FILA.RIA OCÜLI HUMANI
dans son intérieur que se trouvaient les parasites. Faut-il considérer ceux-ci comme étant la cause de la maladie? Nous ne le pensons pas, car, dans la grande majorité des cas de cataracte, on chercherait vainement des Filaires; d’autre part, il est des circonstances dans lesquelles les parasites ne s’observent que d’un seul côté, bien que la cataracte soit bilatérale.
Ce n’est pas à dire pourtant que la présence de Vers dans les milieux de l’œil ne puisse amener des accidents plus ou moins graves ; ce qui se constate chez les animaux peut tout aussi bien se rencontrer chez l’Homme. Chez les Perches, dont le cristallin renferme fréquemment des parasites, Gescheidt a vu le plus ordinairement les couches superficielles de la lentille devenir troubles et plus ou moins opaques et quelquefois aussi la cristalloïde se troubler ellemême. Filaria equina peut produire de graves altérations dans la chambre antérieure du Cheval et du Bœuf, mais surtout du premier. Si le Ver ne quitte pas l’humeur aqueuse et n’y exécute que des mouvements lents, l’inflammation est médiocre ; mais ordinairement elle s’aggrave considérablement et s’étend au globe oculaire, à la conjonctive et aux paupières. La cornée et l’humeur aqueuse se troublent; du pus s’accumule entre les lamelles de la cornée et dans la chambre antérieure, le cristallin et l’iris se détruisent, et finalement l’œil est entièrement perdu.
Al. von Nordmann, Mikrographische Beürüge zur Naturge.ichichte der wirbellosen Thiere. Berlin, in-4“, 1832. — Id., Sur les helminthes dam l'œil des animaux supérieurs. Archives de méd. comparée, I, p. 67, 1843.
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Gescheidt, Die Entozoen des Auges. Eine naturhistorische, ophlhalmonosologische Skizze. Zeitschr. für Ophthalmologie, III, p. 405, 1833. Voir n 420 et 435. r , t-
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Qnadri, Compte rendu du Congrès ophthalmologique de Bruxelles, par Warlomont. Paris, 1858. Voir p. 153.
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no'^49*^7875*'‘''’^'’ Deutsche Zeitschr. f. prakt. Medicin,
rncAme im Glaskorper. Berliner klin. Woch., XII, O r {Trichosomum) im Glaskorper. Ibidem, XIII,
?876 Evers’schen Augenkliuik in Berlin, p. 39,
ORDRE DES NÉMATODES.
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Filaria Loa Guyot, 1778.
Synonymie : Filaria lacrymalis Dubini, 1850 (nec Gurlt, 1831).
Dracmculus oeuli Diesing, 1860.
Filaria oculi Gervais et van Beneden, 1859 (nec von Nordmann, 1832).
Dracunculus Loa Gobbold, 1864.
Le Loa est un Ver long de 16 à 70 millimètres (1), mais le plus souvent de 30 à 40 millimètres; il est fin comme une corde de violon, effilé à un bout, obtus à l’autre ; l’extrémité épaissie semble être l’antérieure; elle présente une bouche proéminente, en forme de papille, inerme. L’intestin semble être rectiligne ; on ignore encore la situation de l’anus. Les champs latéraux ont une largeur et une hauteur considérables et sont séparés l’un de l’autre par 18 à 20 faisceaux musculaires creusés en gouttière. Le tube génital renferme des œufs mesurant 3o [a sur 25 p. et contenant déjà des embryons.
Tels sont les seuls détails anatomiques que l’on ait encore sur le Loa : on les doit à Leuckart et à Leidy. On ignore les migrations dé ce parasite et on ne sait pas davantage si les individus de petite taille, vus par Nassau, Bajon, Lestrille, Guyot et d’autres, ne seraient pas les mâles.
Ce parasite se loge entre la conjonctive et le globe oculaire; il se déplace autour de l’œil et peut aussi se retirer plus ou moins profondément dans l’orbite. Blot l’a vu, chez une jeune négresse de la Martinique, passer d’un œil à l’autre, en rampant sous la peau de la racine du nez. Nassau, missionnaire au Gabon, a eu fréquemment l’occasion de l’observer : le Ver ne se montre pas seulement sous la
(1) Guyoïi a présenté à l’Académie des sciences, en 1864, un Ver extrait de l’œil d’un nègre du Gabon et long de 150 millimètres : c’était sans doute un parasite autre que le Loa, peut-être Filaria inermis, comme Grassi est enclin à l’admettre.
FILARIA LOA. 11
conjonctive, mais encore en divers autres points du corps, aux doigts, aux paupières.
Quand le Loa manifeste sa présence, au dire de Nassau, la peau se tuméfie, se tend, devient chaude, mais non enflammée et est le siège de violentes démangeaisons. On ne peut s’empêcher de se gratter l’œil ou la main. La tuméfaction augmente de plus en plus, les yeux pleurent involontairement et finissent par s’enflammer, mais l’inflammation ne serait occasionnée que par le frottement. Dans Fœil, et suivant la ligne qu’occupe le parasite, on éprouve à de courts intervalles des douleurs soudaines, comme des névralgies. La sensation continue de tension et de démangeaison est vraiment insupportable ; la douleur est surtout vive pendant la nuit. Ces symptômes ne durent pas plus de deux ou trois jours et cessent toujours sans traitement; le Ver peut alors rester deux semaines sans manifester sa présence.
La manière dont le Loa pénètre chez l’Homme est encore ignorée. Ce qu’on sait de certains autres parasites, tels que la Pilaire de Médinej nous autorise à penser qu’il est introduit dans l’organisme à l’état de larve, avec l’eau de boisson ; il devient adulte dans l’intestin et les mâles ne survivent pas à l’accouplement. Les femelles fécondées pénètrent au contraire dans l’intimité des organes et viennent ramper sous la peau au bout d’un temps plus ou moins long, lorsqu’elles sont arrivées à maturité sexuelle et que le moment de la ponte est venu ; il est probable qu’elles sont ovovivipares.
Le parasitisme du Loa est de longue durée, comme en témoignent les observations faites autrefois en Amérique sur des nègres amenés de k côte d’Afrique : le transport des esclaves se faisait au moyen de navires à voile, auxquels il fallait plusieurs semaines et même plusieurs mois pour accomplir la traversée; la négresse vue par Roulin à Monpox était en Amérique depuis cinq à six ans. Les nègres (|e la çôte d Angola savent du reste que le Ver se montre et disparaît tour a tour pendant un temps assez long, puis disparaît à tout jamais, sans que rien n’indique son expulsion.
Ce Ver est particulier à la côte occidentale d’Afrique : on le trouve en Guinée, à la côte d’Angola, au Gabon, à l’Ogooué, au Congo; les indigènes de cette dernière région lui donnent le nom de Loa. On peut fixer approximativement son aire de distribution en disant qu’il est endémique depuis l’équateur ou quelques degrés au-dessus jusqu au 10« degré de latitude sud; on ignore encore jusqu’à quelle distance il pénètre dans les terres. Il a été tout d’abord rencontré à Cayenne par Bajon, puis a été revu à Saint-Domingue par Mongin Mercier et de Lassus, et dans d’autres parties de l’Amérique par divers observateurs. Toutefois, le Loa n’est point originaire d’Amé-
^2 ORDRE DES NÉMATODES,
rique et il ne s’y est point acclimaté ; on ne l’y a jamais vu que chez des nègres venus récemment d’Afrique, et il y est inconnu depuis l’abolition de la traite des esclaves.
Ce Ver a été confondu par Bajon et par Küchenmeister avec la Pilaire de Médine ; au contraire, Guyot, Blot, van Beneden et Nassau le considèrent comme une espèce particulière ; en trouvant ses embryons déjà formés dans l’œuf utérin, Leuckart est venu donner une démonstration anatomique de ce fait, déjà prouve par la distribution géographique : en effet, la Pilaire de Médine est totalement inconnue dans les pays où se rencontre le Loa.
Mongin, Observations sur un Ver trouvé dans la mijonclive, à Mariborou, isle Saint-Domingue. Journal do méd., XXXII, p. 338, 1( lO.
Baion, Mémoires pour servir à l’histoire de Cayenne et de la Guyane française Voir I, p. 325. — Reproduit par J. N. Arrachart, Mémoires, dissertations et observations de chirurgie. Paris, 1805. - Mémoire sur les Vers des veux, lu à TAcad. de chirurgie en 1778, p. 217-
De Lassus, cité par D. J. Larrey, Mémoires de chirurgie militaire et campagnes. Paris, 1812. Voir I, p. 22'.
