gras, jusques et y compris l'acide caprylique. Rien n'indique que‘ la série ne puisse être continuée et ne fournisse des acides plus élevés, tels que les acides myristique C2#H2#0, palmitique C#2H#206, margarique C0", stéarique C5H%60*, ou même des acides de la série C?1H?n-20#, tels que l'acide oléique C6H%*0#. Ces acides combinés avec la glycérine CSHSO5, après élimination de 6 équivalents d’eau, forment toutes les graisses de l’organisme, dont les principales sont : la tributyrine CSEL2.(C8HSO*)#, la trimyristine CSH?(C28H2804), la éripalmitine CSE?.(C82H%20*)5, la trimargarine CSH?.(C3:H3*0*)5, la tristéarine CSH2.(C6H%60*, la trioléine CSH2.(C6H540*)5. Diversement mélangées, ces graisses de consistance variable peuvent être mises en réserve sous forme de gouttelettes, ou envahir totalement le cytosarque des éléments anatomiques. C’est en grande partie sur elles que se fixe l'oxygène abandonné par les globules du sang; ce gaz finit par les brûler entièrement en dégageant simplement de l'acide carbonique et de l’eau éliminés par l'appareil respiratoire.

Mais la plus grande partie des graisses de l’organisme ne résulte pas d’une modification des substances albuminoiïdes; elles sont introduites avec les aliments et ont par conséquent pour origine directe ou indirecte des graisses végétales.

On doit rapprocher des graisses la cire des abeilles qui est un mélange fusible à 63° d’un acide gras, l'acide cérotique : C5*H5*0*, avec la myricine ou éther myricilpalmitique CS0HS5(CS2H320*).

Les Lécithines. — La lécithine, qui prend une part des plus importantes à la constitution du tissu nerveux, est le type d’une catégorie de substances ayant avec les graisses une grande analogie de composition, mais d’une constitution plus complexe. Elle résulte de la combinaison avec [la névrine : C!2H15AzO* — C‘H2(H20?)(C2H2)ÿAZH*O0.H0, d’un éther distéarophosphorique de la glycérine, c'està-dire d'une graisse phosphorée : C6H2(C36H%60*)2PhO8H%. On peut, en effet, la décomposer, par l’action des alcalis, en névrine, acide stéarique et acide glycérophosphorique. La réaction de l’éther distéarophosphorique sur la névrine entraine la perte de deux équivalents d’eau :

C6H2(C36H1604)2PhO8H3 + | CHR (HPO2)CPH) AO. HO.

Éther distéaro- Névrine.

phosphorique.

= H202 + C:H2[C6H2(C36H360#)PhO8H3](C2H2)3A7H*0.H0. Lécithine stéarique.

On à obtenu diverses lécithines à l’aide de divers acides gras; la synthèse de la névrine à été réalisée par M. Wurtz, et les résultats de l'étude des substances

albuminoïdes tendent à faire penser que la production artificielle de ces substances PERRIER, TRAITÉ DE ZOOLOGIE. 4

qui ne sont pas beaucoup plus complexes que les lécithines n’est pas en dehors des moyens d'action de la chimie.

La lécithine stéarique est associée aux lécithines margarique et oléique dans la substance nerveuse, le jaune d'œuf, le sang, le lait, le sperme des Mammifères, la laitance des Poissons, etc. Le protagon qui a été considéré un moment comme la substance fondamentale des centres nerveux, n’est au fond qu'un mélange ou une combinaison de ces lécithines avec d’autres substances encore incomplètement connues.

On désigne enfin sous le nom de nucléine un groupe de substances assez mal définies qui existent surtout dans les noyaux des cellules et dont les unes sont riches en soufre et en phosphore, tandis que d’autres ne contiennent que du phosphore; la nucléine de la laitance du Saumon a pour formule, d’après Miescher, C$8H*?A7°Ph50"#.

