‹ Traité de zoologie médicaleChapitre 80 sur 103 · ORDRE DES HYRA.C1ENS · texte numérisé non relu

ORDRE DES HYRA.C1ENS

Les Hvraclens ou Immunguta coiuîrenuenlle seul genre Daman

MaiaS. leurs doigls porlenl chacun un pelil sabot, sauf le doigt la première incisive supérieure est forte; ia seconde, que

Peters est de Chinchoîo. H. Stemy/h Jent.nk est de Liberia.

Sur les rochers qu’habitenL les Damans, on trouve Yh r céum, substance résinoïde d’un brun noirâtre qui est considéré ' généralement comme résultant de la dessiccation de matières fécales mélangées à l’nnne. Sa saveur est amère, son odeur est

aromatique; on y trouve

des fibres et des détritus organiques et jusqu’à 70 p. 100 de matières solubles dans l’eau, l’alcool et l’éther; de ce nombre sont l’hréeetles acides urique, Fig. 878. — Hymo; capensis. hippurique et benzoï¬

que. L’hyracéura était employé jadis comme astringent ; il est maintenant rayé du Codex.

On trouve dans les fissures des rochers, au Nouveau- -Mexique, une matière ressemblant à l’hyracéum; Cope la croit formée par le mélange des matières fécales et de l’urine d’un Rongeur appartenant au genre Neotoma.

Cet ordre renferme les animaux connus sous le nom vulgaire de fauves et de hôtes féroces. La tête est bien séparée du cou, l’orbite n est pas fermée en arrière et communique largement avec la fosse temporale. La queue est plus ou moins longue; les clavicules manquent ou sont rudimentaires, le bras et la cuisse sont engagés dans la masse du corps. Les pattes sont ordinairement pentadactyles, parfois tétradactyles; les doigts sont libres et onguiculés. La marche s effe^ctue d après divers procédés. Lapremière dentition est toujours de

iïTTTÏÏ’ les Félins où elle devient|-^. La seconde denti¬

tion est assez variable; elle comprend toujours, à chaque demimachoire,troisincisivesetunecaninelongue,coniqueetextrêmement puissante. Les prémolaires sontpointues et tranchantes, les molaires sont mousses et tuberculeuses. Entre les prémolaires elles molaires se voit la carnasdère, qui atteint une grosseur considérable et dont la

couronne est ornée de 2 ou 3 tubercules. Quand les mâchoires se ferment, les carnassières glissent les unes contre les autres, celles de dessus se plaçant en dehors : elles coupent et déchirent comme les deux lames d’une paire de ciseaux. On s’accorde à considérer la carnassière supérieure comme la dernière prémolaire et l’inférieure comme la première molaire.

L’intelligence est très vive ; se nourrissant presque exclusivement de proies vivantes, les Carnivores doivent déployer beaucoup de ruse et d’astuce pour s’emparer de celles-ci. De même, les sens sont très subtils. Le museau porte des poils tactiles; l’œil possède un tapis; le pavillon de l’oreille est mobile.

Le mâle a souvent un os pénien, mais n’a point de vésicules séminales. La femelle a un utérus bicorne et plusieurs paires de mamelles abdominales; elle met bas plusieurs petits. La placenta est zonaire.

Les ÜRSiPES sont pentadactyles et plantigrades, ce qui leur permet

de «e tenir deboutsurlespattes postérieures. llssontomnivores, pour a

plupart sujets au sommeil hibernal et grimpent facilement; ils sont d’une force énorme et assomment d’un coup de patte les animaux les plus robustes. Ils habitent surtout les pays froids; dans les climats tempérés ou chauds, on ne les trouve que sur de hautes montagnes.

1 ’Ours blanc (Ursus maritimus] etl’Ours brun {U. arctos) sont d Europe l'Ours jongler (ïï. Miatas) est des Indes; tr. est .f

eelte famille appartiennent encore les Ratons (Procpon), les Coatis Œasm) et les Kinkajous {Cercoleptes).

Les Mustélides sont pentadactyles; ils ont le plus souven glandes anales, dont la sécrétion est d’une odem Blaireau (Meles taxas) et le Glouton {Gulo boreahs) '

La Martre {Mustela martes), la Fouine {M.foina) et la Zibeline

lelina) sont demi-plantigrades; elles ont les griffes rétractiles et

molaires. Le Putois [Vatorius putofias), la Belette (P. mine (P. erndnea) et le Vison (P. Mreola) ont aussi les ongles rétractiles, mais n’ont que molaires. La Loutre {Lutfa vulgaris), d'Europe et d’Asie, a des mœurs aquatiques; elle a les pattes palmées et |4 molaires. La Loutre marine [Enhydris marina) est du Kamtschatka

et du nord-ouest de l’Amérique. Ipc;

Les V,vc«MD.s ont cm, doigts à chaque patte, le > ‘“" J-

jambes courtes, le museau pointu, les ongles presque 1“" «“'J liles. Ils sont avides de sang ethabitent principalement les pays meridionaux de l’ancien monde. i rnimio oi nnn

Les Civettes (Vwerra) sont digitigrades ; la queue est longue

eiiroulable, les ongles sont à demi rétractiles. Formule denlaire'^ La Civette d’Afrique (7. civetta, fig. 879) atteint la taille du nard; elle se trouve dans toute l’Afrique centrale, depuis Zanzibar jus-'' ^

qu’en Guinée; on la tient en captivité en Egypte et en Abyssinie. Le 'V : Zibeth {V. zibetha), plus petit que la précédente, est des Indes. La Ge- ' nette ( V. genetta L. ; Gcnelta vulgaris Cuvier) se trouve dans le nord de l’Algérie et du Maroc, en Espagne et dans le sud de la France; elle n’est v-

ig. 580. — Appareil producteur du viverréum. — a, glande à viverréum ; b, poche odorante; c, glande anale; d, son orifice; e, anus;)/", vulve; g, clitoris. ’

glande, de nature sébacée, d’un jaune d’or et exhalant

pas rare aux environs de Perpignan et de Montpellieret remonterait jusqu’en .

Auvergne et en Poitou.

Ces animaux présentent à la région périnéale, à peu près à égale .

distance de l’anus (fig.8:S0, e) et de l'orifice génital,/, une longuefente, qui donne accès dans une poche dilatable, b, bridée en son milieu, mais présentant deux expansionslatérales dont la profondeur est ■ d’environ 15 millimètres. Une ) grosse glande en grappe, a, réniforme, mesurant 30 millimètres sur ; 20 et entourée d’une double tuni-'; que de muscles striés, vient se déverser par un canal unique dans le fond de cette poche latérale. La sécrète une substance huileuse, une odeur des plus pénétrantes.

Celte- substance s’accumule dans la poche et s y concrète sous forme d’une matière pultacée onctueuse, d’un gris sale et connue *sous le nom de mwerréum. L’animal s’en débarrasse en se frottant contre les buissons. On l’enlève aux Civettes domestiques en raclant de temps en temps le contenu de la poche avec une petite cuiller.

