‹ Traité des affections de la peau, d'après les doctrines de M. BazinChapitre 29 sur 48 · AFFECTIONS PROVOQUÉES INDIRECTES OU PATHOOÉNÉTÏQUES · texte numérisé non relu

AFFECTIONS PROVOQUÉES INDIRECTES OU PATHOOÉNÉTÏQUES

Définition. — M. Bazin désigne sous le nom d'affection pathogénétique toute éruption produite par l'introduction d'une substance dans l'organisme, par voie d'absorption.

Tantôt les affections pathogénétiques sont caractérisées par une seule lésion élémentaire ; tantôt elles sont caractérisées par des lésions élémentaires multiples.

(a) Affections caractérisées par une seule lésion élémentaire.

AFFECTIONS ERYTHEMATEUSES .

i° Érythème belladone. — Les préparations belladonées déterminent, surtout chez les enfants, des éruptions cutanées érythémateuses. L'éruption rappelle assez bien l'exanthème scarlafineux et consiste en une rougeur diffuse d'une teinte quelquefois très-animée, mais non suivie d'exfoliation. Quelquefois générale, l'éruption est le plus souvent partielle et souvent localisée à la face ; elle est très-fugitive, apparaît quelques heures après l'ingestion de la belladone, et disparaît quelques heures après.

Souvent existent simultanément avec les phénomènes cutanés, des symptômes congestifs de la gorge, c'est-à-dire de la rougeur, de la tuméfaction et de la douleur.

L'absence de fièvre, la dilatation des pupilles, la prompte disparition des accidents feront toujours facilement différencier l'érythème belladone de la scarlatine.

La jusquiame, la stramoine, à dose toxique, déterminent aussi de l'érythème et de l'angine.

2° Érythème produit par les résineux (E. copahique). — Quelquefois l'éruption apparaît quelques jours seulement après l'administration des résineux ; tantôt elle est lente dans son développement et occupe alors des sièges de prédilection : les poignets, les malléoles, les genoux, les mains, les pieds ; tantôt elle se développe* rapidement, envahit d'emblée la totalité de la surface tégumentaire et s'accompagne de quelques phénomènes fébriles.

Elle est caractérisée par des taches rosées ou rouges, congé stives, c'est-à-dire dont la coloration disparait sous la pression du doigt, arrondies ou dont les bords sont déchiquetés, ne faisant aucune saillie au-dessus des parties environnantes, séparées les unes des autres par des intervalles de peau saine, ou se réunissant-ensemble et formant de larges plaques rouges accompagnées de démangeaisons d'abord légères, mais ensuite plus vives.

Si l'on cesse la médication, l'éruption disparaît rapidement; si, au contraire, on la continue, elle se généralise, et quelquefois les taches se transforment en véritables papules; enfin, dans des cas plus rares, toute la région devient tuméfiée, douloureuse, gênée dans ses mouvements.

Seul, Rayer a cité un cas où l'administration des résineux avait été suivie de l'apparition de vésicules semblables à celles de l'eczéma.

Souvent on observe simultanément avec l'éruption cutanée des symptômes congestifs du côté des muqueuses des yeux, de la bouche, de la gorge.

Etiologie. — Cet érythème est dû à l'absorption du copahu ou d'autres résineux; mais il ne survient pas fatalement chez tous les individus qui ingèrent ces substances, et il faut expliquer la susceptibilité de certains individus par une îdiosyncrasie spéciale.

L'éruption est due à l'élimination du médicament par la peau, et à l'irritation qu'il détermine en traversant cette membrane.

Diagnostic. — La roséole balsamique ne peut être confon-

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due avec la rougeole et la scarlatine, maladies fébriles dont l'éruption est précédée de prodromes spéciaux, a une marche fixe, etc.

La roséole syphilitique a une marche lente, est accompagnée de l'engorgement des ganglions lymphatiques, ne détermine jamais de démangeaisons, ni de picotements, débute par la poitrine, les flancs, le ventre, les cuisses et non par les poignets, les malléoles, les mains, les pieds...