Matières amylacées. — Chitine. — Comme les graisses, les matières amylacées sont, en partie, fournies à l’organisme animal par celui des végétaux, en partie directement élaborées par lui aux dépens des substances albuminoïides. Chez les animaux, ces substances sont fort répandues à l’état de glycogène, colorable en brun acajou par l’iode, d'inosite ou de glucose dissous dans les liquides cellulaires ou les humeurs, mais elles se concrètent rarement en granules ou en parois solides, comme l'amidon ou la cellulose des végétaux. Les corpuscules souvent décrits comme des grains d'amidon dans diverses parties du corps des animaux ont été déterminés comme tels parce que, examinés à la lumière polarisée, ils présentent une croix noire, mais ce caractère appartient à diverses autres substances et notamment aux lécithines. C’est par suite d’une illusion d'optique que quelques autres granules paraissent se colorer en bleu par l’iode, La tunique des Tuniciers est cependant presque exclusivement constituée par de la funicine, substance à peu près identique à la cellulose végétale. On isole la tunicine en traitant la tunique brute successivement par l'acide chlorhydrique, puis par la potasse bouillante. On obtient ainsi une masse blanche qui, en présence de l'acide sulfurique, est colorée en bleu par l’iode, et se convertit en glucose lorsqu’après l’avoir mise à digérer dans l'acide sulfurique concentré, on la porte à l'ébullition pendant une heure. Chauffée à 200° avec de la potasse, la tunicine reste inaltérée, tandis que la cellulose végétale est attaquée dans ces conditions.

D'autre part, certains chimistes rapprochent des substances ternaires, la chitine, à laquelle d’autres donnent pour formule C'#H15012A7 — C'$H12012 L A7H3. La faible quantité d'azote trouvée dans la chitine serait due à ce que les échantillons analysés n'étaient pas suffisamment purs. La chitine est remarquable par sa résistance à l'action des alcalis et des acides faibles; elle est attaquée par les acides concentrés.

Les substances amylacées sont donc relativement moins abondantes chez les animaux que chez les végétaux. De plus les animaux ne peuvent les former directement à l'aide des éléments minéraux comme le font les végétaux; ils les empruntent à ces derniers ou les constituent par voie de décomposition des substances albuminoides.

Résumé. — En résumé la plus grande partie des substances qu’on observe dans le corps des animaux dérivent des substances albuminoïdes. Ces substances ellesmêmes peuvent être ramenées à de l’urée unie à de l'acide acétique, à un très grand nombre d'acides amidés se rattachant aux deux séries d'acides gras :

En en

CH204,C2H220#, ainsi qu'à la série benzoïque et à du soufre. L'eau et l'oxysène déterminent dans ces corps des modifications profondes, sous les moindres influences. Les plus remarquables de ces modifications sont celles qui se produisent sous l’action de divers ferments solubles ou figurés qui transforment les matières albuminoïdes en peptones solubles et assimilables, et semblent agir en fixant sur elles une certaine quantité d'eau. Ces peptones subissent ensuite des transformations plus profondes. Aussi les composés les plus variés peuvent-ils prendre naissance dans l’organisme, mais les seuls qui soient éliminés en quantité importante sont l’urée, l’ammoniaque, l’acide carbonique et l’eau. Cela indique que, l’urée mise à part, les substances albuminoides éprouvent dans le corps une combustion complète, et comme leurs éléments sont associés dans de telles proportions que l’urée, l’ammoniaque et l’eau une fois formés, il reste un excédent considérable de carbone, la combustion respiratoire se ramène, à peu de chose près, comme Lavoisier l’avait trouvé, à une combustion de charbon.

Ces réactions chimiques ne s’accomplissent avec toute leur intensité, dans les diverses espèces animales comme dans les laboratoires, que si des conditions physiques déterminées sont réalisées : elles prennent naissance entre certaines limites de température; les courants électriques qui jouent en chimie un rôle si important, sont indirectement suppléés chez les animaux par ce qu’on appelle l'influx nerveux, et la iumière elle-même intervient parfois directement, comme elle semble le faire pour la production des pigments, plus souvent d’une manière indirecte en excitant le système nerveux.