Le viverréum est très analogue au musc, dont il a l’odeur pénétrante; il renferme des graisses, de l’ammoniaque une huile volatile une substance résineuse, du carbonate et du sulfate de pot^^e du phosphate de chaux, ainsi que divers corps mal definis,

?eau ou l’alcool; ses graisses, suivant S.hützenberger, seraient or- IZ ioWn, eûe margarine. Celle snbelance éla„ ^

Utilisée en médecine, contre l’hystérie, les coliques uifantiles etc elle ne sert plus guère qu’en parfumerie, bien que le Codex en fasse encore iTendon. 11 n’y a pas lieu de déplorer son abandon, d’autant à cauae de son pria très élevé, elle éuil presgue loujours

“fefc«faÉs sonl des digiligrades à ongles non rélracliles. Formule Formule denlaire : Us vlvenl en société,

ne grimpenfpointet alteignent leur proie à la <=«yf .

. cen,.). 6a se -«^1^ 2“e le

en voie d-évololion. dés l'époque plioeene. ,a,„cliles • leurs

Les Hvékidk ^ jjf' “L antérieures. Les Hyènes

iolamid), du Cap, est penl.daelyle en avanL .

position qu'elle oeeupe ^^^"tj^aque eontraelion mus-

SrrpSera-r°amr.rd'abaisse; ses griïés. Formule digitale:

Formule dentaire : |44é-J. Le genre Chat (Feto) com-

pi'end fe Chat domestique (F. domestta). le Chat sauvage (F. catu.), le

Lion (F. ko], le Tigre (F. tigris), le Puma ou Couguar (F. concolor] i Jaguar (P. onca], la Panthère ou Léopard (F. pardiis), le Chat s (F. maniculata], le Serval (F. serval), etc. Le Chat ganté, du nordT l’Afrique, semble être la souche du Chat domestique. Le Lvnx (I ' vitlgaris) est du nord de l’Europe, le Caracal (L. caracal) est de PeïsT

Ce sont des Carnivores marins, au corps fusiforme et couvert de poils, à dentition complète. Les membres sont courts, aplatis comme des rames; les doigts sont réunis par une membrane natatoire ou complètement enveloppés par la peau ; ils portent encore des ongles. La queue n'a jamais la forme d'une nageoire. Les oreilles et les narines sont recouvertes d'un clapet qui empêchela pénétration de l’eau. La lèvre supérieure porte des poils tactiles longs et raides. La dentition est très variable ; les molaires sont toutes semblables. Les clavicules font défaut. Les mamelles sont abdominale.®, le placenta zonaire.

Les Pinnipèdes sont répandus dans toutes les mers, mais sont surtout abondants au voisinage des pôles. Ils plongent avec facilité, mais, pour respirer, sont obligés de venir prendre l’air à la surface de la mei . ils peuvent toutefois demeurer longtemps sous Peau, ce qui tient à ce que la capacité respiratoire de leur sang est notablement plus élevée que celle du sang des Carnivores terrestres. Ils ne se meuvent à terre qu’avec une peine extrême.

Les PuociDEsont les canines courtes et les molaires tuberculeuses : le petit nage immédiatement après sa naissance {Phoca, Leplonyx, Cgstophora) ou ne va à la mer qu’au bout de 0 ou 7 semaines, pour y apprendre à nager {Olariu). Les Otaries ont un pavillon de l’oreille, les autres espèces en sont dépourvues. Les Phoques et les Otaries ont

pour formule dentaire -’j ^ L’Eléphant de mer {Cystophora pro-

hoseidea) est le plus grand des Pinnipèdes : il atteint jusqu’à 8 mètres de longueur; on le trouve en Californie et aux îles Kerguelen.

Les rmcHÉcuiDEs ne comprennent que le Morse {Trichechus rosmutus), et Océan glacial du nord. Les canines supérieures sont d’énormes é enses qui descendent verticalement et atteignent jusqu'à

,66 de longueur. La première dentition a pour formule ^ 1*^

seconde

Tous ces animaux sont activement chassés pour leur peau, leur

huile et même pour leur ivoire; ou mange aussi leur chair, bien qu’elle soit de très médiocre qualité.

Les relations des Pinnipèdes avec les Carnivores, particulièrement avec les Ours, sont si étroites qu’on est en droit de les considérer comme des Carnivores progressivement adaptés à la vie aquatique.

La présence de Pinnipèdes dans les mers Caspienne et d’Aral, dont les eaux sont salées, s’explique par une communication relativément récente de ces mers avec la Méditerranée ; leur présence dans le lac Baïkal, qui est situé à une grande distance de la mer, par 600 mètres d’altitude et dont les eaux sont douces, indique plutôt que ces animaux étaient répandus autrefois le long des üeuves.

Les Rongeurs ou Glires sont des Onguiculés plantigrades, détaillé moyenne ou petite, à dentition très particulière. Chaque demi-mâchoire n’a qu’une seule incisive, grosse, à croissance continue, taillée en biseau et séparée des molaires par un large diastème; celles-ci sont en nombre variable et présentent des plis transversaux d émail.

La bouche est très étroite; la lèvre supérieure est fendue {bec-de-Uêvre). Le régime est exclusivement végétal, sauf chez un petit nombre d’espèces. Les pattes ont ordinairement cinq doigts terminés par des griffes. Les femelles sont douées d’une fécondité extraordinaire et peuvent mettre bas de 4 à 6 fois par an ; à chaque portée, elles donnent naissance à un grand nombre de petits. Leurs mamelles sont d’ailleurs nombreuses et disposées le long du ventre et de la poitrine. Le placenta est discoïde et décidu.

Les Léporides sont caractérisés par la présence de quatre incisives à la mâchoire supérieure : les deux incisives supplémentaires sont plus petites que les autres et placées en arrière de celles-ci. Formule

dentaire :

midus), le Lièvre’ variable (L. variabilis) et le Lapin {L. cuniculus) sont les principales espèces d’Europe. > . , .

Les SoBONGüLÉs ont la môme formule digitale que les precedents ; les doigts se terminent par des ongles épais et larges, ressemblant a

des sabots. Formule des molaires : Ces animaux sont de l’Amerique

du Sud Principaux genres : Cochon d’Inde (Cam), Paca {Cœlocjenys}, âgouli (Dasî/procia), Eydrochcerus. Le Cobaye ou Cochon d’Inde domestique {Ca. cobaya) est d’origine inconnue, mais provient, sans doute aussi de la même région.

Les Hystricides ont le dos couvert de forts piquants, de meme na-

[ure que les poils. Le Goèndou {Cercolabes), du Brésil, est grimo Le Porc-Epic [Hystrix crhtalc^, du nord de l’Afrique et du sud Te l’Italie et de l’Espagne,. est terrestre et se creuse des terriers.

Les OCTODONTIDES OU Murîformes [Octodon, Gtenomys, Capromys Myopotamiis), les L.vgostomides [Eriomys, Lagidium, Lagostomus) et les Dipodides [Jaculus, Dipus,- -Pedetes) ne comprennent que des espèces e.xtra--européennes.

