‹ Traité de zoologie médicaleChapitre 77 sur 103 · SOUS-CLASSE DES EUORNITHES · texte numérisé non relu

SOUS-CLASSE DES EUORNITHES

raudrem). Au point même où elle se bifurque, il s’est développé un larynx inférieur ou syrinx, organe producteur de la voix. Cet organe se rencontre, avec des degrés de complication très divers, chez tous les Oiseaux, sauf chez ceux qui sont muets [Aptéryx, Struthio, Ciconia, quelques Vautours). Il siège quelquefois en dehors de la bifurcation de la trachée, soit sur la trachée, soit sur les bronches.

Il n’y a pas de séreuse autour des poumons, en sorte que ceux-ci ne sont point librement suspendus dans la cavité thoracique, mais sont intimement unis à ses parois. Les bronches se divisent en canaux dont un certain nombre se ramifient dans l’épaisseur du poumon et aboutissent aux alvéoles pulmonaires ; les autres canaux bronchiques perforent de part en part la substance du poumon et vont se terminer dans des sacs ou réservoirs aériens et dans des cellules aériennes qui forment un système des plus compliqués. Ces réservoirs sont répandus dans l’abdomen, dans la poitrine, jusque sous la peau ; les canaux aérifères dont nous avons signalé l’existence dans l’épaisseur des os viennent s’y ouvrir.

L’encéphale acquiert un développement considérable. Les hémisphères cérébraux sont très volumineux, mais restent lisses ; ils débordent à la face dorsale toutes les autres parties de l’encéphale qui se trouvent ainsi reportées vers la face inférieure. Le cervelet reste pourtant libre et présente un grand nombre de replis transversaux. Le corps pinéal est très réduit.

On connaît sous le nom de sinus rhomhoïdal un renflement de la moelle épinière qui siège au niveau du sacrum et serait constitué par par une fissure, puis un étalement du canal central en un plancher de substance grise, analogue à celui qui, dans le bulbe, forme le plancher du quatrième ventricule. Mathias Duval a montré que, contrairement à cette opinion, le sinus rhomboïdal n’est point un ventricule lombaire ; à son niveau, le canal de l’épendyme est bien fermé, mais un abondant tissu à cellules vésiculeuses occupe l’espace qui sépare les cornes supérieures (postérieures) et les cordons et racines supérieurs ; ce tissu provient de la transformation des éléments cellulaires qui, chez l’embryon, constituent la paroi du tube médullaire.

Le toucher s’exerce principalement par le bec, la langue, le palais et la cire : on trouve en ces diverses régions un grand nombre de corpuscules tactiles, notamment des corpuscules de Pacini et de Grandry.

■ L’oreille interne n’est guère plus compliquée que chez les Vertébrés inférieurs. La caisse du tympan existe toujours, ainsi que les deux fenêtres ovale et ronde; les deux trompes d’Eustache s’ouvrent dans le pharynx par un orifice commun. L’oreille externe est représentée chez les Rapaces nocturnes par un rudiment de pavillon.

CLASSE DES OISEAUX

L’œil, protégé par trois paupières mobiles, est assez fixe, mais Fextrérae mobilité de la tête et du cou y remédie amplement. 11 est d’une grosseur considérable et de forme variable. La sclérotique est généralement fibro-cartilagineuse ; elle renferme dans son hémisphère antérieur un anneau formé de douze à quinze plaques osseuses imbriquées. Le muscle ciliaire est très fort et formé de fibres musculaires striées, comme chez les Reptiles ; il ne comprend que des fibres longitudinales; on donne le nom de musde de Crampton à l’une de ses portions. Du fond de l’œil s’élève une membrane plissée plus ou moins large, le peigne. Cet organe ne fait défaut que chez l’Aptéryx; il atteint son minimum de développement chez les Engoulevents et les Rapaces nocturnes, son maximum chez les Passereaux. Il agit à la façon d’un écran et, quand la lumière est trop vive, vient se placer au-devant du fond de l’œil, grâce à de légers mouvements du globe oculaire.

Les deux narines, plus ou moins rapprochées l’une de l’autre, s’ouvrent à la racine de la mandibule supérieure. Le sens de l’odorat est très peu développé : les espèces carnassières qui se repaissent de charogne, sont guidées uniquement par la vue.

Les reins ou métanéphros sont lobés et situés dans le bassin, comme chez les Reptiles. Les uretères se séparent de leur face ventrale et viennent déboucher isolément dans le cloaque. Il n’y a pas de vessie urinaire. L’urine est une masse blanche semi-liquide, comme chez les Reptiles.

Les testicules sont ovoïdes et situés à la face inférieure et à la partie antérieure des reins. Les canaux déférents sont à peu près rectilignes, accolés aux uretères et s’ouvrent dans le cloaque au sommet de deux papilles. Les Ratites, les Lamellirostres et quelques Gallinacés (Gallus) possèdent un organe copulateur analogue à celui des Chéloniens et des Crocodiliens : il consiste en un tube exsertile, soutenu par deux corps fibreux et replié dans la partie gauche du cloaque; un sillon éjaculateur est creusé à sa base et se continue distalement par un tube; après l’érection, la rétraction de l’organe est effectuée par un ligament élastique et non par un muscle.

Les deux ovaires et les deux oviductes se développent régulièrement chez l’embryon, mais les organes du côté gauche persistent seuls chez l’adulte. L’ovaire est un sac pyriforme, qui renferme les œufs et prend au moment du rût l’aspect d’une grappe. L’oviducte s’ouvre à côté de lui ; sa paroi renferme une puissante couche musculaire, surtout en arrière; sa muqueuse est plissée, villeuse et renferme des glandes qui produisent les unes l’albumine, les autres la coque de l’œuf.

Tous les Oiseaux sont ovipares. L’œuf, dont nous connaissons déjà

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la structure (tome I, p. 134), est de forme et de couleur très variables. Son volume varie dans des limites très étendues et est déterminé par la taille même de l’Oiseau dont il provient. Le plus petit se voit chez les Colibris; le plus gros est celui à’Æpyornis : la coque était épaisse de 17 à 18 millimètres et avait une capacité d’environ 8 litres, égale à celle de 6 œufs d’Autruche et de 148 œufs de Poule.

La plupart des'Oiseaux construisent, pour y pondre leurs œufs, des nids dont l’arcliitecture varie considérablement ; quelques-uns pondent à terre, d’autres creusent des trous dans le sol. Le nombre des œufs n’est pas le même pour chaque espèce : les plus gros Oiseaux n’en pondent qu’un ou deux, les plus petits en pondent jusqu à huit ou dix et même davantage.

Le développement de l’œuf exige une certaine quantité de chaleur. Certains Oiseaux des régions tropicales, tels que l’Autruche, abandonnent simplement leurs œufs sur le sable, et la chaleur du soleil suffit pour les mener à bien. Le plus souvent, la femelle couve ses œufs, ne les quittant que pour prendre sa nourriture; parfois aussi le mâle couve. La durée de l’incubation est en raison directe du volume de l’œuf; les plus petites espèces éclosent déjà au bout de 11 jours; le Poulet n’éclôt qu’au bout de 20 à 21 jours, l’Autruche au bout de 7 semaines.

Parvenu au terme de son développement, le jeune Oiseau brise lui-même le gros bout de sa coquille ; à cet effet, sa mandibule supérieure est armée Aa marteau delà délivrance, sorte de dent qui ne tarde pas à tomber après la naissance; la coquille, qui a fourni une partie de son calcaire pour constituer les os du jeune Oiseau, est d’ailleurs moins solide qu’au début.

Nous avons indiqué déjà plus haut (page 72o) de quelle façon l’allantoïde se comporte à l’égard de l’œuf; nous avons admis, conformément au schéma classique, qu’elle englobe le sac vitellin, mais laisse en dehors toute l’albumine. Math. Duval a reconnu que cette description est inexacte, du moins en ce qui concerne les petites espèces (Fauvette, Rossignol).

Dans le nid, le gros bout de l’œuf est tourné en haut et son contenu se divise en trois étages ; le supérieur est occupé par l’embryon, le moyen par la masse vitelline, l’inférieur par l’albumine. Au lieu de s’étendre entre le vitellus et l’albumine, comme on l’admet généralement, l’allantoïde se rapproche encore plus du pôle inférieur de l’œuf ; elle passe entre l’albumine et la membrane coquillière, se revêt du chorion qu’elle pousse devant elle et finit par se souder à elle-même au petit bout de l’œuf. L’albumine se trouve ainsi emprisonnée dans un sac parfaitement clos, formé en haut par la face inférieure delà vésicule ombilicale, sur les côtés et en bas par l’al- Bla.nchard. — Zool. raéd. D-

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lantoïde, et tapissé par l’ectoderme sur toute sa face iuterne.

Dès que son occlusion est achevée, la face interne de ce sac se met à proliférer et se couvre de villosités dont la taille augmente progressivement. Celles-ci comprennent un axe ombilical ou allantoïdien, suivant qu’elles se développent aux dépens de la vésicule ombilicale ou de l’allantoïde et un revêtement épithélial; elles sont parcourues par des vaisseaux sanguins. Le sac placentoïde se trouve dés lors constitué. Cet organe est analogue au placenta des Plagiostomes vivipares, en ce qu’il comprend une portion ombilicale ; il est analogue à celui des Mammifères, en ce qu’il comprend une portion allautoïdienne. Comme un véritable placenta, il a pour rôle d’absorber la nourriture et de la déverser dans la circulation générale de l’embryon ; il absorbe en effet petit à petit l’albumine, et sa cavité se rétrécit, mais ses villosités augmentent de taille, à mesure que ce processus s’accomplit.

Au moment de l’éclosion, le sac placentoïde est réduit à une petite masse aplatie qui fait corps avec le reste de l’allantoïde ; il est maintenant séparé du sac vitellin par un court pédoncule, au niveau duquel se fait la rupture entre le jeune Oiseau et ses enveloppes; il il reste donc dans l’œuf avec l’allantoïde.

Nous ne saurions entrer ici dans le détail des espèces d’Oiseaux dont la chair ou les œufs sont recherchés pour l’alimentation ; on sait quels aliments délicats ils procurent.

Les Chinois sont, paraît-il, friands d’œufs de Canard pourris, ou plutôt fermentés dans les conditions suivantes : on mélange parties égales de cendre et de chaux vive, éteinte à l’air au moment de s’en servir; on ajoute un dixième de sel et une forte pincée de potasse ; on mêle le tout et on ajoute un peu d’eau pour en faire une pâte épaisse. Chaque œuf doit être enveloppé d’une couche de 2 à 3 centimètres de cette pâte : au bout d’un mois à cinq semaines, il est pourri et bon à manger ; il émet alors une forte odeur ammoniacale, qui le rend insupportable à un palais européen.

Il est vraisemblable que la consommation d’œufs ainsi préparés n’est pas sans causer des accidents. La putréfaction développe dans l’albumine des ptomaïnes toxiques, telles que la peptotoxine de Brieger. Dans un cas rapporté par Glasmacher, cinq personnes furent gravement malades et durent garder le lit pendant une semaine, pour avoir mangé des œufs présentant un léger degré de putréfaction.

GROUPE DES RÂTITES,

L’usage de manger des œufs couvés est encore répandu en Chine et aux Philippines ; il existe à Pékin et à Manille des établissements d’incubation, où chacun porte des œufs afin qu’ils y soient couvés pendant un nombre de jours variable suivant le goût du consommateur. Les Hottentots, au dire de Levaillant, apprécient aussi les œufs couvés. Cet usage qui nous paraît si étrange est, en somme, des plus logiques : dans l’œuf arrivé à peu près à la moitié de son incubation, les matières albuminoïdes sont partiellement digérées et transformées en peptones ; leur assimilation est donc facilitée.