Comme toutes les réactions chimiques, les réactions qui s’accomplissent dans l'organisme sont d’ailleurs accompagnées d’un dégagement de force vive; une partie de cette force est immédiatement utilisée à la production du mouvement: une autre apparait sous forme de chaleur, d'électricité, de lumière, et contribue à modifier le milieu intérieur dans lequel vivent les éléments anatomiques; une dernière, enfin, est en quelque sorte emmagasinée dans le système nerveux où elle est utilisée, à son heure, pour la production des phénomènes psychiques dont tout organisme animal est le siège.

Action de la température sur les phénomènes vitaux. — Les conditions de température nécessaires à l’activité des éléments anatomiques sont extrêmement variables suivant les animaux que l’on considère; mais il faut, sous ce rapport, soisneusement distinguer la température extérieure de celle de l'organisme lui-même, qui sont souvent très différentes. C’est seulement de la température de l’organisme que nous avons d'abord à nous occuper.

En raison même de l'énorme quantité d'eau qui pénètre chaque corps vivant, il n y à pas d'organisme dont l’activité subsiste à une température notablement inférieure à 0°, Certains animaux peuvent cependant résister sans mourir à de pareilles températures; leur activité est alors suspendue, mais non détruite sans retour. Des chrysalides de Papillon complètement congelées peuvent être ramenées à la vie; les œufs des animaux qui meurent en automne résistent nécessairement aux hivers les plus rigoureux, sans quoi les grands froids dépeupleraient d’un seul coup toute une région. On peut exposer, sans les tuer, les œufs de Vers à soie, ceux de divers Bombyx à une température de — 250, et même davantage. Quelques Insectes adultes présentent une résistance presque égale. Nombre de Poissons et de Batra-

ciens, les Axolotls, eux-mêmes, peuvent être pris momentanément dans la glace, s’y congeler complètement et revenir ensuite à la vie. Hunter a pu congeler les oreilles d’un lapin, la crête d’un coq vivant au point de rendre ces organes cassants, sans qu’ils perdissent leur vitalité; la congélation du nez ou des oreilles de l'Homme n'est pas non plus nécessairement destructive de ces appendices.

Les animaux pénétrés d’eau de mer ne meurent pas de congélation à une température un peu plus basse que 0°; l’eau de mer ne se transforme effectivement en glace qu’à une température inférieure à — 22.

Une température voisine de 0° ne s'oppose même pas au développement d’une

grande activité. À partir de 1500 mètres, les animaux des grands fonds vivent, dans

l'Atlantique, à des températures qui demeurent aux environs de 2° et descendent jusqu’à — 1°,5. Il est vraisemblable que la température interne de ces animaux ne s'élève guère au-dessus de celle du milieu dans lequel ils sont incessamment plongés. C’est donc à cette température que fonctionnent normalement leurs éléments anatomiques; or il y à parmi eux non seulement des Phytozoaires, mais encore des Crustacés, des Annélides et des Poissons aux mouvements rapides et énergiques. Cette résistance au froid est ici bien évidemment le résultat d’une longue adaptation à un genre de vie exceptionnel. Les animaux des rivages et surtout les animaux terrestres perdent toute leur activité et s’engourdissent bien avant que leur température interne descende aussi bas. Il semble d’ailleurs que moins l'organisme est compliqué, moins est grande sa sensibilité au froid. Beaucoup de Phytozoaires et de Mollusques passent l'hiver sans que leur activité diminue sensiblement. Mais il n’en est plus de même des Batraciens et des Reptiles qui s’engourdissent, et tombent dans un profond sommeil quand la température moyenne descend au-dessous de 10°. L'activité des Mammifères dits hibernants, tels que les Marmottes, les Loirs, les Chauves-Souris, les Hérissons, les Ours, s'arrête quand leur température interne s’abaisse aux environs de 20°; leur organisme, dont la température dépasse en temps d'activité 35°, résiste ainsi à une chute thermométrique de plus de 15°. Il n’en est plus ainsi des Mammifères ordinaires et des Oiseaux; là ce n’est plus le sommeil, mais la mort, qui survient irrémédiablement quand la température interne descend aux environs de 20°.