Les JMürides ont le museau effilé, de grandes oreilles, la queue longue ebarrondie; les clavicules sont bien développées, les pattes ont cinq doigts. Le Hamster {Cricetiis frumentarius) a des abajoues et une queue courte et velue ; il- habite le centre et l’est de l’Europe.

Les Rats {Mus) n’ont pas d’abajoues; ils ont | molaires ; les incisives

sont lisses à leur face antérieure; la queue est longue, annelée et écailleuse. Ils sont omnivores.

Le Rat noir (JL ratlus), le Rat gris ou Surmulot ^Jf. decumanus), la Souris (IZ. jnusculus), le Mulot (JL sylvatirus) sont les principales espèces.

Le Rat noir, originaire de l’Asie Mineure, n’a été introduit en Europe qu’au moyen âge; il disparaît progressivement devant le Surmulot, qui lui fait une guerre acharnée et dont 1 apparition en Europe date du milieu du siècle dernier. On se rappelle que ces animaux sont les hôtes habituels de Lamblia intestinalis (I), de Tænia murina (2) et qu’ils participent dans une certaine mesure à la dissémination de la trichinose. Enfin, Grassi pense qu’il s’agit de 7’. leplocephala Creplin, parasite habituel de ces deux mêmes espèces, dans le cas observé par Parona et rapporté d’ab.ord à Z”. /?a<;o;5uacZaZa(tome I, page -473); les deux autres cas connus de T. flavopunclata se rapporteraient également à T. leptocephala.

LUet'iori particolari intorno alla Ténia nana. Gazzetta degli ospi a ), n 78, 1886. Ici., Corne la Ténia nana arrivi nel nostro organisme. Oatania, -3 1887. - ld., Die Tænia nana und ihre medicinische Bedeutmg.

Lentralblatt r. Bactériologie uiid Parasitenkundp, I, p 97 1887 — Id.,

hmmungder vier von E. Parona in einen kleinen Mlidchen aus Varese

nale f nom au Flagellé décrit plus haut (tome I

ptp nrnnpsp nA't, Megastoma intestinale : le genre Megastoma aval

ete propose déjà plusieurs fois pour des animaux très divers.

an rp^p'np r®'' ^ Rué Tænia nana (tome I, page46.'.) n’étai

les enfents eTSfpït'lî' î’°‘^®ervait avec une très grande fréquence che les enfants, en Sicile et dans diverses contrées de l’Italie, notamment dans i

(Lombardei) gefundenen Tænien {Tænia flavopunctatal E. Parom). Ibidem p. 257. Id-, Einige wèitere Nachrichten über die lænia, nana. Ibi¬

dem' II P- 282, 1887. — Id., Entwicklungscyclus der Tænia nana. Ibidem, 005/ id., Tænia flavopunctata Wein., leptocephala Creplin, diminuta

EMd Âtti délia r. Accad. delle SC. di Torino, XXIII, 1888.

R. Moniez, Sur le Tænia nana, parasite de T Homme, et sur son Cysticerque supposé {Cysticercus tenehrionis). Comptes rendus de l’Acad. des sc., CYI, p. 368, 1888.

Les Arvicolides ou Campagnols ont la tête large et épaisse, le museau raccourci, la queue courte et velue. Us se creusent des terriers et sont très nuisibles à l’agriculture. Le Rat d’eau [Arvicola ampMbius) et le Campagnol agreste (A. agrestis) sont les plus communs.

■ Le Lemming [Myodes lemmus) vit dans les montagnes de Suède et de Norvège ; à l’approche du froid, il émigre en bandes innombrables et cause de grands dégâts sur son passage. Axel Johannessen a remarqué que les épidémies de scarlatine sont toujours en relation avec les migrations de ce Rongeur ; elles augmentent d’intensité au moment où se font ces dernières, en sorte qu’on peut se demander, par exemple, si celte recrudescence ne serait pas duo à l’usage d eaux dans lesquelles se trouvent des cadavres de Lemming.

A. Joliannessen, Skarlagens feberens epidemiske Udbredelse i Norge.

Seler, Die Wanderzüge derLemmings und dos Schartachfieber. Biolog. Centralblatt, IV, p. 283, Naturen, Kristiania, VIII, 1884.

L’Ondatra ou Rat musqué [Eiber zibethicus) est de l’Amérique du . U pr^n^tmit flfts cabaues dans les rivières, comme le Castor. A

ses organes génitaux sont annexées des glandes qui sécrètent une sorte de musc.

Zool. roéd.

A l’appareil génital du Castor sont annexées deux glandes, qui se trouvent dans les deux sexes, mais n’atteignent un développement important que chez le mâle (fig. 882). Ces deux glandes volumineuses, a, débouchent par un courtet large canal, b, dans le canal préputial en avant de la verge, c. A l’état frais, elles ont une longueur d’environ 10 centimètres et renferment une substance onctueuse, presque fluide, d’une

Fig. 88?. — Appareil producteur du casioréum. — a, glande du castoréum ; 6, son orifice

dans le canal préputial; c, odeur pénétrante et désagréable. • La paroi de chaque glande come, glande anale ;/; son orifice ; prend une couche musculaire et

anus; h, queue; i pros- une muqueuse très vasculairet celletate ; k, glandes de Cowper; • p , ,

/, vésicule séminale ; m, canal toi’me de nombreux replis etrendéfércnt; n, testicule; O, ves- ferme une grande quantité de pe¬

tites glandules.

On enlève au mâle fraîchement tué ses deux poches glandulaires et on les dessèche : on les trouve dans le commerce, sous le nom de

(1) La petite rivière de Bièvre, qv nom de ce qu’autrefois dos colonies

ui se jette dans la Seine à Paris, tire son de Castor étaient établies dans son cours.

nrMum. Elles ont alors l’aspect de masses pyriformes, accouplées nlr leur petite extrémité, plus ou moins soudées, brunâtres, aplaties.

Lées On en distingue plusieurs sortes ; le ou

Canada, le castoréum de Sibérie et le castoréum de Russie ; ce dernier provient également de Sibérie, et non de la Russie d Europe. Eu notre de leur forme, ces sortes de castoréum sont faciles a reconnaître I leur odeur différente, les Castors du Canada se nourrissant d écornés de Pins et ceux de Sibérie d’écorces de Bouleaux.

A l’intérieur des poclies, le produit de sécrétion se présente sous Vasnect d’une masse résineuse, d’un brun rougeâtre, a cassure mar-

bS ies teinlures alcoolique et élhérée prennent uue te, nie bran

foncé- l’eau en précipite une matière brune odorante et prend ellemême un aspect laiteux. Par l’évaporation spontanée, la solution alcoolique abandonne des cristaux d’une substance grasse par lieu lere, la castorine On évapore à sec les eaux-mères de la castorine et on reprend le résidu par l’eau, puis par l’alcool : en évaporant derechef, on obtient une substance résineuse cassante, ' oo'de Ts-

T P castoréum de Russie contient, d’apres Brandes, 0.33 p. 100 de cas torine et 13 83 p. 100 de résine; celui du Canada renferrne 2.50 p. 100 . Pt 58 60 n 100 de résine. Les autres substances sont

Tp, uar 1 à 2 p^. 100 d’huile essentielle, par des carbonates, Tes sulfates,^ des phosphates, par, des matières Îearwôhbr a pu encore, parla distillation, en extraire de 1 acide

observalioc sérieuse n’a jamais confirmé celle manière de voir.

