‹ Traite des affections de la peauChapitre 19 sur 59 · FURONCLE · texte numérisé non relu

FURONCLE

reste presque toujours à la suite du i'uroncle une petite cicatrice.

Le furoncle ne se termine pas toujours par supuration ; quelquefois on oliserve sa nisolution. Ilpeut occuper toutes les partics (lu corps à l'exception de la paume des mains et de la plante des pieds. On en observe, en général, plusieurs à la fois sur le même individu, ou au moins plusieurs successivement.

h'anthrax est considéré comme formé par la réunion d'un certain nombre de luroncles sur un petit espace.

Diagnostic. — Le furoncle pourrait être confondu avec le sycosis ; cependant cette dernière affection se dillerencie de la première par sa marche lente, l'indolence relative des tuljercules el l'existence concomitante de papulo-pustules traversées par des poils plus ou moins altérés.

Nous verrons plus loin que l'hidrosadénite a des caractères différents de ceux du furoncle.

Pronostic. — Il est léger lorsque le furoncle est isolé, unique ; grave lorsqu'il existe une accumulation de furoncles, c'est-à-dire un anthrax,et la gravité augmente quand l'anthrax survient chez un vieillard affaibli.

Etiologis. — Il existe un furoncle de cause externe et un furoncle de cause interne.

Le furoncle de cause externe est provoqué direct ou pathogénétique.

Le furoncle provoqué direct est dû à l'action de pommades irritantes, d'emplâtres, de bains alcahns et sulfureux ; s'o)> serve fréquemment chez les cavaUers et résulte alors de la compression exercée par la selle.

Il survient aussi chez les individus affectés de gale ou de teigne et principalement de la teigne tonsurante : alors il existe simultanément avec les tubercules sycosiques (F. parasitaire).

Le furoncle pathogénétique nait sous l'inlluence d'une mauvaise ahmentation, de l'uigestion de substances médicamenteuses, telles que l'iodure do j.otassium, i Mrsenic et les alcalins.

Le i'uroncle de cause interne apparaît quelquel'ois au d(;cours

104 AFFECTIONS GENERIQUES.

des maladies aïKiios et présente alors le caractère critique (variole) ou constitue une des manitestations d'un état diatliésique (diathèse l'uronculeuse) du diabète, de l'artliritis ou de riierpétis.

Furoncle lie cause exlerne.

Furoncle de cause inlerne.

Causes du furoncle.

Provoqué ilirect.

PathogéiU'tiquo.

Produit pai' la malpropreté, les irritants, bains alcalins, sulfureux.

I^roduil par les acores, le Iricliophyton(parasitaire).

Dû h une mauvaise alimentation, iodui'e, alcalins.

Critique.

Symptomatiquo du diabète.

Arthritique.

Herpétique.

Traitement. — Le furoncle étant une affection de nature in" flammatoire, il faut ordonner les bains, les cataplasmes de farine de lin ou de fécule. Les sangsues ne réussissent que si elles sont appliquées dès le début de l'affection, mais le plus souvent elles sont inutiles.

On a aussi conseillé de favoriser la supuration à l'aide d'un emplâtre de diacbylon ou d'onguent de la mère.

Lorsque le pus est formé, une petite ouvei'ture s'opère spontanément au sommet du furoncle, et alors il comdent de presser la petite tumeur et de faire sortir le bourbillon; mais, si l'ouverture se faisait attendre ou si elle était insul'lisante, une incision serait utile et abrégerait la durée de l'aifeetion.

En outre de ce traitement local il faut prescrire un traitement général basé sur la nature de l'aflection, si le furoncle est de cause interne, c'est-à-dire les purgatifs, les alcalins ou les arsenicaux.

AFFECTION PHLEGMONEUSE.

DE l'hIDROSADÉXITE.

MM. Bazin et Verneuil définissent l'bidrosadénite une atlection de la peau caractérisée à sa période d'état par de petites tumeurs inflammatoires se terminant ordinairement pai'supnlatioii et ayant pour siège les glandes sudoripares.