Roulin, Dragonneau. Arch. gén. de méd., XXX, p. o73, 183'-. — Dette observation est à tort attribuée à Clot-Bey.
Guyon, Note sur des Vers observés entre la sclérotique et la conjonctive, chez une négresse de Guinée, habitant la Martinique. Comptes rendus de l’Âcad. des sciences, MI, p. 755, 1838. - Id., Sole sur un Ver trouve dans le tissu cellulaire sous-conjonctival. Gazette méd., p. 106, 1841. Id., Sur un nouveau cas de Pilaire sous-conjonctival ou Filaria oculi des auteurs observé au Gabon. Comptes-rendus de l’Acad. des sc., LIX, p. 743, 1864.
W. Loney, Extirpation of Di-acunculi from the eye. Tlie Lancet, I, p. 309,
J. F. X. Sigaud, Du climat et des maladies du Brésil. Paris, 1844. Voir p. 135.
Lallcmant, Filaria im Auge eines Negers. Casper's Wocbenscbrift fur die ges. Heilkunde, p. 842, 1844.
Lestrille, cité par Gervais et van Beneden, Zoologie médicale, Paris, 1859. Voir II, p. 143.
Cb. Trucy, Remarques sur la Pilaire de Médine et en particulier sur son traitement. Thèse de Montpellier, n® 22, 1873. Voir p. 40.
R. Leuckart, Bericht über die wiss. Leistungen in der Maturgeschichle .
Arebiv für Naturgescbichte, II, p. 563, 1877.
Th. G. Morton, Account of a worm (Dracunculus, or Filaria Loa) removed by a native woman from beneath the conjunctiva of the eye-ball of a negress at Gaboon, West- A frica, with a brie f his tory of the parasite and professor Leidy's description ofthe specimen. Amer. Journal of the med. sc., (2j, LXXIV, p. 113, 1877.
H. M. Bachelor, Filaria Loa and Pulex penetrans. New-York med. Record, XIX, p. 470, 1881. Bull, of the New-York pathol. Soc., (2), I, p. I08, 1881.
R. Blanchard, La Pilaire sous-conjonctivale [Filaria Loa Guyot). Progrès médical, (2), IV, p. 591 et 611, 1886.
FILA.R1A HQMINIS.ORIS.
Filaria restîformis Leidy, 1880.
Pendant l’hiver de^l 876, un laboureur d’environ cinquante ans vint consulter le D^’C.L. Garnett, de Buffalo, Putnam Go., West Virginia. Ses ùllnes déposaient et il éprouvait une sensation de brûlure pendant et après lamiction. Il avait jusqu’alors été traité pour une blennorrhagie, diagnostic que confirma Garnett. N’obtenant aucun résultat, le malade alla voir d’autres praticiens. En avril 1878, il revînt chez Garnett et lui apporta un Ver rond, d’un rouge vif, bien vivant et animé de mouvements très actifs, qu’il venait de rendre par l’urèthre. Peu de jours auparavant, son urine était devenue laiteuse, puis sanguinolente et mêlée de mucus.
Le Ver fut envoyé à Washington, au D'‘ J. J. Woodward, à l’Army medical Muséum, puis fut soumis à l’examen du professeur J. Leidy. C’était un Nématode long de 66 centimètres, large en arrière et -effilé en avant. La largeur était de 0““,375 immédiatement en arrière de l’extrémité céphalique; de 0®“,62o au niveau du commencement de l’intestin ; de 1“,3 depuis le milieu de la longueur du corps jusqu'à l’extrémité caudale.
Le corps est long, restiforme, arrondi, lisse, élastique et dépourvu de toute annulation. L’extrémité antérieure est légèrement effilée, arrondie, lisse, sans le moindre appendice (fig. .390, A). L’extrémité postérieure, B, est obtuse et arrondie, incurvée, également dépourvue d’appendices et imperforée, ou du moins l’orifice anal ou
La bouche est un simple pore terminal, dépourvu de lèvres, de papilles ou d’armature. L’œsophage, long 1“,125 est cylindrique et s’ouvre dans un intestin qui semble se terminer en cul-de-sac. Les organes génitaux n’ont pas été observés.
J. Leidy, On a Filaria reported to hâve corne from a man. Procecdings of the .Aeadeiny of natural sciences of Philadelphia, p. 130, 1880. •
Filaria homiuis oris Leidy, 18o0.
Le professeur J. Leidy (1), de Philadelphie, a décrit sous ce nom, d’après un seul exemplaire conservé dans l’alcool, un parasite éti-
(t) Et non Cobbold, comme le dit Brass.
Fig. 390. — Filaria l estiformis, d’après J. Leidy, — A, extrémité céphalique. B, extrémité caudale. Les lignes diago- ■ nales indiquent l’entrecroisement des fibres du tégument. Grossies 5 fois.
génital n’a pas été vu.
ORDRE DES JSÉMATODES.
quêté comme « obtaiued from the mouth of a child. » C’est un Ver long de 14 centimètres, large de 0““16, filiforme et d’un blanc opaque.
La bouche est ronde et simple. L’extrémité postérieure est obtuse et munie d’un crochet cuticulaire court, incurvé, long de 30 p. et large de 12 (J. à sa base.
Ce Ver, dont la provenance est inconnue, ne saurait être confondu avec Filaria labialis; Leidy se demande si ce ne serait pas une jeune Filaire de Médine mâle, et Leuckart adopte cette opinion : il la croit vraisemblable en raison de la forme de l’extrémité caudale et parceque, dit-il, « la Filaire de Médine paraît être répandue assez loin dans l’Amérique centrale. »
Cette manière de voir nous semble absolument inadmissible. Il est probable que le Ver décrit par Leidy a été recueilli à Philadelphie même ou aux environs, contrée où la Filaire de Médine n’a jamais été vue.
De plus, nous ignorons encore si le mâle de cette espèce est capable de vivre dans l’intérieur des organes, àPinstar de la femelle, en supposant du reste que la Filaire de Leidy ait été extraite de la môme façon que celle de Pane.
J. Leidy, Descriptions of ihree Filariæ. Pi’oceedings of tlic Pliiladelpliia Academy of natural sciences, V, p. 117,
Filaria labialis Pane, 1864.
Fig. — Eilai'ia labialis, grossi ^ ,
six fois. Ce Nematode n’a été vu qu une
fois et la description qui en a été donné est très incomplète. 11 a été trouvé et décrit par Pane, alors étudiant en médecine à Naples (1) v ie professeur Panceri en a fait un dessin demi-schématique (flg. 391).
(1) Davaine et Max Braun disent à tort que ce parasite a été découvert chez un étudiant; c’est par un étudiant qu'il faut lire.
FILARIA LYMPHATIGA. 15
C’est un Ver mince et long d’environ 30 millimètres. L’extrémité anterieure est effilée et se termine par une bouche munie de quatre papilles disposées en couronne. L’extrémité postérieure est au conraire leprement renflée en massue ; à au devant d’elle se t^rouve l’anus; la vulve est située du même côté que celui-ci et débouche a 2““,S plus haut. Elle s’ouvre par un court vagin dans un double utérus dont les deux branches se dirigent en sens contraire et sont très inégales: l’une d’elles remplit de ses sinuosités la portion anterieure du corps et s’étend jusqu’à 8 millimètres de l’extrémité cephahque; l’autre se dirige en arrière et reste presque rudimentaire. Cette structure de l’appareil génital et surtout cette situation de la vulve sont exceptionnelles pour une Pilaire ; néanmoins, en l’absence du mâle et en face d’une description aussi incomplète, il convient de conserver à ce Ver le nom que lui a donné Pane.
Le Ver fut rencontré chez un individu qui, depuis quelques jours, éprouvait une sensation debrûlureet de fourmillement àla face interne delalevre supérieure et au voisihage de la ligne médiane. En exa- - minant dans une glace l’endroit malade, il remarqua une petite pustule blanche quil ouvrit avec la pointe d’une plume d’acier. 11 vit alors, au fond de la petite plaie, un filament blanc qu’il voulut extraire, mais qui se retira vivement sous la muqueuse. Le lendemain, comme la sensation de brûlure et de prurit persistait encore, qne nouvelle extraction fut tentée, qui réussit parfaitement.
