ET DES LÉSIONS ÉLÉMENTAIRES DANS LES
(a) Troubles fonctionnels.
La peau présente une sensibilité générale en vertu de laquelle elle perçoit les irritations mécaniques, chimiques ou électriques; cette sensibilité appartient à tous les tissus qui reçoivent des nerfs appropriés ; mais, en outre, la peau est l'organe du tact et perçoit les notions de température, de sécheresse, d'humidité, de poids des corps, etc.
La sensibilité générale seule nous intéresse, et elle peut être augmentée, diminuée ou abolie dans les diverses affections de la peau. De là, de l'hyperesthésie et de Fanesthésie.
U hyper esthésie est caractérisée soit par l'exaltation, soit par la perversion de la sensibilité.
Il y a exaltation lorsque, sous l'influence du moindre contact, une personne ressent une douleur vive ; il y a perversion lorsque le malade éprouve spontanément des sensations dé froid) de chaleur, de fourmillements, d'élancements, de prurit et de démangeaisons. — Au point de vue des affections de la peau, nous devons surtout étudier les démangeaisons.
Démangeaisons. — On désigne, sous ce nom, une sensation spéciale, douloureuse et qui porte le malade à se gratter sans cesse. Les démangeaisons se présentent, tantôt sous la forme de picotements et d'élancements, tantôt sous celle d'une cuisson, d'une vive chaleur ou d'une brûlureé — Telle personne croit que la peau est traversée par des milliers d'aiguilles; telle autre éprouve une sensation de fouimillements, etc.
Pour diminuer l'intensité de ces sensations, le plus ordinai-
rement désagréables et douloureuses, le malade se gratte incessamment, et quelquefois substitue à l'action insuffisante de ses ongles celle de brosses, d'étrillés. — De là résultent des lésions traumatiques de la peau qui s'ajoutent aux lésions préexistantes.
Les démangeaisons s'exaspèrent sous l'influence de la chaleur en général, de la chaleur du lit en particulier. De là, insomnie, agitation et quelquefois excitation cérébrale telle que la folie en est la conséquence et que les malades se suicident pour échapper à leurs souffrances.
Les démangeaisons ont une assez grande valeur au point de vue du diagnostic différentiel des affections génériques et de celui de la maladie dont elles dépendent.
Anesthésie. — L'anesthésie est caractérisée par l'abolition de la sensibilité tactile. — On l'observe principalement dans la lèpre ou éléphantiasis des Arabes.
La peau n'est pas seulement l'organe du tact, elle a encore pour fonction de sécréter la sueur, l'humeur sébacée, l'épiderme et ses annexes, les poils et les ongles.
Sueur. — La sueur peut être diminuée ou augmentée. — La diminution de la transpiration cutanée est un phénomène à peu près constant chez les vieillards et s'observe dans certaines affections nerveuses et cutanées (psoriasis, ichthy ose). Elle détermine la sécheresse de la peau.
L'augmentation de la sueur est générale ou limitée à la plante des pieds, à la paume des mains, au creux axillaire, aux parties génitales, à Fanus, etc. — Certaines personnes sont spécialement disposées aux transpirations faciles et abondantes : telles sont les arthritiques. En outre, certaines maladies déterminent l'augmentation de la sécrétion de la sueur. Ce sont la suette, le rhumatisme articulaire aigu, la pneumonie, la phthisie, etc.
Lorsque la sueur est abondante et séjourne entre deux surfaces cutanées adossées l'une à l'autre, — scrotum et partie interne des cuisses, seins et peau du thorax, — on voit souvent survenir des éruptions érythémateuses (intertrigo).
Quelquefois la sueur ne peut s'écouler, parce que les canaux