L'urticaire se différencie de la roséole par l'existence de papules rouges à la circonférence, décolorées au centre, déterminant de vives démangeaisons, et disparaissant après quelques heures de durée.

Traitement. — Il faut faire suspendre l'usage du médicament et conseiller des bains émollients pour calmer le prurit.

Quelques médecins ont signalé l'existence d'une roséole quinique., c'est-à-dire consécutive à l'administration du sulfate de quinine.

3° De Vérythème pellagreux. — - Définition. L'érythème pellagreux est une affection cutanée, due à l'absorption du maïs altéré par un cryptogame (verdet).

Symptomatologie. — L'érythème survient après une ou plusieurs expositions aux rayons du soleil ; il occupe les parties découvertes, le dos des mains, le cou-de-pied, le nez, le front, les joues, les oreilles, les parties latérales du cou, la partie antérieure de la poitrine.

Il est quelquefois précédé de picotements, d'une sensation de chaleur; bientôt les téguments prennent une teinte rosée, occupant le centre de la partie qui a reçu les rayons du soleil ; cette tache rosée s'agrandit chaque jour un peu et finit par occuper toute la surface découverte ; la teinte devient plus intense, plus foncée, et la peau est lisse et tendue.

A ce niveau, le malade éprouve une chaleur plus vive, plus mordante. On peut, à cette période, voir apparaître des vésicules et des bulles, indices de l'intensité de la congestion dermique.

238 AFFECTIONS SPECULES.

Après un laps de temps, variable suivant la persistance ou la cessation de l'irritation, survient une desquamation sous forme de larges lamelles, au-dessous desquelles la peau est rouge, lisse et devient bientôt brunâtre. Un nouvel épidémie se reproduit et se sépare de nouveau du derme et la desquamation se continue ainsi pendant un temps assez long.

Le derme prend alors une couleur pelure d'oignon, s'amincit, perd sa souplesse et son élasticité ; plus rarement, il subit une sorte d'induration chronique. Quelquefois, enfin, l'exfoliation n'a pas lieu, et l'épiderme s'accumule à la surface du derme et forme des plaques noirâtres.

Enfin, la peau devenant moins extensible, les plis cutanés deviennent le siège de crevasses plus ou moins profondes et très-douloureuses .

Cet érythème présente un caractère de périodicité des plus remarquables : il commence à se manifester à l'équinoxe du printemps et disparaît en août et septembre. Ces alternatives peuvent se produire pendant quatre, cinq années, mais chaque récidive laisse une trace plus profonde, et la lésion, à un moment donné, est persistante et ne subit plus l'influence des saisons*

Simultanément avec l'érythème pellagreux existent ordinai* rement des accidents digestifs et nerveux sur lesquels je ne puis insister*

Ètiotogie. — La cause de la pellagre est une altération du maïs produite par le développement d'un parasite du genre sporisorium : le verdet ou verderame. Ce parasite se manifeste après la récolte et apparaît dans le sillon oblong du grain, sous forme d'un amas de poussière verdâtre* Il réagit sur l'économie à la manière de l'ergot de seigle*

Mais est-ce là la seule cause de la pellagre? Landouzy a soutenu qu'il avait souvent observé la pellagre chez des personnes qui ne font pas usage de maïs ; que le maïs n'est donc pas la cause intime ou spécifique de la pellagre, et n'agit que comme cause prédisposante et au même titre que la misère* les privations,

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l'usage d'une alimentation malsaine; qu'en définitive, la cause nous est complètement inconnue.

La question est encore aujourd'hui pendante : y aurait-il des différences entre la pellagre des Pyrénées et celle de la Marne ? N'y aurait-il pas quelque altération des substances alimentaires dont se nourrissent les habitants de la Marne? Questions que l'on peut se poser, mais que l'on ne peut résoudre.