Pane, Nota su di un elmmte nemaloïde. Annali dell’ Accademia deffli asn! ranti naturahsti. Napoli. (lû. IV. isfii. emia üegli aspi-
Pilaria lymphatica Moquin-Tandon, 1860.
Synonymie ; Haynulnria lymphatica TroMtler , 1793.
Tentacularia subcompressa Zeder, 1800.
Hamularia subcompressa Rudolphi, 1810.
Filaria hominis bronchiaîis Rudolphi, I8I9 F. hominis Diesing, 1851.
Strongylus bronchiaîis Cobbold, 1879.
Ce Ver a une longueur maximum de 26 millimètres ; il est allonaé arrondi, un peu comprimé latéralement, de couleur noir brunâtre' parseme en partie de taches blanches, un peu aminci en avant deLii’ l^spareat ea arriére et recourbé aux deux extrémités appe la
,,J,?‘“‘7'f"*‘™P»*f“=»lcaractériséaétélrou,éparTreutler^
1790 a 1 autopsie d un Homme de vingt- huit ans : il siLeait dans les ganglions lymphatiques avoisinant les bronches, ganglions nui se montraient hypertrophiés la tête, peu distincte en nie
ORDHE DES NÉMATODES. '
Doinle obtuse, portait deux crochets proéminents, mobiles au gré de l’animal (fig. 392). Par la suite, Rudolphi et Bremser ont démontré que irelr avait pris la queue pour la tête et les deux spmules sortant L cloaque pour deux crochets {hamuli) émergeant de la cavité bue
'tiesinget VVeinland ont cru cet helminthe identique à Strongylus iongemgmato; Küchenmeister partagea tout ^ d’abord cette opinion, qu’il abandonna ensuite, mais à laquelle Cobbold est demeuré Ê fidèle. De même, Leuckart crut d’abord que
I les Vers de Treutler n’étaient que des mâles
I d’Ascan’s mystax mal observés, mais il chan-
I gea bientôt d’avis, en considérant que ces pâli rasites avaient été rencontrés en un point qui
^ n’est pas le siège habituel des Ascarides. Sans
\ être précise, leur détermination est suffisante
l/ï pour nous montrer que ce sont des Néma-
Æ \ iodes ; aussi est-on surpris de voir Brass pré-
I tendre que ces parasites étaient des larves de I Mouche.
I Rencontrée pour la première fois par Treu- J] lier, la Pilaire des ganglions lymphatiques a été revue à Genève, en 1879, par le professeur ^ W. Zahn, qui a bien voulu nous communiquer
Fie 392 -llamularia son observation encore inédite. Chez un jeune
lyn.phatica, d’après Homme mort de tuberculose, « les ganglions Treutler. lymphatiques péribronchiques et trachéaux
étaient notablement tuméfiés ; leur capsule était hyperémiée; sur la coupe, ils étaient pâles et comme œdématiés. Je ne fus pas peu surpris de trouver dans une coupe d un ganglion particulièrement œdématié et siégeant à la bifurcation de la trachée, deux Pilaires, dont l’une était coupée en deux et l’autre encore intacte. Ces Pilaires étaient incolores et avaient approximativement la taille do celles qui se trouvent assez fréquemment dans le sang des Grenouilles.» L’observation, faite en présence de Waldeyer, ne fut pas poursuivie.
Fr. Aug. Treutler, Observationes pathologico-anatomicæ auetarium ad helminthologiam humani corporis continentes. Lipsiæ, 1793.
FILARIA MEÜINENSIS.
Filaria medinensis Gmelin, 1789,
Synonymie : Apa/tôvxiov p-ty-pov Agatharchides, dans Plutarque.
Vena medinensis Velsch, 1674.
Dracunculus Lister, 1690.
B. Fersarum Kâmpfer, 1694.
Vermis medinensis Grundler, 1740.
Gordius medinensis Linné, 1767.
Furia medinensis Modeer, 1795.
Filaria dracunculus Bremser, 1819.
Dracunculus medinensis Cobbold, 1864.
Moïse semble être le premier auteur qui ait parlé de la Pilaire de Médine. A.vec Bartholin, nous n’hésitons pas à reconnaître le parasite dans les « Serpents de feu » dont les enfants d’Israël furent atteints pendant leur séjour au voisinage de la. mer Rouge.
Le Yer est mentionné ensuite, d’une façon plus précise,' par Aga- Iharchidès de Cnide, qui vivait 140 à loO ans avant notre ère. « Et ceulx, dit Plutarque, qui furent malades à l’entour de la mer Rouge, ainsi comme Agatharchides escrit, eurent des accidens estranges, que personne n’avoit jamais ne leus ne veus, et, entre autres, qu’il leur sortoit de petits serpentaux qui leur mangeoient le gras des jambes, et les souris des bras. Et, quand on leur cuidoit toucher, ils rentroient en dedans, et s’enveloppant parmy les muscles, engendroient des bosses et aposthumes qui laissoient des douleurs intolérables. »
Au commencement du iii® siècle de notre ère, Léonidès d’Alexandrie parle également de là Pilaire ; il la compare à un Ascaride et semble, par conséquent, ne pas douter de sa nature animale; il dit qu’on la rencontre aux Indes et en Ethiopie.
Galien, qui ne l’a jamais observée par lui-même, se demande au contraire si c’est réellement un animal, et si la maladie qu’on lui attribue, et pour laquelle il adopte le nom de ^paxovriaoi;, ne serait pas plutôt analogue aux varices. Soranus lui refuse définitivement l’animalité et la considère comme de nature nerveuse, erreur qui a été le point de départ des opinions les plus contradictoires et qui s’est maintenue jusqu’au commencement de ce siècle.
Les médecins arabes ont eu l’occasion de voir eux-mêmes le parasite, dont ils signalent l’existence en Arabie et en Perse; néanmoins, ils n’ont sur sa nature aucune opinion arrêtésT’ils l’appellent arh, aerk ou irk almedini, noms qui se sont changés en vena ou nervus medinensis sous la plume des traducteurs et des commentateurs du moyen âge. Aldrovande déclare que c’est une tumeur ou un abcès produit par du sang purulent, opinion que devaient adopter plus tard Ambroise Paré, Montanus et Larrey.
Blanchard. — Zool. méd.
il. — 2
ORDRE DES NÉMATODES.
fl
Guy de Chauliac y voit simplement une veine allongée, Tagantius de [ / l’atrabile, Jean Wier des comédons, Pollux de la substance nerveuse îjl modifiée, Lalaye une aposlume occasionnée par l’épaississement du Jj sang. Fielitz, en 1788, prend le parasite pour un simple abcès sébacé; au commencement de ce siècle, Brera se demande encore si ce ne serait pas une sorte de Chenille, et Jacobson n’y reconnaît rien autre chose qu’un tube adventice, sorte de kyste développé autour des embryons.
Cependant, l’animalité duparasiteélaitproclaméepar divers auteurs. Cunélius le confond avec le Gordius, erreur qui devait être commise par divers auteurs, notamment par Fuchs (1), par Velsch, qui l’avait observé en Europe chez des individus revenant des Indes, puis par Lind et Gallandat, qui l’avaient vu sur la côte occidentale d’Afrique, et par Kâmpfer, qui lavait étudié sur les rives du golfe Persique. Houppe voit également le parasite à Curaçao et le considère comme un animal; Pouppé-Desportes et Peré, qui l’observent à Saint-Domingue, sont du même avis. D’après le récit de Kâmpfer, Linné l’avait du reste classé déjà parmi les Vers et rapproché des Gordius; Gmelin détermina ses affinités avec plus de précision et le rangea parmi les Filaires.
Plutarque, ïu(i.7câ<7cov, livre VIII, question 9. Traduction d'Arayot, p 423
Leonides, cite par Aétius, lib. XIV, cap. 8G. J > i ■
Galien, De locis affectis, lib. VI, cap. 3.
Soranus, cité par Paul d’Égine, lib. IV, cap. 59.
Albucasis, Methodm medendi. Basilæ, 1541. Voir Ub. II, cap. 91, p lG-> De extrachone venæ cruris. * H i p- lo*,
^ Avkenua, Cam,,, lib. IV, fe„. III, ,55,.
l-oraiTe' «eà» de Mldme, tl Ilepiodui. avec addl.i.a, bans >^0,à‘îSa
; semble avoir été le premier à introduire dans 1p in que Cuvier
5;j n’est qu’une adaptation française du DmcuSm'- >^*'agonneau
. designer que la Pilaire de Médine, et les anciens autPn/J
signification exclusive; la logique veut ou’on la lui consene' ‘'®«e
FILARIA. MEDINENSIS.