La température interne de la plupart des animaux suit les variations de la température extérieure; l’activité des éléments anatomiques s'exerce donc chez eux dans des conditions thermométriques très variables. Au contraire, par des procédés que nous indiquerons tout à l'heure, la température interne des Mammifères et des Oiseaux n’oscille que dans d’étroites limites, malgré les variations du milieu extérieur. Aussi divise-t-on fréquemment les animaux en animaux à température variable ou animaux à sang froid et animaux à température constante ou animaux à sang chaud, expressions qui ne sont pas d’une rigoureuse exactitude. Le nombre moyen qui représente la température interne, constant pour chaque espèce, change d’une espèce à l’autre, ainsi que l'indique le tableau suivant, emprunté à Ch. Richet: :

1 Cu. Ricaer, la Chaleur animale, p. 10 et suivantes.

MAMMIFÈRES LABOUR AT OR CR CEE PU RP AAA ee CE A 36°,6 ÉD M AU Re SO ER a 2 3710 TBE de ce ECS EME MER REMONTER RES PERMOE 31°,2 ATOM AE CNE A EE A UN MR PR A RAR EU A 31,4 ENCRES ORAN ER ERRES SE RE Lo A NS CRE ME ds 10 SNCIRIETE ON REMRENPE AUTE ETLCOES PRER RS FAR ASIE E DPNPESER ATARI À PRIE A EX E 35 LS TONOE SONNERIES SR PR TE RE EE SANS CPE 30 31 RCA RS Re ou Se RE à ne UE D 00 RO ua 0 GC DRE AA SR PAR ee EE MP AS LE SE A GR à 38°,4 Hhamdunemois et demi NME hat RELE A 38°,1 CRETE TRE ER R RRe E PRRE PA DIE \ Ecureuil Le cg pe 2 CAN SO PR PTE TEE PR A EE ( 380,8 CORAN OL MMA NMNIEUT PASS AR REA EE EEE APR ERP BB AL ASS OR ÉENORe e R IR EE CARS OP RE TPE PTT ÉEN VIRE Ra RE IE NE CODEN a née de LAS ERP RC Rs 399,1 (OI D TE ÉRRRE RNA Re AE 2 MR SE PNA HA à CAPES MAR 30900 GONE EN TN AR EE QU LR AS AR ARE ARE OS LE, 39733 TORRENT TER OR ARR TS Re RE ER CA 390.4 ICHneEUMON. ren. RS LUE D en NS Get e Net en APRES TIQUE MA al R net elles eee AL En .

392, BEN SRE NE RE RE OR PAR PAR ER EE sine ARR À PONT TEE CN se NC OA ERNEST AE SOS 39°,1 LOEB à 8 Enr ANSE RE pe REP NE AU en C2 AE AA NET Se LEA NT OA PCR LORS 4 7 EXD AR PER RO ONEE PAR DR 6 PE ERA LEE ER LE RARE 40° LGNTONTE ACENECE MOI TEA TEN RARE en Re Re AN 40°,3 POUR. .0... A En NE SAS QE EURE EL ee Re LT 40°,5 OISEAUX Palmipèdes longipennes........... LR TT RE Ne als tale ha DP CNE ES ER COR RTE AS TP RER RER AS OC AT PE Ie 409,2 LOTO ON RSR SE EN A RE AS sr AUS OR ee La nie ne basant e deteste Se cie date 40°.5 à 43 COEUR UMR ALERT AIT ANAL IE NOR AE MARLIER RES Fe L AA NID Te Une a daiee et les dure L CIS AR Diam aon PERD TOTAL RE Er PR EE Re Re 41°,1 (DIOIMONNNE. cheat 0e Pr A De D PCR CRE EE AE A 2002 Alouette L AO DIR DR ARE CEE AR MNMESRRENNONE TOR CREER RO SSSR ES EEE AVES AE IRAN CURRENT ER RC ee :