Berthold a imaginé de greffer sur la membrane du tympan, dans les cas de déchirure, un fragment de la membrane coquillière de l’œuf de Poule. La soudure des deux membranes se fait aisément; après la guérison, le malade entend avec l’oreille opérée aussi bien qu’avec l’oreille normale.

GROUPE DES RATITES.

I.es Ratites sont pour la plupart des Oiseaux de très grande taille. Le sternum est plat et dépourvu de crête, les os ne sont pas pneumatiques, les ailes sont très réduites ou absentes ; en revanche, les pattes sont robustes et massives. Ces animaux, en effet, sont incapables de voler et n’ont d’autre défense, en cas de danger, que de s’enfuir rapidement. On peut en distinguer jusqu’à cinq ordres, réduits à un très petit nombre d’espèces.

Les Dixornithbs étaient, récemment encore, représentés à la Nouvelle-Zélande par le Moa {Dinornis giganteus) et à Madagascar par Æpyornis; ces Oiseaux mesuraient jusqu’à S’a, 50 de hauteur.

Les Aptérygides comprennent seulement trois espèces actuelles de la Nouvelle-Zélande ; Aptéryx australis ou Kiwi est de l’île du Nord, A. Oioeni et A. maxima sont del’île du Sud. Ces animaux ont la taille d’une forte Poule; leurs ailes sont si courtes, qu’on a cru d’abord à leur absence totale ; les pattes sont formées, comme chez la Poule, de trois, doigts tournés en avant et d’un pouce tourné en arrière ; le bec est long et effilé comme celui de la Bécassine. A l’exception du tarse et des pattes, le corps entier est couvert de plumes fort simples, pendantes, lâches et soyeuses.

Les Casüarides ne comprennent que les deux genres Casuarius et Dromæus. Le bec est élevé et comprimé; les ailes sont rudimentaires ; les pieds sont forts et tridactjles; les plumes portent des barbes simples et un long hyporachis. Les Casoars (Casuarius) ont la tête

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surmontée d’une sorte de casque, formé par une saillie du frontal; on en connaît six espèces, de Ceram, des îles Banda, de la Nouvelle- Guinée et du nord de l’Australie. Les Emous {Dromæus) n’ont pas de rémiges ; les deux espèces connues habitent l’Australie.

Les Rhéides ou Nandous vivent dans les pampas de la République Argentine et des régions voisines : leurs plumes sont sans hyporachis, leurs pieds tridactyles, leur bec large et déprimé, leur tôle et leur cou partiellement emplumés. Rhea amerkana, Rh. Darwini et Rh. macrorhyncha sont les seules espèces connues; le mâle atteint 1^65 de longueur et 2“,60 d’envergure.

Les Sruthio.xides n’ont que deux doigts au pied; l’humérus est long, la tête, le cou et les jambes sont nus. L’Autruche {Struthio oamelus), seul représentant de la famille, habite les steppes et les déserts de toute l’Afrique. Le mâle atteint une hauteur de 2“,4o ; il couve les Id à 30 œufs pondus par la femelle dans un trou creusé dans le sable, large de plus d’un mètre et entouré d’une sorte de rempart.

Les Casuarides, les Rhéides et les Slruthionides sont souvent réunis en un ordre des Coureurs ou Bréviyennes .

GROUPE DES CARIXATES.

La taille des Carinates est très variée ; les uns, comme les Oiseaux-Mouches, sont plus petits que beaucoup d’insectes; les autres, comme le Pélican, l’Aigle, la Cigogne, sont de grande taille, mais sont plus petits que les Ratites, à l’exception toutefois de l’Aptéryx. Ces Oiseaux savent presque tous voler et ont, en conséquence, les ailes longues et bien emplumées, le squelette pneumatique et le sternum pourvu d’un bréchet dont la saillie est en rapport avec la puissance du vol. On les divise en huit ordres.

Les Palmipèdes ou Nageurs ont les pieds palmés et sont bons nageurs. Ils sont cosmopolites, mais abondent surtout dans les régions glaciales ; le nombre des espèces y est peu considérable, mais celui des individus de chaque espèce est vraiment surprenant.

Les Plongeurs, encore appelés Brachyptères ou ürinatores, sont des Oiseaux pêcheurs qui habitent les rivages de la mer. Ils sont représentés à l’état fossile par Gastornis parisiensis, de l’argile plastique de Meudon, et par G. E'iioardst Lemoine, des environs de Reims; ce dernier avait au moins 2™, 50 de hauteur et possédait des ailes assez développées.

Les Apténodytides ou Impennes ont les pattes tellement reportées en arrière que le corps est presque vertical; les ailes sont réduites à de courts moignons dépourvus de rémiges, mais couverts de plumes écailleuses et imbriquées. Les Manchots [Aptenodytes) , les Sphénisques [SphenisGus) et les Gorfous [Eudyptes] vivent dans les mers froides de l’hémisphère austral.

Les Alàdes sont des mers glaciales du Nord. Les ailes sont rudimentaires et permettent parfois un vol peu prolongé; le bec est profondément rayé en travers et perd à chaque mue certaines pièces cornées. Genres principaux ; Pingouin [Alca], Macareux [Fratercula], Starique [Phaleris], Mergule {Mergulus) et Guillemot (üria).

Les Colymbides ont le bec droit et pointu, les ailes courtes et obtuses, permettant un vol rapide, mais de peu de durée. Ils nagent et plongent bien, passent l’été dans l’océan Glacial du Nord, mais descendent en hiver dans des. régions moins froides. La palmure est entière chez les Plongeons {Colymbus), lobée chez les Grèbes [Podiceps)]

P. minor Gmelin vit constamment sur nos étangs.

Les Lamellirostres ont le bec large et légèrement bombé, revêtu d’une peau molle et délicate, douée d’une exquise sensibilité ; le bord présente une série de petites lamelles dentelées. La bouche renferme une langue épaisse et charnue, dont le bord est orné de petites papilles, qui ne sont autre chose que des plumes avortées. Le corps est lourd; néanmoins ces Oiseaux volent fort bien et entreprennent do lointaines migrations. Quelques espèces sont domestiquées. Genres principaux : Canard {Anas), Oie (Anser), Harle {Mergus), Cygne {Cygnus), Flamant {Phœnicopterus).

Les Totipalmes ou Stéganopodes ont le pouce dirigé en arrière, mais réuni aux autres doigts par une large membrane. Ce sont de gros Oiseaux, au corps allongé, aux ailes bien développées et permettant un vol rapide et soutenu; ils sont aussi bons voiliers que bons nageurs. Us habitent l’ancien monde. Genres principaux : Pélican [Pelecanus], Cormoran {Haliæus), Frégate ,(Tac%petes), Fou (Sula), Phaéton [Phaeion).

Les Longipennes ont les ailes très allongées : leur vol extraordinairement puissant leur permet de s’aventurer en mer à une très grande distance des côtes. Ils nichent en société sur les côtes escarpées et ne pondent qu’un petit nombre d’œufs, que la femelle et le mâle couvent alternativeme

Les Landes ont l’aspect extérieur des Hirondelles et des Tourterelles; le doigt postérieur est libre. Ils pondent de deux à quatre œufs. Genres principaux : Sterne ou Hirondelle de mer (Sfema), Goéland (Larus), Labbe ou Mouette pillarde (Lestrîs), Bec-en-Giseaux (Rhynchops).

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Les Procellarides ou Oiseaux des tempêtes se mettent rarement à l’eau pour saisir leur proie ; ils saisissent au vol les Poissons que le remous des vagues amène à la surface. Le doigt postérieur est absent ou rudimentaire. Genres principaux ; Albatros {Biomedea), Pétrel {Procellaria), Oiseau de Saint-Pierre {Thalassidroma) , Puffm {Pufpms).

Les Échassiers ou Grallatores ont les tarses nus et démésurément longs, en sorte qu’ils semblent être montés sur des échasses. Cette conformation des pattes est en rapport avec le genre de vie de ces Oiseaux, qui se tiennent de préférence dans les endroits marécageux ou sur les rivages et doivent chercher leur nourriture dans Peau. La longueur du cou est proportionnelle à celle des pattes. Le bec est ordinairement allongé, mais sa forme et ses dimensions sont assez variables. Le quatrième doigt peut manquer ou est, au contraire, long et armé; les autres doigts sont libres ou réunis par une membrane. Ces Oiseaux habitent les pays tempérés, vivent par couples et construisent des nids grossiers, soit sur le bord de l’eau, soit sur les arbres. Leur vol est rapide et durable; beaucoup sont migrateurs.

Les Charadrides ou Coureurs ont le cou et les tarses courts, le bec de moyenne longueur. Ils nichent simplement dans des dépressions du sol. Principaux genres : Courvite {Cursorius), CEdicnème {(Edicnemus), Pluvier {Charadrius), Vanneau [Vanellus], Tourne-pierre {Strepsilas), Huîtrier {Hæmafopus).

Les ScoLOPAciDES ou Limicoles ont le bec long et mince, les jambes grêles et faibles; le pouce est absent ou très réduit; les pieds sont parfois palmés, comme chez l’Avocette. Les ailes sont pointues et atteignent l’extrémité de la queue ; la rémige antérieure est la plus longue. Genres principaux : Chevalier [Totanus), Barge (Limosa), Échasse {Himantopus), Récurvirostre (EecwmVostra), Sanderling {Calidris), Combattant (Mac/ietes), Bécasseau {Limicola), Bécasse {Scolopax), Bécassine {Gallinago), Courlis {Numenius).

Les Ardéides ou Cultrirostres sont de grands Échassiers aux pattes longues et nues; les trois doigts antérieurs sont réunis par une étroite membrane; le postérieur, sauf de rares exceptions, est court et touche le sol. Le bec est fort, ses bords sont durs et tranchants comme des ciseaux. Le cou est long et la tête petite. Ces Oiseaux nichent en général sur les arbres ; ils sont migrateurs et reviennent chaque année dans la même localité. Genres principaux : Falcinelle {Falcinellus), Ibis (Ibis), Spatule (Platalea), Bihoreau (Nycticorax) , Balor [Botaurus], Héron {Ardea), Cigogne (Ciconia), Jabiru {Mtjcteria), Marabout [Leptoptilus), Grue {Crus).

ORDRE DES GALLIMCÉS.

Lès Rallides ou Macrodactyles ont le bec fort et comprimé latéraleojent les ailes courtes et arrondies, les doigs très longs ; ils volent lourdement, mais peuvent marcher à la surface des étangs couverts déplantés aquatiques. Genres : Râle [Rallus], Crex [Crex], Gallinule ou Poule d’eau {Gallinula), Foulque [Fulica).

Les Alectorides ou Fressirostres joignent les longues pattes des Échassiers au bec et au genre de vie des Gallinacés; le gros orteil fait défaut. Les ailes sont robustes, mais courtes et peu aptes a fournir un vol soutenu; le pouce est souvent orné d’un ergot qui constitue une arme défensive. Genres principaux ; Outarde {Otts), Agami {Fsophia), Kamichi [Palamedea).