Les Byoxioïs oui la queue louffue, la lêle pelile, j molaires à replis

'' uTsctloltïïeTut^aliles eUrborW^

les autres lourds el fouisseurs comraeles Marmolles , lous^sont b.be uants. Les molaires sont tuberculeuses, au nombre de ji les pattes

romys). Spermophile {Spermophüas), Marmotte {Arctomys).

Ces animaux sont des Onguiculés plantigrades, ordinairement pentadactyles et d’habitudes nocturnes. La dentition est complète, mais irès variable ; les incisives sont très grosses, les canines petites les molaires hérissées de tubercules coniques et pointus. Il y a jusqu’à 5 paires de mamelles ventrales; le placenta est disco’ide. Les Insectivores des pays tempérés tombent dans le sommeil hibernal pendant la mauvaise sai.son, au cours de laquelle ils ne sauraient se nourrir, les Insectes ayant disparu ; ceux des pays tropicaux estivent, au contraire, pendant les fortes chaleurs.

Les Ehi.xacéides ont le dos et le dessus de la tête couverts de forts piquants. Les Hérissons (Erimeeus) peuvent se rouler en boule; les Tanrecs (Centetes), de Madagascar, en sont incapables.

Les SoRiciDEs ressemblent aux Souris et aux Rats ; leur pelage est soyeux, leur museau allongé en trompe; ils ne sont pas hibernants. Principaux genres : Cladobates, Macroscelides, Gymnura, qui sont exotiques. Les Musaraignes {Sorex) et les Desmans (Myogale) ont sur les côtés du corps et à la racine de la queue des glandes odorantes, produisant une sorte de musc. La .Musaraigne étrusque (S. etrusca), d’Italie et du midi delà France, est le plus petit des .Mammifères : elle n’a pas plus de 6 centimètres de longueur, du museau à l’extrémité delà queue.

Les Desmans ont une longue trompe et les pattes palmées ; ils sont aquatiques et se retirent dans des terriers creusés aubord de l’eau. Le Desman de Moscovie (M. moschula] habite le sud-est delà Russie; sa

Fig. 883. — Queue de Myogale moschata.

queue (fig. 883), écailleuse et aplatie transversalement, est utilisée en parfumerie. Le Desman des Pyrénées [M.pyrenaica) a la queue cylindrique. Chez 1 une et 1 autre espèce, la face inférieure de la queue est occupée, surtout vers sa racine, par de grosses glandes sébacées, qui constituent l’appareil moschipare.

Les TALPiDEs-ont le corps ramassé, presque cylindrique, sans cou

ORDRE DES CHIROPTÈRES. 853

distinct -, les pattes sont courtes, les postérieures minces, les antérieures très développées et disposées pour fouir le. sol. Les yeux sont atrophiés, ainsi que les pavillons des oreilles. Le museau est terminé nar un groin allongé, au bout duquel sont percées les narines et qui constitue tout à la fois un appareil perforant et un organe de tact très délicat. Ces animaux se creusent sous terre des galeries compliauées Les genres Chnjsochlorys, Condylura et Scalops sont exotiques. L Taupe de nos pays {Talpa cæca) a les yeux recouverts par la peau.

ORDRE DES CHIROPTÈRES

Les Chiroptères ou Chauves-souris ont une dentition d’insectivores, d’ailleurs très variable. Leur principal caractère est d’avoir deux grandes ailes, constituées par un large repli de la peau des flancs qui, laissant libres les pieds, part du tarse et s’étend le long du bras et de l’avant-bras et entre les doigts ; ceux-ci ont acquis une longueur ex traordinaire, à l’exception du pouce, qui seul reste libre et se réduit à un petit appendice terminé par un ongle. Un autre repli s e en l’épaule au carpe, en avant du membre antérieur; un autre encore s’étend entre la patte postérieure et la queue. Le pied renferme cinq doigts incurvés, aplatis latéralement et terminés chacun par un ong e crochu. Avec des membres ainsi conformés, la marche est peni e et embarrassée. A l’état de repos, l’animal se met la tête en bas ; i reste suspendu sans efforts par ses ongles recourbes; ses ailes sont repliées le long de son corps et l’entourent plus ou moins, a la façon d’un manteau. Tous les Chiroptères volent, mais lourdement.

■ Le corps est très velu, tandis que les ailes restent à peu près glabres. Celles-ci sont le siège d’une exquise sensibilité ; Spallanzani a reconnu que les Chauves-souris qui se retirent dans de profondes cavernes, comme c’est si souvent le cas, sont guidées non par la vue, puisque l’obscurité est complèle, mais par la sensation que leur procure l’air qui, déplacé par le battement des ailes, va frapper contre la paroi, puis est réfléchi sur ces dernières, quand la paroi est a proximité. Le pavillon de l’oreille est toujours de grandes dimensions; un tragus de grande taille se dresse d’ordinaire en avant du conduit auditif. Le museau est lisse et effilé, comme chez les Rongeurs, ou porte

des appendices foliacés, au pourtour des narines.

Le mâle a la verge pendante. La femelle a deux mamelles pectorales et un utérus bicorne ou même double; l’ovaire et la corne ulerine d’un môme côté restent souvent rudimentaires. L’accouplement a lieu en automne : le sperme reste dans l’atérus jusqu’au printemps, époque à laquelle l’ovule descend et est fécondé. Chaque parturition

ne comprend pas plus de deux petits, souvent un seul, que la femelle porte suspendus à ses mamelles.

Ces animaux sont nocturnes ou crépusculaires; ceux de nos pavs sont hibernants. Les uns sont frugivores; les autres, plus nombreux sont insectivores. Les grandes espèces habitent les poys chauds; elles sont chassées parles indigènes, qui s’en nourrissent. On pourrait tout aussi bien manger nos espèces indigènes qui, au début de l’hibernation, sont grasses et savoureuses.

Les Frugivores sont de grande taille, ont les oreilles et la queue courtes ; le second doigt de la main porte une griffe, comme le pouce; le tragus est absent. Quelques-unes de ces Chauves-souris atteignent une longueur de 0“,o0. Les Roussettes {Pteropus) sont des Indes et de Malaisie; leurs mamelles sont situées dans l’aisselle; la queue est absente. Les genres Harpyia elHypoderma sont voisins.

Les Insectivores ont le doigt indicateur dépourvu d’ongle, les molaires tuberculeuses et pointues, les oreilles grandes, le tragus ordinairement bien développé.

Les Gymnorhinîens ont le nez lisse et sans appendices. L’Oreillard {Plecotus auritus), la Barbastelle {Sijnotus barbastellus), le Murin [Vespertilio mwinus) et la Nodule {Vesperugo noctula) sont les principales espèces indigènes.