TO OQUERR NE ER RC si trs 4lo à 449,5 Bouvreuil RE CA Me He D 0e A ES LS Et OP PT 190 END TRS MES PT ne MP RER PT ARE FRA PO Rd dm ee cr te 429 à 43° I RS PAU le. 410,9 à 43°,9 (CIO CHE A PES EE LE RER EPA AUTRES TEE NS NES ES 42,1 Banmipedestlamellirostres. teneur LL lun. 420,2 LIENS, c O6 LS OR ON EN EE 429,6 LENS Let Les EM ARE RL MOREL DE SR CREER SRE DD DIAMANT CEA ARRRRONEERCER PEPR SRR TEE PA TP LR DE NA RRRE CEE PARUS HOTDEAU ...,.....4e ses see eee esesesesessesesese 220.8 Re A Ab de anus made nua Lu R Lagopi ER RNA ee de noce oo aie À 390 LUE OS LI MONET ANSE CES ER REUTERS RER TT PRÉ EN GE 6 een ARR AE PR ET 41° à 43°,6

La température moyenne et normale du corps des Mammifères et des Oiseaux ne varie donc que de 36° à 44°, c'est-à-dire de So pour l'étendue entière de ces deux classes; la variation est même limitée à 4° pour chacune d'elles.

Chez un même individu la température intérieure peut osciller entre certaines limites sans que l’état de santé cesse d’être normal. Chez l'Homme dont la température moyenne, remarquablement basse, est, dans l’âge adulte, de 37°, on peut constater des variations de 35°,7 à 38°,2, sans qu’il y ait nullement maladie, et la température interne varie même quotidiennement de 369,6, durant la nuit, à 370,8, à la fin de la journée.

En raison de la faiblesse de ces variations, les éléments anatomiques des Mammifères et des Oiseaux sont, en quelque sorte, perpétuellement en étuve, et leur fonctionnement s’accomplit dans des conditions d'étonnante égalité de température. On s'explique ainsi que ces animaux soient plus sensibles au refroidissement, et meurent dès que la température interne descend aux environs de 20° (24° chez l'Homme). La limite supérieure de température à laquelle ils puissent résister n’est pas pour cela très reculée : tandis que dans nos pays tempérés, les Sangsues, les Limaces, les Poissons, les Grenouilles, etc., sont tués par une température d’environ 40° et qui peut même descendre à 31° (Poissons), chez l'Homme, la mort survient d'habitude dès que la température interne atteint 42°; toutefois, dans la fièvre intermittente, on a pu, dit-on, observer des cas de température de 45° non suivis de mort.

On ne saurait conclure de ces chiffres que les températures extrêmes de 20° et de 42° marquent les limites au delà desquelles tous les éléments anatomiques de l'Homme sont frappés de mort. Les faits de retour à la vie de parties du corps soumises à la congélation montrent qu'il n’en est pas ainsi; on sait, d'autre part, que les globules blancs du sang exécutent leurs mouvements amiboïides les plus actifs à une température de 45 à 46°. Il faut distinguer, en effet, entre la mort des éléments anatomiques et celle de l'organisme dont ils font partie. En particulier, chez les animaux supérieurs, le fonctionnement de tous les organes est lié à l'intégrité du système nerveux, et il suffit que les éléments de ce système cessent de fonctionner pour que la mort de l’organisme survienne, sans entrainer cependant la mort immédiate de tous les éléments qui le constituent.