Roappe, De morbis navigantium. Lugduni Batavorum, 1764. Voir p. 282. Lind, Essay on dîseases incidental to Europeans in hot climates. London, 1768. Voir p. 57 et 63.
Pouppé-Desportes, Histoire des maladies de Saint-Domingue. Paris, 1770. Vuir II, p. 271.
Peré, Sur le Dragonneau. Journ. de méd., XLII, p. 121, 1774.
G. Fr. Chr. Fuchs, Commentatio historico-medica de dracunculo Persarum seu vena medinensi Arabum. lenæ, in-4®, 1781.
La Pilaire de Médine se loge sous la peau de l’Homme. Au point où elle s’arrête, il se forme un abcès qui s’ouvre au dehors et l’expulse, soit en totalité, soit par fragments : quoi qu’il en ^ soit, le Ver est rejeté sur le sol, ses tissus se putréfient et les embryons sans nombre dont son corps est bourré peuvent arriver jusque dans l’eau. ^
Le fait que la Pilaire est vivipare a été découvert par Rudolphi ;
« Filariae nostræ proie quasi farclæ sunt, quod si harum longitudinem illius vero minutiem spectas, fœtuum multa milliuni millia singulis tribuit. » En 1834, Jacobson refit celte même observation à Copenhague, sur un garçon de 13 à 14 ans, né sur la côte de Guinée Ce même fait a encore été vérifié à Calcutta par Duncan, à Bombay par Forbes, puis par Mac Clelland et Maisonneuve.
L’embryon renfermé dans le corps de la Pilaire (fig. 393 et 394) est long de 0““,30 à 0““,65 et large de 15 à 20 p.; Ch. Robin lui a trouvé des dimensions un peu plus grandes, 0““',73 pour la longueur, 26 p pour la largeur et 19 p pour l’épaisseur. Cet embryon est en tous points semblable à celui de Cucullanus elegans, parasite de la Perche, si ce n’est qu’il est un peu plus grand; il ressemble encore beaucoup à celui à'ichthyonema et à celui de Filaria bispmosa, parasite du Boa, k Jk" L’extrémité antérieure du corps est très légèrement effilée :
elle se termine par une surface plane dont le milieu est occupé : par la bouche. Dès la seconde moitié de sa longueur, le corps,
jusque-là cylindrique, se rétrécit graduellement et se transforme ainsi en une queue très effilée. Celle-ci occupe les deux cinquièmes de la longueur totale ; elle est donc longue de 25 ‘ à 28 p; elle est droite et rigide sur toute son étendue ; c’est tout àu plus si elle est un peu incurvée à sa racine; sa con- ^ tractilité semble être des plus bornées. On voit souvent les embryons s’unir et s’accrocher les uns aux autres par leur J queue ; isolés, ils ont d’ordinaire la partie antérieure du corps
ORDRE DES NÉMATODES.
enroulée en arc ou en spirale aplatie : comme chez les Trichotrachélides, la face ventrale correspond à la concavité.
La paroi du corps est épaisse de 7 (ji, suivant Robin ; la cuti-
cale est très épaisse, solide, réfringente et striée en travers La
rst-rL^;erro:^i;'r::r
«a.s sont beauconp moins distantes sur la qneuef en même’
. FILARIà MEDINENSIS.
temps elles deviennent plus indistinctes, en sorte que l’annulation va en se perdant petit à petit; finalement, la cuticule est complètement lisse sur la dernière moitié de la queue.
L’embryon est doué d’une grande résistance. Jacobson prétend qu’il ne vit pas dans l’eau plus de 24 heures, mais Maisonneuve l’a vu y vivre plusieurs' jours, même à une basse température; de même, d’après G. Lang, des embryons placés dans un mélange d’albumine et d’eau stagnante vivaient encore au sixième jour; enfin, Forbes a conservé vivants, pendant 15 à 20 jours, les embryons dans la terre humide. Il est probable que ces animaux sont capables de demeurer encore plus longtemps en vie dans l’eau ou dans la vase : comme nous le verrons, c’est presque indispensable pour assurer la propagation de l’espèce. Une autre propriété qui est en rapport avec le même phénomène, c’est la faculté qu’ont les embryons de résister à la dessiccation et de présenter un certain pouvoir de réviviscence : Robin les a vus revenir à la vie et reprendre leurs mouvements quand on les humectait, après une dessiccation de 6 à 12 heures ; Mac Clelland a pu faire la même observation au bout de 24 heures. Jusqu’à quel point sont-ils réviviscents et combien de temps sont-ils capables de rester en vie latente? Nous l’ignorons encore.
On remarque, à la racine de la queue et de chaque côté, une sorte de sac qui communique avec l’extérieur par un orifice et que tapisse une invagination de la cuticule ; sa cavité est remplie par un cône particulier qui s’insère sur le fond. Cet organe a été pris par Carter pour une glande, par Bush pour le pore du système excréteur, par Davaine pour l’anus : c’est simplement une papille caudale ; le cône qui y est inclus est capable de faire saillie au dehors, comme Bastian donne à le croire..
La couche musculaire s’étend jusque vers la moitié de la queue, mais son épaisseur va en diminuant notablement. La cavité du corps est fort étroite. La bouche est presque infundibuliforme ; elle est dépourvue de dent perforante, contrairement à ce qui se voit chez Cucullanus. Le tube digestif est un canal assez régulier, dont la paroi est inültrée de grosses granulations. L’œsophage et l’intestin diffèrent très peu d’aspect, mais sont pourtant faciles à distinguer ; leur union se fait vers la limite du premier tiers du corps. D’après Robin, la longueur totale du tube
ORDRE DES NÉMATODES.
digestif est de 0““,463 à0““,467 : l’œsophage mesure de0®“,179 à 0““, 183, l’intestin de 0““, 284 à 0“”, 288. Baslian admet que l’intestin se termine en cul-de-sac à quelque distance des papilles caudales ; Carter etRobin ont au contraire reconnu un anus, situé à la racine de la queue, sur la face concave, au niveau du bord postérieur des papilles. Cet anus est une fente transversale, large de 6 à 7 p. et entourée d’un bourrelet contractile; le rectum est tapissé d’une mince cuticule chitineuse. Le rudiment des glandes génitales est situé vers le milieu de l’intestin et sur sa face ventrale; l’appareil excréteur n’a pas encore été vu.
Telle est la structure de l’embryon; recherchons maintenant quelle est sa destinée.
Dans bien des régions, la croyance est répandue que l’helminthe est avalé avec l’eau de boisson; les observations de Forbes, d’après lesquelles l’embryon mourrait dans l’estomac au bout de quelques heures, montrent que le Ver n’est pas avalé en cet état. Pour ne citer que quelques auteurs, parmi un plus grand nombre, Hugues de Linscot, Thévenot, Chardin, Kâmpfer et le P. Martin ont rencontré celte croyance dans le sud de la Perse ; de Marchais, Moore et Gallandat l’ont recueillie sur la côte occidentale d’Afrique; Dubois et Kennedy aux Indes; Marucchi dans le Cordofan. Semblable opinion a été soutenue récemment par Joubert et Stambolski. Ce dernier rapporte qu’en Arabie les indigènes ne boivent jamais les eaux stagnantes : ils savent par tradition quelles sont nuisibles à la santé; pour se procurer de l’eau de bonne qualité, ils creusent de petites fosses au bas des flaques d’eau stagnante ; l’eau transsude comme à travers un filtre et devient inoffensive. Niebuhr dit également que les habitants de l’Yémen filtrent l’eau à travers un linge, pour se préserver du Ver.
D autres auteurs ont pensé que la draconliase était contagieuse • Mac Grégor, Bruce, Clot-Bey sont de cet avis. Ce dernier dit que le Ver n’est pas endémique en Égypte ; on ne l’y voit que chez les Arabes qm sont en rapport avec les nègres, et jamais chez les individus qui n ont pas de communication avec ceux-ci. Lind conseille aux Europeens « de ne pas habiter les chambres des nègres qui en sont allcinls et d éviter toute communication trop particuiière avec eus. . Mais idee de la coolagion est combattue par Trucv, . Au bataillon des tirailleurs sénégalais, les soldats européens sont on contact continuel avec les soldais indigènes; les premiers sont très rarement alteints tandis ,ue les cas de Pilaire sont très nombreux cher les seconTs
eau, soit de la terre humide. Bruce a remarque, d'ailleurs,
FILÂRIÂ MEDINENSIS. 23
sans que cette remarque ait jamais été confirmée, qu’aux I^es les bIsLs ou poneur, d’eau, ,ui portent leure »-> ^ ;
présentent ordinairement des Pilaires sous la peau du dos et des Lncs Heath rapporte que les ofaders, qui s’habillent a 1 européenne "t , U 'ne dorme” pae 1 terre, sont épargués. Buak dit au cou ra,re L’r observé le parasite, à 1. eôte de Guiuée, cher des matelots européens qui avaient les pieds nus et qui avaient “I^rné quelque temps dans les bateaux des indigènes, sans même aller a ter e.