Les Phyllorhiniens ont sur le nez des expansions cutanées : une crête en fer de lance dont la base est entourée en avant par une bande en forme de fer à cheval. Les Rhinolophes {Rhinolophus) sont représentés en Europe par plusieurs espèces. Le genre Megaderma est des Indes; Rhinopoma, d’Égypte; Nycteris, de l’Afrique tropicale.

Les représentants américains de ce groupe sont de grande taille : ce sont les Vampires, qui sucent le sang des animaux endormis et de l’Homme lui-même; ils appliquent leur langue sous le rebord de l’ongle des orteils, mais les blessures qu’ils produisent sont sans gravité. Phyllosloma hastaium est du Brésil. Les genres Macrotus eiMaerophylla sont voisins.

Les Primates constituent l’ordrè le plus élevé du Règne animal tout entier. Ils ont une dentition complète, les pouces et les gros orteils opposables, les orbites parfaitement closes, la verge pendante, l’utérus non bifide, une paire unique de mamelles pectorales, le placenta discoïde et décidu.

11 est d’usage, depuis Blumenbach et Cuvier, de diviser cet ordre en deux groupes, celui des Quadrumanes et celui des

ORDRE DES PRIMATES. 8o5

Bimanes, le premier comprenant les Singes, le second renfermant les diverses races humaines. Cette distinction reposait sur la faculté qu’ont les Singes de saisir les objets avec leurs pieds, grâce à l’opposabilité du gros orteil, faculté que l’on se refusait à reconnaître chez l’Homme. Une pareille division est tout à fait insoutenable : le membre postérieur des Singes se termine par un pied, tout comme celui de l’Homme, et non par une main; les os, les muscles, les nerfs, les vaisseaux de ce pied, sont exactement les mômes que ceux du pied humain.

Tous les Primates sont donc des animaux chez lesquels la distinction anatomique entre la main et le pied est aussi nettement accusée que chez l’Homme. Mais il n’en est pas de meme au point de vue de la distinction physiologique ou fonctionnelle • les uns, en effet, conservent encore l’usage de leurs membres antérieurs pour la locomotion et sont, par conséquent de véritables quadrupèdes; les autres, auxquels se rattache l’Homme, se sont adaptés plus ou moins complètement à l’état bipède, leurs membres antérieurs ayant perdu la signification d’organes locomoteurs.

Les Primates se trouvent ainsi divisés en deux sous-ordres, entre lesquels on constate d'importantes différences anatomiques. Le premier comprend tous les Sinps dits ; le second renferme les Antlitopoides (1) et 1 Homme.

Sous-ordre des Singes.

Les caractères que nous allons énumérer sont communs aux Singes et à la plupart des Mammifères tous : ils sont en effet une conséquence directe de 1 état qua-

'^™ouflés Singes ont une queue plus ou moins longue; chei tous la cage thoracique est plus haute que large, son sterno^erîébral étant le plus grand. La colonne vert braie présente une seule courbure, è concavité inferieure. Le bassin rat plus long que large. Les apophyses épineuses des sept ver-

î‘ÏÏÎ.°Ln qasdrapMes. Les An.l.is do.M.l t

cTs dLniers Îe nom de monkeys et ans Anthropoïdes celui de apes.

tèbres cervicales et de toutes les vertèbres dorsales portant des vraies côtes sont en rétroversion, c’est-à-dire dirigées en arrière; celles des dernières vertèbres dorsales et de toutes les vertèbres lombaires sont en antéversion. Gela tient, comme l’a prouvé Broca, au jeu alternatif des muscles qui meuvent les membres et divisent le corps en un train antérieur et un train postérieur.

Le poumon droit a toujours un lobe azygos.

Les poils du membre antérieur sont inclinés de haut en bas de l’épaule vers la main : cette disposition, qui s’observe encore chez tous les autres quadrupèdes, est destinée à faciliter l’écoulement des eaux, quand l’animal est exposé à la pluie.

Tous les Singes sont frugivores.

Les Arctopithèques sont de petits Singes de l'Amérique du Sud, à queue non prenante; tous les doigts portent des griffes, sauf le gros orteil, qui a un ongle et est le seul doigt opposable; le pelage est long et soyeux, des pinceaux de poils ornent les oreilles. Formule dentaire - 2-1. 3. 2 ,

2. 1.3. 2 ’ canines sont petites, les molaires sont tuberculeuses. La

femelle a deux ou trois petits à chaque portée. Les caractères embryogéniques sont encore inconnus. Ce groupe ne comprend que le genre Hapale : l’Ouistiti {H. jacchus) et le Tamarin (/J. rosalia) sont les principales espèces.

Les Platyrhi.xiexs ou Cébiens sont encore de l'Amérique méridionale. Ils n’ont ni abajoues ni callosités fessières : tous leurs doigts sont pourvus d’ongles. Le pouce est opposable, mais à un moindre

degré que le gros orteil; il est d'ailleurs souvent rudimentaire ou atrophié. Le nez est large et aplati ; les narines sont séparées l’une de l’autre par une large cloison et souvrent sur les côtés. Formule den-

taire . 2. 1.3. 3- placenta est formé d’un seul disque, mais le cor¬

don ombilical est pourvu de deux artères et de deux veines.

Les Sakis ou Aneturæ ont la queue pendante, poilue et non prenante. Les vertèbres dorsales sont au nombre de douze à quatorze, les lombaires de six à huit. Genres principaux ; Saki (Pilhecia), Sa'imiri (Chrysothriæ), Sagouin (Callithrix) et Nyctipithèque [Nyctipitheeus).

Les Cébides^ ou Sajous comprennent le seul genre Cebus; la queue, longue et poilue, sert comme organe de préhension : elle est rarement capable de fonctionner comme organe de suspension et de supporter le poids du corps. Le nombre des vertèbres dorsales est toujours de quatorze; celui des lombaires varie de quatre à six

Les Gymnoures ont la queue longue et prenante; elle est nue au dernier tiers de sa face inférieure, s’enroule fortement autour des branches et peut supporter le poids du corps. Tous ont quatorze vertèbres dorsales; les Atèles ou Singes-Araignées {Ateles) et les Lagotriches [Lagothrix) ont quatre lombaires; les Alouates ou Hurleurs {Myceles) en ont cinq. Ces derniers ont l’hyoïde creusé de vastes cavités, qui jouent le rôle de résonnateurs et donnent à la vois une très grande intensité. .

Les Catarhiniens ou Pithéciens sont tous originaires de l’ancien continent. Ils ont ordinairement des abajoues, c’est-à-dire des dilatations génales dans lesquelles les aliments peuvent s’accumuler. La queue n’est jamais prenante; elle est parfois très réduite ou absente {hiuus ecaudatus). Les fesses sont dénudées et calleuses. Le pouce et le gros orteil sont opposables; le pouce peut manquer {Colobus) ; tous les doigts sont pourvus d’ongles. La cloison nasale est mince, en sorte que les deux narines sont rapprochées et regardent en bas, le nez faisant au milieu de la face une saillie appréciable, parfois même 1 J ■ .2.1. -2. 3

ex^gévée {SemnopitheGus nasica)* Formule dentaire .