Les Gallinacés, appelés encore Fulvérateurs et Easor es, sont des Oiseaux terrestres qui se rapprochent plus ou moins de la Poule. Les ailes courtes et arrondies ne permettent, à de rares exceptions près

qu’un vol lourd et bruyant. Les pattes sont très ^

faible longueur. Les doigts, au nombre de quatre, dont trois di g en avant et un tourné en arrière, se terminent par des ^

et surtout propres à gratter; le pouce manque f

f.a marche étant le mode habituel de locomotion, la plupart de ces Oiseaux sont sédentaires. La tête est souvent ornee d® crûtes ereetiles ou de lobes aux couleurs éclatantes : ces "PP®^ices sont su tout l’apanage du mâle, mais se retrouvent aussi, plus réduits,^ chez

l“ temells.'Le mile ee. d’aUleurs reconnaissable

qu'il porte au-dessus du pouce, ainsi qu aux ncbes couleurs dont Itparé; la femelle a toujours des tons plus sombres, des teintes

^t;oÏÏ:r;e nouassent de graines, de baies, bourgeons, quelques-uns même d’insectes. Dès leur éclosion, les petits sont entièrement couverts de plumes et se mettent à courir recherche de leur nourriture. La plupart des Oiseaux domestiq e appartiennent à l’ordre des Gallinacés : 1®^”^'^®"®®®^^^^“;^ aux temps préhistoriques; on les élève pour leurs œuts et pour le

^^Les PÉ^oKDEs sont de gros Oiseaux américains, à tarses longs et sans ergot, à tête en partie nue et ornée d’une huppe ou de lobes cutanés; ils volent mal, mais courent vite. Le Hocco {Crax alector) est domestiqué au Brésil. Le Dindon {Meleagris mexicana Gould) se trouve à l’état sauvage dans les immenses forêts du Mexique et du bassin du Mississipi ; le mâle a la faculté de faire la roue. Le Dindon

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domestique {M. gallopavo L.), introduit en Europe au commencement du quatorzième siècle, n’en est qu’une variété.

Les Phasianides sont originaires de l’ancien continent. lisent souvent la tête ornée d’une crête charnue ou d’une huppe deplumesaux vives couleurs. Le pouce est court et assez haut placé; au-dessus de lui, se voit un ergot chez le mâle ; les trois autres doigts sont réunis à leur base par une étroite palmure. Le dimorphisme sexuel est très remarquable : la femelle est de couleur terne, tandis que le mâle revêt la livrée la plus éclatante. Genres principaux : Coq {Gallus), Lopophore {Lopophorus), Faisan [Phasianus), Paon {Pavo), Pintade {Numida), Argus {Argus).

Le Coq domestique et ses nombreuses races semblent n’être que des variétés de Gallus ôajiftwa Temminck, qui vit encore à l’état sauvage dans les forêts des îles de la Sonde ; sa domestication remonte aux âges préhistoriques. L’introduction du Faisan commun {Ph. colchicus) en Europe est plus récente ; environ treize cents ans avant notre ère, les Argonautes le rencontrèrent sur les bords du Phase, en Colchide, et le ramenèrent en Grèce, d’où il s’est propagé dans le reste de l’Europe.

Les Tétkaonides ont le corps ramassé, la tête emplumée, petite et ornée d’une bande nue, ordinairement rouge, au-dessus de l’œil. Le .mâle, peu différent de la femelle, n’a généralement pas d’ergot. Un premier groupe, caractérisé par la présence de'plumes dans les fosses nasales et tout le long des tarses, comprend les Tétras ou Coqs de bruyère et les Gélinottes (Tétras), ainsi que les Lagopèdes (Lagopus). Un second groupe, dans lequel il n’existe de plumes ni dans les fosses nasales ni sur les tarses, comprend les Perdrix (Perdix) et les Cailles (Coturnix).

Les Ptéroclidbs ont les jambes courtes, faibles et emplumées, les ailes longues et pointues; ils courent mal, mais volent bien. Ils vivent dans les steppes. Les Gangas (Pterocles) sont d’Asie mineure et d’Afrique. Le Syrrhapte [Syrrhaptes paradoxus Pallas), des steppes de l’Asie centrale, a envahi l’Europe occidentale en 1863 et en 1888.

Les Pigeons ou Gyrateurs étaient jadis réunis aux Gallinacés. Ce sont des Oiseaux de taille moyenne la tête est petite, le cou et les pattes, formées chacune de quatre doigts, sont courts. Les ailes ont dix rémiges principales et fournissent un vol rapide et puissant. La queue est arrondie et porte douze rectrices, quelquefois quatorze ou seize. Le bec, plus haut que large et fortement renflé autour des narines, est corné et légèrement bombé à sa pointe. Deux ou trois œufs

seulement sont pondus dans un nid grossier, construit sur les arbres. Au moment de sa naissance, le petit a encore les yeux fermés et est à peine recouvert d’un léger duvet ; il est nourri pendant les premiers iours par une sorte de lait que ses parents lui dégorgent dans le bec ; ce lait est produit non par des glandes, mais par un rapide processus de multiplication de l’épitliélium du jabot. Principaux genres : Pigeon (Columba), Palombe ou Pigeon ramier {Palumbus), Pigeon voyageur (Ectopistes), Tourterelle (T«fiur),Nicobar [CaUenas), Goura {Goura).

On peut rattacher aux Pigeons le Dodo ou Dronte {Didus ineptus) aujourd’hui disparu, mais qui vivait encore au dix-septième siècle à l’île Maurice et dont Vasco de Gama vit de nombreux exemplaires en 1497. Le Dronte était plus gros que le Cygne; ses ailes à peine développées le rendaient inapte.au vol; ses pattes courtes et son corps extrêmement pesant le mettaient dans l’impossibilité de co.urir; il était donc voué à une destruction rapide.

Les Grimpeurs ou Seansores, fort dissemblables entre eux, n ont guère d’autre caractère commun que d’avoir le doigt externe dirigé en arrière, à côté du pouce, les deux autres doigts étant tournés en avant et plus ou moins réunis à leur base. La forme et la puissance du bec sont variables ; tantôt il est long et droit, organisé pour frapper et percer les arbres, comme chez les Pics; tantôt il est court et de force moyenne, comme chez les Coucous ; tantôt enfin, comme chez les Toucans, il atteint des ditnensions colossales et ses bords sont dentelés. Les ailes, ordinairement munies de dix -pennes primaires, sont courtes; aussi ces Oiseaux sont-ils mauvais voiliers. En revanche, la queue est longue et sert quelquefois de point d appui quand l’animal grimpe le long des arbres. Les Toucans {Rhamphastus) et les Gouroucous (Trogon) sont du Brésil, les Jacamars {Galbula) des Guyanes. Le Coucou {Cuculus canorus), les Pics {Picus) elles Torcols {Jynæ) sont européens.

Les Perroquets, encore appelés Broyeurs, on Enucleator es, ont le bec épais et fortement recourbé, les doigts séparés par couples et disposés comme une main pour saisir les aliments et les porter au bec, le plumage orné de vives couleurs. Tous ne volent pas avec une égale aisance, mais tous peuvent grimper en s’aidant du bec et des pattes ; comme chez les Grimpeurs, les doigts sont disposés deux en avant,

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deux en arrière. Ces Oiseaux sont remarquablement doués sous le rapport de l’intelligence ; leurs sens sont très développés; leur langue est épaisse et charnue et le sens du goût acquiert une finesse toute spéciale; leur mémoire est excellente, ils sont dociles et s’apprivoisent facilement; leur voix, forte et criarde, peut s’adoucir par l’éducation et s’infléchir de façon à reproduire plus ou moins parfaitement la parole humaine. Ils habitent en bandes nombreuses les forêts des régions tropicales des deux hémisphères.

Les Cacatoès ont la queue courte et large, la tête surmontée d’une huppe mobile. Ils sont d’Australie et de Nouvelle-Guinée. Genres principaux ; Plictolophiis, Calyptorhynchus, Microglossus.

Les Sittacines ou Platycercines ont la queue longue, conique et étagée, les ailes plus ou moins pointues. Les Aras [Sittace] sont du Mexique et du Brésil, les Perruches {Conurus) du Chili, les Paléornis de Cevlan, les Pézopores d’Australie.

Les Psittacines ont les joues emplumées, la queue courte, carrée ou arrondie. Les Perroquets vrais (Psittacus) sont de l’Afrique occidentale, les Perroquets verts {Chrysotis) et les Perroquets noirs (Psittacula) sont du Brésil.

Les Trichoglossines ont la langue divisée à son extrémité en un bouquet de fibres cornées ; le bec n’est pas denté. Les Loris [Lonus] sont des Moluques, les Trichoglosses de la Nouvelle-Guinée et de la Nouvelle-Zélande.

A cette dernière contrée appartient encore le genre Strigops, qui comprend des Perroquets nocturnes, ressemblant aux Hiboux, non seulement à cause de leurs mœurs, mais aussi parce que leurs yeux sont entourés d’un disque facial, formé de plumes rayonnantes.

ORDRE DES PASSEREAUX

Les Passereaux ou Insessores forment un groupe extrêmement nombreux, mais d’ailleurs peu naturel, d’Oiseaux dont la taille est ordinairement petite. Ils ont quatre doigts à chaque patte, dont trois tournés en avant et un dirigé en arrière. Ils volent bien et marchent en sautillant; ils se tiennent de préférence sur les arbres et les buissons; la plupart d’entre eux sont des Oiseaux de passage. On les divise en cinq sous-ordres, suivant la conformation de leur bec.

Les Lévirostrbs ou Syndactyles sont des Oiseaux criards, dont le bec est long, mais faible; les pattes sont elles-mêmes assez faibles ; les deux doigts externes sont soudés l’un à Pautre jusque vers le milieu de leur longueur. Les Calaos (Buceros), des Indes et de Malaisie, ont un bec énorme et surmonté d’un volumineux appendice en forme de corne. Les Martins-Pêcheurs {Alcedo) ou Coccygomorphes, les

ORDRE DES PASSEREAUX. ^93

Guêpiers {Merops), les Rolliers (Coracias) sont parés des plus vives

^^lIsTénoirostres, Oiseaux criards ou chanteurs, ont le bec long et „rêle droit ou arqué, mais toujours dépourvu d’échancrure. Les deux Liats externes sont souvent réunis à la base. Ce groupe n’est guere représenté dans nos pays que par les Huppes {TJpupa) et les GrimpereLx (Carthia)-, il est représenté dans l’Amérique du sud et dans l’Amérique centrale par la famille des Trochihdes ou Colibris, les

^^LL^thssmosTRES ou Macrochires ont le bec large et plat, fendu très profondément, presque jusqu’aux yeux. Leurs ailes longues et pointues en font d’excellents voiliers ; à cause de leurs jambes courtes et faibles, ils évitent de se poser sur le sol. Ils se nourrissent d Insectes nu’ils attrapent au vol. La plupart habitent les régions chaudes du globe; ceux qu’on rencontre dans les pays tempérés sont des Oiseaux de passage. L’Engoulevent {Caprimulgus), les Hirondelles {Hirundo), les Martinets {Cypselus) et les Salanganes [Collocaha) appartiennent a cette famille.

Les Hirondelles diffèrent des Martinets en ce qu’elles ont douze rectrices caudales, au lieu de dix. On en compte en France trois espèces : l’Hirondelle de chemmee {H rusHca), THirondelle de fenêtre {H. urbica) et l’Hirondelle de rivage Œ. riparia). Elles ont joui en médecine, jusqu a la fin du siec e . krnier, d’une extrême faveur : elles étaient bonnes contre lépilepsie, fortifiaient la mémoire, guérissaient des inflammations de la gorge, fortifiaient la vue, etc. ; leur fiente était administrée centre la rage et la colique néphrétique ; leur nid était appliqué sur la gorge, dans les cas d angine.