C'est au ralentissement de l’activité nerveuse qu'il faut attribuer le sommeil qui envahit les Reptiles des pays chauds lorsque la température s'élève au delà d’une certaine limite, comme celui qui, sous l'influence du froid, s'empare des animaux. hibernants. En revanche, c’est à l'intervention des centres nerveux que les animaux à température constante doivent de pouvoir lutter contre les variations de la température extérieure. L'Homme peut, dans des conditions déterminées, supporter un froid de — 60°, ou résister pendant une quinzaine de minutes à une température supérieure à 1000 et s’élevant même à 1600. Dans ces cas extrêmes la température de la surface même de la peau reste voisine de 36°, Les animaux à sang froid peuvent, dans des conditions analogues, régler dans une certaine mesure leur température. C’est ainsi que chez une Grenouille qui était demeurée pendant deux heures dans une étuve dont la température varia de 56°,25 à 65°, la température interne ne s’éleva qu'à 332,75.

Il est bien évident qu'un animal à température constante, placé successivement dans des milieux d’abord plus chauds que lui, mais dont la température s’abaisse peu à peu au-dessous de la sienne, commencera à lutter contre le froid par une augmentation de son activité interne se traduisant par une production de chaleur;

mais son activité finira elle-même par diminuer avec la température jusqu'à s’éteindre. Il y a donc une température externe qui met l'organisme dans des conditions d’activité maximum. L'activité peut être mesurée chez les animaux à température constante, dont la puissance musculaire varie peu, par la quantité de chaleur produite dans un temps donné; il est donc possible de déterminer cette température optimum; elle est d'environ 14° pour les Lapins, de 16° à 18° pour les enfants. Il est clair que, pour les animaux à température variable, il doit exister non seulement une température extérieure, mais aussi une température intérieure plus favorable que toute autre au développement de l’activité vitale; mais l’activité vitale a des manifestations multiples qui rendent très difficile sa définition chez les animaux à température variable, dont la puissance musculaire et l’activité sécrétrice varient simultanément, et dont la production calorifique est faible. On peut admettre que la température optimum est, chez ces animaux, celle où l’excès de la température du corps sur la température ambiante est maximum. Mais cet excès est toujours peu considérable: à la température ordinaire, il serait, suivant Valentin :

PÉNME SP OI DES RME Re Er AR ea UE nan 00,21 RTE USE SR ER RM UE ie tre boot dates id à 00,27 CH inodénnes nr me ne Ru te. 09,40 ==) LCA STÉRO ON CS MRRRERRERRe ere 00,46 MR BébDAlOpodeSs LENS SA Er Us Re: Ar 0051 = + (CROSS RETIRE ER PR RD RE 0°,60 =. 2 LPSOOUESARRS APT Sn PTE Ps PR de 3° à 10° == 1 DISONS ARR PRE SRE ER E SEERE AR EER PEES de 20 à 70 ROUES AR STE ed nie 20e 10

Dans quelques cas, l'excès est cependant beaucoup plus considérable, c’est ainsi que, dans une chambre maintenue à 20°, la température d’un Boa en incubation peut atteindre 419,5 et que la température s'élève à 40° au centre d’un essaim d'Abeilles.

L'action de la température sur les phénomènes vitaux se manifeste d’une manière particulièrement remarquable dans les phénomènes de développement. Les œufs de la plupart des animaux passent, dans nos climats, l'hiver sans éclore; ils éclosent dès que la température s'élève ; ceux des Reptiles et des Oiseaux ont besoin pour se développer d’être soumis soit à la chaleur solaire, soit à l’incubation. M. Duclaux a constaté sur les œufs de Vers à soie un phénomène plus remarquable. Ils doivent, avant d'éclore, traverser une phase de basse température. Des œufs maintenus à partir du moment de la ponte à une température de 20° n’éclosent pas. Au contraire des œufs placés peu de temps après la ponte dans une glacière, puis portés dans une chambre modérément chaude, au lieu de demeurer en repos durant tout l'hiver comme d'habitude, éclosent immédiatement. Le refroidissement artificiel à remplacé pour eux le froid hivernal. L'action de la température peut même être localisée, comme cela résulte du fait qu'on peut provoquer des monstruosités en chauffant inégalement un œuf d'Oiseau en voie de développement.