Diagnostic. — L'érythème acrodyniquc se sépare de l'érythème pellagreux par son siège : il occupe, en effet, les faces palmaire et plantaire et non les faces dorsales des mains et des pieds.

L'herpès tonsurant de la face dorsale des mains est caractérisé par des cercles rouges, recouverts de squames minces et sèches, «'étendant d'une manière excentrique par la production de poussées vésiculeuses à la circonférence, occupant le plus ordinairement la face dorsale de la main du côté droit, et est accompagné d'autres cercles siégeant sur le poignet, la face dorsale des avant-bras, le cou et le menton, de pityriasis alba trichophytique, etc.

L'érythème solaire est une lésion fugace qui disparaît dans l'espace de huit à quinze jours.

Pronostic. — L'érythème, considéré en lui-même, ne constitue pas une affection sérieuse ; mais, si l'on envisage la cause de l'érythème, le pronostic est très-grave, la pellagre conduisant ordinairement à la mort.

Traitement. — Le traitement de la pellagre est préservatif oucuratif.

Le traitement prophylactique a pour but de soustraire les individus à l'influence pernicieuse qui provoque la maladie. Or, pour empêcher le développement du verdet, il faut passer le maïs au four au moment de la récolte.

Contre les accidents cutanés, il faut ordonner des bains alcalins ou sulfureux, des douches froides, etc., et surtout recommander au malade d'éviter le contact des rayons du soleil. Simultanément on traitera les troubles digestifs et nerveux.

-4° Ery thème acrody nique. — De 1829 à 1833 régna à Paris une épidémie caractérisée par des douleurs des membres et des articulations, des fourmillements, des engourdissements, etc., et par un érythème qui, au lieu de siéger à la face dorsale des mains et des pieds, comme l'érythènue pellagreux, occupait les faces palmaire et plantaire des mains et des pieds, les bourses, les aisselles, quelquefois même la totalité du corps ; était caractérisé par une rougeur plus ou moins intense, congestive, disparaissant sous la pression du doigt.

Cette affection fut attribuée à une altération particulière de la farine du froment. On a aussi signalé un érythème consécutif à l'ingestion du seigle ergoté.

5° Urticaire pathogénique. — L'ingestion d'un certain nombre de poissons, tels que la carangue, la dorade, le hareng aux gros yeux des Antilles, le poisson armé, la vieille, l'anguille commune, les crabes, les écrevisses, le homard, les crevettes, les moules, etc., déterminent des phénomènes généraux consistant en un malaise général, de la douleur et de l'anxiété épigastrique, des nausées et des vomissements, l'accélération et la petitesse du pouls, etc., et une éruption simulant quelquefois l'éruption scarlatineuse, mais revêtant le plus ordinairement la forme de l'urticaire généralisée, et accompagnée de vives démangeaisons; parfois survient même du délire et la mort.

Tantôt ces phénomènes surviennent accidentellement et' à l'occasion d'un repas de poissons que le malade avait toujours pris impunément ; tantôt, au contraire, le malade présente une idiosyncrasie en vertu de laquelle il ne peut jamais manger certaines substances sans que l'urticaire apparaisse.

Les moules, après l'ingestion desquelles s'observe surtout l'urticaire pathogénétique, sont principalement nuisibles pendant la saison chaude. On a attribué leur action délétère, soit à une altération particulière des fluides de l'animal, soit à l'ingestion du fiai des étoiles de mer, de plantes marines narcotiques, de vert-de gris provenant des vaisseaux doublés de cuivre.

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Uurtusaria ob ingestis s'observe encore après l'usage de fraises, de concombres, d'amandes, de viande de porc et de quelques médicaments tels que la valériane, la jusquiame, le baume de copahu, etc.

Traitement. — Contre l'urticaire déterminée par des moules, on ordonne un vomitif, des "boissons mucilagineuses et acidulées, 10 à 30 gouttes d'éther ; s'il existe des phénomènes ner* veux, des grands bains, etc.

