DES EAUX MINÉRALES DANS LES SCROFULIDES
L'iode, le brome et l'huile de morue étant les spécifiques de la scrofule, naturellement les eaux bromo iodurées et chlorurées sodiques sont les spécifiques de la scrofule.
Mais souvent on prescrit aussi dans les cas fle scrofulides des eaux qui n'ont qu"unc action dynamique générale et pathogénétique, des eaux sulfureuses, par exemple.
Ainsi, dans le traitement des scrofulides liénigncs, on a recours aussi souvent à une médication sulfureuse ou sulfureuse et iodo-lnomiu'ée, etc., ([n'À une mi-dication tlierinale iodo-bro-
inul'ée. Or, il peut paraitn; étonnant que l'on prescrive soit des eaux iodo-bromurécs, soit des eaux sulfureuses. Mais il faut remarquer que les scrofulides bénignes cxsudatives auxquelles s'adressent surtout les eaux sulfureuses sont des affections résolutives, susceptibles de disparaître spontanément, ou par l'administration de simples agents pathogénctiques. Or, il est impossible de trouver une eau thermale où se trouvent réunis les agents nécessaires pour satisfaire à la fois aux indications spécifiques et aux indications pathogénétiques, et les eaux spc cifiques bromo-iodurées étant incapables de satisfaire aux indications tirées de l'état local, étant trop actives, trop excitantes pour les scrofulides bénignes, dont la modalité pathogénique est le plus souvent inflammatoire, c'est surtout aux eaux qui remplissent les indications pathogénétiqiies que l'on doit s'adresser pour la guérison des scrofulides bénignes, sauf à compléter la cure en ordonnant des spécifiques.
Ainsi les eaux spécifiques bromo-iodurées et chlorurées sodiques de Salies de Bearn, de Salins, de Wildegg, de Saxon, de Kreussnach, peuvent fournir des eaux mères sur place, contiennent une quantité très-sensible d'iode et de brome, sont très-minéralisées et en général froides. Elles ne conviennent pas aux scrofulides bénignes.
Les eaux à minéralisation commune de Néris, de Bourbon - Lancy, de Baden-Baden, ne contiennent au contrake qu'une faible quantité de chlorure de sodium, sont chaudes et on y trouve une quantité notable de glairine. Elles peuvent être conseillées contre les scrofulides bénignes.
Les eaux de Néris conviennent surtout dans les cas où l'éréthisme nerveux du malade et la modalité inflammatoire des aflections sont intenses (eczéma impétigineux).
Les eaux de Bourbon-Lancy contenant jusqu'à 1 gr. 30 do chlorure de sodium s'adressent surtout aux afiections atoniques de la première période, aux prurigos, lichens, et à certaines formes chroniques et peu sécrétantes do l'eczéma scrofulcux. Il en est de même des eaux de Baden-Baden.
Lc6 eaux sulfureuses, qui ne sont pas spécifiques, rendent
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des services (huis le ti'ciiteineiit des scrofiilides bénignes, par leur action excitante et pathogénétiiiue spéciale.
Les eaux sulfureuses se distingnent en eaux sulfureuses fortes, faibles ou de moyenne intensité.
Les eaux sulfureuses fortes comprennent toutes les eaux des P3^rénées centrales, Luchon, Cauterets, etc. (eaux sulfurées sodiques), Èngliien (eau sulfurée calcique).
Les eaux sulfureuses faillies sont froides ou chaudes. Les froides sont les eaux de Bagnoles de l'Orne, de la Roche ; les eaux chaudes sont celles de Baden en Suisse, d'Aix en Savoie, de Saint-Gervais,
Les eaux sulfureuses de moyenne force comprennent les eaux d'Amélie-les-Bains, la Preste, Molitg, les Eaux-Chaudes, les Eaux-Bonnes, Pierrefond et Saint-IIonoré.