Suivant Clot-Bey, les habitants du Cordofan, du Sennaar et du Darfour penLnt que'p animal pénètre à travers la peau q-nd on prend un bain, ou plus ordinairement quand on marche dans 1 e , p exemple en traversant un gué. Les médecins croyance, dont quelques voyageurs, entre autres Burckbardt,
fain’écbo-,ilfautbienreconnaîtrequ’elleaunecertainevraiseniblance
à cause de la prédilection marquée avec laquelle le Ver se loge au extrémités inférieures, notamment au voisinage du
De quelle manière se ferait donc la pénétration du ? Jordens
Chapotin et Carter admettent qu’il s’enfonce dans les P«^«^ ^
c’est-à-dire dans l’orifice des glandes sudoripares; Davaine pense plutôt qu’il pénètre par la gaine d’un poil.
^ Carter a encore émis l’opinion que la Filaire
librement Dans les eaux douces de l’Inde, il a trouve un pand nombre de petits Nématodes, dont l’organisation présentait certaine ressembLces avec celle de la Pilaire : il les désigne sousje nom d’Urolabes. Il les rencontre en abondance dansuneta g d’un établissement voisin avaient coutume de
élèves étaient atteints de dracontiase dans la proportion de 2i sur 50 D’autres étangs étaient indemnes, et les écoles voisines n avaient auïn nombre insignifiant de malades, 2 ou 3 sur 346. Carter pense Lnc à une relation génésique entre les Urolabes et la Pilaire. Quand une occasion favorable s’offre à eux, les jeunes VroMes par les glandes sudoripares jusque dans le tissu iné • là, sous l’influence de la vie parasitaire, ils deviendraien des Ver^ longs de plusieurs aunes, tandis que.les autres conserveraien Îeur aspect habituel. S’il en était ainsi, les embryons à'Urolabes et de plire devraient être identiques : or, il n’en est rien Clans a voulu expliquer cette dissemblance en attribuant aux Vrolabes une repro duction hétérogonique, analogue à celle qui s’observe chez les Rhab-
"^ToTbeÏcroit aussi'que la Pilaire peut vivre, croître ^
complet développement hors du corps de l’Homme ; ü ^ ^
Tsénéeal un Ver long de 18 centimètres, absolument analogue à îa 4ahe. ûnUigène fui dit « que c’était bien là le Ver de Guinee,
ORDRE DES NÉMATODES.
le même que celui qui atteint les Hommes; il ajouta qu’il n’était point rare de trouver ce Ver dans les terrains humides, mais que, lorsqu’il était plus petit, il habitait de préférence l’eau des mares voisines. »
Gomme on voit, on a cherché à expliquer de bien des manières la pénétration du parasite chez l’Homme : aucune de
ces théories n’est exacte. C’est à PedchenkA ,
rite d'agir découvert les
FILÂRIÂ MEDINENSIS. 2ô-
ressemblance avec celui de CucuUanus, Leuckart avait pensé que l’embryon de la Pilaire, devenu libre dans l’eau, devait émigrer dans le corps des Cyclopes ; il avait engagé Pedcbenko à faire des expériences dans ce sens, au cours de son explora- - tion dir Turkestan. Pendant son séjour à Djizak, non loin de Samarcande, le naturaliste russe a démontré que l’embryon pénètre en effet dans le corps d’un Cyclope et s’y transforme
en une larve inconnue jusqu’alors.
Quelques heures après l’introduction d’embryons vivants dans l’eau renfermant des Cyclopes, on trouve déjà la cavité-
Fig. 396. — Larve de'Filaire, d’après Fedchenko.
générale de ces Crustacés occupée par les parasites; ils se trou vent d’abord au-dessous de l’intestin, puis se portent au-dessuset séjournent dans la région dorsale (fig. 395). Ces Vers ne pénètrent point par la bouche : en nageant, ils rencontrent les pattes du Copépode et s’y fixent; ils percent ensuite le tégument dans l’interstice des segments de 1 abdomen et arrivent par cette voie dans la cavité du corps. Dans les conditions artificielles de l’expérimentation, on peut trouver chez le même Cvclope jusqu’à cinq et six, et même jusqu’à douze parasites : néanmoins, l’animal ne semble aucunement incommodé. Les animaux d’autre espèce (larves d’insectes, Rotifères, etc.) ne se
ORDRE DES NÉMATODES, laissent pas infester : les embryons qui pénètrent dans Tintestin, aussi bien chez le Cyclope que chez les autres animaux, ne tardent pas à être digérés.
Après qu’il a pénétré chez le Cyclope, Tembryon reste plusieurs jours sans se modifier, si ce n’est que son intestin se perfectionne et devient plus apparent. Vers le douzième jour, il subit une mue et passe à Tétat larvaire : son aspect est alors complètement modifié (flg. 396).
La queue est courte et ramassée sur elle-même et mesure à peine la neuvième partie de la longueur du corps; elle se termine par une surface mousse, qui se prolonge en trois pointes, comme chez la larve de Cucullanus;^ l’extrémité antérieure semble être pourvue de deux papilles; la cuticule a perdu son annulation.
Les trois portions du tube digestif se distinguent aisément; leur structure est differente. L’œsophage occupe plus de la moitié du corps • ses parois sont musculeuses; sa lumière est cylindrique, mais s’élargit en forme de bouteille au point où il se continue avec l’intestin. La paroi de celui-ci est au contraire formée de grandes cellules alternes, bourrées de granulations d’un jaune foncé et entourant un canal en zigzag Le rectum est court, tapissé de chitine; Tanus s’ouvre à la
îenLt , '-oit à la face
ventrale, un peu en arriéré du début de l’intestin
à elsa taille était descendue
Vnguèl ’ "'“«"'être de
La jeune Maire reste ainsi plus ou moins longtemps à l’étal
pe3’„Uér?'“'r"“’“ ' «vllop!
pement ultérieur. Ces conditions se trouvent réalisées de la
mantere suivante : dans les régions torrides où observe a dracontiase, Teau est mro- nâfrvr. auuseive la
w^'c^u^cTXT^té:;^
irs:üt:Settua:t:rerd‘ét^^^^^^^^^^
en liberté les larves de la Pilaire
a ttntrvainemTn^dtfetoTeSxlê^^^^
rlrdfl^vL'! M rtsmn an“pa • “ î tou"
pour d’autres Nématodes, il est pZS IZ heSe d: 'or
FILÂRU MEDINENSIS.
blercette lacune. Deus opinions peuvent être soutenues. Tout d' boZn peut admettre que la Filaire est hermaphrodr te et nue ses ^laudes génitales produisent successivement des sper-
WËmmrn
";;:s (S " uelemelle - — -
elle fait son apparition sous la peau, uo p plus ou moins facilement.
(I) Eü Perse, d’après Polak, 'trouve ^ pelotonués
mâle, et un grand Ver, qui et pîL^^ longs de 1 â 10 cen-
â côté d’un grand V®’'’ ^ .'^Pokk L demande si ces petits
«g Sàr ,:gr«bt»?ni;srs;.ït
îS “gï vSb «des Fllaires .dates ; a’é..U-ce pas plaldt des isc-
- rides erratiques? évaluée approximativement, d’après
(:5) La durée de 1 incubation pcnt quittant des pays
sSsiiToïvtr*
;„ede9M0m...,d'.prcsCes^y;«^ s, d'après Jenbert;
^ 12 mois, d apres . vq\’ ^4 ^ois, d’après Burnet; 15 mois,
12 mois et plus, ^ apres Kampfer , de 10 d’après Cézilly et
d’après Labat, f ter a évalue la durée de l’incu-
mème plus de 2 ans, d ap P Sevcrauce en 1860, a rapporté le cas d un
EL^;g:tar.;:rdtS: -5 dd »ois au-Mar,c : une Fdaire apparu, au pied; cette derpière observation est inexacte.