AFFECTIONS VÉSICULEUSES.

Eczéma mercuriel pathogénétique. — On a donné le nom d'Ay* irorgyrie aux éruptions produites par le mercure, qu'elles résultent de son application directe ou de son administration interne; comme nous avons étudié les premières dans le groupe des affections provoquées directes, il ne sera question ici que des affections pathogénétiques:

Hydrargyrie. — Elle est très-rare en France; mais fréquente en Angleterre. Aliey en admet trois variétés : i° l'hydrargyria mitis; 2° l'hydrargyria febrilis; 3° l'hydrargyria maligna. 1

1° Hydrargyria mitis. — Elle est caractérisée par une légère efflorescence de la peau localisée à certaines régions, telles que la face interne des cuisses, le scrotum, les aines, la partie inférieure de l'abdomen ; sur ces rougeurs apparaissent bientôt une multitude de petites vésicules remplies de sérosité transparente. Cette éruption n'est pas fébrile, est accompagnée de démangeaisons très-vives, d'un sentiment de chaleur et de cuisson et s'éteint spontanément dès que l'on cesse l'usage du mercure.

2° Hydrargyria febrilis. — Cette forme peut apparaître d'emblée ou succéder à la forme précédente ; c'est là le cas le {dus fréquent. Elle est caractérisée par une rougeur, occupant toute la surface de la peau, intense et comme scarlatineuse, sur laquelle apparaissent aussi bientôt des vésicules volumineuses, entourées d'une auréole rouge, remplies d'un liquide louche et purulent qui, après la rupture des vésicules, se con-

crête et forme des croûtes humides et jaunâtres, analogues à celles de l'eczéma.

Simultanément existe un prurit intense, de la fièvre, un étak saburral des voies digestives, de la rougeur de la gorge et de la muqueuse buccale.

3° Hydrargyria maligna. — Leô phénomènes sont les mêmes que dans la f orme*précédente, mais présentent une intensité plus grande; la peau, d'un rouge foncé, est couverte de vésicules confluentes ou même de véritables bulles remplies d'un liquide séro-purulent. L'angine devient parfois gangreneuse et le malade faible, abattu, sans sommeil, éprouve les douleurs les plus vives; la mort peut survenir dans le marasme, parle seul fait de l'administration du mercure. La desquamation i lieu du quatrième au huitième jour, et s'opère par larges pi* ques, comme dans la scarlatine.

Les circonstances au milieu desquelles apparaît l'éruption, sa forme vésiculeuse, sa marche aiguë, sa courte durée, etc^ ne permettront pas de la confondre, soit avec l'eczéma rubrum, soit avec des lésions de nature syphilitique.

Le traitement consiste dans la suppression de l'emploi dû mercure, la conspersion des surfaces malades avec de la poudre d'amidon, l'usage de gargarismes et de potions de chlorate de potasse. Si l'éruption s'accompagne d'une fièvre vive, et s'il n'y a pas de contre-indication dans l'état du malade, on pourra pratiquer une saignée générale. Enfin on calmera la douleur par l'administration interne des préparations opiacées. On prescrira un traitement approprié contre chacune des complications.

(b) Éruptions pathogénétiques caractérisées par d«s lésions élémentaires multiples.

1° Couperose alcoolique. — Définition* — La couperose eat une affection érythémateuse à marche chronique, essentielle* ment caractérisée par la dilatation des vaisseaux capillaires de la peau, et se compliquant, dans un grand nombre de cas, d0 pustules d'acné rosacca et d'indurations circonscrites*

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Symptomatologie. — L'affection siège à la face et particu- Hàrement au nez, aux joues, au front; elle est à peu près symétriquement distribuée des deux côtés du visage, et est caractérisée au début par des tacbes rosées ou rouges, disparaissant sous la pression du doigt, et dues à l'injection des capillaires sanguins, — ces taches se dessinent surtout au moment de l'excitation produite par l'ingestion des liqueurs alcooliques et reviennent à leur état normal quand l'excitation tombe et s'éteint; — mais chacune de ces excitations laisse sur la face une empreinte de plus en plus profonde et bientôt on constate que les taches congestives sont parcourues par des capillaires dilatés, des veines variqueuses et noirâtres dont la couleur tranche sur celle des plaques.