On connaissait aussi sous le nom de pmre d Hirondelle, de ckelidonius ou chelidonia, une petite pierre de la grosseui d’une lentille, dont on se servait « pour mettre dans les yeux, afin d’en faire sortir quelque ordure qui y est entrée » ( emery). Suivant les uns, cette pierre se trouverait dans 1 estotomac des jeunes Hirondelles; suivant les autres, la mere serait allée la chercher au loin, pour l’appliquer sur la f aie qui recouvre les yeux de ses petits, nés aveugles et. incapables d’acquérir la vue sans cette précaution. Une pierre aussi merveilleuse devait être un précieux talisman pour guérir les maladies des yeux, rendre la vue aux aveugles, etc. Quand un nid était abattu ou tombait accidentellement, on l’y recherchait

CLASSE DES OISEAUX

avec le plus grand soin. Est-il besoin de dire que la fameuse pierre d’Hirondelle était un caillou quelconque, rapporté par rOiseau avec l’argile dont il construisait son nid? L’Hirondelle pouvait recueillir notamment, sur le bord des rivières, des yeux d'Écrevisse amenés par les eaux : en Alsace, il est encore usuel de se servir de ces concrétions calcaires, introduites dans les culs-de-sac de la conjonctive, pour extraire les corps étrangers qui s’y sont insinués.

Les Salanganes [Collocalia esculenta) construisent les fameux nids d’Hirondelle dont les Chinois se montrent si friands. Elles habitent l’Archipel malais et nichent sur les rochers ou dans des grottes, aussi bien sur le rivage que dans l’intérieur des îles; toutefois, les nids du littoral sont seuls appréciés. Buffon parle d’un Javanais, propriétaire d’une caverne à Salanganes, qui, par la seule vente des nids, se faisait un revenu annuel de plus de o0,000 florins. De nos jours, ce singulier commerce n’a rien perdu de son importance : à elles seules, les îles de la Sonde et de Macassar exportent par an plus de 120,000 kilogrammes de nids, représentant une valeur de 30 millions de francs environ ; à Java, certaines cavernes donnent un revenu de 800,000 francs.

On admet communément que le nid de la Salangane est constitué par des fragments d’Algues ou de Lichens plus ou moins triturés par le bec de l’Oiseau, puis agglutinés par la salive. C’est en effet de la sorte que sont construits les nids recueillis dans l’intérieur, mais ceux du liltoi'al, les seuls que l’on consomme, sont autrement fabriqués. Ces nids, en forme de coquille ou de bénitier, sont constitués par une matière blanche ou jaune, parfois même légèrement rougeâtre, à cassure conchoïde et disposée par couches transversales. Cette substance, homogène et anhiste à l’examen microscopique, n’a aucunement la structure d’un tissu végétal; elle se gonfle et se ramollit dans l’eau et prend une teinte opaline. Ses réactions démontrent au contraire sa nature animale : c’est une matière albuminoïde, analogue à la mucine, à laquelle Payen donne le nom de cubilose. Au moment des amours et de la construction des nids, on voit s’écouler du bec de la Salangane un liquide visqueux qui se dessèche rapidement à l’air et que l’Oiseau utilise pour la construction de son nid. Ce produit est-il sécrété parle

ORDRE DES PASSEREAUX

jabot, comme le supposait Everard Ho-me en 1817, ou par les glandes salivaires qui, suivant Bernstein, sont très développées et sécrètent une grande quantité de mucus ? La dernière opinion est la plus vraisemblable : les Chinois font donc la soupe avec de la salive desséchée. La cubilose est d’ailleurs facilement assimilable ; le suc gastrique a peu d’action sur elle, mais le suc pancréatique la digère activement.

Les Dentirostres sont pour la plupart des Oiseaux chanteurs de petite taille. Le bec, de forme variable, est tantôt subulé, c’est-à-dire terminé en pointe très fine, tantôt recourbé ; la mandibule supérieure est échancrée en forme de dent à son extrémité. Les ailes, de longueur moyenne, n’ont ordinairement que 9 rémiges primaires, par suite de l’atrophie complète ou presque complète de la première. On compte toujours 12 rectrices à la queue. Ces Oiseaux sont bons voiliers ; à terre, ils sautillent plutôt qu’ils ne marchent. Ils se nourrissent principalement d’insectes; la plupart d’entre eux sont migrateurs.

Les Corvidés sont de grands Passereaux à la voix criarde, au bec épais et tort, légèrement échancré, à narines entourées de lonp poils. Genres principaux ; Corbeau (Corvus), Pie (Pica), Casse-noix ■ [Nucifraga], Chocard (Pyrrhocorax), Geai [Garrulus], Loriot [Oriolus). Les Paradisiers se distinguent de tous les autres Dentirostres par leurs vives couleurs et le développement considérable que prennent leurs plumes en certains points, pour constituer des huppes, des^ panaches, des aigrettes. Iis vivent dans les forêts de la Nouvelle-Guinée et de quelques îles voisines.

Les Sturnides sont des Oiseaux chanteurs et sociables, qui se nourrissent d’insectes; ils sont migrateurs. Les Etourneaux {Sturnus), les Martins {Pastor), les Pique-Bœufs {Buphaga} sont les principaux genres.

Les Laniades ou Pie-grièches {Lanius, laniarius), les Muscicapides ou Gobe-mouches {Museicapa, Bombycilla), les Parides ou Mésanges {Parus, Sitta), les Hochequeues {Motacilla), les Sylviades ou Fauvettes {Sylvia, Phyllopneuste, Troglodytes, Regulus) elles Turdides ou Grives {Cinclus, Saxicola, Turdus, Pratiacola) constituent encore diverses familles appartenant à ce même groupe.

Les CoNiROSTRES sont des Oiseaux chanteurs de petite taille, au bec conique et fort, au plumage épais et souvent orné de vives couleurs le doigt externe est réuni à la base de celui du milieu. Ils vivent en société et se nourrissent de graines, de céréales et de fruits. Un grand nombre sont voyageurs. La plupart construisent leur nid avec élégance; la femelle incube seule les œufs, mais le mâle partage avec elle le soin de pourvoir à la nourriture des petits. Principaux genres ;

CLASSE DES OISEAUX

Alouette {Alauda), Bruant {Emberiza), Pinson {Fringilla), Moineau {Passer), Bouvreuil {Pyrrhula), Tisserand {Ploceus).

ORDRE DES RAPAGES

Les Rapaces sont de grands et robustes Oiseaux, caractérisés par le développement extraordinaire des organes des sens, autant que par la forme du bec et des pattes. Le bec est puissant et crochu. Les pattes se composent de 4 doigts longs et forts, dont l’externe est tourné en arrière; ces doigts ou serres sont armés d’ongles puissants et recourbés, qui permettent à l’animal de saisir sa proie. Le tarse est ordinairement couvert de plumes. Les ailes, longues et pointues, ont 10 rémiges primaires et 12 à 16 rémiges secondaires. La queue est longue aussi et a 12 rectrices. A l’exception d’un petit nombre, les Rapaces se nourrissent de proie vivante, et principalement de Mammifères et d’Oiseaux, qu’ils maintiennent avec leurs serres et qu’ils déchirent à l’aide de leur bec. On les divise en deux sous-ordres.

Les Noctormes ont de gros yeux ronds, dirigés en avant et ordinairement entourés d’un disque facial ou cercle de plumes rigides; leurs plumes sont souples et molles, ce qui rend leur vol silencieux. Ils constituent la famille des Strigides ou Hiboux, qui comprend TEffraye (Stnx), la Hulotte ou Chat-huant [Symium), le Hibou {Otus), le Duc {Bubo), la Surnie (Sifrma), l’Haifang {Nyctea).

Les Diurnes ont les yeux petits et placés sur les côtés de la tête ; leur bec est revêtu à sa base d’une membrane appelée cire, dans laquelle viennent s’ouvrir les narines. Ils comprennent plusieurs familles.

Les Vulturides ont la tête et le cou décharnés, souvent ornés de caroncules cutanées ; ils vivent de charognes. Genres principaux : Condor [Sarcorhamphus), Vautour (Vultur), Gypaète [Gypaétus].

Les Aigles {Aquila), les Pygargues {Haliælus), les Balbuzards (Pandion) forment la famille des Aquilides; les Milans (Mz7rMs) celle des Milvides; les Buses (Buteo) et les Bondrées (Pernis) celle des B utêonides; les Autours (Astur) et les Éperviers (Nisus) celle des Accipitrides. Les Faucons [Falco), les Busards (Circus) et le Serpentaire ou Secrétaire (Gypogeranus serpentarius) sont les types d’autant de familles distinctes.

Les Oiseaux ne sont évidemment que des Reptiles modifiés. Les Ratites descendent des Dinosauriens ; les Garinates ont avec ceux-ci des relations moins certaines ; ils ont peut-être le même point de départ que les Ptérosauriens, auxquels ils se rattachent par l’intermédiaire des Saururornithes (Archæopteryx).

La notocorde disparaît de bonne heure, sauf quelques débris qui persistent au centre des disques intervertébraux de fibro-cartilage.

Le rachis est d’abord tout entier cartilagineux; les corps vertébraux sont plans ou légèrement concaves à leurs deux faces antérieure et postérieure.

Les vertèbres cervicales ou précostales sont régulièrement au nombre de 7 ; par exception, quelques Édentés {Cholæpus didactylus, Bradypus tridactylus et B.infascatus) et un Sirénien {Manatus)n’en ont que 6; Bradypus cuculliger en a 8 ou 9. Elles se soudent parfois entre elles (Édentés, Cétacés, Rongeurs).

Les vertèbres dorsales et les vertèbres lombaires sont au nombre de 17 {Homo) à 29 (Hyrax) ; les Marsupiaux, les Ruminants, les Carnivores, les Rongeurs et quelques Primates en ont 20 environ. A mesure que l’organisation se perfectionne, le nombre des côtes va en diminuant. Les vertèbres lombaires et sacrées, qui portaient autrefois des côtes, ont encore des éléments costaux soudés au bord antérieur des apophyses transverses. Les vertèbres sacrées vraies, c està-dire celles qui s’articulent avec l’os iliaque, sont au nombre de deux, comme chez les Reptiles; elles se fusionnent entre elles et avec les 2 ou 3 premières vertèbres caudales, pour constituer le sacrum, qui porte encore des traces de sa division primitive ; chez les Marsupiaux, cette fusion n’a pas lieu ; le canal rachidien se termine à la face dorsale du sacrum. La queue est de longueur très variable; chez les Bipèdes, elle se réduit au coccyx.

La tête s’articule avec l’atlas par deux condyles, portés par les occipitaux latéraux. Ses mouvements d’inQexion de haut en bas et de bas en haut s’accomplissent entre le crâne et l’atlas; ses mouvements de rotation latérale s’accomplissent entre l’atlas et l’axis. On distingue très nettement le crâne et la face.

Dans les types tels que l’Homme, où le squelette céphalique est très condensé, le crâne ne comprend que 8 os, savoir : un occipital, deux pariétaux, deux temporaux, un sphénoïde, un ethmoïde et un frontal, le basiotique se voit seulement à titre d’anomalie, entre le basioccipital et le basi-sphénoïde.