La femelle s’accouple en toute saison ; elle a très probablement des écoulements menstruels. La gestation dure environ sept mois. Le placenta est formé de deux disques de taille inégale, dont un seul se rattache à l’embryon par un cordon ombilical comprenant une veine et deux artères; le Mandrill {Cynocephcdus mormon) fait exception, en ce que son placenta, formé d’un seul disque, est semblable à celui des Primates les plus élevés.

Les régions dorsale, lombaire et sacrée comprennent toujours vingt-deux vertèbres (12+7 + 3 ou 13-j-6+3 ou encore 13-^7-^ 2).

Les Cvnocéphales sont de grands Singes terricoles, presque tous africains, à museau allongé comme celui d’un Chien et à membres robustes. L’Hamadryas ou Tartarin {Cynocephalus hamadryas), le Papion (C. sphinx), le Gélada (C. geïada), le Drill (C. leucophæus) et le Mandrill {C. mormon) sont les principales espèces; ces deux dermeres sont souvent réunies dans un genre Mormon ou Papio. ^

Les Macaques sont arboricoles et ont le museau allonge ; ils sont asiatiques, à l’exception du Magot {Inuus ecaudatus), du nord de 1 Afrique et de Gibraltar. Ce groupe comprend le Malbrouck ou le Macaque bonnet chinois {Macacus sinicus), le Macaque de Java (M. cynomolgus), l’Ouanderou {M. silenus), le Blinder ou Maïmon {Rhésus ne-

Les Guenons {Cercopithecus) sont africaines et arboricoles. La Guenon verte ou Callitriche [C. sabxus), la Diane (C. Diana), la Mangabey à collier (C. æthiops) sont de ce groupe.

Les Colobes (Golobus) sont arboricoles, africains et sans abajouesle pouce est rudimentaire. G. guereza est d’Abyssinie, G. polycomus de Guinée.

Les Semnopithèques [Semnopithecus) forment un groupe nombreux de Singes arboricoles, pourvus ou non d’abajoues, et dont l’estomac est divisé en trois poches ; ils habitent le sud de l’Asie et les îles voisines. L’Entelle (S. entellus) et le Kahau ou Nasique (S. nasica) appartiennent à ce groupe.

Sous-ordre des Bipèdes.

Les Primates de ce groupe n’ont ni callosités fessières ni abajoues. Le pouce et le gros orteil sont opposables et tous les doigts portent des ongles. La dentition et la forme du nez sont comme chez les Platyrhiniens.

Le diamètre transversal du thorax est plus grand que le diamètre sterno-vertébral. Les apophyses épineuses de toutes les vertèbres, y compris celles de la région lombaire, sont en rétroversion. Le bassin, destiné à soutenir le poids des viscères abdominaux dans la station verticale, est évasé et plus large que long. Le poumon droit n’a pas de lobe azygos, en sorte que le péricarde peut se souder largement au diaphragme, dont il n’est plus séparé.

Tous ces caractères différencient nettement ces êtres de tous les autres Mammifères et sont la conséquence de leur état bipède; cet état est du reste plus ou moins parfait.

La série, des vertèbres dorsales, lombaires et sacrées comprend 21 à 23 pièces combinées de différentes façons. On admet communément que l’Homme est anoure, mais rien n’est plus inexact que cette affirmation. Le sacrum résulte de la fusion de 4 à 6 vertèbres ; à sa suite vient le coccyx, constitué par 3 ou 4 vertèbres fusionnées, rudimentaires et réduites à leur corps. Le sacrum ne s’articule avec l’os iliaque que par ses 2 ou 3 premières vertèbres ; les autres sont en arrière de l’articulation. Ainsi que l’a justement fait remarquer Broca, ces dernières vertèbres occupent une position telle, qu’on ne saurait hésiter à les considérer comme de vraies vertèbres caudales. Il n’est donc pas exact de dire que les Bipèdes sont anoures : la queue existe bien réellement, mais se réduit a un très petit nombre de pièces, fusionnées en deux groupes.

Elle comprend néanmoins deux sortes de vertèbres : les unes, au nombre de 2 à 4, sont fusionnées entre elles et avec les vraies vertèbres sacrées ; les autres constituent le coccyx.

Le placenta est formé d’un seul disque; le cordon renferme, comme chez les Gatarbiniens, deux artères et une

Les Anthropoïdes ou Anthropomorphes marcbent en se tenant à peu près debout; pour assurer leur équilibre, ils relèvent les bras au-dessus de la tète, en manière de balancier; ou bien leurs mains leur servent de point d’appui, mais au üeu de les poser sur le sol par la face palmaire, comme le fait un Pithecien, par exemple, ils s’appuient uniquement sur la face dorsale de leurs phalanges repliées dans la paume. Aussi^ les bras présentent-ils une longueur considérable, bien supérieure à

celle des jambes. r i «

La colonne vertébrale dorso-lombaire ne présente qu une seule courbure, i convexité dorsale. L'os iutermaxillaire ou incisif reste distinct pendant la vie tout entière. ^

Les poils du membre antérieur sont disposes en sens inverse sur le bras et sur l'avanl-bras : les uns et les autres convergent vers le coude. Wallace a fait remarquer que cette disposition facilite l'écoulement de la pluie, cbea des animaux qui ont l'habitude de relever les bras au-dessus de leur tete soit pour saisir les branches d'arbre, soit pour se tenir en equilibr

pendant la marche. . ,

Tous les Anthropoïdes sont frugivores; en captivité, ils s accommodent très volontiers d'un

goût prononcé pour le café, le thé, les liqueurs teimentées. Les Gibbons (fîjioiafes) sont des Anthropoïdes nains i le Siamang

moins huit espèces (H. Ur, H. plleatm H. hooiocl, H

dadtilus H ïeuciscus, H. concoior S. Millier {nec Hdrla ) . )

de Blrné;, La longueur des bras es. à celle des 1-^ “Ern¬

est à 100. Les vertèbres dorsales, lombaires « - “ bre de vingt-deux ou vingt-trois (13-f o-f 4 ou + ^ callosités

14+S+4) L’os central du carpe reste distinct et de petites callosités

fessières existent chez quelques espèces.

L’Orang-Outang ou Potigo {Simia satyrus L.) habite le sud et

l’ouest de Bornéo, ainsi que l’est de Sumatra; l’Orang de Sumatra

est parfois considéré comme une espèce distincte (S. Abeli ou S bico lor). Quand il se tient debout, ses bras pendants atteignent les chevilles : la longueur des bras est à celle des jambes comme 145 est à 100. Son pelage est roux brun ; sa taille ne dépasse pas 1®,40 • son corps, très gros, a une circonférence égale aux deux tiers de la hauteur; son envergure peut atteindre 2‘“,o0.