L'influence de la température sur le développement post-embryonnaire n'est pas moins marquée. Les chrysalides du Bombyx du mürier ne se métamorphosent qu'en 15 jours à une température de 19: il leur suffit de 141 jours à une température de 22 ou 23 degrés. Cette influence se fait encore autrement sentir sur les animaux.

Les variations régulières des saisons ont déterminé chez beaucoup d'entre eux la succession régulière, synchronique avec les saisons, d’actes dont la répétition, pour la plupart des individus d’une espèce, constitue les mœurs de cette espèce. Nous verrons un peu plus tard que ces actes peuvent être produits, même en dehors de l’action actuelle du stimulant qui parait avoir déterminé leur première exécution. Ils deviennent ainsi simplement périodiques et leur période ne coincidant plus d’une manière rigoureuse avec les variations plus ou moins régulières de la température moyenne de chaque saison, ils semblent commandés par une faculté particulière, se rattachant à celles qu’on a groupées sous le nom d’instinct.

Action de la lumière. — [Il est extrêmement difficile d'apprécier l’action directe de la lumière sur les Animaux et de la séparer de celle de la chaleur. Cette action est cependant incontestable. Les Infusoires, les Hydres se dirigent vers les parties éclairées du vase qui les contient; la lumière parait agir avec une intensité particulière sur les Paramécies dans l’eau pauvre en oxygène (Engelmann) ; les Actinies s’épanouissent sous l’action d’un rayon de soleil ou même d’un rayon de lumière électrique. La lumière intervient aussi dans la production du pigment chez les animaux supérieurs et chez l'Homme. Les larves d’Axolotl, pâles au sortir de l’œuf, noircissent peu à peu en grandissant; le noircissement est fortement retardé quand on les garde à l'obscurité ou qu’on ne laisse arriver sur elles que des rayons rouges.

Mais on n’a réuni que bien peu de faits précis relativement à l'action directe de l'agent lumineux, et, d’autre part, l'existence dans les grandes profondeurs de la mer d’une faune extrêmement riche montre qu'il n’est pas indispensable à la vie animale. Son action la plus nette s'exerce, comme tant d’autres, par l'intermédiaire et sous le contrôle du système nerveux qui, au contraire de ce qui à lieu chez les Plantes, toujours soumises à l’action directe du milieu, semble, chez les Animaux, tendre à s’interposer partout entre le reste de l’organisme qu'il dirige et le milieu extérieur. Par cet intermédiaire la lumière peut agir même sur les phénomènes de nutrition. C'est une pratique bien connue des éleveurs de volaille que de maintenir dans l'obscurité ou même de priver de leurs yeux les animaux qu'ils veulent engraisser; ils évitent ainsi la dépense de force produite par l'animal sous linfluence des excitations visuelles. Il faut certainement donner à la lumière une place parmi les causes qui déterminent l'oscillation quotidienne de la température du corps. Cette température arrive à son maximum, 37°,07, chez l'Homme, vers six heures du soir, alors que le système nerveux a éprouvé toutes les excitations du monde extérieur ; elle passe au contraire par un minimum, 36°,7, lorsque, dans l'obscurité de la nuit, toutes les activités mises en jeu pendant le jour se sont apaisées.

Quoique s’exerçant par l'intermédiaire de l’œil et du système nerveux, la lumière peut produire des effets inconscients. Les plus remarquables sont les contractions des muscles lisses des chromatophores de la peau, chez les Poissons susceptibles de changer de teinte. Ces chromatophores sont de diverses couleurs; leurs dimensions varient avec l’état de contraction ou de relâchement des muscles qui agissent sur eux, de sorte que la couleur totale se modifie suivant que telle ou telle catégorie de chromatophores est contractée ou dilatée. Par ce mécanisme fort simple, divers Poissons, la Sole notamment, adaptent involontairement leur couleur à celle du fond sur lequel ils vivent, de manière à se dissimuler assez bien pour échapper à la vue (G. Pouchet). Un assez grand nombre de Crustacés, les Crangons, les

Page 1