L’occipital résulte de la fusion du sus-occipital, des deux occipitaux latéraux et du basi-occipital. Le basiotique est fusionné avec ce dernier et est d’autre part en rapport avec l’otique. Le basisphénoïde porte les deux alisphénoïdes ou grandes ailes du sphénoïde; le presphénoïde existe souvent : il porte l’orbito-sphénoïde et les petites ailes; entre celles-ci et les grandes ailes est le trou pour le passage

du nerf optique. La base du crâne est complétée en avant par le frontal, qui résulte de la fusion tardive de deux moitiés laissant entre elles un petit espace médian, dans lequel se loge l’ethmoïde. La face supérieure de ce dernier est criblée de pertuis que traversent les blets du nerf olfactif, pour se rendre dans les fosses nasales ; les autres nerfs encéphaliques sortent du crâne par divers trous creusés dans sa base.

Le squamosal s’unit au jugal ou malaire parl’apopâÿse zygomatique. Autour du conduit auditif externe se forme un anneau tympanique. qui augmente d’épaisseur et devient un tube osseux, sauf chez les Monotrèmes et les .Marsupiaux. Ces deux os se fusionnent ensuite et contribuent à former le temporal. Celui-ci se trouve complété d’autre part parl’opisthotique, le prootique et l’épiotique, qui se développent autour de la capsule auditive. Entre les pariétaux et les sus-occipitaux se trouve l’interpariétal, développé dansl’espace occupé chez le fœtus par la fontanelle posténeure. Entre les pariétaux et les frontaux se trouve la fontanelle antérieure. Les frontaux s’unissent en un seul os, chez les Insectivores, les Chiroptères et les Primates; ils peuvent porter des cornes, chez les Ruminants. Ils forment la paroi supérieure de l’orbite et se creusent, à leur partie basilaire, de cavités ou sinus frontaux dans lesquelles l’air accède par les fosses nasales. L’ethmoïde prend une grande parta la formation des fosses nasales et se rattache ainsi à la face ; sa lame perpendiculaire ou mùsethmoide iorme. la partie supérieure de la cloison internasale : sa lame papyracée ou os planum forme la paroi interne de l’orbite et porte inférieurement les cornets supérieur et moyen. L’unguis ou lacrymal, dont la présence est inconstante, contribue aussi à fermer l’orbite en dedans et en haut.

Chez l’Homme, la face ne comprend que quatorze os, les uns pairs, les autres impairs ; ce sont : les unguis, les nasaux, les maxillaires supérieurs, les malaires, les cornets inférieurs, les palatins, le vomer et la mandibule ou maxillaire inférieur. Mais ce chiffre est dépassé chez les autres Mammifères. Quelques-uns (Édentés, Cétacés) ont des ptérygoïdes, qui participent à la formation de la voûte palatine. L’incisif ou intermaxillaire persiste d'ordinaire pendant toute la vie; chez l’Homme, il se fusionne avec le maxillaire supérieur, déjà pendant la vie foetale. Ce dernier est creusé d’une très vaste cavité, le sinus maxillaire ou antre d' Highmore, destinée a alléger la tête et remplie d’air. Le vomer, formé primitivement de deux lamelles osseuses, complète la cloison internasale en bas et en avant. Le malaire ou jugal s’articule avec le maxillaire supérieur et avec le squamosal, sauf chez les Édentés . Il s’unit parfois aussi au frontal et ferme ainsi l’orbite en dehors, disposition qui s’observe chez les Périssodactyles, les Ruminants et lesPrimites; chez les autres

CLASSE DES MAMMIFÈEES, 801

Mammifères, l’orbite communique largement avec la fosse temporale.

La mandibule correspond au dentaire des Reptiles, les autres os de la mâchoire inférieure étant réduits à l’état de simples prolongements Elle s’articule avec le squamosal, en sorte que son articulation n’est pas homologue à celle des Vertébrés précédents. Ses deux moitiés latérales restent le plus souvent distinctes, mais se soudent Quelquefois en un seul os (Périssodactyles. Chiroptères, Primates).

Elle résulte de l’ossiücation de la partie distale du cartilage de Meckel ; la portion proximale de ce même cartilage forme les osselets • de l’ouïe, ainsi que nous l’avons vu. „ . ,

La portion inférieure des côtes est cartilagineuse. Celles-ci s articulent avec le rachis, dans l’intervalle de deux corps vertébraux, parfois sur un seul; elles s’articulent encore avec la face inférieure de l’apophvse transverse. A leur extrémité ventrale, elles s’articulent directement avec le sternum (côtes sternales) ou bien reunissent leurs cartilages pour s’unir- en commun au sternum (cotes asternales) ; les dernières sont courtes et sans connexion avec le sternum

(côtes flottantes). , f=.j

Les sternèbfes restent distinctes et mobiles chez les Edentes ; elles se fusionnent plus ou moins chez les autres Mammifères. Le manubrium on a^ndice antérieur du sternum, et \ appendice xiphoide, qui le termine en arrière, doivent leur existence à ce que les vertèbres cervicales et lombaires portaient anciennement des cotes. Le manubrium renferme encore des points d’ossification qui sont en rapport avec l’existence ancienne d’un épisternum (A brecht) ; cette pièce s’est bien conservée chez les Monotrèmes, ou elle a la forme.

^Tes^lonotrèmes ont des coracoïdes distincts et articulés avec le sternum ; chez le reste des Mammifères, ces os s atrophient presque complètement et ne sont plus représentés que par l «pop%se corn coïde, qui naît par un point d’ossification spécial et se fusionne avec l’omoplate. Celle-ci est large et présente à sa face externe une haute crête transversale, donnant insertion à des muscles et se terminant en bas par Vacromion. La clavicule, d’abord continue avec omop a e, s’en sépare par la suite ; elle s’articule alors avec l’acromion et avec le sternum. Elle est bien développée chez les animaux dont le me ^ bre antérieur accomplit des mouvements étendus et varies ; elle s atrophie plus ou moins chez les Ongulés et les Carnivores.

Les trois os du bassin se soudent en une seule piece, l os ihaque. Le pubis reste parfois en dehors de la cavité cotyloide ; les pubis et les ischions se rencontrent sur la ligne médio-ventrale (Ongulés, Insectivores, Rongeurs) ; ou bien les ischions sont exclus de la sym-

ph](se (Carnivores, Primates et quelques Insectivores).

Blanchard. — Zool. tnéd.

Chez les Monotrèmes et les Marsupiaux des deux sexes, le pubis' porte UQ os marsupial, dirigé en avant où il se perd dans la paroi de l’abdomen; il n’est pas sans analogie avec le cartilage épipubien des Dipnoïques et des Urodèles. Le Chien présente dans la môme région un faisceau ligamenteux qui lui est homologue et est en rapport avec le muscle pyramidal.

Les os du bras et de l’avant-bras, ceux de la cuisse et delà jambe sont toujours distincts, sauf le cas où les membres postérieurs s’atrophient (Cétacés). Le type fondamental actuel de la main et du pied des Mammifères est le type pentadactyle, mais il y a de sérieuses raisons d’admettre que ces animaux dérivent d’êtres qui avaient au moins sept rayons digitaux.

Le carpe ne diffère pas notablement de celui des Urodèles ou des Chéloniens. La rangée proximale comprend un scaphoïde (radial), un semi-lunaire (intermédiaire), un pyramidal (cubital) et souvent aussi un pisiforme: les deux premiers se fusionnent parfois; le dernier doit être envisagé comme la trace ultime d’un sixième doigt. Le central, distinct chez la plupart, peut se fusionner aussi avec le scaphoïde, comme c’est le cas chez l’Homme. La rangée distale comprend cinq carpiens (Marsupiaux, Rongeurs, Hyperoodon) ou plus souvent quatre, par suite de la fusion des deux derniers en un seul, l’os crochu, qui s’articule alors avec les deux derniers métacarpiens. Chez la plupart, notamment cliez les Primates, on observe au bord radial le præpollex ou cartilage marginal, qui est également le dernier rudiment d’un doigt disparu, dont l’existence passée est démontrée d’ailleurs par le double tendon du muscle long adducteur du pouce.

La rangée proximale du tarse comprend encore trois os : le tibial, le trigone (intermédiaire) et le calcanéum (péronier), qui restent séparés chez les Marsupiaux pentadactyles; chez les autres Mammifères, les deux premiers se fusionnent d’ordinaire pour former l’astragale. Le scaphoïde correspond au central, mais renferme en outre des éléments da præhallux, doigt disparu, qui était situé en dedans du bord tibial. La rangée distale comprend quatre os : les trois cunéiformes (tarsiens 1, 2 et 3) et le cuboïde, ce dernier s’articulant avec les métatarsiens 4 et 5 et résultant de la coalescence des tarsiens 4 et 5.

La rotule, située en avant de l’articulation du genou, est distincte du squelette : c’est un gros os sésamoïde développé dans le tendon du muscle droit antérieur de la cuisse; elle fait défaut chez certains Marsupiaux, ainsi que chez les Cétacés, les Siréniens et les Chiroptères.

La forme des pattes varie considérablement, ainsi que le mode de progression : sur ces différences et sur celles de la dentition, repo-

sent les principaux caractères invoqués dans la classification. La plupart des, Mammiteres sont onguiculés, la dernière phalange de chacun de leurs doigts se terminant par une griffe qui peut, dans certains cas, se transformer en un ongle. Les Onguiculés sont plantigrades {O üts, Primates), quand ils posent sur le sol le pied tout entier, pour ne considérer que le membre postérieur; ils sont demi-plantigrades (Martre), quand ils posent sur le soldes phalanges et le métatarse, mais tiennent le tarse relevé ; ils sont digitigra les (Civette, Félins, Canidés), quand ils ne posent sur le sol que les phalanges, en tenant le métatarse et le tarse relevés.

Les plus grands Mammifères terrestres sont unguligrades : ils marchent sur la pointe des phalanges unguéales. Le tarse, le métatarse et les phalanges sont verticaux et tout l’énorme poids du corps repose sur l’extrémité des doigts. L’ongle existe à la face antérieure delà dernière phalange, mais n’est que difficilement reconnaissable. Autour de cette dernière, mais surtout à la face plantaire, l’épiderme s’est considérablement épaissi et forme un sabot. On appelle Ongulés les animaux qui présentent cette particularité. Aucun d’eux n’est pentadactyle, mais leurs ancêtres l’étaient sûrement et avaient à chaque patte cinq doigts également développés, ce qui peut s’exprimer

par la formule (t). A travers les âges, le nombre des doigts

est allé en diminuant, mais leur atrophie s’est faite inégalement.

Certains types n’ont perdu que le premier doigt et sont tétradactyles : tous les doigts sont égaux et appuient sur le sol (Hippopotamus),

comme l’indique la formule g '• Ou bien les deuxième et cin¬

quième sont en voie de régression : ils sont alors plus petits et à quelque distance de terre {Sus, Cervus), ce qui s’exprime par la formule D’autres types sont tridactyles, les trois doigts posant

à terre et étant égaux {Rhinocéros) : le premier et le cinquième doigts sont atrophiés, Les Tapirs présentent une disposition toute

spéciale, qu’exprime la formule La réduction du nombre

(1) Il nou? semble utile de faire usage de foi'mules digitales, analogues aux formules dentaires, pour exprimer la constitution de la main et du pied chez les Mammifères. Dans ces formules, le numérateur correspond à la main et le dénominateur au pied; les différents chiffres indiquent les numéros d’ordre des doigts, le. premier doigt étant le plus interne. Certains doigts peuvent avoir conservé toute leur' importance fonctionnelle, alors que les autres sont en régression, comme chez le Porc : ce fait s’exprime aisément, par exemple en attribuant aux premiers des chiffres de plus grand,e taille qu’aux seconds.

des doigts s’accentue encore chez le Bœuf, où elle devient 1^; elle

atteint son terme extrême chez le Cheval, qui a pour formule J.