Les vertèbres dorsales, lombaires et sacrées sont au nombre de vingt et une ou vingt-deux (11 +o-j-o ou 12 + 4-|-o ou encore 12+4 + 6). Le crâne est brachycéphale, c’est-à-dire que le diamètre transversal maximum est égal ou supérieur à 83,4, le diamètre antéropostérieur maximum étant égal à 100; c’est ce qu’on exprime en disant que l’indice céphalique est égal ou supérieur à 83,4. L’os central du carpe persiste.

L’Orang s’assied volontiers. A terre, il marche péniblement et en chancelant, le corps infléchi en avant; il s’appuie sur ses loi>gs bras; on dirait un vieillard appuyé sur des bâtons. D’une force extraordinaire, cet animal s’apprivoise néanmoins facilement et fait alors preuve d’une remarquable intelligence : on peut le dresser à des travaux compliqués et délicats, exigeant de l’adresse et de la présence d’esprit. Il est très sociable et témoigne une profonde reconnaissance à ceux qui s’intéressent à lui.

Le Gorille {Gorilla engena Is. Geoffroy Saint-Hilaire) vit isolé ou par couples dans les forêts du Gabon et du Congo(l). Déjà connu du Carthaginois Ilannon, il y a plus de deux mille ans, il n’a été retrouvé qu’en 1847, par le missionnaire P. -S. Savage. C’est le plus puissant des Primates ; debout, il atteint et dépasse même une hauteur de' Im.ôO; ses épaules ont une largeur réellement disproportionnée. Ses vertèbres dorsales sont toujours au nombre de treize; les lombaires et les sacrées sont au nombre de huit à dix (4+4, 4-f-5, 3-1-6 ou 4-j-6). Lalongueur des bras est à celle des jambes comme 120 esté 100. Le pelage est d’un noir brunâtre. Le crâne est dolichocéphale, l’indice céphalique étant égal ou inférieur à 73. Les arcades sourcilières sont fortes et proéminentes; le crâne présente des crêtes osseuses, offrant aux muscles de larges surfaces d’insertion. L’os central du carpe se fusionne de bonne heure avec le scapho’ide.

Le Gorille est plutôt terrestre qu’arboricole : quand il attaque, il se dresse sur ses pieds et cherche à saisir son adversaire dans ses bras. Quand il est en marche, il se courbe encore de façon à prendre un

(1) E. Allix et A. Bouvier ont décrit sous le nom de G. Mayêma un Gorille qui n’est sans doute qu’une simple variété de G. engena.

point d’appui sur ses mains. 11 ne grimpe aux arbres que pour chercher les fruits, dont il se nourrit exclusivement ou pour dormir.

Le Chimpanzé [Troglodytes niger) habite les forêts de Sierra Leone, de Libéria, de la côte d’Or et du Gabon; il descend jusqu’au Congo, mais ne le franchit pas. Le pelage est d’un noir uniforme. Le crâne est dolichocéphale. Les membres antérieurs ne dépassent pas les genoux, quand l’animal se tient debout; leur longueur est à celle des jambes comme 106,23 est à 100. La taille ne dépasse guère 1“,30. Le nombre total des vertèbres dorsales, lombaires et sacrées, varie de vingt et un à vingt-trois (13+ 3-j-3, 13-j-4-l-3, 14+3-j-6 ou encore 14+4 + 5). L’os central du carpe se comporte comme chez le Gorille.

Le Chimpanzé s’apprivoise avec la plus grande facilité : il est doux, obéissant et montre en toute circonstance l’intelligence la plus vive.' On en a vu qui, sur les navires, apprenaient rapidement le métier de matelot et s’en acquittaient à la perfection. Buffon en a élevé un, qui marchait presque toujours debout et lui rendait les mêmes services qu’un domestique.

On pourrait citer encore beaucoup d’autres exemples témoignant en faveur du haut développement intellectuel du Chimpanzé; il ne manque véritablement à cet Anthropoïde que la parole, pour être presque au rang des races humaines les plus primitives ; son encéphale a acquis un perfectionnement égal à celui de ces dernières et il ne s’en distingue guère que par une légère différence de poids. On peut dire en tous cas, sans aucune exagération, qu’il y a moins de différences entre le Chimpanzé et l’Homme de la race la plus inférieure qu’entre celui-ci et l’Européen.

Les Hommes [Homo) sont des bipèdes parfaits. Ils marchent sans jamais appuyer leurs mains sur le sol; leurs bras sont d’ailleurs trop courts et n’alleignent que le milieu de la cuisse. Chez l’Européen, la longueur du bras est à celle de la jambe à peu près comme 76 est à 100. La région caudale ou sacro-coccygienne du rachis est constituée comme chez les Anthropo’ides. Le nombre des vertèbres dorsales, lombaires et sacrées est normalement de 22 (12+3 + S, rarement 13-j- 4-{-5).

La colonne vertébrale présente quatre courbures en S successives ; la première, à. concavité dorsale, correspond à la région cervicale ; la dernière, à concavité ventrale, correspond aux régions sacrée et coccygienne.

Le crâne est, suivant les races, brachycéphale ou dolichocéphale ; sa capacité est notablement plus grande que chez les

Anthropoïdes, par suite d’un exhaussement de sa voûte et par suite d’un bombement considérable de l’os frontal. 11 en résulte une augmentation corrélative du volume de l’encéphale, et notamment un développement pondéral plus considérable des portions- antérieures, ce qui a pour conséquence un plus grand développement des facultés intellectuelles. Quand on étudie le crâne d’une même race humaine à différentes époques, comme Broca l’a fait pour les Parisiens actuels et pour ceux dont les anciens cimetières lui livraient les restes, on constate que la cavité crânienne a subi un élargissement progressif, d’où il résulte évidemment que les races les plus perfectionnées n’avaient à leurs débuts qu’une capacité crânienne médiocre, se rapprochant de celle des Anthropoïdes. L’étude des races inférieures suffirait d’ailleurs à rattacher étroitement l’humanité à ces derniers.

Le gros orteil n’est plus opposable, par suite de l’adoption définitive de la station bipède, qui a eu pour conséquence une plus grande perfection des mouvements de la main. Toutefois, l’inaptitude du gros orteil à saisir les objets résulte simplement d’un manque d’éducation : chez l’embryon humain, il est plus court que les autres orteils, dont il s’écarte fortement en dedans ; dans certaines races, il a conservé un haut degré de mobilité, par exemple parce qu’il est d’usage de ramer avec le pied. On a vu maintes fois des individus nés sans bras utiliser leurs pieds comme les autres font de leurs mains, et acquérir une telle dextérité, qu’il leur était possible de peindre (Ducornet), de tirer à la carabine avec une remarquable précision, de jouer du cornet à pistons (ünthan), etc.

L’os central du carpe se comporte comme chez le Gorille et le Chimpanzé. L’os intermaxillaire ou incisif ne manque point à l’Homme, ainsi qu’on l’a cru longtemps : Golhe a démontré sa présence chez le fœtus, et Hamy a prouvé qu’il se fusionne de très bonne heure avec le maxillaire supérieur.