Les eaux fortes doivent être seulement appliquées dans les cas d'affections présentant un caractère de chronicité et d'atonie. M. Bazin les conseille dans les cas d'affections eczémateuses très-longues et chroniques, accompagnées d'une hypertrophie éléphantiasique du derme , d'une hyperplasie des papilles du derme. Toutefois, les eaux sulfureuses fortes sont moins efficaces dans ce cas que les eaux ferro-cuivreuses de Saint-Christau ; ces eaux sont surtout ordonnées en bains et douches.
Les eaux sulfureuses fortes ne doivent jamais être prescrites contre les scrofuhdes bénignes qui sont caractérisées par un élément inflammatoire plus ou moins intense.
Au contraire, les eaux sulfureuses moyennes et faibles et surtout ces dernières procureront d'heureux résultats. M. Bazin recommande souvent les eaux de Saint-Gervais dans les cas d'eczémas, d'impétigos, d'eczémas impétigiueux occupant de vastes surfaces, f^'action efficace de ces eaux est due à l'effet pathogénétique du soufre, qui détermine des éruptions vésicu- Icuses, et aussi à la matière organique qu'elles présentent et qui les rend douces et onctueuses au toucher, leur enlève les propi'iétés irritantes que tend à leur communiquer le sulfure de calcium.
U aillcurs, les eaux de Saint-Gervais coniieniicnt du chlorure de sodium, sel dont les propriétés antiscrofuleuses sont incontestables.
Les scrofulides boutonneuses réclaraGiit d'autres eaux minérales : l'acné scrofuleuse est heureusement modifiée sous l'inlluence des eaux sulfureuses et bromo-iodurées ( Challcs , Saxon, Allevard) ; Iclicljen, l'érythème induré, sous rinfluence des eaux sulfureuses et bicarbonatées ou silicatés soditiucs; Or les stations de Maiiioz et de Saint-Marlin de-Fenouilla, quelques sources des Pyrénées, celle de Ludion, celle de Cauterets, par exemple sont à la fois sulfureuses et alcalines.
L'acné sébacée fluente a été beaucoup plus améliorée par les eaux dé Saint-Christau en douches que parles eaux sulfureuses.
Les scrofulides malignes exigent au contraire impérieusement l'usage des eaux chlorurées sodiques et bromo-iodurées.
Alors, l'emploi des eaux mères chargées de bromures est nécessaire, parce que l'action spécifique est indispcnsalde à la cure de ces aôections; les eaux des sources, même fortement minéralisées, ne sont plus suffisantes, la dose du brome et de l'iode étant trop faillie.
On emploie les eaux mères localement en plaçant sur la par^ tie que l'on veut soumettre à leur inQuence une compresse imbibée de la solution saline, et en l^ains généraux en ajoutant aux bains une certaine quantité d'eau salée ordinaire. Il faut que le bain soit composé d'une partie d'eaux mères et de quatre parties d'eau salée ordinaire.
Les eaux additionnées d'eaux mères déterminent une vive réaction sur la peau et l'apparition d'éruptions.
Les eaux prises à l'intérieur sont purgatives et intolérables pour l'estomac si elles ne contiennent pas de l'acide carbonique ; il ne faut en ordonner qu'une petite dose par jour.
On doit indi(|uer de préférence les stations qui peuvent donner des eaux mères. Jusqu'ici les stations d'Allemagne étaient choisies pour le traitement des scrofulides malignes, parce que l'on y ordonnait l'emploi des eaux mères. A Salies de Béarn, à Salins le même traitement est mis en usage depuis
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plusieurs années, et ces stations peuvent lutter avec Krcuznacli,
Hombourg, etc.
Les eaux sulfureuses, malgré leur action élective sur la peau, sont impuissantes le plus ordinairement à amener la résolution des produits de nouvelU; formation. Dans des cas cependant, on observe de l'amélioraiion à la suite de l'emploi interne et externe des eaux les plus fortes, les seules que l'on serait autorisé à choisir si l'on ne pouvait indiquer qu'une station sulfureuse.