L’appareil hyoïdien, très diversement développé, contracte avec le temporal des connexions dont résulte l’apophyse styloïde ; les portions intermédiaires entre celle-ci et l’os hyoïde s’atrophient fréquemment ; les petites cornes de l’hyoïde sont le dernier indice du troisième arc viscéral ou premier arc branchial.

La peau a, suivant les régions, une épaisseur variable. Le pigment ne siège pas dans des chromatophores de la couche superficielle du derme, comme c’était le cas chez les Reptiles, mais consiste en granulations mélaniques ou jaunâtres accumulées dans les cellules de la couche muqueuse de Malpighi. L’absence de ces granulations constitue l'albinisme.

La couche cornée de l’épiderme est soumise à un renouvellement incessant : elle ne se détache pas tout d’une pièce ou par larges lambeaux, mais subit une usure inappréciable qui constitue la desquamation furfuracée. La couche superficielle du derme porte des papilles où se distribuent des anses capillaires et où les filets nerveux se terminent par les coiimscules de Meissner ou corpuscules du tact. La couche moyenne, formée de faisceaux conjonctifs entremêlés, renferme aussi un grand nombre de fibres élastiques et des fibres musculaires lisses ; celles-ci sont plus abondantes en certaines régions, comme le périnée etl’aréoledu sein. La couche profondeest plus lâche; les cellules conjonctives s’y chargent normalement de graisse. On trouve aussi dans la profondeur de la peau les corpuscules de Pacini, terminaisons nerveuses auxquelles on ne saurait attribuer un rôle tactile, puisqu’on les retrouve en grandnombre dansle mésentère des Félins.

De l’épiderme dérivent des phanères variées : griffes, ongles, sabots, cornes, callosités, poils, soies, piquants, fanons. La présence des poils sur la peau est caractéristique des Mammifères, que de Blainville, pour cette raison, appelait Vilifères.

Le poil est dérivé de l’écaille des Reptiles au même titre que la plume ; il est indiqué d’abord par un soulèvement du derme, mais cette phase initiale est de très courte durée. La couche de Malpighi prolifère bientôt et s’enfonce dans le derme. Le follicule pileux ainsi constitué se différencie en une couche périphérique et une couche corticale ; la première devient par la suite la gaine externe de la racine du poil; la seconde devient le poil lui-même et se divise ultérieurement en une cuticule, une couche corticale et une couche médullaire. La base du poil s’élargit en un bulbe conique, dans le fond duquel s’engagent des capillaires.

Les poils sont cylindriques ou aplatis, lisses ou frisés. Leur couleur tient à la présence de pigment dans les cellules de la couche corticale, à l’état lisse ou rugueux de la cuticule, à la présence ou à l’absence de bulles d’air entre les cellules de la moelle. 11 y a canitie^ quand les poils d’une zone plus ou moins vaste sont sans pigment,, alors que la peau conserve en cette même zone sa pigmentation normale; il y a polîose, quand cette particularité s’étend à toute la ■peau. Dans les contrées où la température diffère beaucoup suivant les saisons, les Mammifères revêtent en automne un pelage long et touffu, qu’une mue fait tomber au printemps; au retour de la mauvaise saison, le bulbe produit un nouveau poil.

Beaucoup de Mammifères (Marsupiaux, Hyraciens, Pinnipèdes,. Carnivores, Rongeurs, Insectivores) portent sur les côtés de la lèvre supérieure de longs poils raides ou poils tactiles, que des muscles striés peuvent redresser et dont le bulbe reçoit de gros filets nerveux., Jobert a montré qu’il existe des poils semblables, mais plus petits, surd’autres organes où ils sont généralement méconnus ; sur le groin du Porc, du Tatou, delà Taupe; surFaile des Chauves-Souris; sur la lèvre inférieure et au-dessus des yeux de beaucoup d’animaux, notamment des Singes.

Les glandes sébacées sont presque toujours en rapport avec un poil, dans la gaine duquel elles se développent par invagination de la couche muqueuse de Malpighi. Ces glandes en grappe sécrètent le sébum, qui lubrifie les poils. Elles sont sanglées à leur face profonde par un petit faisceau de fibres musculaires lisses, qui s’insèrent d une part sur le bulbe pileux et vont se perdre d’autre part dans les cou- ’ches superficielles du derme: la contraction de ces muscles comprime la glande et peut même soulever le poil et les parties ambiantes, d’où le phénomène de la chair de poule. Les glandes sebacees acquièrent, en certaines régions, un développement considérable t chez l’Homme, cela se remarque pour l’aisselle et pour l’aile du nez. Les glandes préputiales, qui produisent le smegma, les glandes ceru mineuses, les glandes de Meibom, qui produisent la chassie, lesglandes mammaires, qui produisent le lait, sont des variétés es glandes sébacées.

Les glandes sudoripares sont tubuleuses; elles n’ont aucune connexion avec les poils, pénètrent jusque dans les couches profondes du derme et s’y pelotonnent en un glomérule. Elles se bornent a séparer du sang les produits de désassimilation et sont, comme le rein, de simples organes d’excrétion. ^

Les mamelles sont caractéristiques des Mammifères. Elles s observent dans les deux sexes, mais restent atrophiées chez le mâle. Le lait qu’elles sécrètent est un liquide blanc qui lient en suspension

des globules graisseux; il renferme un sucre particulier, la lactose^ une matière albuminoïde, la caséine, et des sels; il est destiné à nourrir le jeune animal pendant un temps plus ou moins long après sa naissance, jusqu’à ce que les dents soient entièrement dévelop.pées. Ces volumineuses glandes en grappe sont toujours situées à la face inférieure du corps (1) et disposées symétriquement de chaque côté de la ligne médiane. Leur nombre varie d’une à cinq ou six paires et est en rapport avec celui des petits ; on en tire de bons caractères pour la classification, ainsi que de leur situation. Les canaux excréteurs ou conduits galactophores débouchent au sommet ou dans le fond de la tétine ou mamelon, qui surmonte chaque glande.

Les dents ne se trouvent jamais que sur les maxillaires et les intermaxillaires ; elles sont logées chacune dans un alvéole distinct. Elles rentrent dans la catégorie des phanères et se développent aux dépens de bourgeons épidermiques, qui sont nés des gencives et se sont enfoncés dans l’épaisseur des maxillaires. Quelle que soit leur forme, on y distingue une cavité pulpaire, limitée de toute part par la dentine ou ivoire; la portion enfoncée dans l’alvéole est la racine, recouverte d’une couche de cément; la portion libre est la couronne, que recouvre une couche d’émail; la couronne et la racine sont séparées par le collet, compris dans l’épaisseur de la gencive.

La dentition varie considérablement; son étude est d’une haute importance. Certains Mammifères sont monophyodontes, c’est-à-dire qu’ils n’ont qu’une seule série de dents; à quelque âge qu’elles tombent, ces dents ne sont jamais remplacées. Les autres, plus nombreux, sont diphyodontes, c’est-à-dire qu’ils ont à chaque mâchoire deux séries de germes dentaires superposés. La série marginale fait éruption de bonne heure et n’a qu’une existence transitoire ; elle tombe pendant le jeune âge et est alors remplacée par les dents de la série profonde. Celles-ci sont destinées à durer toute la vie; les premières dents sont en général remplacées par un nombre égal de dents nouvelles; il apparaît en outre, dans le fond des arcades dentaires, un certain nombre de dents qui jusqu’alors n’étaient point représentées. Les Diphyodontes ont donc une première dentition ou dentition de lait et une seconde dentition ou dentition permanente, qui se succèdent dans le sens vertical.

Les Monophyodontes sont homodontes, leurs dents étant toutes semblables ; les Diphyontes sont hétérodontes, leurs dents étant dissemblables, Cette règle présente pourtant quelques exceptions :

(1) A la face antérieure, chez des bipèdes tels que l’Homme; mais les bipèdes a raient pour ancêtres des animaux quadrupèdes. En faisant une élude comp arative des uns et des autres, il est donc logique de supposer les bipèdes ramenés à leur état quadrupède primitif.

Dasj/pMS no^)emc^nc^Ms est diphyodonte, bien qu’appartenant à un groupe chez lequel la monophyodontie est la règle; le Rat est monophyodonte, bien qu’il appartienne à un groupe dans lequel la diphyodôntie est générale.

Chez les Hétérodontes, on distingue les dents en incisives (fig. 875, A, B), canines, C, 'prémolaires, D, E, et molaires, F, G, H ; la dentition est

H G F EDCBÂ

fig. 875. — Dents de l’Homme. — A, B, incisives; G, canine; D, E, prémolaires; F, G, H, molaires.

complète, quand ces quatre sortes de dents sont représentées à chaque mâchoire; elle est incomplète dans le cas contraire. Les trois premières sortes de dents sont déjà développées dans la première dentition ; les molaires n’apparaissent qu’avec la dentition définitive.

Pour indiquer comment est constituée la dentition d’un animal, on fait usage de formules analogues aux formules digitales dont nous avons proposé l’adoption : le numérateur correspond à la mâchoire supérieure, le dénominateur à la mâchoire inférieure; il suffit d’étudier une demi-mâchoire, l’autre moitié étant toujours symétrique ; on commence par la ligne médiane, c’est-à-dire par les incisives. Les dents de chaque sorte se trouvent indiquées par un chiffre correspondant à leur nombre. D’après ces principes, la formule dentaire

de l’Homme sera la suivante : 2i i c 2 pt» ^ dents, ou

plus simplement , formule qui indique tout à la fois la den¬

tition définitive et la dentition de lait Ici, les deux mâchoires sont égales et les trois premières sortes de dents définitives remplacent un nombre égal de dents transitoires; mais il est loin d’en être toujours ainsi. Par exemple, la dentition de

lait du Morse est ^ ^ , tandis que la dentition permanente devient

“^1^; chez le Phoque, la première dentition est^-Y^» la seconde

devient' ^

Les incisives supérieures sont enfoncées dans l’os intermaxillaire: ce sont les seules dents dont la caractéristique soit certaine. Les autres sont souvent interprétées différemment par les auteurs. D’une façon générale, on appelle incisives inférieures les dents qui sont opposées aux incisives supérieures; la canine supérieure est située au bord antérieur du maxillaire supérieur-, l’inférieure est celle qui, la bouche étant close, vient se placer en avant de la supérieure.

On ne peut songer à attribuer aux Mammifères une dentition primitive uniforme, dont serait dérivée la dentition si variée des formes actuelles. On doit pourtant, considérer comme vraisemblable que les Ongulés avaient à l’origine 44 dents, disposées suivant la

formule formule est très fréquente chez les Ongulés

tertiaires et s’est maintenue chez le Cheval.

La langue est très mobile, musculeuse et peut être projetée hors de la bouche; sa face supérieure porte diverses sortes de papilles: les papilles caliciformes, qui sont plus spécialement en rapport avec le sens du goût, sont disposées dans la profondeur de la bouche. A celle-ci sont annexées trois paires de glandes salivaires ; les parotides, placées en avant de l’oreille et débouchant par le canal de Sténon, à la face interne des joues, en regard des molaires supérieures; les sousmaocillaires, s’ouvrant au-dessous de la langue, par le canal de Wharton; les sublinguales, situées en avant des précédentes et s’ouvrant aussi sous la langue, par les canaux de Rivinus. On distingue en outre les glandes buccales, éparses dans l’épaisseur des lèvres, des joues, de la langue : on doit leur attribuer un rôle prépondérant dans la digestion des matières amylacées.