Quelques races, telles que les Aïnos, sont très velues; les autres sont plutôt glabres. Les poils sont rares sur le corps et ne se développent avec abondance que sur la tête (cheveux). Au moment de la puberté, les deux sexes acquièrent des poils sous l’aisselle et au pubis. Un peu plus tard, le sexe mâle acquiert aussi des poils au visage.

Sur le membre antérieur, les poils sont rares et clairsemés; on reconnaît néanmoins qu’ils ont conservé exactement la même disposition que chez les Anthropoïdes. En raison de l’attitude verticale parfaite que l’Homme a fini par acquérir, ils ne sont plus destinés à faciliter l’écoulement de la pluie ; la persistance de cette disposition n’en est pas moins intéressante à noter, en ce qu’elle nous renseigne évidemment sur un état ancien.

En parlant de l’Orang et du Chimpanzé, Linné déclarait ne savoir « par quelle caractéristique les Troglodytes se distingiftnt de l’Homme en histoire naturelle, tant sont voisins les genres humains et simiens quant à la structure ». Cette constatation, qui concluait à l’identite absolue de structure anatomique entre l’Homme et les Anthropoïdes, a été corroborée par tous les naturalistes impartiaux. Les autres, désireux d’élever une barrière infranchissable entre le Singe et 1 Homme, ont cru pouvoir considérer celui-ci comme le seul être doué de raison, de moralité et de reUgiosité. Mais qui donc oserait soutenir encore que l’animal n’est point capable de raisonnement . qu il n a point une notion précise du bien et du mal, du juste et de 1 injuste I Quant à la religiosité, c’est un fait bien connu, que beaucoup de races inférieures n’ont absolument aucune idée de la divinité : les Cafres, lesBoschimans,lesBotocudos,lesStiengs et cent autres peuplades

sont dans ce cas. , .

Aucune des nombreuses distinctions morales qu on s est efforce d’élever entre le Singe et l’Homme ne résiste davantage à la critique: la seule différence appréciable tient à ce que l’Homme est doue du langage articulé, qui fait réellement défaut aux Anthropoïdes, bien que les diverses modulations ou intonations de leurs cris leur permettent, en somme, d’exprimer leurs sentiments. La parole n est d’ailleurs pas autre chose qu’un perfectionnement de la faculté d expression, commune à l’Homme et aux animaux supérieurs; il n y a eu entre elles aucune solution de continuité.

On distingue un grand nombre de races humaines. Pour les monogénistes, qui n’admettent qu’un seul centre d’apparition de 1 Homme sur la terre, toutes ces races se seraient différenciées avec le temps, aux dépens d’une souche unique constituant l’espèce Homo sapiens. Pour les polygénistes, au contraire, les différentes races humaines dérivenLde plusieurs espèces primitives, tout aussi certainement que les nombreuses races de Chiens se sont formées aux dépens de plusieurs espèces initiales : la comparaison n’est nullement déplacée, car il s’agit dans l’un et dans l’autre cas d’êtres profondément modi-

fiés par la domestication ou par la civilisation, ce qui revient exactement au môme.

Tout bien considéré, les arguments qui font pencher la balance du côté du polygénisme sont si nombreux et si importants que nous n’hésitons pas à nous rallier à cette doctrine. Les différentes races humaines diffèrent, en effet, si profondément les unes des autres par leur squelette, leur myologie, leur anatomie tout entière, ainsi que par leur développement intellectuel et social, qu’on doit forcément leur refuser une origine commune; des différences bien moins considérables sont jugées suffisantes, en zoologie, pour légitimer des distinctions spéciftques. D'ailleurs, les races humaines ne semblent pas être toutes fécondes entre elles, ou bien la fécondité est très limitée. Les métis eux-mêmes ne sont pas féconds entre eux ou bien, cessent complètement de l’être au bout de deux ou trois générations ; ils n’ont de descendance assurée qu’à la condition de se croiser avec l’un des deux types dont ils dérivent. Ce sont là des faits qui parlent hautement en faveur de la pluralité des espèces.

Il est néanmoins fort difficile d’avoir des renseignements précis sur les espèces primordiales, et il est à peu près certain qu’il n’en existe plus aucune à l’état de pureté. Les invasions et les migrations, qui ont tant de fois agité les peuples, ont été le point de départ de croisements sans nombre, dont chacun modifiait dans une certaine mesure les caractères des deux groupes anthropologiques mis en présence. A moins de découvertes paléontologiques exceptionnellement favorables, il ne sera donc jamais possible de déterminer le nombre des souches primitives d'où dérive l’humanité.

On a proposé diverses classifications des races humaines ; les unes, renouvelées de la Bible, étaient basées simplement sur la couleur de la peau (Blumenbach), les autres sur la structure et le mode d’implantation des cheveux, d’autres sur l’indice céphalique, d’autres encore sur les similitudes ou les différences de langage, etc. Mais aucun de ces systèmes n’est satisfaisant et ne conduit à un groupement rationnel des diverses races. L’ethnographie préhistorique, sur laquelle on fondait tant d’espérances, n’a pas donné des résultats plus certains : bien loin d’accuser des différences, elle montre au contraire que toutes les races humaines ont eu à leurs débuts des industries similaires.

Dans ces dernières années, l’anthropologie, c’est-à-dire, suivant l’expression de de Quatrefages, a l’histoire naturelle de l’Homme faite monographiquement, comme l’entendrait un zoologiste étudiant un animal », s’est élevée au rang d’une science indépendante. Ce progrès considérable, élle le doit pour la plus grande partie aux travaux de l’école française, et spécialement à ceux de Broca et de ses élèves.

Il est impossible, daos l’état actuel de nos connaissances, d’arriver à aucune conclusion certaine quant à l’origine des Mammifères. Quelques faits positifs sont néanmoins acquis ; on peut les résumer dans les propositions suivantes :

Les plus anciens Mammifères connus étaient des Marsupiaux; leur diversité amène à conclure qu’ils dérivaient de souches primitives multiples, par le phénomène bien connu de la convergence des caractères. Leur étude démontre nettement que les premiers Mammifères étaient pentadactyles et onguiculés ; la réduction du nombre des doigts et la formation des sabots ne sont donc que des différenciations secondaires; il en est de même pour l’état bipède, conséquence de l’adaptation plus spéciale de la main à la préhension des objets.

Si on admet, avec la plupart des auteurs, que les Monodelphes dérivent d’ancêtres didelphes, le problème de l’origine des Mammifères se réduit donc à rechercher d’où proviennent ces derniers. Nous avons indiqué (tome l, pages 132 et 133) comment l'œuf des Placentaires se rattachait à celui des Aplacentaires et comment celui de ces derniers n’était lui-même qu’un dérivé de l’œuf des Sauropsidés ; en d’autres termes, les Mammifères vivipares ont eu des a.iicêtres ovipares. Ces ancêtres étaient sûrement des Reptiles, mais à cela se bornent les faits précis dont nous ayons connaissance, et il appartient à la paléontologie de nous faire connaître avec plus de certitude les formes reptiliennes dont les Mammifères sont descendus.

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