28 ORDRE DES NÉMATODES.
L’animal qui se montre ainsi sous la peau est toujours une femelle adulte ou, plus exactement, réduite à un état comparable à celui des derniers anneaux d’un Ténia (fig. 398). C’est une sorte de sac tubulaire rempli d’un nombre immense d’embryons microscopiques et limité par une double membrane : 1 externe correspond à la couche dermo-musculaire; l’interne est constituée par l’oviducte, qui s’est considérablement dilaté • le tube digestif, comprimé et réduit à un étroit canal, est à peine visible sur l’un des côtés de l’oviducte (1),
Le Ver a une longueur moyenne de SO à 80 centimètres et présente une largeur uniforme de à il ressemble
à une corde de violon. Sa longueur est souvent plus considérable; Gallandat, Rokitansky et Schneider admettent qu’elle peut aller jusqu’à 4 mètres;, mais ces dimensions extrêmes tiennent peut-être à ce que l’animal est très extensible.
Cette élasticité appartient à la cuticule, épaisse de 4ü à r 0 transparen e et marquée de stries transversales distantes d’environ 14 .. La cuticule ne comprend pas moins de six couches qui diffèrent nar
a'':: àr
vant leur longueur par „„ coMoü sSe ’ la ge de
par un grand nombre de lamelles chiiin^ncn ® ^
viennent de !a cuticule. La substance d. ? Pro-
même traversée par des fibres délicatet ’quf sont
culiculaire et renferment en outre des Ulules
et plus ou moins disséminées. Bastian croyaU à tor^ ces cellules étaient de nature elandni«i,./ • certaines de
comme des ceüules nerveuses et le on J ^°”®i‘^érait les autres nerveux. axile comme un filet
Contrairement aux lignes latéral^.; v
médio-ventrale sont fort réduites et ne son! "^cdio-dorsale et
Les muscles ont la même structure généraïrm^^ r ? a Flaire de Médine est donc un Cœlomyaire 11 ^
l-raies présentent leur plus
(1) Les tubes digestif et génital de la pu • miere fois par Leblond, en 1885 reconnus
pour la pre-
FILÂRIÂ MEDINENSIS. 29
Iules dans la largeur de chaque champ musculaire; à la racine de la itue! on n’en compte plus que 20 à 25. Les cellules musculaires son Llement comprimées par l’utérus dilaté, puisqu aux deux extrémités ll celutci kfsse libre», leur longueur paeae de 70 à 120 p; la eom- Pression porte surtout sur la portion vésiculeuse. ...
^ Le corps se termine en avant par Yécusson céphalique, surface irrégulière, ovale, à grand axe transversal etpercee en son centre pai l’orifice buccal (fig. 397). Le bord de celuici est orné, suivant la ligne rnédiane, de deux grosses papilles sensorielles : leur sommet présente une petite dépression, dont le fond se soulève en petites saillies auxquelles aboutissent des filets nerveux.
Le bord de l’écusson présente en outre six papilles équidistantes; leur structure est identique à celle des précédentes.
Les deux plus grosses correspondent aux lignes latérales ; les quatre autres, égales
entre elles, sont disposées symétriquement anté-
par paires, à chacune des faces dorsale j-jeure vue par la face latéet ventrale. L’écusson, dont la cuticule d’après Leuckart.
est au moins deux fois aussi épaisse que
sur le reste du corps, est large de 0~.23 à 0.«,30; sa surface est
"L’erfrémilé postérieure du corps est P"
pointe émoussée, longue d’un millimètre au plus, large de 0- ,07 a
sa terminaison et d’environ 0»",a0 à sa base. Cbes les
vidos, elle se continue Insensiblement avec le teste du Çorps, eUe
s’en sépare au contraire brusquement cher les femelles plus a„ees ,
elle s’infléchit fortement vers la face ventrale.
La bouche a la forme d’une fente triangulaire, dont 1 un des angles correspond à la ligne médio-ventrale ; sa plus grande largeur n és pas supérieure à 20 p-. Elle est entourée d’une zone aplatie ou un peu déprimée, qu’on serait tenté de considérer comme une capsule buccale, si sa surface n’était elle-même rugueuse comme le reste de ecusson céphalique. Cette zone est circonscrite par une sorte d ourlet, large de 32 p et qui forme intérieurement une saillie donnant insertion à deux faisceaux latéraux et à quatre faisceaux submédians de muscles radiaires qui, de là, se portent sur le pharynx et ont pour effet de le dilater. Cette même saillie donne encore inserhon a un grand nombre de fibres qui traversent obliquement la cavité céphalique et vont se perdre dans la paroi du corps : ces. fibres ont sans doute pour fonction de rétracter le disque buccal.
ORDRE DES NÉMATODES.
Le pharynx n’a que 0““,30 de long et 0”“,06 de large; sa lumière, qui a l’aspect d’une étoile à trois branches, est tapissée de chitine; son épaisse paroi est constituée par des muscles radiaires. 11 occupe l’axe du corps ; en arrière des faisceaux musculaires qui l’unissent à l’ourlet circumbuccal, il est entouré d’une gaine conjonctive d’où partent quatre lamelles mésentériques qui le rattachent aux lignes longitudinales.
L’œsophage a une structure fort remarquable, que Fedchenko a élucidée. 11 est long de 4 centimètres environ et envoie le long du pharynx un cul-de-sac long de 0“™,5 à peine qui s’insinue entre celui-ci et sa gaine conjonctive. Ce cæcum s’élargit progressivement d’avant en arrière : il proémine dans l’un des espaces dorsaux délimités par les mésentères, puis remplit peu à peu les espaces du même côté et finit par combler toute la largeur de la cavité du corps. L’œsophage qui lui fait suite est un tube cylindrique, effilé, s’épaississant progressivement en arrière, libre dans la cavité générale et sans connexion avec la paroi. 11 est formé de deux couches : l’externe est anhiste, l’interne est très épaisse, granuleuse, très irrégulière à ca surface et comme couverte de végétations très ramifiées. Dans la moitié postérieure, cette structure s’exagère : la couche granuleuse s épaissit, les végétations qui naissent à sa surface se compliquent à tel point que la lumière du canal semble être traversée par un réticulum à mailles irrégulières.
En arrivant sur l’œsophage, le pharynx se bifurque : la branche droite se continue avec le reste du tube digestif; la branche gauclie
iT œsophagienne, sous la forme d un tube chitineux large de 17 à 22 Elle coL ainsi sur une longueur de 0““,3 environ, puis s’élargit et se divise à son tour en deux canaux dont la lumière s’élargit progressivement jusqu’à
^ S'il’ une bngu^ur
de 8 a 22 mi limetres. Ces deux canaux font une forte saillie^à la surface de l’œsophage; ils se rétrécissent à leur extréSpost rieure et finissent par s’oblitérer puis par disn-irpîira ^
en aucun point de leur parcours! «ii^Peraitre, sans s’ouvrir
En raison de l’énorme dilatation de l’utérus, l’intestin est rpîpi ■ le cote, tantôt à droite, tantôt à gauche (fie sôsi il i ! . fortement et se loge dans la solmion 1 s aplaUt, se plisse
couche musculaire au niveau de la ligne latTraTlu'^r une membrane épaisse et vilrensp R f v- • ‘ ^ ®® constitué par transformé, par sdle Lt "X,; ““““
granuleuse ioinlerrorapue, infiftrée de m. couche '
et présentant une surface très i Zit ’ r
au Plus; on le trouve toujours vTdreu:; ^ari^uS^^^^^ strf
FILÂRIA MEDINENSIS.
tare montrent d’ailleurs qu’il a depuis longtemps cessé toute fonction digestive.
11 se comporte ainsi sur presque toute la longueur du corps, tant qu’il accompagne l’utérus. En arrière du point où ce dernier s’arrête, l’intestin poursuit son trajet, mais se replace dans l’axe du corps : il est alors maintenu par quatre mésentères, deux dorsaux et deux ventraux, insérés symétriquement à une faible distance de la ligne latérale. Par suite du raccourcissement progressif des mésentères ventraux, l’intestin se rapproche de plus en plus de la paroi ventrale et -finit par. l’atteindre ; il s’y ^
s’est uni à la paroi ventrale,
sa lumière s’oblitère, bien Fig. 398. — Coupe transversale de la Filaire, que sa couche granuleuse à 5 centimètres environ de l’extrémité an- ^ - M teneure. L utérus est rempli d embryons ;
soit encore persistante ; il ^
continue à s’effiler , n’est gestif et de l’ovaire, bientôt plus large que de
33 p.,puis de 14 p. et finit par disparaître. Chez des individus jeunes et de petite taille, il en est autrement : l’intestin se continue par un rectum oblique, long de qui aboutit à l’anus, simple pore percé à la base de la queue et à la face ventrale.