L’œsophage se continue directement par un estomac plus ou moins vaste, conformé en cornemuse chez l’Homme, formé de plusieurs poches successives chez les Ruminants et quelques autres herbivores. L’intestin grêle a sa muqueuse hérissée de villosités et renferme un grand nombre de plaques de Peyer, constituées par l’agglomération de follicules clos. Il se jette latéralement dans le gros intestin, avec, lequel il communique par la valvule de Bauhin. Le cæcum est simple et parfois très développé; il est souvent absent.

Un cloaque existe chez l’embryon et persiste môme pendant toute la vie chez les Monotrèmes, ainsi que chez quelques Marsupiaux et Rongeurs. Chez tous les autres Mammifères, il se forme, au cours du développement embryonnaire, une cloison qui isole complètement la terminaison de l’intestin de celle des organes génito-urinaires. Ceux-ci s’ouvrent en avant de l’anus par un orifice particulier; la surface qui sépare ces deux ouvertures est le périnée.

Le système lymphatique est bien développé, mais les cœurs lym-

CLASSE DES MAMMIFÈRES, ühatiques font défaut. En revanche, on trouve sur le trajet des vaisseaux, notamment au niveau des articulations et vers la racine du mésentère, des ganglions lymphatiques, dans lesquels on suppose que les leucocytes prennent naissance; Le canal thoracique remonte le Ion" du rachis et va déverser dans la veine sous-clavière gauche, au niveau même de son union avec la veine jugulaire, la lymphe qui revient des membres postérieurs et de l’ abdomen, ainsi que de la moitié gauche du thorax, du cou, de la tête et du membre antérieur gauche. Un canal plus petit, la grande veine lymphatique, aboutit au système sanguin en un point symétrique et ramène la lymphe de tout le reste du corps.

Les hématies ont une forme spéciale, même chez les Monotrèmes et les Marsupiaux ; elles ont l’aspect de- petits disques excavés à leurs deux faces ; elles ne renferment point de noyau. Par exception, elle sont elliptiques, mais plates et sans noyau dans la famille des Camélidés. La dimension de ces globules est utile à connaître, en raison de l’importance que leur détermination peut présenter dans les expertises médico-legales; malheureusement, aucun caractère ne permet de distinguer les hématies de l’Homme de celles de la plupart des animaux domestiques (Chien, Bœuf, Cheval), dont la dimension est à peu près la même. Le diamètre de l’hématie est en moyenne de 2a, 5 chez Tragulus javanicus ; de chez une viei e

Chèvre; de 5a chez le Mouton; de 5p.,4 chez un Chevreau de huit jours ; de 6a.5 chez le Chat; de 6[x,9 chez le Lapin; de 7.a,3 chez le Chien, de 7[ji,5 chez l’Homme. Chez le Lama, les dimensions sont de 8p. sur 4p.

Dans le cas à peu près constant où l’examen des globules ne permet pas d’arriver à une détermination de 1 espèce anima e qui a fourni le sang en litige, on doit chercher à obtenir es cristaux d’hémoglobine, ce qui présente encore de s lieuses difficultés ; la forme de ces cristaux présente en effet e no a blés variations dans la série des Mammifères.

La température du corps, mesurée dans le rectum, est un peu moins élevée que chez les Oiseaux. Les chiffres extrêmes son , ^ près Gavarret, de 37»,2 G. chez le Tigre et de 40“ chez la Chèvre; la température moyenne de l’Homme est de 37®,5.

Le cœur est construit sur le même plan que celui des iseaux, sa des différences secondaires; mais les gros vaisseaux de sa ase n on point la même origine que chez ceux-ci.

A la base de là langue se développe Yépiglotte, lame fibro-carlilagineuse qui peut basculer sous le poids des aliments et empêcher ceux-ci de passer dans les voies aériennes, en venant obturer la glotte. Le larynx est pourvu de muscles bien différenciés ; il présente à sa partie antéro-inférieure un grand cartilage thyroïde, qui a l’aspect d’un bouclier à convexité antérieure. A la partie dorsale et sur le bord antérieur du cartilage cricoïde sont fixés les deux cartilages aryténoïdes, surmontés eux-mêmes par les petits cartilages corniculés ou de Santorini. Les cordes vocales sont tendues dans le cadre ainsi formé; elles relient le cartilage thyroïde aux cartilages aryténoïdes; elles manquent chez les Cétacés. Entre les deux cordes du même côté, la muqueuse laryngienne s’invagine pour former les ventricules de Morgagni, dont les dimensions deviennent parfois considérables.

La trachée est toujours rectiligne; à sa bifurcation ne se voit rien d’analogue au syrinx des Oiseaux. Les deux bronches se distribuent uniquement dans les poumons, sans communiquer avec aucun sac aérien. Leurs ramifications sont extrêmement nombreuses, en sorte que le nombre des alvéoles et la densité de l’organe atteignent un plus haut degré que chez aucun Reptile. Les poumons sont ordinairement divisés en lobes dont le nombre varie; chez tous, à l’exception des Bipèdes, le poumon droit présente un lobe azygos, qui s’insinue entre le péricarde et le diaphragme et rend impossible, ou du moins réduit considérablement l’union de ces deux organés.

La cavité générale n’est plus simple, comme chez les Reptiles, mais est divisée en trois portions par une cloison musculaire én forme de voûte, qui sépare le thorax de l’abdomen : cette cloison ou diaphragme joue le rôle principal dans les phénomènes mécaniques de la respiration. Il limite en avant la cavité péritonéale, en arrière les deux cavités pleurales. Autour de chaque poumon s’est constitué un sac séreux ou plèvre, qui ne communique qu’exceptionnellement avec son congénère (Cheval).

Les hémisphères cérébraux prennent un développement de plus en plus considérable ; à mesure qu’on s’élève dans la série, ils recouvrent les autres parties de l’encéphale et présentent à leur surface des circonvolutions compliquées. Les lobes olfactifs sont toujours recouverts ; le cerveau moyen est encore à nu chez les Marsupiaux, les Insectivores et les Rongeurs, mais le cervelet est complètement recouvert par le cerveau chez les Primates.

Le vestibule des fosses nasales proémine sous forme d’un nez, d’un mufle, d’un groin, d’un museau ou d’une trompe. Les paupières renferment chacune un cartilage tarse et des glandes de Meibom ; la glande de Harder existe également, sauf chez les Primates.

La sclérotique est fibreuse, sauf chez les Monotrèmes, où elle est cartilagineuse. Les vaisseaux qui s’y distribuent viennent aboutir au canal de Schlemm, cercle veineux qui limite la sclérotique en avant et encadre la cornée. Celle-ci est complètement dépourvue de vaisseaux, du moins à l’âge adulte, chez l’Homme et la plupart des Mammifères ; elle en possède au contraire chez le Cheval, le Chameau, certaines Antilopes [Antilope picta) et la Taupe. Le muscle ciliaire est formé de fibres lisses. Un tapis est développé au fond de l’œil chez beaucoup de Marsupiaux, de Cétacés, de Ruminants, de Carnivores, ainsi que chez le Cheval et l’Éléphant.

L’oreille interne des Monotrèmes n’est pas plus perfectionnée que celle des Sauropsidés. Celle des autres Mammifères se complique au contraire, en ce que le canal cochléaire s’enroule plus ou moins sur lui-même pour former le limaçon; chez l’Homme, il fait trois tours.

Le nerf acoustique se termine dans cet organe par un nombre très considérable de bâtonnets de Corti. La caisse du tympan renferme les quatre osselets dont nous connaissons déjà l’origine. L’oreille externe, esquissée déjà chez quelques Reptiles (Crocodiles) et Oiseaux (Hiboux), comprend le conduit auditif externe et le pavillon ou conque auditive; celui-ci est souvent mobile et de grande dimension; il s’atrophie chez les Mammifères marins.

Les reins ou métanéphros sont situés dans la partie antérieure de l’abdomen, accolés au rachis. Ils restent lobés pendant la vie entière chez les Cétacés, les Palmipèdes, etc., ou bien sont compacts comme chez l’Homme, le Bœuf, le Chien, etc. L’uretère qui s’en détache vient se jeter dans la vessie; celle-ci n’est qu’une dépendance de l’allantoïde, avec laquelle elle communique par l’intermédiaire de Youraque; elle est reliée au cloaque par le sinus uro-génital, auquel aboutissent les canaux de Müller et de Wolff, enveloppés dans une gaine commune et formant le cordon génital. Les canaux de Müller sont fusionnés dans leur portion terminale. ^

A un stade précoce, la cloison verticale qui dédouble et supprime le cloaque et interrompt toute communication entre le sinus uro -génital et l’intestin, n’est pas encore formée. Le corps de Wolff existe encore et la glande génitale commence à se développer : dans l’un et l’autre sexe, elle prend naissance, en effet, au voisinage immédiat du rein, bien que, le plus souvent, elle doive accomplir une migration vers les régions postérieures de l’abdomen. A ce même stade, les organes génitaux externes sont en voie d’évolution : ils apparaissent sur la lèvre antérieure du sinus uro-génital et consistent en une proéminence qui devient, suivantle sexe, le pénis ouïe clitoris, et en un repli cutané qui formera le scrotum ou les grandes lèvres. Par la suite, le sinus uro-génital devient l’urèthre, c’est-à-dire le canal

chargé de conduire au dehors l’urine accumulée dans la vessie; ses rapports sont assez différents dans les deux sexes.

Le testicule reste ordinairement dans l’abdomen, plus ou moins loin de l’endroit même où il s’est développé. D’autres fois, il sort de l’abdomen par le canal inguinal et tombe dans le scrotum ; tel est le cas pour les Équidés, les Ruminants, les Primates et beaucoup de Carnivores. 11 refoule devant lui le péritoine et se trouve ainsi renfermé dans une cavité séreuse, qui se sépare ou non de la grande cavité abdominale.

Le testicule, de forme ovale, est entouré de la tunique albuginée, enveloppe conjonctive qui rayonne à son intérieur et le subdivise ainsi en un grand nombre de lobules ; dans chacun de ceux-ci estpelotonné un tube spermatique. Tous ces tubes convergent vers le corps d'Highmore, renflement de l’albuginée dans lequel ils forment lé réseau de Haller ou rete testis. De celui-ci partent finalement un certain nombre de canaux efférents, qui se jettent tous en un tube transversal ou tête de Vépididyme. A sa suite vient Yépididyme, qui se pelotonne fortement sur lui-même, présente un petit cæcum, le vas àberrans de Haller ou hydatide pédonculée, puis se continue par le canal déférent. Avant de se jeter dans le sinus uro-génital, ce canal se dilate en une vésicule séminale, dans laquelle s'accumule le sperme, au fur et à mesure qu’il est produit. Celui-ci est déversé dans le sinus par le canal éjaculateur, qui continue directement le canal déférent. Les voies spermatiques débouchent donc dans l’urèthre, dont l’origine, confondue avec le sinus uro-génital, est entourée d’une forte couche de muscles lisses et dont la muqueuse renferme des glandes en tube constituant la prostate.

Le rete testis, les canaux efférents du testicule et le vas aberranssonl des restes du corps de Wolff ; il en est de même pour le paradidyme ou organe de Giraldès, qui est enfoui dans le cordon spermatique, audessus de la tête de l’épididyme. L’épididyme, le canal déférent et le canal éjaculateur ne sont autre chose que le canal de ’Wolff.

