STRUCTURE DU TEST
quelquefois directement, sans offrir aucune métamorphose (Tercbratulina) ; d’autres fois il n’arrive à sa forme définitive qu’après avoir traversé une série de formes intermédiaires; c’est le cas pour le genre Magellanici , mais les Magellania des régions boréales et celles des régions australes traversent des phases de développement tout à fait différentes, comme si leur ressemblance, à l’état adulte, n’était qu’un cas de convergence. C’est ainsi que la Magellania scpligera et la Mac-Andrewia cranium, des mers du Nord de l’Europe, peuvent être successivement identifiées, au point de vue de leur appareil brachial, soit avec les genres Platidia , Mctgas, Megerlia
et Terebratella (Riele),qui appartiennent, en conséquence, à une même série généalogique (fig. 1057 et 1058), soit avec les genres Centronella, Ismenia et Terebratella
(Fischer et OEhlert), tandis que les Magellania venosa, Grayi , lenticularis, des mers australes, traversent les stades Præmagas , Magas, Magasella, Terebratella. Dans le stade Præmagas qui ne correspond pas à un genre déterminé l’appareil ascendant est placé au sommet d’un septum large, tandis que les branches sont rudimentaires. Les Terebratella apparaissent ainsi comme les derniers progéniteurs des Magellania. Des stades d’évolution de certaines espèces ont quelquefois été pris pour des formes génériquement distinctes. Lu Magasella Evansi n’est qu’une jeune Terebratella cruenta; les Magas Valenciennii et Magasella inconspicua sont de jeunes T. rubicunda ; les Magasella lævis, Terebratella pulvinata de jeunes Magellania venosa; la Magasella Adamsii une jeune Magellania Grayi.
Structure du test. — Le test des Brachiopodes contient toujours de la chitine et des sels calcaires; il est traversé normalement à sa surface par des canalicules de forme variable. La chitine constitue toujours le revêtement externe; elle prédomine chez les Inarticulés, où elle se dispose en couches alternatives avec du phosphate de chaux chez les Lingulidæ (fig. 1059) et les Discinidæ. Dans ces deux familles, les canalicules du test sont très nombreux, très fins et se terminent en cæcum sous la couche
Fig. 1059. — A, coupe verticale du test de la Lingula anatina. — a, couches chitineuses; c, couches calcaires; — B, portion du test vue en dehors; p, perforations (d’après Gratiolet).
Fig. 105S. — Formes successives du support brachial de la Mac- Andrewia cranium (d’après Stiele).
BRACHIOPODES
Ki fr. 10G0. — Coupe verticale du test de la Crania rostrata. — D, valve dorsale; V, valve ventrale; p, periostracum ; t, test calcaire; c, canaux; sm, insertions musculaires (d’après Joubin).
externe de chitine. Chez les Crania on ne distingue que deux couches passant insensiblement l’une à l’autre; la couche interne est blanchâtre, l’externe est brune,
et se différencie à sa surface en une enveloppe plus foncée (periostracum). La valve ventrale (fig. 1060, V) est traversée par des canaux normaux à sa surface interne qui se bifurquent en arrivant au voisinage de sa surface externe et se terminent en cæcum au-dessous du periostracum ; de semblables canaux traversent aussi la valve dorsale, mais ici ces canaux sont plusieurs fois dichotomisés (fig. 1060, D).
Dans l’ordre des Articulés, les Thecideidæ ont, comme les Crania, un test formé de deux couches amorphes dont l’externe chitineuse constitue le periostracum. Les canalicules qui traversent le test se dilatent au-dessous du periostracum et sont surmontés de trois ou quatre disques superposés. Chez la plupart des autres types le test se divise en trois couches (fig. 1061) : 1° une couche interne formée de petits prismes calcaires, obliques, appliqués contre la surface du manteau et enveloppés chacun d’une membrane chitineuse; 2° une couche moyenne, beaucoup moins épaisse et'lamelleuse; 3° une couche externe, le periostracum , constituée par une
mince lame chitineuse, présentant assez soup- vent, à sa surface, un réticulum saillant. Le periostracum est toujours imperforé et contre lui viennent se terminer les canalicules qui traversent le reste de la coquille et qui s’ouvrent sur la face interne de chaque valve. Ces canalicules se dilatent assez souvent sous le periostracum (Terebratulidæ) ; autour d’eux rayonnent habituellement des filaments chitineux (fig. 1061) tantôt assez courts ( Mühlfeldtia ), tantôt assez longs pour aller d’une perforation à ses voisines.
Ces perforations apparaissent d’emblée à la distance qu’elles garderont l’une par rapport à l’autre durant toute la vie de l’animal.
Parois du corps; manteau. — Le corps proprement dit n’a que des dimensions restreintes; mais on doit considérer les deux lobes du manteau comme de simples expansions, l’une dorsale, l’autre ventrale de sa paroi, expansions analogues au repli tégumentaire de la carapace des Crustacés, et dont le feuillet externe a sécrété les deux valves de la coquille. Entre les deux feuillets dont chaque lobe est composé, la cavité générale se continue; mais ces deux feuillets sont soudés l’un à l’autre sur la plus grande partie de leur étendue, et les espaces libres qui subsistent entre eux portent le nom de sinus palléaux (fig. 1062). Dans ces sinus, circule le liquide de la cavité générale, et sont fréquemment suspendues les glandes génitales. Les parois du corps et chacun des feuillets des lobes palléaux sont histologiquement composés de deux couches épithéliales, ciliées, comprenant entre elles
Fig. 1061. — Coupe verticale du test de la Magellania flavescens. — p, periostracum ; c, canaux traversant le test; s, filaments; cl, couche moyenne lamelleuse ; cp, couche interne des prismes obliques (d’aprèsKing).