HIDROSADÉNITE. 105

L'hidrosadénito comprend les affections connues sous le nom d'abcès tubériformes du creux axillaire, luberculeux ou hémorrhdidaux à l'anus, tubêreux à l'aréole du mamelon, les abcès dermiques et certaines variétés d'écrouelles cellulaires.

Sijmplomatologie. — L'hidrosadénite est caractérisée à son début par une petite induration circonscrite, presque indolente, non accompagnée de changement de couleur à la peau, mobile et comme appendue à la face interne du derme, que l'on peut soulever en pli au devant d'elle. L'induration s'accroit peu à peu et forme bientôt une saillie sensible à la pression, hémisphérique, globuleuse ; ou aplatie, discoïde, si les tissus environnants lui opposent de la résistance. A son maximum de développement, elle acquiert le volume d'un pois, d'une noisette, d'un œuf de pigeon, est le siège d'élancements, prend une teinte d'un rouge livide ou violacé et devient fluctuante à mesure que le pus se collecte. Alors la tumeur se rompt à son sommet et se vide, les parois se rétractent et laguérison a lieu. Cependant M. Verneuil a constaté l'ouverture de la colle(îtion purulente dans le tissu-cellulaire sous-cutané et consécutivement le phlegmon diffus; quelquefois les parois de la poche continuent à sécréter et il existe une sorte de fistule sous-cutanée souvent persistante; enfin, si l'ouverture primitive se ferme, il peut se produire une espèce de kyste secondaire. La supuration n'a pas heu fatalement; quelquefois la résolution survient sous l'influence des seules forces de la nature ou du traitement mis en usage.

L'inflammation peut occuper une ou plusieurs glandes sudoripares; si les glandes aÛectées sont proches les unes des autres, toute la peau est soulevée en masse et on observe, une plaque mamelonnée, douloureuse, violacée, qui peut être le siège de plusieurs ouvertures .

Le plus souvent aiguë, et durant alors deux à trois septénaires, l'hidrosadénite est quelquefois chronique et se mani- I leste alors par poussées successives ; elle laisse ordinairement ;àsa suite une induration dont on constate l'existence pendant plusieurs semaines.

Diagnostic. — Le furoncle est la seule affection avec laquelle on puisse à la rigueur confondre le phlegmon sudoripare. Voici les caractères différentiels donnés par M, Verneuil:

u La furoncle débute toujours par la surface, et ne gagne le tissu cellulaire sous-cutané que consécutivment, car il siège dans un follicule pileux ou sébacé, et nullement dans les cavités aréolaires profondes du derme, comme on l'a admis sans preuve. A quelque moment qu'on l'examine, on le trouve toujours surmonté à son centre par une saillie acuminée, souvent perforée par un poil ; l'ouverture se fait par ce point, elle a beau être précoce, elle ne fournit qu'une très-petite quantité de pus et ne procure guère de soulagement ; celui-ci n'est obtenu qu'après l'élimination relativement tardive du bourbillon. Après la chute de celui-ci, on trouve une cavité béante au centre de l'induration, etc.

(( Le phlegmon sudoripare, au contraire, débute constamment sous la peau et n'envahit la surface que consécutivement. Aucune saillie pointue ne le surmonte, aucun suintement ne se fait jusqu'au moment de l'ouverture qui met subitement un terme à la maladie. »

Pronostic. — L'hidrosadénite, envisagée comme affection générique, ne constitue pas une affection sérieuse ; toutefois eUe peut être le point de départ du phlegmon diffus, de fistules, d'ulcérations rebelles suivies de cicatrice? et emprunte alors à ces circonstances une certaine gravité.

Etiologie. — Il existe une hidrosadénite de cause externe et une hidrosadénite de cause interne.

L'hidrosadénite de cause externe est due aux irrita^ tions locales produites par la malpropreté, les frottements rudes, l'action de se gratter, les apjilications médicamenteuses ou autres, les sueurs, les marches forcées, les crevases du mamelon, le pus de la vulvo-vaginite, l'existence de parasites.

L'hidrosadénite de cause interne est scrofuleuse , arthritique ou syphilitique.

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