Le canal de Müller persiste chez les Marsupiaux; il s’atrophie presque en totalité chez les autres types. Son extrémité antérieure persiste et forme un petit appendice du testicule, V hydatide non pédiculée ou hydatide de Morgagni. Son extrémité postérieure s’unit à sa congénère et forme ainsi Yutricule prostatique, qui s’ouvre dans le sinus uro-génital : cette petite vésicule est homologue au vagin de la femelle et mériterait, par conséquent, le nom de vagina masculina, plutôt que celui d'uterus masculinus, qu’on lui donne fréquemment.

L’organe copulateur ou naît, comme nous l’avons vu, de la lèvre antérieure du cloaque ou, mieux, de l’allantoïde. Tout le long de la face postérieure du pénis court un sillon ou, plus souvent, un ca-

nal qui 6st la continuation de l’urèthre et autour duquel se développe le corps spongieuœ. Cet organe, dans lequel du sang veineux peut s’accumuler au point de le rendre turgiSe, s’épaissit en arrière, à la racine du pénis, et forme le bulbe de l’urèthre; il se renfle aussi en avant pour former le gland, qu’abrite le prépuce. La face antéro-supérieure du pénis est occupée par deux gros organes érectiles, les corps cOTemeuas qui naissent de l’ischion, se juxtaposent l’un à l’autre, en même temps qu’au corps spongieux. La rigidité de la verge est encore assurée, dans bien des cas, par l’os pénien, qui se développe dans le tissu conjonctif interposé à ces trois organes érectiles, par exemple chez les Mysticètes, les Carnivores, les Rongeurs, les Chiroptères et quelques Singes.

L’ovaire a la même origine que le testicule et, comme lui, accomplit une migration; mais il ne descend jamais plus bas que le petit bassin, où il se fixe à un repli spécial du péritoine, le ligament large.

Il a la forme d’une amande et renferme dans sa zone corticale un nombre immense d’ovules, contenus chacun dans une vésicule de de Graaf. Au début, les cellules de l’épithélium germinatif s’enfoncent par séries dans le stroma conjonctif sous-jacent, puis s’isolent. Dans chacun de ces amas, une des cellules, destinée à devenir l’ovule, est bientôt reconnaissable à sa grande taille ; nous avons vu déjà (tomel, page 131, fig. 72) quelle structure elle finissait par acquérir ; sa membrane vitelline ou zona radiata est percée de fins canalicules, par lesquels s’engagent des leucocytes dont elle se nourrit. Les cellules centrales de l’amas, au sein duquel l’ovule est plongé, subissent alors une dégénérescence et laissent la place à un liquide albumineux ; les cellules périphériques persistent. Ainsi se forme Vovisac ou vésicule de de Graaf, qui se rompt au moment du rut, pourvu que l’ovule soit arrivé à maturité parfaite.

L’ovule est alors saisi par la trompe de Fallope ou oviducte, qui s’ouvre librement dans la cavité péritonéale, à proximité de 1 ovaire, par un large pavillon frangé, et qui débouche dans \ utérus par son extrémité postérieure. Ce dernier organe possède une épaisse et puissante paroi musculaire lisse ; il présente de grandes variations dans la série des Mammifères, mais c’est toujours à son intérieur que l’œuf fécondé se fixe et se développe, sauf chez les Monotrèmes qui, par exception, ne sont pas vivipares.

Les Rongeurs et les Chiroptères présentent deux formes utérines remarquables : chez certaines espèces, chaque oviducte porte à son extrémité postérieure un utérus qui ne contracte aucune connexion avec celui du côté opposé [utérus duplex) ; chez d’autres espèces, les deux utérus se fusionnent vers leur terminaison, mais restent séparés sur la plus grande partie de leur étendue [utérus bipartitus). Chez les

Cétacés, les Lémuriens, les Ongulés, les Carnivores, les Pinnipèdes et les Insectivores, la fusion des deux utérus est plus avancée, bien que ceux-ci soient encore distincts et se prolongent chacun en une sorte de corne {utérus bieornis). Enfin, la fusion est complète chez certains Chiroptères et chez les Primates {utérus simplex).

Qu’il soit simple ou double, l’utérus débouche dans le vagin, long et large canal dont la portion inférieure est souvent obturée par une sorte de diaphragme membraneux appelé hymen. En dehors de l’hymen et sur la paroi antérieure vient déboucher l’urèthre, dans une portion qui correspond, par conséquent, au sinus uro-génital. Celuici est très court; son orifice externe ou vulve est limité par deux lèvres longitudinales; sa commissure antérieure est occupée par le clitoris ; cet organe érectile est homologue aux corps caverneux de la verge ; il renferme un os chez le Phoque. La vulve de la femme est bordée de chaque côté par deux lèvres, la plus externe ou grande lèvre étant une formation particulière au genre Homo, bien qu’on en retrouve les rudiments chez certains Anthropoïdes (Orang).

Les oviductes, l'utérus et le vagin sont dus à la persistance et à la fusion partielle des canaux de Millier. Le corps de Wolff s’atrophie au contraire; le corps de Rosenmüller ou parovarium, compris dans l’épaisseur du ligament large, l'hydatide pêdiculée de la trompe et le paroophore, sont ses derniers vestiges. Quant au canal de Wolff, une petite portion de son extrémité antérieure reste eu connexion avec le corps de Rosenmüller; une petite portion de son extrémité postérieure forme le conduit de Gartner, qui est situé dans la paroi latérale de l’utérus et du vagin et débouche de chaque côté du méat urinaire; toute la partie moyenne s’atrophie.

Au moment de la copulation, le sperme est éjaculé dans le fond du vagin, au contact même du col de l’utérus. Grâce, à leurs mouvements propres, les spermatozoïdes montent dans cet organe, puis dans l’oviducte ; c’est là qu’ils rencontrent généralement l’œuf et le fécondent.

Au point de vue du développement, les Mammifères présentent entre eux des différences considérables. Les uns sont ovipares (Orni- THODELPHEs) et évoluent à la façon des Sauropsidés. Les autres sont vivipares : on les divise en Monodelphes et en Didelphes, suivant que l’embryon se développe partiellement ou en totalité dans l’utérus maternel et suivant que ses enveloppes restent libres ou contractent avec l’utérus une intime adhérence, par l’intermédiaire du placenta.

Sous-classe des Ornithodelphes.

Ces étranges animaux ne sont connus qu’en Australie, en Tasmanie et en Nouvelle- Guinée; ils sont réduits aux deux genres Ornithorhynque [Ornithorynchus Blumenbach) et Échidné [Tachyglossus llliger) ; le premier renferme une seule espèce, le second en a

quatre.

Les os du crâne se fusionnent entre eux, comme chez les Oiseaux; la face s’allonge en un bec corné, dépourvu de dents. La ceinture scapulaire rappelle celle des Sauriens ; le bassin porte deux os marsupiaux ; les pattes ont cinq doigts terminés ou non par de fortes griffes fouisseuses. L’intestin et l’appareil génito-urinaire s’ouvrent dans un cloaque, comme chez les Sauropsidés. La température du corps est de 2i®,8 chez TOrnithorhynque et de 28® chez TEchidné.

Les mamelles sont situées sous le ventre : elles sont formées d’un certain nombre de culs-de-sac glandulaires qui seraient, suivant Haacke, des glandes sudoripares modifiées. Elles débouchent côte à côte et sont dépourvues de mamelon. Elles déversent leur lait à la surface d’un repli peu marqué de la peau [Oniithorhynchus) ou bien dans le fond d’une poche abdominale simple et bifurquée ou double [T. hystrix). Cette poche semble ne se former qu’au moment de l’aL laitement; elle s’atrophie plus ou moins rapidement après celte période, et il est fréquent de n’en pas trouver trace chez la femelle adulte.

EverardHome, enl80i, et Étienne Geoffroy Saint-Hilaire, en 1822, admettaient déjà l’oviparité des Monotrèmes; Geoffroy avait même figuré l’œuf de l’Ornitborhynque (1). L’exactitude de ce fait, depuis lors révoquée en doute par les auteurs, a été mise récemment hors de conteste par Haacke pour l’Échidné, par Caldwell pour lOrnithorhynque. La composition de l’œuf est la même que chez les Reptiles et les Oiseaux. L’Ornithorhynque pond vraisemblablement ses œufs à terre, dans une dépression creusée dans le sable, elles couve, l’Echidné introduit dans sa poche abdominale l’œuf qu’il vient de pondre et c’est là que se fait l’éclosion. La segmentation est méroblastique, comme chez les Sauropsidés (Caldwell). L animal nouveau-né n’a encore atteint qu’un développement très imparfait : il n a

(1) Annales des sc. nat., XVIII, pl. IH, fig. 4, 1829. Cette figure esUa reproduction d’un dessin de Rob. E. Grant, d’après deux œufs de la collection Leadbeater; deux autres œufs se ti'ouvaient au Muséum de Manchester.

g^g CLASSE DES MAMMIFÈRES.

pas de poils, n’a pas encore les A-eux ouverts et a longtemps besoia

des soins de la mère.

L’Ornithorhynque (0. paradoxus) habite le sud de l’Australie et la Tasmanie. Il est aquatique; son large bec lui permet de fouiller la vase ; son corps est couvert d’une fourrure épaisse et souple ; ses pattes courtes et fortes ont cinq doigts armés de griffes et réunis par une large membrane. 11 se creuse un terrier au bord des ruisseaux.

Le mâle se distingue aisément à ce qu’il porte à la partie externe et postérieure du tarse un ergot volumineux, dont la pointe est percée latéralement d’un orifice. Cet ergot n’est point une dépendance des os voisins et diffère, par conséquent, de celui des Gallinacés : il est en rapport avec une glande, située sous la peau et émettant un long canal excréteur ; celui-ci se termine à la base de l’ergot par une ampoule, qui se continue à l’intérieur de ce dernier par un canal.

De Blainville a considéré cet appareil glandulaire comme un appareil venimeux, licite l’observation d’un individu qui, allant pour ramasser un Ornithorhynque blessé, reçut dans le bras un coup d’éperon : le membre enfla en peu de temps. « Tous . les symptômes qu’offrent les personnes mordues par des Serpents venimeux se déclarèrent. Ils cédèrent cependant à l’ap-, plication extérieure de l’buile et à l’usage intérieur de l’ammoniaque ; mais l’Homme éprouva longtemps une douleur aiguë, et fut plus d’un mois à recouvrer l’usage de son bras. En examinant l’éperon, on le trouva creux, et en le comprimant, on en exprima, dit-on, le venin. »

La plupart des auteurs récents sont d’accord pour admettre quer l’ergot en question n’est pas venimeux; van der Hceven dit que sa sécrétion n’exerce aucune action sur l’Homme et Verreaux pense qu’il joue un rôle excitateur dans l’acte de la copulation. L’animal n’a d’ailleurs pas en Australie la réputation d’être dangereux et on ne connaît, chez les Vertébrés, aucun exemple d’appareil venimeux spécial au sexe mâle.

Les Ecbidnés ont le bec mince et allongé, les pattes non palmées, mais munies d’ongles puissants : ils habitent les montagnes arides et sablonneuses et se creusent des terriers. Ils se nourrissent principalement de Fourmis, qu’ils capturent en projetant dans la demeure de ces Insectes leur langue verraiforme et visqueuse. Le mâle possède un ergot semblable à celui de l’Ornithorhynque, mais plus petit.

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