L’utérus, dont nous avons déjà signalé le développement exceptionnel, occupe presque toute la longueur du corps, il ne laisse libres que les 4 à 0 centimètres antérieurs et les 6 à 7 millimètres postérieurs. Partout ailleurs, c’est un sac cylindrique large d’un millimètre environ et dilaté au point de remplir exactement la cavité du corps, toutefois sans se souder à la paroi. A chacune de ses extrémités, il se
continue par un tube rétréci, long de 18 à 20 millimètres, large de 0mm^25 ; ce tube s’infléchit entre l’utérus et laparoi du corps, en dehors de l’intestin, mais ne s’étend que sur une très petite longueur, en raison de ses nombreuses inflexions.
ORDRE DES NÉMATODES.
Chacun de ces deux tubes est un ovaire en régression et depuis longtemps dépourvu de la faculté de produire des œufs. L’utérus correspond donc en réalité à deux utérus dirigés en sens inverse et disposés symétriquement chacun dans une des moitiés du corps, à peu près comme chez l’Oxyure ou l'Ankylostome : ces deux utérus se réunissent par inosculation vers la partie moyenne du corps, mais leur point de réunion n’est indiqué ni par un vagin ni par une vulve. Peut-être le vagin et la vulve existaient-ils chez le Ver encore jeune; ■on n’en trouve pas la moindre trace chez l’animal adulte, dont l’utérus est occupé par des myriades d’embryons. Ceux-ci nagent dans un liquide blanc, d’aspect crémeux ou purulent; ils ne peuvent être mis en liberté que par la rupture du Ver : la sortie du liquide qui les renferme est alors facilitée tant parla contraction des muscles du tégument que par celle des fibres transversales dont l’utérus est orné à l’extérieur.
Les symptômes que détermine le parasite sont très variables. Le malade éprouve parfois, avant tout autre signe, une sensation sourde •de pesanteur, de plénitude, qui peut durer des semaines ou des mois. Le plus souvent ces premiers symptômes font défaut ; la peau s’empâte, devient douloureuse et il se forme dans sa profondeur un abcès qui va s’ouyrir au dehors par un ou plusieurs orifices. Après l’évacuation d’une quantité variable de pus, on voit dans le fond de la plaie quelque chose de blanc comme un nerf; c’est la Pilaire, étroitement pelotonnée sur elle-même ou, au contraire, étendue plus ou moins loin sous la peau ou entre les muscles. Tout se passe d’ordinaire sans •complications; mais si plusieurs abcès se montrent en même temps, à peu de distance les uns des autres, les symptômes locaux présentent plus de gravité. L’amputation du membre peut devenir nécessaire ; celui-ci peut se gangréner, et trop souvent la mort s’ensuit. La plupart des auteurs ont signalé les complications les plus redoutables.
La parasite s’arrête de préférence sous la peau des jambes ou des pieds : d’où la croyance qu’il pénètre directement à travers la peau fies individus qui marchent dans l’eau des ruisseaux. Aitken a relevé «30 cas de dracontiase : le parasite siégeait au membre inférieur dans 98,83 pour 100 des cas. Toutefois d’autres statistiques vont nous montrer que cette région du corps n’est point le siège exclusif de Thelmmthe.
Dans 172 observations de Mac Gregor, le Ver se répartissait ainsi :
Au pied . . . .
A la jambe..
A la cuisse.
Au scrotum, A la main. .
124 fois.
FILÂRIA MEDINENSIS.
Dans 231 observations de Burguière, il occupait :
Le membre inférieur . . ^25 fois.
Le troue et le membre supérieur .
Dans 100 observations d’ Ahmed Fahray, il se distribuait comme
Région malléolaire.
Pied . . .
Jambe .
45 fois.
Sa répartition était la suivante dans 146 observations faites en dix ans par Trucy, à l’hôpital de Saint-Louis, au Sénégal :
Pied et malléoles. . .
Jambe .
Cuisse . .
Tronc .
Scrotum .
Membre supérieur..
Enfin, Stambolski estime que, pour un total de 100 cas, on vo;
parasite :
A la jambe et au pied . .
A la main et au bras . ^
Aux organes génitaux . .
Au périnée, aux fesses, à la cuisse . .
En divers points du corps . ^
Le Ver peut donc se montrer à peu près sur toute la surface du corps, mais avec une fréquence inégale : on l’a vu sur la verge, sur le testicule, sur la langue, à la paupière supérieure, à la région parotidienne, etc. ; le seul point où on ne l’ait pas encore observe est le
cuir chevelu. . j
Dès que le Ver est apparu en quelque endroit, il importe de procéder à son extraction. Une méthode très généralement employée, et que préconisait déjà A;étius d’Amide, consiste à tirer l’helminthe un peu hors de la plaie, puis à le saisir entre les deux mors d un morceau de bois fendu, autour duquel on l’enroule petit a petit (fig. 399]. L’enroulement doit se faire lentement ; à la moindre résistance on l’arrête et on fixe le morceau de bois auprès de la plaie, à 1 aide d un bandage; en recommençant l’opération à plusieurs reprises, finit par extirper l’animal entier au bout de quelques jours. Cette méthode est usitée sur la côte de Guinée, au Sénégal, en Abyssinie, en Perse, dans le Turkestan, etc. En Arabie, on tire au dehors une anse ou une extrémité du Ver et on y suspend une balle de plomb qui, exerçant Blanchard. — Zool. méd. ^
34 ORDRE DES NÉMATODES.
une traction continue, finit par l’entraîner complètement. On peut encore, à l’exemple de Stambolski, inciser la peau sur une longueur de quelques centimètres, en suivant le relief, comparable à une veine, que l’hèlminthe forme à sa surface ; celui-ci se trouve ainsi dénudé sur une assez grande étendue et son extraction peut se faire en une seule séance.
L extraction de la Pilaire doit se faire avec les plus grandes précautions. Parvient-on à extraire 1 animal en entier, la plaie se cicatrise rapidement; mais le plus souvent il se rompt au bout de quelques jours. La partie qui reste sous la peau se rétracte et devient insaisissable, à moins de vptes et profondes incisions : les douleurs deviennent alors intolérables, la plaie suppure abondamment et peut devenir gangréneuse; la mort est souvent la conséquence de tous ces accidents.
La rupture du Ver est donc une complication redoutable. Hunter pensait que les graves symptômes qui en résultent tenaient à ce que le fragment reste dans la plaie irritait les tissus ani-
admlL^^^ ^ étranger. Davaine
admettait au contraire que les embryons, en s’infiltrant dans les tissus voisins, étaient la cause principale du phénomène. On peut dire qu’au-
pv.
^.ns le laUeu'xtlei;' 1"'
Le Ver est ordinairement solitaire, mais il psi f contrer plusieurs. Sur plus de 4-00 mai a frequent d’en ren-
voir jamais observé plt de /eu
d’autres auteurs en ont vu un ubi/ ^«^ividu;
Trucy cite, d’après BurguL
vante, qui porte sur 177 cas de dracontiase : ’ statistique sui-
Fig. 399. — Pilaire enroulée autour d’un bâton, d’a-
1 malade présentait. .
8 Filaires.
FILARIA. MEDINENSIS.
Sans rapporter ici la longue liste des auteurs qui ont vu deux, trois ou quatre Pilaires chez un même malade’, disons encore que Gallandat en 1760, a vu 5 Vers chez un matelot venant de la côte de Guinée; R. Clark, médecin colonial à Sierra Leone, en a vu 5 également chez un jeune nègre de onze ans, qui mourut de leurs attaques. Marc Picipio a extrait';? Pilaires, longues de 11 à 65 centimètres, sur une jeune femme turque qui, huit mois auparavant, était allée à la Mecque. Kâmpfer, Bosman en ont vu 10 chez le même individu, Arthus 12, Chapotin 13, Andry 23. Marucchi, médecin de l’expédition de Deffardar-Bey dans leKordofan, a été lui-même atteint. successivement de 28 Pilaires. Celles-ci peuvent être encore plus nombreuses : Hemmersam en a vu 30 chez le maître coq d’un navire, et Pouppé-Desportes en a vu 50 chez un nègre transporté ■ récemment d’Afrique aux Antilles. Enfin, les médecins arabes, notamment Rhazès et Avicenne, considèrent les cas de 30, 40, 50 parasites comme assez communs.