Quelques individus accusent des picotements, une ardeur incommode; mais c'est là l'exception, et le plus ordinairement ces sensations appartiennent à la couperose arthritique.

Bientôt la peau s'indure et s'hypertrophie ; les follicules »ébacés s'enflamment et de là résultent des pustules rouges, acuminées, purulentes au sommet, dont la durée est éphémère, mais qui sont bientôt remplacées par de nouvelles pustules.

A son degré extrême la couperose produit des intumescences tar divers points de la face : le nez, rouge violacé, est hérissé de bosselures, de tubercules durs et rugueux, et acquiert ainsi tm développement énorme ; la peau des joues, du front, présente des engorgements partiels, et de là résultent la destruction de l'harmonie des traits, l'aspect difforme et repoussant <ta visage.

Nous devons dire toutefois que M. Bazin regarde ces derniers phénomènes comme aussi rares dans la couperose alcootique qu'ils sont fréquents dans les formes constitutionnelles, et engage à rechercher alors si, en dehors de l'agent pathogéftétique, une cause plus puissante n'aurait point participé à tetar développement.

Uétiologie de la Couperose alcoolique résulte de sa définition taème; mais selon M; Bazin, il est pour cette affection, comme Quittant d'autres, dés prédispositions, que rien n'explique; cer-

tains individus en sont atteints dès leur jeunesse, tandis que d'autres conservent, au milieu de leurs excès, un visage qui ne trahit en rien le honteux penchant qui les domine.

Diagnostic. — Il est souvent difficile de distinguer la couperose alcoolique de la couperose constitutionnelle. Nous indiquerons les caractères différentiels lorsque nous ferons l'histoire de la couperose constitutionnelle.

Traitement. — La couperose alcoolique ne guérit presque jamais, l'ivrogne renonçant difficilement à ses mauvaises habitudes. On prescrit toutefois contre l'éruption cutanée quelques modificateurs locaux, telles que l'huile de cade, les pommades mercurielles, la teinture d'iode, etc.

Eruptions produites par Viode et les iodures alcalins. — L'iode ou les iodures déterminent des éruptions érythémateuses, papuleuses, et pustuleuses. Fischer, de Vienne, a en outre observé de l'eczéma.

(a) Erythème iodique. — L'érythème contitue l'éruption la plus simple que détermine l'iode; l'éruption est ordinairement caractérisée par des taches isolées, irrégulières, disséminées . sur la partie antérieure du thorax et sur les membres. Quelquefois, mais exceptionnellement, l'éruption est généralisée et occupe toute la surface du tégument externe.

Il n'existe aucun prurit et l'érythème disparait dès que le j malade n'ingère plus d'iode ou d'iodure.

(b) Eruption papuleuse iodique. — Les papules peuvent apparaître d'emblée ou succéder à l'érythème; elles coïncident souvent aussi avec des pustules . Sur toute la surface du corps, dit Fischer, mais principalement sur les extrémités et sur le basventre, apparaissent des papules très-peu élevées au-dessus de la surface de la peau, régulièrement arrondies, d'un rouge intense, mesurant d'une demi à deux lignes de diamètre, et tout à fait semblables à une violente éruption d'urticaire, dont elles ne se distinguent quu par leur rougeur considérable. Les papules les plus larges sont entourées d'une aréole étendue, , également colorée en rouge. Ces papules, entourées d'une j

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auréole, se rencontrent quelquefois isolées sur la surface du corps, ce qui, toutefois, est le cas le plus rare, ou bien elles forment de grands groupes dans lesquels les auréoles se confondent les unes avec les autres et ne laissent voir la peau normale qu'en quelques endroits.

