FÉCONDATION, DÉVELOPPEMENT
gouttières latérales par un repli saillant; une région postérieure dont la lumière est en partie oblitérée par des colonnes irrégulières de cellules glandulaires, anastomosées en réseau. Dans la première de ces régions s’ouvrent les sacs ovigères; mais l’utérus est également en communication avec un autre organe impair, contenu dans la même cavité que le tube digestif, c’est la poche copulatrice ou réservoir spermatique (f).
En examinant de vieilles femelles, au moment où la ponte est près de cesser, on reconnaît que les cellules mères des œufs se forment sur la cloison qui sépare les cavités ovariennes des sacs ovigères (fig. 288, n° 2, />). Ces cellules forment, tout le long de l’ovaire, un cordon irrégulièrement bosselé. Elles se détachent une à une, tombent dans la cavité ovarienne, et s’y divisent en produisant des cellules ovulaires. Au moment où ce travail est le plus actif, ces cellules arrivent à remplir entièrement la cavité ovarienne, deviennent polyédriques par compression réciproque, et finissent par distendre la paroi de l’ovaire à ce point que celle-ci cède par places, permettant ainsi aux œufs de passer directement de la cavité ovarienne dans les sacs ovigères. Mais lorsque le travail de formation des œufs se ralentit, ces perforations accidentelles se ferment, et c’est seulement, comme nous l’avons dit plus haut, par le canal dorsal que les œufs arrivent dans les sacs ovigères et de là dans l’utérus.
Les œufs des Neclonema n’ont encore été vus que libres dans la cavité générale; le corps de la femelle se termine par un orifice percé dans une sorte de bulbe, mais on ignore comment se fait l'évacuation des œufs.
Fécondation. Développement L — La fécondation est le résultat d’un véritable accouplement. D’après Meissner, le mâle s’enroule autour de la femelle, recourbe son extrémité postérieure, saisit celle de la femelle entre les deux lobes de sa queue, et amène ainsi en contact les deux orifices génitaux. Il n’y a aucune intromission de parties du mâle dans l’orifice génital des femelles; on conçoit cependant que chez les femelles à extrémité postérieure trifurquëe, l’adhérence des deux individus puisse être singulièrement favorisée par cette conformation.
L’œuf qui vient d’être pondu se compose : 1° d’une enveloppe externe très épaisse qui lui a été, sans doute, fournie par les cellules glandulaires de la région postérieure de l’utérus; 2U d’un chorion formé de deux couches distinctes; 3° de la membrane vitelline exactement appliquée contre le chorion; 4° du vitellus. Après une période de contraction du vitellus, suivie de l’expulsion des globules polaires, commence la segmentation qui est complète, régulière et aboutit à la formation d’une morula formée d’un exoderme et d’une masse entodermique. La morula s’allonge, s’étrangle légèrement dans sa région moyenne de manière à prendre un peu l’aspect d’un biscuit, puis à l’un^ de ses extrémités plus élargie que l’autre, l’exoderme s’invagine; la portion invaginée est destinée à devenir la tête de la jeune larve. Bientôt après, le corps de l’embryon se divise nettement en deux régions : l’une antérieure plus large, pâle où l’on n’aperçoit plus de contours cellulaires; l’autre postérieure granuleuse, qui, par suite de l’accroissement du jeune animal, est bientôt obligée de se recourber en V et ne tarde pas à s’éclaircir à son tour. On aperçoit alors à l’intérieur de la jeune larve ses principaux organes, mais la signification histolo-
1 Camerano, I primi momenti délia evolutione dei Gordii, Torino, 1880.
GORDIACÉS.
gique des phénomènes que nous venons de résumer et le mode de formation des organes internes n’ont pas encore été suffisamment déterminés.
Au moment de son éclosion, la larve du Gordius présente une ressemblance extérieure frappante avec un Echinoderes (fig. 989 et 990); de là le nom de larve échinodéroïde sous lequel nous la désignons. C’est un ver microscopique de 0 mm. 1 de long et de 0 mm. 014 de large. Il présente une région antérieure, entièrement rétractile que l’on peut appeler la tête , et une région postérieure, le corps, qui est très nettement segmenté. La tête se décompose elle-même en deux parties, la trompe (t) etla calotte céphalique (A). La trompe est un organe légèrement conique, renflé en bouton à son extrémité libre qui porte V orifice buccal, un peu évasé à sa base. Cette trompe est armée de trois stylets longitudinaux. Chaque stylet se compose d’une tige cylindrique, terminée en avant par une pointe mobile et, en arrière, par un renflement triangulaire, à contours arrondis. La calotte céphalique , presque hémisphérique, et beaucoup plus large que la trompe qu’elle porte à son pôle antérieur, est également armée de piquants, mais ceux-ci sont disposés sur trois rangs et dirigés en arrière, lorsque toute la tête est dévaginée.
Les piquants du premier rang sont simples, légèrement recourbés et au nombre de six; les piquants du second rang sont également au nombre de six, mais ils sont en forme d’Y et disposés de façon que les crochets du premier rang viennent respectivement se placer entre les branches de chaque Y (fig. 990). Les piquants du troisième rang, situés à la base de la calotte céphalique, ressemblent àceux du premier rang, mais ils sont plus grands, plus forts, et correspondent aux intervalles des piquants des deux premiers rangs, de manière à alterner avec eux; l’un de ces intervalles contient deux piquants divergents au lieu d’un; le nombre des piquanis du troisième rang est ainsi porté à sept. Cette particularité permet d’orienter l’animal; on peut, en effet, considérer le piquant double comme caractérisant la face ventrale. Le corps métaméridé de la larve échinodéroïde peut être, d'après le diamètre de ses segments, d’ailleurs peu différents, divisé en deux régions, la région thoracique et la région abdominale ; chacune de ces régions comprend environ vingt segments. Le 36e segment présente deux petits appendices divergents; le 37e porte l’anus, suivi lui-même de deux
Fig. 9S9. — Embryon de Fig. 990.
Gordius aquaticus. — c, région antérieure du corps rétractée; t, trompe et ses stylets ; œ, œsophage ; i, intestin ; v, rectum; n, anus;#, cellules de l’appareil excréteur; f, canal excréteur; r, cellules embryonnaires; m, muscles (d’après Villot).
Extrémité antérieure d’une larve de Gordius aquaticus. — A, région antérieure du corps armée de crochets ou calotte céphalique; fi, région postérieure; h, bon ton terminal de la trompe; t, trompe; o, bouche; s, stylets buccaux ; r, r1, r" les trois rangs de crochets (d'après Villot).