Le Ver peut s’observer chez tous les individus, sans distinction de race, d’âge ni de sexe. Toutes proportions gardées, il est moins fréquent chez les Européens que chez les indigènes, chez les officiers que chez les soldats, chez les femmes que chez les hommes, chez les enfants que chez les adultes, mais cette différence tient uniquement au genre de vie et aux habitudes sociales.
On a cherché à établir une relation entre la nature du sol et la fréquence de l’helminthe. Celte conception n’est pas exacte, mais il y a une relation manifeste entre la fréquence relative du Dragonneau et le régime des eaux. Dans les pays arides et desséchés ou bien dans ceux qu’arrosent de larges rivières, aux eaux limpides et courantes, la dracontiase doit être rare ; elle doit être commune, au contraire, dans les régions coupées de lacs, d’étangs, d’eaux stagnantes, dans lesquels les Cydopes et d’autres petits Crustacés peuvent pulluler à leur aise. En d’autres termes, la fréquence de la Pilaire est subordonnée à celle des Cydopes. Pedchenko a trouvé ces derniers en abondance aux environs de Djizak, c’est-à-dire dans une région où la Pilaire est elle-même fort répandue ; le parasite était rare à Tachkent, où les Cydopes sont peu nombreux.
La plupart des auteurs ont noté que le nombre des cas de dracontiase variait considérablement d’une saison à l’autre ; la maladie sévit surtout pendant l’été et atteint son minimum d’intensité pendant l’hiver. Citons quelques statistiques :
Morehead donne le tableau suivant des cas observés à Kirkee dans le 4’^*' Light Drageons ; ce régiment était arrivé à Kirkee le 14 février 1827, venant de Kaira, où la Pilaire est inconnue.
ORDRE DES NÉMATODES.
Voici maintenant, d’après D. Forbes, le chiffre des admissions pour dracontiase, à l’hôpital de Dharwar, en 1835 et 1836 :
Enfln, Trucy donne le tableau suivant pour les cas observés pendant dix années à l’hôpital de Saint-Louis, au Sénégal :
FILARIA MEDINENSIS.
Ces slaüstiques nous montrent d’abord l'influence de la saison sur l’éclosion des cas de dracontiase, puis les grandes variations que subit le nombre des cas, d’une année à l’autre. Sauf quelques cas isolés, qui tiennent à une incubation anormalement prolongée ou raccourcie, la maladie éclate aux Indes dès la fin d’avril et dure jusqu’en septe,mli|pe ou octobre ; au Sénégal, elle se montre plus tard et finit aussi un peu plus tard. Dans l’un et l’autre cas, son apparition coïncide avec l’hivernage. Ce que nous savons de la durée de l’incubation nous autorise à penser que l’infestation s’est faite à pareille époque, l’année précédente. En effet, les pluies abondantes sont de bonnes conditions pour la multiplication des Cyclopes et augmentent leurs chances d’infestation, en entraînant dans les eaux les embryons répandus çà et là; elles augmentent du même coup les chances de l’Homme à contracter la Pilaire. Quant aux variations de celle-ci suivant l’année, elles s’expliquent de la même manière. On a bien souvent remarqué que la dracontiase était rare après les années de sécheresse, mais devenait fréquente à la suite de pluies persistantes.
Le Dragonneau n’est pas seulement un parasite de l’Homme, il s’attaque fréquemment au Bœuf, suivant Avenzoar et de Marchais; le médecin arabe désigne même la dracontiase sous le nom de mal des j Bœufs. Glarkson l’a vu chez le Cheval. Fedchenko n’a jamais vu le Chien porter le parasite, mais le fait a été constaté aux Indes par Smyttan, en 1823, et par Forbes, en 1838, puis à Buenos-Ayres et à Curaçao par Dôrssel. Walter Innés nous dit l’avoir observé au Caire chez un Chien de chasse qui n’avait jamais quitté la région, et chez un Canis lupaster, tué dans la plaine des pyramides de Ghizeh. On doit encore rattacher à cette espèce les quinze à vingt Vers trouvés par Valenciennes sous la peau d’un Guépard {Felis jubata) du Kordofari . et décrits sous le nom de Filaria æthiopica.
Le Dragonneau est originaire de l’ancien continent. Inconnu en Europe, sauf chez les individus qui l’ont acquis en parcourant certaines contrées de l’Afrique ou de l’Asie, il pourrait néanmoins s’y acclimater aisément. Fedchenko a constaté en effet que certaines espèces de Cyclopes sont communes à la faune européenne et à la faune du Turkestan. Dans les cas, heureusement assez rares, où l’on observe le parasite dans les hôpitaux d’Europe, on doit donc avoir grand soin de détruire celui-ci et d’empècher ainsi la dissémination de ses embryons qui, transportés par les eaux, pourraient constituer un réel danger pour les habitants des campagnes. Nous verrons tout à l’heure que ce n’est pas là une vaine recommandation, mais
38 ORDRE DES NÉMATODES,
que précisément certaines contrées de l’Amérique du Sud ont
été contaminées de cette manière.
En Afrique la Pilaire est commune sur la côte de Guinée, d’où le nom de Guinea loorm que lui donnent les Anglais ; elle n’est pas rare non plus dans le Haut-Sénégal, mais il importe de noter qu’elle ne s’observe point dans les régions où se montre le Loa, ce qui prouve la non-identité de ces deux helminthes.
Traversons de l’ouest à l’est le continent africain : nous retrouvons le parasite en Abyssinie, en Nubie, dans le Kordofan, le Darfour, le Sennaar. Inconnu en Égypte jusqu’en 1820, époque à laquelle Mobamed-Ali fit la conquête du Sennaar, il y est devenu très fréquent depuis qu’il arrive au Caire de nombreuses caravanes de l’Éthiopie et que des régiments nubiens tiennent garnison en différentes villes. Ahmed Fahmy a pu en observer plus de 400 cas chez les soldats nubiens des régiments nègres du Caire, et Walter Innés pense qu’il est en train de se naturaliser aux environs de cette ville.
En Asie, le Dragonneaü est également très répandu. On l’observe non seulement à Médine, mais dans presque toute l’Arabie. Chr. Stambolski, médecin du corps expéditionnaire envoyé par Mustapha Assim pacha, en 1877, contre le cheick Mucbsin, sultan du Gebel Sciaara, rapporte que 1,200 à l,o00 soldats furent atteints; 75 p. 100 des malades demeurèrent invalides. On peut donc s’attendre à voir les pèlerins qui se rendent à la Mecque transporter le parasite dans des pays musulmans encore indemnes, comme la Tripolitaine, la Tunisie, l’Algérie et le Maroc : c’est là un danger de tous les instants.
^ Depuis la mer Rouge, le Ver s’étend dans tout le sud de 1 Asie, jusqu au Gange : ce fleuve est sa limite la plus orientale. C’est dire qu’on l’observe en Perse et dans l’Hindoustan. Vers le nord, il se retrouve avec une abondance extrême dans certaines contrées du Turkestan et du Bokbara : la ville de Djizak, entre Tachkent et^Samarcande, et celle de Karcbi, dans le Bokbara, sont célèbres à ce point de vue.
Le parasite est encore endémique dans quelques localités de 1 Amérique du Sud. Au temps de la traite des nègres, il n’était point rare à Saint-Domingue, à Haïti, à Curaçao, à la Guyane,
FILARIÂ MEDINENSIS.
au Brésil. Il est hors de doute qu’il avait été importé d’Afrique par les noirs, comme le démontrent plusieurs faits, savoir : son apparition coïncidant avec l’époque à laquelle a commencé la traite; sa présence à peu près exclusive chez les nègres; son absence des pays, tels que la Bolivie, le Pérou, le Chili, qui ont le môme climat que plusieurs provinces brésiliennes,, mais qui n’ont jamais eu d’importation africaine. Depuis l’abolition de la traite, le parasite a disparu de Saint-Domingue et d’Haïti, mais il semble être devenu endémique à Curaçao, ainsi qu’à Démérary et à Surinam, dans les Guyanes. Au Brésil, d’après V. Pereira et J. -F. da Silva Lima, il s’est également maintenu dans certaines localités, notamment aux environs de Peira de Santa Anna, dans la province de Bahia.
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