Fischer pense que la forme papuleuse est la plus fréquente'; au contraire, M. Bazin professe que Ton observe le plus souvent la forme pustuleuse.

(c) Forme pustuleuse. — Elle est représentée essentiellement par lapustule d'acné, ou bouton iodique.

L'éruption est disséminée sur la face, les épaules, la poitrine, les fesses et les membres, et caractérisée quelquefois par des pustules petites, comme arrêtées dans leur évolution, et dont il serait difficile de déterminer la nature, n'était leur apparition rapide après l'administration de l'iode.

Mais le plus ordinairement les pustules iodiques consistent en des éminences acuminées ou arrondies, assez volumineuses, rouges à la base, entourées d'une auréole vive, suppurant au sommet seulement dans quelques circonstances, et d'autres fois dans toute la totalité de la pustule; elles offrent alors une certaine analogie avec les pustules varioliques. Les pustules peuvent acquérir Un volume assez considérable ; à un certain moment, elles s'ouvrent et le liquide qu'elles contenaient se concrète en une croûte jaunâtre qui persiste jusqu'à leur disparition.

Quelquefois elles se transforment en indurations papulotuberculeuses d'un rouge intense, sensibles à la pression et profondément implantées dans le tissu de la peau. Fischer a bien décrit ces nodosités : souvent, dit-il, il se développe à leur partie la plus élevée, une vésicule purulente, qui tantôt s'ouvre et laisse écouler son pus, et tantôt se dessèche et forme une croûte qui tombe bientôt, de sorte qu'il ne reste plus que la -nodosité formée par l'exsudation. Cette nodosité se distingue A sa coloration produite par un pigment d'un rouge brun et à la lenteur de sa disparition; enfin, rappelons que Fischer a observé des éruptions eczémateuses à la suite de l'administra-

tion de l'iode et que des furoncles, des abcès dermiques peuvent aussi apparaître dans ces circonstances.

Marche, durée, terminaiion. — La durée des éruptions acnéi* ques est subordonnée à celle de la médication : mais tandis que l'érythème disparaît rapidement après la cessation de l'ingestion de l'iode, les papules et les pustules ne s'effacent que lentement et laissent à leur suite de petites maculatures cicatricielles.

Pronostic. — Ces éruptions disparaissant dès que le malade cesse la médication iodique, le pronostic ne présente aucune gravité. La forme pustuleuse est la plus sérieuse parce qu'elle a une durée plus longue que les autres et laisse souvent des cicatrices.

Traitement. — Il suffît de suspendre l'ingestion de l'iode pour voir l'éruption disparaître.

3° Éruption produite par le bromure dé potassium. — - A côté de l'acné iodique nous devons placer l'acné produite par l'administration du bromure de potassium. Chez une jeune fille épileptique à laquelle nous avons fait prendre jusqu'à 40 gr. de bromure de potassium, nous avons observé une éruption occupant principalement la face et le thorax et caractérisée par des pustules d'acné indurata et d'acné simples*

Eruptions produites par les arsenicaux- — M. Devergie a signalé au déclin des affections squameuses traitées par les préparations arsenicales, et notamment au déclin du psoriasis, une teinte brune de la peau, qui ne disparaît qu'après plusieurs mois et qui serait l'indice certaine d'une guérison prochaine. En outre et sous l'influence de la même médication, il se manifesterait sur les taches arsenicales une éruption secondaire, consistant en quelques boutons rouges, isolés, papuleux > se multipliant lentement, mais d'une manière continue, si l'on insiste sur les arsenicaux.

M. Bazin a observé les mêmes faits. Dans quelques cas beaucoup plus rares, on peut constater, à la suite de l'administration interne de l'arsenic, des éruptions pustuleuses, ecthymatiques furonculaires et ulcéreuses.

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